L'opinion N°384
du 09 au 15 février 2005

ACTUALITE

Traitement des ordures ménagères à Ouaga


Un centre d’enfouissement est né

Il existe désormais un centre d’enfouissement technique (CET) à Ouagadougou pour traiter les déchets solides. Le ministre de l’Environnement et du Cadre de vie, Laurent SEDEGO a présidé la cérémonie de lancement des activités de ce centre le lundi 7 février 2005 en présence du maire de Niamey.

Fruit des efforts du gouvernement burkinabè, de la Banque mondiale, de la LVIA et de la communauté urbaine de Lyon, la construction du centre d’enfouissement technique (CET) est une solution idoine aux problèmes de gestion des déchets solides qui polluent la ville de Ouagadougou. En effet, avec une population estimée à 1,2 million d’habitants, Ouagadougou produirait environ 300.000 tonnes de déchets par an soit 800 tonnes par jour. Ces déchets étant essentiellement composés d’ordures ménagères, de déchets industriels et biomédicaux sont sources de pollution et de nuisances. A cela, il faut ajouter la pollution de 16 500 tonnes de déchets plastiques qui sont la cause de la mortalité de 30 % du cheptel.
A l’instar donc des autres villes du monde, la ville de Ouagadougou est de nos jours confrontée aux phénomènes des temps modernes liés aux problèmes environnementaux et en particulier ceux qui sont liés à la gestion des déchets solides dont les conséquences sont entièrement néfastes pour la santé humaine et l’environnement. Dans ce sens, la protection du cadre de vie et des ressources naturelles est devenue le défi majeur du nouveau millénaire. C’est pourquoi, selon le maire de Ouagadougou, Simon COMPAORE, le conseil municipal a placé dans son plan de mandat les problèmes d’assainissement et d’amélioration du cadre de vie au centre de ses préoccupations. Ce qui a conduit à l’élaboration d’un nouveau plan de propreté appelé schéma directeur de gestion des déchets.
Le ministre de l’Environnement et du Cadre de vie a soutenu que c’est en voulant accompagner le conseil municipal dans la réalisation de ce schéma directeur que le gouvernement a contracté un prêt d’un montant de 2,3 milliards auprès de la Banque mondiale pour la construction d’un centre d’enfouissement qui a coûté 3,6 milliards de F CFA.
Sis à Polesgo (route du cimetière de Toudwéogo) ce centre a une capacité de près de 7 millions m3 de déchets, pour une durée d’exploitation de 20 ans. C’est en effet un ouvrage de stockage des déchets par couches successives compactées et recouvertes de matériaux inertes. Pour rendre son fonctionnement efficient, 35 centres de collecte équipés d’une centaine de containers de 30m3 chacun ont été créés. Ils accueillent les déchets ménagers collectés par les groupements d’intérêt économique, et les PME.
Il est important de souligner la grande implication du secteur privé dans la gestion de ce centre, en l’occurrence les entreprises et les groupements associatifs intervenant dans la filière déchet. Ce qui doit contribuer, à relever le ministre SEDEGO, à créer des emplois et à améliorer les conditions de vie de leurs membres estimés à plusieurs centaines. Il soutient en effet qu’une étude réalisée par son département en octobre 2003 montre que les emplois directs créés actuellement dans la filière déchets sont essentiellement le fait de la collecte. Ainsi, 683 emplois ont été créés dans le secteur privé et 1350 l’ont été par les municipalités soit un total de 2033 emplois sur un potentiel de 7182.
Ainsi, le ministre de l’Environnement et du Cadre de vie de même que le maire de Ouagadougou ont exprimé toute leur satisfaction pour l’implication effective des opérateurs économiques dans la chaîne de fonctionnement de ce centre. Un avis d’appel d’offres a permis de sélectionner 12 PME et GIE pour assurer la pré-collecte, la collecte et le transport des déchets. Et il est important de souligner que c’est la prestigieuse entreprise EBT de Hamado PARKOUDA qui a la charge de la collecte. Toutefois, le maire pour qui le CET de Polesgo s’inscrit dans la perspective du développement durable, concept qui conjugue les objectifs de performances économiques, de progrès social et de protections de l’environnement, a invité toutes les entreprises au respect scrupuleux du cahier de charges au risque de se voir sévèrement sanctionnées.

 

Le CET comprend les infrastructures suivantes :
- 6 cellules d’enfouissement des ordures ménagères pour 3 à 4 ans d’exploitation, d’une superficie de 69 235 m2, ces cellules offrent une capacité de stockage de 425 000m3 soit 290 325 tonnes de déchets.
- 4 cellules d’enfouissement des déchets industriels et spéciaux d’une capacité de stockage minimale de 7 900 tonnes sur une superficie de 8 000 m2 et une hauteur maximale d’accumulation de 5m.
- Un réseau de captage et de canalisation des lixiviats ;
- Un réseau de capacité et d’évacuation du bio gaz ;
- 4 bassins de traitement des lixiviats ;
- 1 unité de valorisation des déchets en composition ;
- 1 unité de valorisation des déchets plastiques ;
- 1 garage d’entretien ;
- 5 forages d’eau dont 3 puits d’observation de la qualité de la nappe d‘eau souterraine.


Par Drissa TRAORE


 



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