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Affaire Norbert ZONGO
On
ne peut pas saisir réellement toute l’importance de
la tentative de meurtre de Norbert ZONGO le 8 novembre 1998,
une semaine avant la présidentielle sans faire un coup
d’œil sur la trame de la douloureuse Affaire Norbert ZONGO.
Les quelques articles que nous avons retenus pour plonger
dans cette affaire l’ont été avec le souci de
présenter l’homme, le choc que son assassinat a provoqué,
l’enquête «indépendante» qui en a
résultée et les réactions que cette enquête
ont suscité et enfin la lecture critique que nous en
avons fait.
Les mots sont souvent durs et dénotent avec le climat
social actuel, mais leur pertinence est incontestable. Comme
nous aimions à le dire et à l’écrire
: sans acrimonie, mais sans faiblesse parce que sans aucun
état d’âme nous avons mené nos investigations
et nos analyses malgré une atmosphère lourde
de menaces diverses. La petite rétrospective que nous
vous proposons l’atteste. Lisez plutôt.
Du
procès du régime à celui de l’opposition
Lorsque le 13 décembre
dernier, sur la route de Sapouy, périrent Norbert ZONGO
et ses trois compagnons, on senti tout de suite qu’il venait
de se produire un événement grave dont les répercussions
sur les plans politique et social à la fois pouvaient
être lourdes de conséquences fortement désastreuses.
Effectivement depuis ce jour le pays tout entier ne vit plus
qu’au rythme de ce qui est devenu l’affaire Norbert ZONGO
car très vite l’opposition a rué dans les brancards
et désigné un coupable sans autre forme de procès.
Il est vrai que Norbert ZONGO, durant les semaines qui avaient
précédé sa mort, s’en était donné
à cœur joie dans une autre affaire, pointant un doigt
accusateur sur François, le frère de Blaise
COMPAORE. Dans L’indépendant (n° 271 du 10 novembre
1998, p 3), feu Norbert ZONGO écrivait ceci : «il
doit répondre de l’affaire devant le juge d’instruction,
sa culpabilité n’est pas encore établie mais
il est présumé responsable, plus exactement
coupable jusqu’à ce qu’il apporte la preuve de son
innocence».
On pouvait pardonner à notre regretté confrère
une relative ignorance de la procédure judiciaire.
Mais lorsqu’il s’agit du Collectif qui s’est saisi de sa mort
comme le rapace de sa proie, lorsque dans ce collectif siègent
des magistrats et des avocats, on ne peut manquer d’être
circonspect. Ce ne sont pas à ces gens là qu’on
apprendra que contrairement à ce qui est prétendu
plus haut, c’est la présomption d’innocence qui constitue
le chapitre un de la procédure judiciaire et que par
ailleurs, il appartient à l’accusation d’apporter les
preuves de la culpabilité.
Et pourtant dès l’annonce de la mort du regretté
Norbert ZONGO, beaucoup de membres du Collectif, parmi les
plus influents se sont fendus en déclarations incendiaires
mettant directement en cause le pouvoir ou ses proches. Que
de telles attitudes soient le fait du commun des citoyens,
plus aptes à écouter son cœur que sa raison
peut se justifier.
Qu’elles aient eu pour origine d’anciens hauts responsables
de la République, anciens ministres, anciens conseillers,
donc des personnes rompues aux arcanes du pouvoir laissent
à penser que sous le faux prétexte d’une légitime
et noble défense des droits humains et le non moins
fallacieux prétexte d’une croisade contre l’impunité,
il s’agissait plutôt de l’exaltation indécente
de desseins inavouables. Les appels à la vindicte populaire,
à la sédition, à la casse et aux règlements
de comptes étaient tout simplement en déphasage
complet avec les urgences de l’heure. Ils cachaient très
mal un besoin pressant pour certains de se refaire, qui une
virginité, qui un statut susceptible de prendre en
charge des ambitions qui étaient à mille lieues
de celles consistant à faire la lumière sur
une mort que bon nombre de gens trouvaient suspecte. Et c’est
là que le bât blesse. On reconnaît tout
de suite les errements qui caractérisent nos oppositions
même celles qui se drapent du politiquement (in) correct
pour se livrer à des besognes d’un autre âge.
N’est-ce pas Norbert ZONGO lui-même, dont aujourd’hui
certains travestissent les faits et les dires pour des causes
sournoises, qui disait (L’Indépendant du 19 mai 1998,
p 5) : «l’opposition actuelle n’est pas attrayante.
