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L’option du dialogue

Le premier
«round» du face à face entre le président
du Faso et les corps constitués a pris fin le 18 février
dernier à Ouaga 2000. Du 17 au 18 février donc,
ce sont entre autres les représentants des ONG, de
l’Association des retraités, des autorités morales,
religieuses et coutumières, des associations et organisations
féminines, de la confédération paysanne,
des syndicats, des associations et organisations professionnelles
de la communication, du monde sportif, des défenseurs
de droits de l’homme, qui se sont entretenus à bâton
rompu avec le chef de l’Etat. Que retenir de l’idée
de ce face à face qui, espérons-le, fera tache
d’huile dans l’histoire socio-politique de notre pays ?
Partant du fait que «la
ressource humaine est une denrée précieuse,
car c’est elle qui valorise les moyens de production»,
comme l’a si bien dit le président du Faso le 18 février
devant ses «invités»,
on peut dire que l’idée des rencontres avec les corps
constitués a été bien mûrie. Elle
vient comme pour combler un vide ; un gouffre pourrait-on
dire car on ne peut le nier, le déficit de communication
entre le peuple et ses dirigeants est réel. Les privilégiés
qui se disent dans le secret des dieux et qui sont censés
faire le relais de la transmission des informations, les tronquent
souvent, s’ils ne disent pas des contre-vérités
voire des mensonges quand la réalité ne fait
pas leur affaire à eux ! De même le retour de
l’information à qui de droit pêche souvent par
manque de sincérité : C’est en général,
«naaba yel kayé» ou «il
n’y a rien au village» comme dirait l’autre,
et pourtant ! Alors, quand l’occasion d’un dialogue direct
et franc se présente, il faut d’abord la saisir et
la saluer à sa juste valeur.
Il serait fastidieux d’énumérer ici des situations
bien dommages qui auraient pu être évitées,
s’il y avait la communication, le dialogue. Dans les entreprises
publiques ou privées, dans les ministères ou
dans certaines institutions, les problèmes seraient
moindres si certains responsables prenaient la peine de créer
au sein de leur entité des cadres de concertations,
de dialogues ou discussions où les employés
sans exception peuvent s’exprimer, faire des suggestions.
Comme pour dire, qu’il est difficile voire impossible pour
ceux qui sont en haut de connaître tous les problèmes
de ceux qui sont en bas, s’il n’y a pas de dialogue direct
et franc, s’il n’y a pas de cadre de concertation.
Fort donc de ce qui précède, on peut affirmer
que les rencontres entre le président du Faso et les
corps constitués, pour ne pas dire le peuple, est une
«option politique»
soutenue par une volonté d’être à son
écoute et de partager avec lui ses préoccupations
et cela de manière directe.
Ce sont des occasions qui ont l’avantage de donner la mesure
des problèmes que rencontrent les uns et les autres
et cela sans risque de distorsions ou de rétention
de l’information.
Les contacts directs, le dialogue et la communication ont
l’avantage de stimuler et de créer la confiance entre
les acteurs. C’est une option politique majeure pour quelqu’un
qui a en charge «la ressource humaine, une denrée
précieuse» comme le reconnaît le président
du Faso. Or tout ce qui est précieux a besoin d’un
traitement «particulier». Ce traitement particulier
ne peut prendre corps que dans un contexte qui favorise le
dialogue, la communication.
En général, les problèmes, les tensions
sociales et même politiques naissent faute de dialogue,
ou quand, investi d’un pouvoir quelconque, on se prend pour
un zeus, un dieu. Conséquence, on ne sait que donner
des ordres à la manière de Charles De GAULLE
qui disait : «le gouvernement
n’a pas de propositions à faire, mais des ordres à
donner». Les temps ont changé.
Et on se rend tous compte que c’est dans la conjugaison des
propositions, suggestions, fruits du dialogue que l’on peut
réussir là où certains ont échoué
!
Quand un chef d’Etat «se plie
en quatre» pour écouter, un citoyen lambda,
quand un ministre est obligé d’intervenir plusieurs
fois pour répondre à une doléance d’un
citoyen lambda, on ne peut que se réjouir et souhaiter
que cela soit un exemple au niveau de toutes les sphères
de décisions.
