L'opinion N°386
du 23 février au 1er Mars 2005

ACTUALITE

Economie informelle

Les acteurs se syndicalisent

 

Après l’étape des groupements professionnels (GPN), les travailleuses et travailleurs de l’économie informelle seront organisés en syndicats et cela grâce au Programme de renforcement de l’action syndicale dans l’économie informelle (PRASEI).
Le mardi 22 février 2005, les responsables des centrales syndicales ont procédé à la Bourse du Travail au lancement de leurs congrès constitutifs en présence d’une délégation du BIT.

Soumaïla LINGANI, coordonateur national du PRASEI

Les travailleuses et travailleurs de l’économie informelle ne seront plus des laissés-pour-compte. Ils seront désormais constitués en syndicats. C’est l’aboutissement d’un travail de longue haleine conduit par le Programme de renforcement de l’action syndicale dans l’économie informelle (PRASEI).
Pour le représentant des travailleurs, Antoine OUEDRAOGO, le PRASEI qui est une suite logique du projet BIT-DANIDA «nous a permis de nous connaître, d’échanger et de nous organiser en Groupement professionnel (GPN). Nous avons tiré bénéfice de tous les acquis et c’est pourquoi nous nous retrouvons aujourd’hui 22 février 2005 pour formaliser les GPN en syndicat à ce 1er congrès constitué». Ces congrès doivent en effet, consacrer à la constitution des syndicats des réparateurs – mécaniciens des engins à deux roues, des vendeurs des pièces détachées et vendeurs de cycles. Ce qui est un grand pas dans le syndicalisme burkinabè. Et pour le représentant du BIT, Zakari IBRAHIMA, c’est le fruit d’une endurance depuis le début de ce projet en 1998.
Il a affirmé que la présence de sa délégation au top départ de ces congrès constitutifs est un signe de reconnaissance à ces actrices et acteurs de l’économie informelle et aux différents secrétaires généraux des centrales syndicales. Il reconnaît d’ailleurs l’effort qui a été fournie par les centrales syndicales pour parvenir à organiser ces travailleurs en syndicats professionnels.
«Vous avez sans doute rencontré des embûches, mais grâce à votre constance, vous avez pu vaincre un certain nombre d’obstacles, on vous encourage à continuer dans ce sens. Vous avez respecté votre engagement vis-à-vis du BIT».
Il faut dire qu’au cours de l’année 2004, plus de 6 000 travailleuses et travailleurs ont été sensibilisés et mobilisés par les animatrices et animateurs du projet, a confié Soumaïla LINGANII, coordinateur national du PRASEI.
Au cours des deux semaines en effet, le PRASEI va accompagner les actrices et acteurs de quatre corps de métiers à formaliser leur syndicat à travers en dehors de Ouagadougou (22 février), Bobo-Dioulasso (23-24 février), Koudougou et Tenkodogo. Ce sont les réparateurs – mécaniciens des engins à deux roues, les vendeurs de pièces détachées et de cycles, les producteurs et vendeurs de fruits et légumes, les travailleurs, couturières, stylistes et modélistes, les forgerons – soudeurs et les entrepreneurs – soudeurs.
Pour Mamadou NAMA, président du comité de coordination syndicale, superviseur du PRASEI, des millions de personnes au Burkina Faso sont concernées par le phénomène de l’économie informelle. Elles travaillent dans la plupart des cas à leur propre compte pour survivre. Elles sont mal informées et ignorent, tout ou partie de leurs droits et devoirs. Ne bénéficiant d’aucune protection, elles constitueraient des proies faciles ; exploitation et misère font partie de leur quotidien. Et il fait savoir que la faiblesse du statut juridique de ces travailleurs constitue une source de préoccupation de leurs centrales syndicales. C’est pourquoi, explique-t-il, cette nouvelle approche leur permettra de prendre suffisamment en compte les problèmes des actrices et acteurs de l’économie informelle.
Par Drissa TRAORE








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