Ce n’est pas un hasard si les uns et les autres se soupçonnent
mutuellement. C’est tout simplement parce qu’ils ne posent
pas d’actes qui puissent les fixer dans leur statut d’opposants».
Il devait sûrement savoir de quoi il parlait, lui qui
a dû se multiplier pour donner une âme à
des «fantômes» qui n’arrivaient plus à
hanter que les couloirs de leurs propres palais. Eh oui !
Même les illusions ne sont plus ce qu’elles étaient.
Nous ne sommes plus au début des années 90 mais
à l’aube de l’an 2000. En 1990 encore, la rue, forte
d’une espérance nouvelle et d’espaces nouveaux longtemps
confisqués, avait vibré au diapason d’hommes
nouveaux qui les symbolisaient à leurs yeux. Aujourd’hui
il suffit de regarder autour de nous pour constater qu’il
ne s’agissait que de feu de paille et beaucoup d’échecs
sont venus clore ce chapitre des coups de force politique.
Quel attrait trouve-t-on dans ces pays devenus des champs
de ruine et de désolation pour souhaiter leur ressembler
un jour ?
On en apprécie davantage la situation de paix sociale
qui prévaut ici et qui, quoi qu’on en dise ici et là,
reste à mettre à l’actif d’un régime
dont la préoccupation première fut de multiplier
les cadres d’expression, de libérer les initiatives
et de mettre en place les institutions indispensables à
l’éclosion d’une République véritable.
Dans un tel contexte, la «rue publique» frondeuse
et putschiste n’a plus de place. Notre opposition doit aussi
savoir se remettre en question et opérer les mutations
indispensables pour se forger une identité puis un
destin au sein d’une République. Cela ne saurait se
faire encore mieux que dans le respect d’institutions autour
desquelles se retrouvent une majorité de citoyens et
qui constituent le ciment d’une nation construite dans la
fusion des différences : ethniques, linguistiques,
politiques, sociales etc.
Il serait illusoire de croire que son salut résiderait
uniquement dans l’apologie de la stratégie de la «terre
brûlée». Car en définitive, cette
terre-ci, n’est la chasse gardée ni du pouvoir, ni
de l’opposition, mais le patrimoine commun de tous les Burkinabè.
Par Cheick Ahmed
In L’Opinion N° 70 du 27/01 au 02/02/1999
Disparition tragique
de H.S.
Les pistes
La surprise et l’émotion
étaient au comble ce lundi 14 décembre 98 dans
notre rédaction lorsque nous apprîmes le décès
tragique de notre confrère de L’Indépendant
Norbert ZONGO, alias Henri SEBGO. Quelle histoire ! Dans nos
esprits s’installera rapidement la stupeur et le trouble lorsque
le recul nous donna de comprendre que notre journal se trouve,
par la force des évènements, propulsé
au cœur de la tragédie en raison de la polémique
qui nous opposait à L’Indépendant au sujet de
l’affaire David OUEDRAOGO. Nous avions même, en cours
de montage comme menu principal de notre édition, un
dossier consistant accréditant notre version des faits
sur la nature de la procédure judiciaire engagée
contre François COMPAORE. Mais il fallait, hélas,
y renoncer. Notre attente fut des plus anxieuses quand nous
entendîmes la clameur publique indexer à tort
ou à raison le président COMPAORE ou son frère
comme probables commanditaires de l’assassinat, et que des
menaces de plus en plus précises étaient proférées
contre nous et notre journal. C’est alors que nous comprîmes
toute la mesure du danger et de l’interpellation historique
qui nous est faite quant à l’éclairage objectif
de l’opinion publique sur ce drame.
A dire vrai, lorsque de la mort tragique
nous a été confirmée, nous avons tout
de suite fortement douté sur la thèse de l’accident.
Et par la suite, la narration des circonstances du drame telle
qu’il nous a été donné de la lire dans
Sidwaya et surtout dans l’écrit de monsieur Germain
NAMA du MBDHP paru dans L’Indépendant du 22 décembre,
sous réserve qu’elle soit vérifiée, a
établi en nous une quasi-certitude : Norbert ZONGO
a été assassiné !
