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par point et en se fondant sur les faits, il a réfuté
toutes les accusations portées contre lui avec une
franchise et une évidence dans les propos qui ont convaincu
plus d’un observateur. Du coup tous les pêcheurs en
eaux troubles sont montés au créneau comme saisis
de frayeur avec la perspective d’un retour de pédale
qui va certainement être très douloureux pour
eux.
Pour
un pavé dans la mare, le n° spécial de L’Indépendant
sur l’Affaire Norbert ZONGO en est vraiment un ! Il l’est
tant et si bien qu’il semble avoir largement débordé
des espérances de ses acteurs et puisqu’en toute chose
l’excès nuit, ceux-ci se mordent actuellement les doigts
jusqu’au sang pour avoir comme ouvert une boîte de pandore
dont ils ne peuvent plus maîtriser les conséquences.
En effet, plus de deux mois après être tombé,
il continue de faire des vagues qui ne sont pas prêtes
de s’estomper. Bien au contraire !
Si pour de nombreux observateurs, l’intérêt que
ce numéro porte à la tentative d’empoisonnement
à laquelle Norbert ZONGO a échappé le
8 novembre 1998 est digne de retenir l’attention, ses «révélations»
et les conclusions qu’il en tire sont par trop tirées
par les cheveux et soulèvent bien d’interrogations.
Pour autant il ne vient à l’esprit de personne de jeter
le bébé avec l’eau du bain mais plutôt
d’approfondir l’enquête avec l’espoir de découvrir
des faits susceptibles de faire avancer le dossier. C’est
certainement cette logique qui a motivé le juge d’instruction
à entendre notre collègue de L’Indépendant,
car même si sans aucun doute il avait déjà
fait le tour sur le sujet, il est si complexe que rien ne
peut être considéré de trop pour aider
à l’élucider. De cet interrogatoire a-t-il tiré
quelque chose de bon ? Rien n’est moins sûr ; car à
suivre le compte-rendu fait de cette audition dans les colonnes
du journal et les arguments utilisés jusque-là
pour soutenir les accusations, on ne devrait pas être
très loin de la chansonnette entendue de confrères
du même pool qui font rimer rumeurs, protection des
sources d’information, tracts et excuses aussi plates qu’hypocrites
puisque dès le seuil franchi ils retombent dans les
mêmes ritournelles.
S’il est un fait que dans cette affaire l’opinion de L’Indépendant
et celles de ces journaux ne font pas autorité, on
ne peut pas manquer de noter qu’ils se font depuis peu plus
perspicaces que la Commission d’Enquête Indépendante
(CEI) du juge Kassoum KAMBOU, qui avait balayé cette
piste d’un revers de la main l’assimilant à un simple
«incident». C’est dire aujourd’hui que le mythe
de la CEI omnipotente et omnisciente est tombé et qu’il
n’est plus une hérésie de discuter ses décisions
voire même de prendre leur contre-pied. C’est déjà
cela de gagné et personne ne devrait plus raisonnablement
s’en prendre à qui que ce soit parce qu’il aurait un
avis différent de celui de la CEI sur l’un quelconque
des aspects de cette affaire. Que ceux qui récitent
avec ferveur des passages entiers du rapport de la CEI comme
des cantiques se réveillent donc et se donnent dorénavant
la peine de réfléchir par eux-mêmes. C’est
vrai que son président avait déjà laissé
entendre qu’elle n’était pas infaillible, mais certains
ne voulaient rien entendre à rien d’autant qu’elle
pointait ostensiblement le doigt dans la direction qu’ils
voulaient. Jugement prémonitoire ou aveu avant l’heure
de ce qu’il savait que le travail accompli était tout
sauf une investigation criminelle sérieuse ? Toujours
est-il que les faits aujourd’hui lui donnent raison. En réalité,
avec la composition qui était la sienne et l’atmosphère
du moment on ne pouvait pas raisonnablement en attendre plus.
Continuant sur sa lancée et dans la foulée,
le n° spécial a définitivement tiré
un trait sur une quelconque implication du Président
du Faso dans cette douloureuse affaire. En effet, il le dit
en termes ouverts, Blaise COMPAORE n’est en aucune façon
mêlé dans cette histoire, puisque si ce sont
des membres de sa garde rapprochée qui en sont les
auteurs ils le lui ont bien caché. Même que malgré
les «évidences», ses «interrogatoires»
et ses «menaces» ceux-ci ont formellement refusé
d’endosser le crime. Son frère cadet que l’on dit commanditaire
aurait lui aussi tout nié et n’aurait pu avoir de nouveau
des relations quelque peu normales avec lui qu’à la
faveur d’un match de football (! ?!). Donc Blaise COMPAORE
est étranger au meurtre de notre confrère et
aurait même tout mis en œuvre pour démasquer
les auteurs et commanditaires qu’on lui assurait être
dans son entourage. Mais peine perdue. Ce sont-là des
faits particulièrement importants qui marquent une
rupture nette avec le discours des «moments chauds»
où on décrivait avec minutie la «réunion»
tenue dans une arrière cour, au fond d’une cuisine
pour «décider» du sort de notre confrère.
Plus qu’une évolution c’est bien-là un point
d’inflexion qui a toute son importance. Tous ceux-là
donc qui prennent prétexte de cette affaire pour le
vilipender et s’attaquer au pouvoir sont par conséquent
ni plus, ni moins que de vulgaires imposteurs. Le collectif
de Halidou OUEDRAOGO, le G14 et autres sont bien servis et
devraient se le tenir pour dit. Même si L’Indépendant
est toujours de la partie, on peut espérer qu’il finira
par avoir le courage de ses opinions et à s’assumer
pleinement.
Un autre élément de l’onde de choc de ce spécial
est sans nul doute l’interview que François COMPAORE
a accordée à L’Observateur Paalga, principalement
sur l’affaire Norbert ZONGO, après 6 années
de silence. Point par point et en se fondant sur les faits,
il a réfuté toutes les accusations portées
contre lui avec une franchise et une évidence dans
les propos qui ont convaincu plus d’un observateur. Du coup
tous les pêcheurs en eaux troubles sont montés
au créneau comme saisis de frayeur avec la perspective
d’un retour de pédale qui va certainement être
très douloureux pour eux. Ceux qui doutaient encore
de leur mauvaise foi en auront pour leurs frais, car, incapables,
de maîtriser leurs pulsions «animales»,
ils se lanceront tous, sans exception, avec la subtilité
que permet à chacun d’eux son intelligence, dans des
attaques en règle contre le journal pour avoir permis
à François COMPAORE de donner sa version des
faits mettant ainsi à nue les manipulations dont l’affaire
est sujette.
N’est-ce pas que ces messieurs se reprochent quelque chose
et qu’ils savent que leurs accusations ne reposent sur rien
de solide ? Pour eux le simple fait que François COMPAORE
parle est comme un crime ! Il devrait se taire, ne rien dire
si ce n’est d’accepter ce qui se dit contre lui ! Par ailleurs
toute personne qui ne pense pas comme cela est forcément
en sa faveur et fait son jeu. Drôles de démocrates
que ces oiseaux ! Derrière cette intolérance
crasse il se cache sans nul doute quelque chose de particulièrement
ignoble.
En vérité, tout ce beau monde et leurs «amis
sûrs» ont peur de cette question qui inévitablement
se pose maintenant : «A qui profite le crime ?»
Posez-vous cette question et faites en toute bonne logique
la liste des bénéficiaires du crime monstrueux
de Sapouy et vous verrez !
Cheick AHMED
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