En tous les cas, si on est d’accord avec Ernest RENAN (1823-1892)
qui disait : «celui qui obéit
est presque toujours meilleur à celui qui commande»,
on ne peut que privilégier le dialogue et demander
à certains responsables de descendre, souvent de leur
«piédestal»
pour écouter et dialoguer afin de pouvoir trouver les
solutions aux problèmes qui se posent.
En définitive, en acceptant de rencontrer le peuple,
les corps constitués, Blaise COMPAORE a tracé
la voie en restant convaincu que le dialogue, contrairement
à ce que peuvent penser certains, est l’arme des plus
forts. C’est pourquoi, il est temps que tous ceux et toutes
celles qui sont investis d’un pouvoir, qui ont en charge la
gestion de la «ressource humaine»
empruntent cette voix tracée par le président
du Faso.
D’ailleurs, c’est ainsi que nous construirons une grande nation
pour laquelle chacun aura apporté sa pierre, petite
soit-elle.
A l’écoute
du peuple
Armand
Jean-Cardinal de Richelieu disait : «Il
faut écouter beaucoup et parler peu pour bien agir
au gouvernement d’un Etat ». Le président
du Faso en acceptant écouter, discuter avec les corps
constitués de notre pays a, en tous cas opté
pour le dialogue. Cela ne surprend guère quand on sait
que l’homme, de nature, parle peu. C’est de «naissance»
diront certains. Le 18 février dernier ceux qui étaient
à Ouaga 2000, ont assisté à des «scènes»
vraiment «extraordinaires».
De SY Chérif, l’un des représentants des journalistes
à Tolé SAGNON patron de la CGTB en passant par
Moustapha Laabli THIOMBIANO, le «gourou»
des chaînes Horizon FM,… personne ne s’en est laissé
conter. On était à une «causerie
débat» entre un chef d’Etat, qui veut
vraiment comprendre, et ses compatriotes. Si ce n’est Tolé
SAGNON et ses «amis»
syndicalistes qui veulent une augmentation des salaires à
25 % et souhaitent qu’on voie le cas de la Bourse du travail,
c’est Moustapha Laabli THIOMBIANO qui demande à son
«petit frère»,
Blaise COMPAORE de l’aider pour que sa télévision
TVZ voie enfin le jour pendant qu’un autre citoyen «amoureux»
du cheval, veut comprendre pourquoi on a pris «son»
hippodrome à Nonsin, le détournant alors de
son objet. Que dire des artistes et des sportifs qui veulent
plus de moyens financiers et des locaux pour leurs activités…
Dans un «langage du peuple»
empreint d’humour et de vérité, Blaise COMPAORE
a donné des réponses aux préoccupations
de tous les intervenants. Il faisait même intervenir
chaque ministre concerné quand cela s’avérait
nécessaire. En tous les cas, toutes les préoccupations
ont tourné autour du nerf de la guerre, l’argent. Ce
n’est donc pas étonnant que le ministre en charge des
Finances et du Budget ait été plusieurs fois
appelé à «la barre»
par le président du Faso, soit pour des compléments
de réponses, soit pour expliquer pourquoi telle ou
telle préoccupation ne pouvait pas trouver de solutions
dans l’immédiat.
Pour ce qui concerne certaines préoccupations «spécifiques»,
et revendications des syndicats, le président du Faso
tout en souhaitant la poursuite du dialogue a donné
rendez-vous à Tolé SAGNON et ses amis le 24
février prochain pour la rencontre gouvernement/syndicats.
Au-delà des préoccupations et autres doléances
soulevées, on peut dire que l’idée d’établir
ce « pont » de dialogue, est lumineuse et mérite
une perpétuation à tous les niveaux. Dans les
familles, dans les services étatiques et privés,
s’il y avait de telles occasions de dialogue, certains problèmes,
certains conflits et autres frustrations trouveraient leurs
solutions.
Il est donc à souhaiter que l’idée du chef de
l’Etat de rencontrer les corps constitués fasse tache
d’huile. Le succès des entreprises, la paix sociale
et même le développement en dépendent.
par Ben Alex BEOGO
Les doléances
des corps constitués
Le moins que l’on puisse dire, les
corps constitués n’ont pas tari de doléances
pendant leur rencontre avec le chef de l’Etat. Ils ont saisi
cette opportunité de dialogue direct et franc avec
le président du Faso pour dire toutes leurs préoccupations
dans leur domaine d’intervention.
