| Un
mal pour un bien
Le moins
que l’on puisse dire des maîtres de Lomé, c’est
qu’ils sont d’une fébrilité à couper
au couteau. Il faut avouer que pour moins que cela ils devraient
l’être, tant la communauté internationale s’est
montrée d’une fermeté rarement égalée
face à leur coup de force et à leurs tripatouillages
des textes.
En effet, pris à la gorge depuis les premiers instants,
Faure EYADEMA et ses hommes n’ont en réalité
connu aucun instant de répit, même si le temps
que les chefs d’Etat de la CEDEAO se réunissent ils
ont eu l’illusion que tout n’était pas encore perdu.
Ni leurs tournées dans la sous-région, ni les
coups de fil passés ici et là, encore moins
les lectures, relectures et «re-relectures» des
textes n’y ont rien fait. Bien au contraire, toutes ces gesticulations
ont davantage convaincu qu’ils ne méritaient pas la
moindre confiance et qu’il fallait sévir.
Pour certains observateurs, le cas ivoirien, avec le célèbre
boulanger des bords de la lagune Ebrié qui fait et
défait les accords au gré de ses calculs pouvoiristes
expliquerait en partie la fermeté des pays de la sous-région.
C’est possible et même plus que probable d’autant que
le grand ami de tous, le président français,
Jacques CHIRAC, a encore fait des siennes mordant et soufflant
dans le même temps. En choisissant de n’agir qu’en fonction
de leur lecture des évènements, appuyée
fermement en cela par l’Union africaine et l’Organisation
Internationale de la Francophonie à travers leurs organes
de direction, les pays membres de la CEDEAO opèrent
une véritable «révolution» qui ne
dit pas son nom. La France devrait s’en inquiéter très
sérieusement, elle qui se retrouve à suivre
plutôt qu’à inspirer comme à son habitude.
Voilà pourquoi on peut oser dire que le malheur du
Togo est devenu un bien pour la sous-région et l’Afrique
en général qui ont à l’occasion montré
qu’elles pouvaient sécréter en elles-mêmes
les solutions aux problèmes qu’elles rencontraient.
Néanmoins il est trop tôt pour crier victoire
car une chose est de trouver le remède, une autre est
de l’administrer. Quand on sait que l’Afrique nous a justement
habitués aux grands écarts, il ne serait pas
trop prudent d’attendre pour voir. S’il y a néanmoins
une garantie qu’elle ira jusqu’au bout de sa logique c’est
le fait qu’elle est allée si loin dans la fermeté
que le moindre signe de faiblesse soulèvera une telle
réprobation des peuples que personne ne pourrait présager
de ce qui adviendrait. Espérons que nos têtes
couronnées le comprendront et en tiendront compte.
Ensuite la tête de proue dans cette affaire, le Nigeria
d’Olluségun OBASANJO, a largement fait ses preuves
en la matière pour rassurer qu’il saura garder le cap.
Du coup GBAGBO et sa bande devraient commencer à se
faire du souci car si ça passe au Togo, ils peuvent
être certains qu’ils tâteront eux aussi de la
fermeté. Ce sera alors «bye bye» aux petits
pas de M’BEKI pour la poigne d’acier d’OBASANJO.
Par Faèz
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