Nous serions d’ailleurs malhonnêtes de ne pas reconnaître
ici les suspicions que nous-mêmes avions eues de prime
abord vis-à-vis de Blaise COMPAORE et son frère
François. Nous le disons avec franchise parce que nous
savons que plusieurs autres personnes sont traversées
par ce même sentiment de façon tout à
fait sincère. Le pire dans notre situation est que
ces interrogations suspicieuses nous tenaillaient alors même
que nous étions aussi la cible d’une vindicte orientée
! Mais quel aurait bien pu être le mobile de Blaise
COMPAORE et de son frère pour se livrer à un
tel acte suicidaire ? Si l’affaire David OUEDRAOGO devait
y être pour quelque chose, nous disions-nous, alors
notre journal L’Opinion aurait été, en toute
innocence, placé au cœur du complot.
Pourtant sur ce point nous savions avec certitude que le dossier
était pratiquement vidé de son contenu sensationnel
et que l’épilogue judiciaire qui se dessinait n’avait
aucune raison d’inquiéter ni François ni le
président. Non, ce mobile n’est pas convaincant ! Serait-ce
alors que le ton général de contestation de
notre confrère a été jugé si embarrassant
au point qu’on ait voulu l’éliminer ? Cette hypothèse
non plus ne résiste pas à l’analyse car pendant
plus d’un septennat M. Norbert ZONGO a pu, sans entraves,
accompagner le régime COMPAORE de toutes sortes de
diatribes dont les plus virulentes ne sont pas les plus récentes.
Enfin, un certain nombre d’autres indices sont venus progressivement
faire évoluer notre réflexion vers une troisième
piste.
La manière du crime
Trop parfait dans le sens d’indexer pouvoir
! Tout est fait comme s’il faillait réunir le maximum
d’indices et de preuves pour accabler le président
COMPAORE ou son frère. Si l’on s’en tient à
la narration des faits ci-dessus référencée
dans L’Indépendant du 22 décembre dernier, on
est comme interpellé par une seule conclusion : le
pouvoir est coupable. Cependant, à la réflexion,
cette trop grande précision des indices contre le pouvoir
pose un problème de crédibilité.
Quel avantage aurait eu Blaise COMPAORE ou son frère
à faire commettre un crime si imparfaitement dissimulé
?
Pourquoi les criminels auraient-ils pris le risque, en plein
jour et à proximité d’une grande agglomération,
d’opérer leur forfait avec un véhicule sans
immatriculation qui a l’inconvénient d’attirer toutes
les suspicions, alors même qu’on pouvait tout simplement
y accoler une vrai-fausse plaque d’immatriculation plus anonyme
? Le sentiment de suspicion des Bukinabè vis-à-vis
des véhicules non immatriculés ne peut pas être
ignoré des commanditaires du crime, et il serait fou
qu’après leur forfait les criminels aient continué
d’utiliser un tel véhicule suspect dans le même
rayon et sur une distance d’environ 100 km, s’ils avaient
eu un quelconque souci de dissimulation.
Tout paraît être minutieusement mis en œuvre pour
canaliser systématiquement les accusations vers une
seule et même direction : le pouvoir ou son «
frère ». Et ça, c’est très suspect.
L’inopportunité du moment
Le moment choisi pour le crime prédisposait
systématiquement à désigner au moins
François COMPAORE comme coupable, pour la simple raison
qu’il était la cible de propos virulents et répétés
de la part de Norbert ZONGO dans l’affaire de David OUEDRAOGO.
Cette prédisposition d’esprit a d’ailleurs été
confirmée du vivant de Norbert ZONGO lorsqu’il fut
récemment atteint d’une intoxication alimentaire après
un repas pris avec des amis. La rumeur publique l’avait déjà
désigné comme une victime du pouvoir, et il
a fallu que l’intéressé lui-même démente
dans son journal cette clameur tendancieuse aux allures prétendûment
spontanées. François COMPAORE était donc
averti qu’il serait nommé responsable de tout incident
malheureux qui surviendrait contre Norbert.
Mais cela révélait également que n’importe
qui, pour quelque motif que ce soit, pouvait désormais
attenter allègrement à sa vie en faisant porter
le chapeau au pouvoir. Frapper ainsi Norbert en ce moment
fatidique relèverait ni plus ni moins d’une stupidité
incongrue si cela venait du pouvoir central. C’est invraisemblable
et rocambolesque, ce d’autant plus que l’heure était
à la fête après la large victoire électorale
remportée par le président COMPAORE et sa mouvance.