Les organisations
syndicales étaient fortement représentées
sont revenues sur l'augmentation des salaires de 25%
Premier
du genre, le dialogue entre les corps constitués et
le président du Faso est un plus à l’édification
de la démocratie au Burkina. Cette initiative a donné
de l’occasion aux forces vives de la nation de faire part
au chef de l’Etat toutes leurs préoccupations. Des
syndicats au monde rural, des ONG aux associations diverses,
des coutumiers aux religieux, tous ont exprimé leurs
besoins.
Les organisations de la société civile et d’autres
ONG ont interpellé le président du Faso sur
la consolidation des acquis démocratiques, le renforcement
de la liberté d’expression et celui de la défense
des droits de l’homme. Les ONG, elles ont demandé la
subvention de l’Etat, le soutien aux personnes marginalisées,
aux associations et mouvements de jeunesse. Elles ont également
souhaité que le chef de l’Etat poursuive son engagement
personnel dans la lutte contre le SIDA. Par ailleurs, les
organisations de la société civile ont exprimé
le besoin d’un forum annuel société civile/gouvernement
à l’image de la rencontre syndicats/gouvernement. Les
personnes âgées à travers leur association
ont demandé de meilleures conditions pour passer «leurs
vieux jours». Ainsi elles ont souhaité
la construction d’un centre gériatrique, la création
d’un fonds d’appui aux activités productrices de revenus
par la CNSS et la CARFO au profit des retraités et
des personnes âgées. L’association nationale
des retraités du Burkina Faso a également exprimé
la nécessité d’une structure rattaché
à la présidence ou au Premier ministère
pour les personnes âgées. Pour elle, il faut
aussi régulariser la situation des fonctionnaires et
agents de l’Etat mis à la retraite à 53 ans
entre le 1er janvier 1985 et le 31 décembre 1995 tout
en revalorisant des pensions de reversions en général
et particulièrement en faveur des veuves et orphelins.
Elle a souhaité également s’étendre au
sein des institutions de l’Etat. Une de ses doléances
encore, l’acquisition d’un véhicule tout terrain à
grande capacité.
Les autorités morales, religieuses et coutumières
après s’être exprimées sur la paix durable
en Côte d’Ivoire, ont demandé des mesures fermes
pour mettre fin au bafouement de l’homme et de la dignité
des Burkinabè qui y vivent tout en souhaitant des solutions
à leur situation précaire. En s’inquiétant
de l’ampleur de l’insécurité, elles ont souhaité
que de nouvelles initiatives soient prises en matière
de lutte contre le banditisme. Par ailleurs, les autorités
coutumières ont voulu que le président du Faso
soit garant de la diversité culturelle et des croyances
de la société. Elles ont souhaité également
le maintien de la chefferie en tant qu’institution traditionnelle.
Les préoccupations des autorités morales ont
été faites également autour de la sécurité
alimentaire en 2005, l’autosuffisance alimentaire à
travers une politique en faveur du monde rural, le renforcement
des actions d’information et de lutte contre le Sida, la fixation
des jeunes dans leurs terroirs, l’offre éducative.
Entre autres doléances encore, la réduction
des disparités géographiques, des sanctions
effectives des agents fautifs tant sur le plan administratif
que judiciaire, la résolution des problèmes
causés par la mise en œuvre du projet ZACA, la construction
d’infrastructures routières et inter-urbaines et la
promotion du sport.
Quant aux associations et organisations féminines,
leurs doléances étaient le renforcement en personnel,
l’équipement, la relecture du 2e plan d’action de la
promotion de la femme 2003-2007, la prise en compte du genre
dans les programmes et projets sectoriels de développement,
le meilleur positionnement des femmes sur les listes pour
les élections à venir.
Le monde rural représenté par la Confédération
paysanne du Faso a souhaité l’application effective
de la reforme agraire et foncière, la cohabitation
peaufinée entre agriculteurs et éleveurs, l’octroi
de facilités par les institutions de financement pour
l’acquisition de machines agricoles, et le désenclavement
des zones rurales(pistes, téléphone, couverture
médiatique).
