| Les
acteurs se syndicalisent
Après l’étape des groupements
professionnels (GPN), les travailleuses et travailleurs de
l’économie informelle seront organisés en syndicats
et cela grâce au Programme de renforcement de l’action
syndicale dans l’économie informelle (PRASEI).
Le mardi 22 février 2005, les responsables des centrales
syndicales ont procédé à la Bourse du
Travail au lancement de leurs congrès constitutifs
en présence d’une délégation du BIT.
Soumaïla
LINGANI, coordonateur national du PRASEI
Les
travailleuses et travailleurs de l’économie informelle
ne seront plus des laissés-pour-compte. Ils seront
désormais constitués en syndicats. C’est l’aboutissement
d’un travail de longue haleine conduit par le Programme de
renforcement de l’action syndicale dans l’économie
informelle (PRASEI).
Pour le représentant des travailleurs, Antoine OUEDRAOGO,
le PRASEI qui est une suite logique du projet BIT-DANIDA «nous
a permis de nous connaître, d’échanger et de
nous organiser en Groupement professionnel (GPN). Nous avons
tiré bénéfice de tous les acquis et c’est
pourquoi nous nous retrouvons aujourd’hui 22 février
2005 pour formaliser les GPN en syndicat à ce 1er congrès
constitué». Ces congrès doivent en effet,
consacrer à la constitution des syndicats des réparateurs
– mécaniciens des engins à deux roues, des vendeurs
des pièces détachées et vendeurs de cycles.
Ce qui est un grand pas dans le syndicalisme burkinabè.
Et pour le représentant du BIT, Zakari IBRAHIMA, c’est
le fruit d’une endurance depuis le début de ce projet
en 1998.
Il a affirmé que la présence de sa délégation
au top départ de ces congrès constitutifs est
un signe de reconnaissance à ces actrices et acteurs
de l’économie informelle et aux différents secrétaires
généraux des centrales syndicales. Il reconnaît
d’ailleurs l’effort qui a été fournie par les
centrales syndicales pour parvenir à organiser ces
travailleurs en syndicats professionnels.
«Vous avez sans doute rencontré
des embûches, mais grâce à votre constance,
vous avez pu vaincre un certain nombre d’obstacles, on vous
encourage à continuer dans ce sens. Vous avez respecté
votre engagement vis-à-vis du BIT».
Il faut dire qu’au cours de l’année 2004, plus de 6
000 travailleuses et travailleurs ont été sensibilisés
et mobilisés par les animatrices et animateurs du projet,
a confié Soumaïla LINGANII, coordinateur national
du PRASEI.
Au cours des deux semaines en effet, le PRASEI va accompagner
les actrices et acteurs de quatre corps de métiers
à formaliser leur syndicat à travers en dehors
de Ouagadougou (22 février), Bobo-Dioulasso (23-24
février), Koudougou et Tenkodogo. Ce sont les réparateurs
– mécaniciens des engins à deux roues, les vendeurs
de pièces détachées et de cycles, les
producteurs et vendeurs de fruits et légumes, les travailleurs,
couturières, stylistes et modélistes, les forgerons
– soudeurs et les entrepreneurs – soudeurs.
Pour Mamadou NAMA, président du comité de coordination
syndicale, superviseur du PRASEI, des millions de personnes
au Burkina Faso sont concernées par le phénomène
de l’économie informelle. Elles travaillent dans la
plupart des cas à leur propre compte pour survivre.
Elles sont mal informées et ignorent, tout ou partie
de leurs droits et devoirs. Ne bénéficiant d’aucune
protection, elles constitueraient des proies faciles ; exploitation
et misère font partie de leur quotidien. Et il fait
savoir que la faiblesse du statut juridique de ces travailleurs
constitue une source de préoccupation de leurs centrales
syndicales. C’est pourquoi, explique-t-il, cette nouvelle
approche leur permettra de prendre suffisamment en compte
les problèmes des actrices et acteurs de l’économie
informelle.
Par Drissa TRAORE
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