Les préparatifs de la cérémonie d’investiture
étaient en cours avec, au menu, des invités
de marque qu’il ne viendrait à l’esprit de personne
de vouloir rendre témoins d’un pareil acte d’impopularité
! Et même que les faits se sont déroulés
à la veille d’un mini sommet de l’OUA qui devait réunir
dans notre capitale une vingtaine de chefs d’Etat africains
! Non nul ne peut vraiment, en toute lucidité, décider
de s’autoflageller de la sorte
La surprise générale
Le moins qu’on puisse dire est qu’un tel
forfait, s’il était commandité par le pouvoir
central, devait être précédé et
accompagné d’un minimum de dispositions sécuritaires
au niveau de l’appareil d’Etat. Or il est manifeste, et les
faits l’ont largement démontré, que ce fut partout
la surprise générale. Cette surprise a même
été cause que les forces de sécurité
n’ont pas pu maîtriser à temps les manifestations
violentes d’indignation qui ont suivi l’annonce de la mort
du confrère. Que ce soit à Ouagadougou, Koudougou,
ou ailleurs, le tâtonnement sécuritaire a été
des plus notoires à telle enseigne que le pire était
à craindre. A Koudougou, selon nos renseignements,
la surprise et l’impréparation des forces de sécurité
étaient telles que les manifestations d’indignation
ont pu être récupérées pendant
près d’une journée par des pyromanes et des
pillards face à des hommes de tenue insuffisamment
équipés et réclamant vainement des renforts
de Ouagadougou. L’un d’eux a d’ailleurs été
grièvement blessé. Certes, pareil débordement
des forces de l’ordre est intolérable et condamnable,
mais il peut être ici la preuve que le pouvoir central
est étranger au meurtre de notre confrère.
Il faut avoir le courage de pousser à fond la réflexion,
et chacun devrait s’imposer cet exercice sans se cristalliser
sur une version clés-en-main.
Mais qui donc
Nous l’évoquions tantôt, notre
première suspicion-réflexe a été
dirigée contre Blaise COMPOAORE et son frère.
Mais par la suite, à la faveur des éléments
de réflexion ci-dessus développés, et
nous appuyant sur un certain nombre d’autres contacts et notamment
d’indices psychologiques, nous avons actuellement, pour notre
part, la certitude que ni Blaise COMPOAORE ni François
ne sauraient être à l’origine de cet acte crapuleux
dont ils sont aussi de grandes victimes.
Mais alors, qui donc a bien pu commettre ce forfait et pourquoi
?
Avant tout il paraît indiqué de rappeler que
toutes nos hypothèses sont fortement influencées
sur les faits tels que présentés par monsieur
Germain NAMA du MBDHP, et qu’elles sont par conséquent
susceptibles d’évolution en cas de survenue d’éléments
nouveaux ou contraires, au cours des enquêtes. Mais
sur la foi des informations reçues, nous réfutons
d’emblée la solution facile d’éventuels «
coupeurs de route » à cause des risques et de
l’acharnement inhabituels, à ces bandits.
Quant à l’hypothèse attribuant le forfait à
un règlement de compte dont Norbert ZONGO aurait été
l’objet de la part des éleveurs de sa zone de chasse
où il se rendait, elle présente certes un intérêt
en raison des relations fort tumultueuses et même quelquefois
violentes qu’ils entretenaient, mais elle nous paraît
pour l’instant peu vraisemblable jusqu’à preuve du
contraire.
Prendre le recul nécessaire
Au point où nous en sommes, notre prédilection
va à l’hypothèse d’un complot autrement plus
sérieux, que les forces républicaines loyalistes,
toutes catégories confondues, gagneraient bien à
surveiller de près. Dans cette hypothèse, les
alliances complices pourraient ne pas être contenues
dans les clivages habituels pouvoir et opposition, et en la
considérant de près tout redevient logique,
que ce soit la manière du meurtre qui incrimine la
famille COMPOARE, ou l’inopportunité du crime qui jette
un discrédit sur le régime et les récentes
élections. Il y a comme l’impression que quelqu’un
attendait (ou attendrait toujours) un mouvement de protestation
populaire dont la violence puisse amener des bavures ou incidents
irréparables de la part des forces de sécurité,
afin d’espérer créer l’occasion de mettre en
œuvre un scénario à la malienne dans le voisinage
de la période historique du 3 janvier ! Nous avons
une grande sympathie pour l’histoire de la démocratie
malienne où le commandant ATT et ses troupes s’étaient
rangés du côté de manifestations démocratiques
pour ensuite instaurer un pouvoir civil. Mais cette expérience
n’a d’attrait et de valeur que dans la mesure où elle
n’a pas été basée sur des préméditations
putschistes mais sur des repères et aspirations républicaines,
démocratiques.