Les doléances et les préoccupations des organisations
syndicales ont été faites autour de la transparence
et de la visibilité de l’action gouvernementale, du
développement d’un partenariat actif et des débats
ouverts de manière directe avec les syndicats sur les
questions sociales sensibles comme la corruption, l’impunité,
la santé.
Les communicateurs ont eux, souhaité le maintien du
soutien de l’Etat à la presse privée, la finalisation
de la convention collective des journalistes et des techniciens
de l’information, la carte de presse et le cahier de charges
et missions des médias privés au Burkina.
Ils ont également voulu l’intensification et la diversification
de la coopération avec les bailleurs de fonds.
Le monde sportif, s’est essentiellement préoccupé
de la promotion du sport, de l’accès aux infrastructures
sportives et de la prise en compte du genre.
Enfin, le GERDES Burkina et le réseau burkinabè
de défense des droits humains se sont exprimés
sur l’approfondissement de l’état de droit, la sécurité
des personnes et des biens, le dénouement rapide des
dossiers pendants de crimes économiques et de sang,
l’informatisation des listes électorales et la mise
en place des communes rurales.
Par Drissa TRAORE
Les
réponses du gouvernement
Le développement du Burkina
Faso passe par un dialogue franc entre gouvernants et gouvernés.
Une vision qui a toujours été celle du gouvernement
dans sa recherche de solutions consensuelles aux difficultés
que vivent les Burkinabè. Les rencontres du 17 et 18
février 2005 entre le président Blaise COMPAORE
et les corps constitués s’inscrit dans cette logique.
«Dans les
bureaux, dans les entreprises, sur les chantiers, vous jouez
un rôle majeur dans la production des biens et services.
En votre qualité de producteurs de la richesse nationale
par l’investissement quotidien de votre force de travail,
vous contribuez à assurer la prospérité
économique de notre pays» C’est en
ces termes pour le moins laudateurs que le président
du Faso, Blaise COMPAORE, marque l’importance qu’il accorde
à ses vis-à-vis de 17 et 18 février qui
ouvrent la série de rencontres qu’il aura avec les
Burkinabè. Pour lui donc, les corps constitués
sont un maillon essentiel dans le développement du
Burkina Faso. De la part du premier magistrat de l’Etat, cette
reconnaissance est pour signifier tous les égards portés
à ces corps par le gouvernement qui ne saurait occulter
leurs préoccupations. C’est pourquoi en réponse
à leurs doléances, la garantie leur a été
donnée qu’ils seront accompagnés et fermement
soutenus dans la mesure des possibilités de l’Etat
dans leur entreprise d’édification d’un Burkina toujours
plus paisible et prospère.
Aux ONG et associations de la société civile,
le gouvernement apporte assurance : des efforts notables seront
faits dans le renforcement des acquis en matière de
libertés (expression, politiques) et de défense
des droits humains. S’agissant de l’extension de la subvention
de l’Etat aux ONG, le gouvernement pense que des efforts importants
sont déjà faits pour soutenir les activités
humanitaires et les investissements de celles-ci à
travers les facilités fiscales qui leurs sont accordées.
Les ONG œuvrant dans le domaine de la promotion des droits
humains bénéficient d’une allocation du budget
de l’Etat. Quant à l’organisation d’un forum annuel
gouvernement/ONG, cette doléance trouve réponse
dans les efforts de construction de partenariats efficaces
avec les ONG qui se résument dans certaines actions
comme la création d’une Commission nationale des droits
humains (CNDH). L’organisation de Journée de programmation
stratégique des activités des ONG etc.
Pour les associations nationales des retraités, l’avis
du gouvernement sur certaines de leurs doléances est
porteur d’espoir. Il s’agit par exemple de la construction
d’un centre gériatrique qui, bien qu’étant une
récente sollicitation, est une préoccupation
du gouvernement. Il en est de même de la doléance
relative à l’acquisition d’un véhicule tout
terrain qui est aujourd’hui à l’étude. Pour
ce qui est de la reconsidération de la situation des
fonctionnaires et agents de l’Etat dont la mise à la
retraite a été observée entre 51 et 54
ans avant l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions,
le gouvernement pense que la question n’est plus à
débattre, puisque ce sont des textes réglementaires
qui ont été appliqués conformément
à une loi de l’Etat.
