| La
quadrature du cercle
Après l’adresse à la
Nation togolaise du président auto-investi, Faure EYADEMA,
et les réactions qui l’ont suivie, force est de reconnaître
que l’équation togolaise demeure plus complexe que
jamais.
Ainsi
donc, la CEDEAO a décidé de mettre le Togo au
ban de la communauté après le discours de Faure
EYADEMA, et l’U.A. qui a déjà rué dans
les brancards par l’intermédiaire d’Alpha O. KONARE
et Olusegun OBASANJO, s’apprête à le faire demain.
Quant à la France, après, ses multiples atermoiements,
elle a décidé de suivre la voie des légalistes
en demandant à l’enfant de son «ami
personnel» (CHIRAC c’est la France) de retourner
à l’ordre constitutionnel, entendez de se démettre
purement et simplement. Isolé au plan régional
et sous-régional, vilipendé par ses alliés
extérieurs, (l’Oncle SAM commence à donner de
la voix) Faure GNASSINGBE apparaît tel un poisson, pris
dans la nasse.
Ce d’autant que la contestation sociale est de plus en plus
grandissante dans le pays, l’Opposition ayant promis un «bal»
de manifestations tant que «l’usurpateur»
demeurera au pouvoir.
Dans cette occurrence, Faure ne peut que se démettre,
sauf qu’il ne le peut pas (à moins d’un compromis acceptable)
et que son clan tout entier avec lui ne le veut pas. Ce n’est
pas que Faure et ses gars soient des anti-démocrates
primaires (quoique) mais bien parce qu’ils sont obligés
de défendre tout simplement leur peau. Légataire
du régime sanguinaire d’EYADEMA –père qu’ils
ont contribué à asseoir et à pérenniser,
ils ne peuvent en cas de départ qu’être comptables
de ses errements.
Faure joue la montre
Une loi d’amnistie serait-elle votée
au Togo que cela ne les rassureraient pas, les inimitiés
à l’encontre du clan EYADEMA, frisant tout simplement
la haine. Il faut avoir vu la rage et la colère dans
les gestes et les yeux des manifestants pour comprendre qu’en
sus de la «peau»
du régime, certains veulent la peau de ses dirigeants
tout court. On pourrait arguer qu’une immixtion de la communauté
internationale dans le jeu politique togolais permettrait
d’éviter les dérapages post-électoraux.
Mais, la défaite programmée du clan EYADEMA
en cas d’élections transparentes, ouvrirait la voie
à des règlements de comptes aussi minimes soient-ils.
Faure est un dictateur en herbe, mais il n’est pas bête,
pas plus que les généraux et les civils qui
l’entourent et le conseillent. Alors, comme leur mentor de
l’ombre, Laurent GBAGBO devenu une voix autorisée de
la CEDEAO après avoir subi les foudres de la communauté,
il joue avec le temps et l’amnésie qu’il pourrait entraîner.
Bien sûr, le clan a tancé ceux de ses sympathisants
qui voulaient marcher sur Bê, le fief de l’Opposition,
mais GBAGBO lui aussi, a toujours joué au modéré
chaque fois que les feux des projecteurs, avant de lâcher
ses «chiens méchants»
sur ses ennemis quand les censeurs regardaient ailleurs.
Entre le charnier de Yopougon en octobre 2000 et les massacres
des 24 et 25 mars 2004, combien de sommets (sans résultats)
y a-t-il eu sur la Côte d’Ivoire ? Aujourd’hui malgré
ses mains sales, GBAGBO est redevenu une voix qui compte au
sein de la CEDEAO Pendant ce temps, la crise est rampante
en Côte d’Ivoire et des «purges»
sporadiques sont opérées dans certains quartiers
et dans l’armée. A ce propos, on ne sait toujours pas
ce qu’est devenu l’ancien chef d’Etat-major des FANCI, le
général Mathias DOUE «décagnoté»
en novembre 2004 et porté disparu depuis. A moins donc
d’un compromis ( ?) acceptable pour lui, Faure usera de la
même tactique, pour peut-être dans deux ans un
«sage» africain comme
BOZIZE ou GBAGBO. Celui qui a dit que la démocratie
était un luxe pour l’Afrique, ne se trompait pas, car
la liberté ne fleurit pas sur la misère. Le
Togo est donc plus que jamais en zone trouble.
Alpha YAYA
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