C’est vrai que l’étendue de la victoire électorale
de Blaise COMPAORE ainsi que son rayonnement continu sur la
scène internationale peuvent inquiéter les partisans
de tout bord d’une alternance plus rapide. Mais enfin, la
démocratie a ses règles auxquelles toute ambition
devrait désormais se soumettre.
Le regretté Henri SEBGO aimait à écrire
que l’un des rôles de la presse est d’aider à
la formation d’une opinion publique responsable. Nous nous
inscrivons dans cette ligne pour appeler tous ceux qui, légitimement,
ont été comme nous indignés par l’assassinat
crapuleux de notre confrère, à ne pas se laisser
canaliser dans un scénario putschiste auquel ils sont
étrangers. Que chacun prenne le recul nécessaire
pour réfléchir sur les mobiles profonds de ceux
qui, sans compter, dépensent et se dépensent
pour tenter de les rallier à un mouvement de confrontation
avec les forces de l’ordre. Pour autant nous ne voulons pas
ignorer qu’il était de bon aloi que toutes les forces
politiques aspirant à un changement veuillent saisir
au vol l’opportunité de l’indignation populaire suscitée,
pour acculer le pouvoir.
Mais il y a lieu d’appeler toutes les organisations démocratiques
ainsi que l’ensemble des citoyens qui manifestent tout à
fait légitimement et sans calcul putschiste, à
être extrêmement vigilants pour ne pas se faire
utiliser.
Par Joël SOUMARE
In L’Opinion N° 66 du 30/12/1998 au 05/01 1999
Reporters sans frontières
Une enquête orientée
et biaisée
Après sa mission
d’enquête dans notre pays sur la mort du confrère
Norbert ZONGO, le reporter de l’association européenne
Reporters sans frontières a donc abouti à la
conclusion, aux allures de sentence, que la piste privilégiée
est «la thèse du meurtre
lié au journalisme d’investigation pratiqué
par Norbert ZONGO, et plus particulièrement à
ses enquêtes sur la mort du chauffeur de François
COMPAORE, et les passe-droits dont bénéficiait
le frère du chef de l’Etat dans cette affaire».
Le moins qu’on puisse dire est que cette conclusion de l’association
Reporters sans frontières vient ainsi accréditer
la thèse et tenter de donner une légitimité
à tous ceux qui, sans désemparer, cherchent
un point d’ancrage pour attenter à la paix sociale
dans notre pays. Point n’est besoin de démontrer que
ce rapport porte ainsi un sérieux coup à la
crédibilité de toute autre commission d’enquête
dont les efforts de recherche de la vérité pourraient
l’amener à approfondir d’autres pistes, d’autres indices.
Mais n’était pas, dans le fond, l’objectif visé
par ceux qui ont encadré l’équipe dans ses enquêtes
?
Il est très malaisé, en matière
de presse comme dans les milieux de la Société
Civile d’apparaître, sur un sujet quelconque, comme
un défenseur de l’Etat et de ce qui lui est apparenté.
Cette réalité se manifeste davantage dans notre
contexte actuel de troubles où l’Etat semble être,
sans défense, au banc des accusés ; Et pourtant,
dans le domaine de la recherche de la vérité,
tous les a priori, toutes les pudeurs, tous les préjugés
devraient pouvoir être rangés dans les placards,
au nom de l’impartialité, au nom du droit et de la
justice.
L’Etat africain en particulier, jouit d’un préjugé
systématiquement défavorable dans la mentalité
et l’approche d’un certain nombre d’associations européennes
disant agir au nom du droit, et cette suspicion de principe
apparaît manifestement dans la manière dont Reporters
sans frontières a mené ses premières
enquêtes de façon tout à fait orientée
et biaisée. L’on se rappelle le ton condescendant par
lequel le porte-parole de cette association, comme en terrain
conquis, toisait l’Etat au lendemain de son arrivée
dans notre pays, pour n’avoir pas ordonné une enquête
immédiate des structures de police.