Outre ces corps constitués dont nous faisons ici état,
les autres présents à cette rencontre avec le
président du Faso qu’entourait les membres du gouvernement,
ont pu de vive voix poser leurs problèmes et même
apprécier des actions gouvernementales. Même
des questions crypto personnelles ont pu, l’occasion faisant
le larron, être portées à la connaissance
de Blaise COMPAORE et certains mettent déjà
leurs doigts au feu qu’elles trouveront solution. Ce n’est
pas Mustapha Laabli THIOMBIANO, le fondateur de la première
radio libre de l’Afrique, qui dira le contraire, lui qui a
révélé à l’auditoire avoir été
aidé dans cette entreprise par le même Blaise
COMPAORE, son «petit frère».
Si sur tous les fronts, le gouvernement bataille, c’est pour
offrir aux Burkinabè la joie de vivre dans un pays
où il fait bon vivre. C’est donc sur un gigantesque
chantier que l’on est, qui a besoin d’une synergie d’actions
dont celles des corps constitués dont l’organisation
est un atout de premier ordre. Aussi les organisations syndicales,
regroupements de forces vives de la nation, sont-elles interpellées.
Avec elles, l’ouverture de débats directs sur les questions
sensibles est déjà effective dans le cadre du
dialogue social instauré par le gouvernement. D’ailleurs
la Journée du 24 février est encore une occasion
où les deux parties vont se retrouver pour des débats
ouverts où sans doute seront prises en compte par le
gouvernement les différentes préoccupations
qui n’ont pu être discutées avec le chef de l’Etat.
Que ce soient les associations et organisations féminines,
la confédération paysanne du Faso, les réseaux
burkinabè de défense des droits humains etc…aucune
entité socio professionnelle n’a été
oubliée par le gouvernement. De toute évidence,
c’est dans la complémentarité des actions des
uns et des autres que le Burkina Faso ira encore plus de l’avant.
Alors que chacun, gouvernants comme gouvernés, prenne
ses responsabilités à bras le corps pour un
Burkina encore plus prospère.
Par Frédéric ILBOUDO
La
démocratie directe en marche
Convaincu avec l’adage que «le
peuple est le souverain premier», le président
du Faso a décidé de s’adresser directement (de
manière périodique) à celui-ci pour mieux
comprendre ses occupations et s’atteler à les résoudre
dans la mesure des moyens de l’Etat. La «démocratie
directe» est en marche au Burkina Faso, ce qui
oblige le président du Faso à produire des résultats
alors que le peuple lui, est appelé à plus de
responsabilité.
«Mon
souhait est que cette nouvelle école que nous venons
d’ouvrir puisse grandir», a dit en substance
le président du Faso lors de la clôture de sa
première rencontre avec le corpus social. Un souhait
que tous les démocrates épris de paix, de justice
et de progrès ne peuvent que partager, l’objectif de
ces rencontres étant de prospecter les voies et moyens
pour un mieux-être social et économique du pays.
Ce n’est pas que les institutions existantes ne jouent pas
leur rôle, mais il est de notoriété publique
qu’il «vaut mieux avoir affaire
à Dieu qu’à ses saints». Et
si «dieu»
montre des dispositions d’esprit favorable pour le débat
constructif quoi de plus normal de saisir l’occasion non pas
pour «djafoul», mais
pour exposer les problèmes avec responsabilité
et sans démagogie. Car faut-il le rappeler, notre «dieu»
n’est pas pourvu de la science infuse et ne dispose pas non
plus d’une baguette magique pour régler tous les problèmes.
A ce propos, l’échange épique et savoureux entre
Blaise COMPAORE et Tolé SAGNON sur la question de l’augmentation
des salaires (jugée «dérisoire»
par les syndicats) est illustrative de cette assertion. Sans
démagogie aucune, Blaise COMPAORE a expliqué
aux uns et autres que l’augmentation demandée par les
syndicats (25 %) couplée à la diminution des
impôts qu’ils réclament par ailleurs exposerait
le Faso à des lendemains difficiles.
Transformer la croissance en développement
Le ministre
des finances et du Budget
C’est
qu’en effet, la croissance économique que l’on magnifie
tant (à raison) n’est pas assez «lourde»
pour permettre au gouvernement YONLI de faire «n’importe
quoi». Au risque de blesser certaines bonnes
âmes, disons qu’une augmentation aussi «faramineuse»
des salaires dans le public et le privé exposeraient
certains secteurs tout aussi importants de la vie nationale.
Corsetés par les mesures drastiques de la Banque mondiale
et du FMI, obligés de la «jouer
libérale» alors qu’ils n’ont pas encore
épuisé leur rôle historique de «développement»,
les Etats africains ne peuvent pas se permettre de «gaspiller»
les maigres ressources qu’on leur alloue, pour du reste les
retirer de la main gauche par le biais du remboursement de
leurs dettes. Comme dirait l’autre, «le fric est rare»
et il faut l’utiliser pour résoudre les urgences. Or,
dans le cas de nos pays, et nonobstant les difficultés
de la vie en ville, la «question paysanne» est
la plus importante, celle de l’emploi et de la lutte contre
la pauvreté étant ses frères jumeaux.
Promouvoir le monde paysan n’est pas loin d’être une
gageure, avec l’injonction susmentionnée de lui «faire
laisse-guidon» d’une part et de notre fait de
l’autre. L’africain des villes qui ne cesse de fustiger la
«mal gouvernance»
des dirigeants est souvent, par son comportement, le créateur
de ses propres problèmes.
Les responsables
des associations féminines étaient fortement
mobilisées
Sachant
pertinemment que le développement de nos sociétés
ne viendra que par le biais d’une économie auto-centrée,
nos «petits-bourgeois»
ont adopté un mode de vie qui contribue à pervertir
nos économies et à les rendre moins performantes.
Si nos agriculteurs restent avec leurs productions sous les
bras au point de donner des migraines à leur ministre
de tutelle, Salif DIALO, c’est aussi parce que «les
gens des villes» dédaignent leurs produits
au profil de ceux «made in Europe»
ou d’ailleurs. «L’africain a vendu
son âme aux autres» comme l’a dit Franz
FANON et depuis lors il ne peut qu’être à la
remorque de autres. Tous les beaux discours et les politiques
commerciales les plus pointues en matière d’agriculture
n’y pourront rien : il faut produire ce que nous consommons
et consommer ce que nous produisons pour prétendre
au développement. Celui-ci passant par le travail,
une autre «révolution des
mentalités» devra être opérée
dans ce secteur. Le secteur informel que nombre de diplômés
dédaignent semble dans nos pays, la voie du salut au
regard des nombreuses opportunités qu’il offre.
Il faudra donc le revaloriser et, Blaise COMPAORE qui l’a
compris, s’y attellera sûrement, lui qui a prévu
un «cadre d’échanges spécifique»
avec la jeunesse, principale concernée par les questions
d’emploi. Sur la question paysanne aussi, le gouvernement
a initié une politique foncière rurale qui va
aider à «pacifier»
les relations agriculteurs – éleveurs. D’autre part,
il s’attèle à «ouvrir
au monde» nos paysans en les désenclavant
par les constructions d’infrastructures routières et
la mise à sa disposition des moyens d’information.
Plusieurs membres
du Gouvernement ont été appelés à
la "barre" par le président du Faso pour
des compléments de reponses
Il
a été aussi demandé aux paysans une «meilleure
organisation» afin d’avoir accès facilement
au crédit. Plus qu’un cadre d’échanges et de
dialogue constructif, ce forum ainsi initié est donc
une tribune de liberté et de responsabilité
citoyenne. Faut-il le rappeler, nous sommes tous (gouvernants
et gouvernés) des acteurs du développement,
et l’occasion nous est donnée de prouver que la préservation
et la prospérité de notre maison commune est
l’objectif de tous. Allons-y donc à cœur joie sans
démagogie, Blaise COMPAORE nous ayant donné
l’occasion de l’obliger sans le contraindre.
par Alpha YAYA
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