L’absence d’une réaction prompte de ces structures
était d’ailleurs implicitement interprétée
comme un signe de culpabilité de l’Etat. Mais comment
diantre ! L’Etat, qui était déjà indexé
comme le coupable du meurtre, et dont certaines associations
et partis politiques burkinabè contestaient même
jusqu’à la représentativité dans une
commission indépendante, pouvait-il prendre sur lui
d’ouvrir une enquête par ses seules structures ? Et
même s’il s’agissait des travaux de la commission d’enquête
indépendants officielle, de quel droit l’association
Reporters sans frontières pouvait-elle tout en travaillant
en marge de ladite commission, prétendre avoir accès
aux rapports d’étapes de celle-ci ? Peut-on seulement
imaginer un seul instant qu’en retour, une association africaine
quelconque puisse ainsi et allègrement, fouiner dans
les dossiers d’enquêtes en cours d’un Etat européen
avec, de surcroît, une telle condescendance sur ses
structures policières ? Chercher à y répondre
serait déjà faire preuve de naïveté
en croyant que la question se pose.
Nous pensons savoir que la commission d’enquête indépendante
est ouverte aux associations internationales de journalistes,
en l’occurrence à Reporters sans frontières.
Pourquoi donc a-t-elle anticipé la désignation
de coupables de façon tout à fait légère
et au mépris des conséquences dramatiques que
cela pourrait avoir sur l’atmosphère sociale burkinabè
déjà grosse de tension ?
Parti pris et défaillances grossières
D’abord il sied de révéler un fait apparemment
anodin contenu dans le rapport afin de permettre à
tous les crédules qui auraient la faiblesse de le prendre
comme vérité incontestable, de se ressaisire
pour faire œuvre de réflexion personnelle.
Il est affirmé dans le rapport que les étudiants
ont enflammé un car du CDP lors d’une manifestation
devant le siège de ce parti au pouvoir. Or tous ceux
qui suivent ces évènements sont témoins,
et la quasi-totalité des journaux l’ont écrit,
que ce sont deux cars qui ont été incendiés
et 2 autres véhicules gravement endommagés sans
compter les autres préjudices en casse subis par le
siège du CDP. Qui donc a informé de la sorte
l’équipe de Reporters sans frontières et pour
quel but ? Pourquoi Reporters sans frontières, dont
l’équipe est venue moins de deux semaines après
la commission des faits, n’a pas daigné se renseigner
sur les lieux de cette casse et, le cas échéant,
pourquoi n’a-t-elle pas pris la peine d’expliquer sur ce point
aussi les journaux pour affiner sa version ? Nous n’aurions
pas considéré outre mesure ce fait anodin si
ce n’est qu’il vient prouver que cette équipe de Reporters
sans frontières a été orientée
par quelqu’un ou par un groupe, ves la conclusion à
laquelle elle a abouti.
Le parti pris est manifeste concernant la mise en accusation
de François COMPAORE, sur la base essentielle du dossier
juridique de l’affaire David OUEDRAOGO à propos duquel
Reporter sans frontières a tout simplement avalisé
les thèses de L’Indépendant. Comment comprendre
que l’association en soit arrivée à cette conclusion
sans avoir éprouvé le besoin d’entendre la personne
indexée alors que par contre il ressort de son rapport
qu’elle a eu un entretien avec l’avocat mis en cause dans
le dossier ? Ce n’est alors pas étonnant qu’au mépris
des principes élémentaires d’enquête,
le rapport en arrive à des affirmations aussi gratuites
disant que François COMPAORE lui-même remis son
chauffeur David OUEDRAOGO à des éléments
du Conseil de l’Entente.
Reporters sans frontières en a-t-elle seulement la
preuve, pour oser porter l’accusation d’une telle façon
nominative ? Si oui, il était indiqué d’en faire
cas dans le rapport, car ses enquêteurs ne peuvent pas
ignorer qu’on ne peut ainsi mettre quelqu’un nominativement
en cause sans preuve établies.
En tout état de cause, au point où nous en sommes,
l’administration d’Etat, pour des raisons évidentes
de sécurité, est maintenant mise en demeure
par les évènements, de traiter en priorité
et publiquement ce fameux dossier de mise en accusation et
même «d’inculpation» de François
COMPAORE dans cette affaire David OUEDRAOGO. Et sur ce point,
il y a lieu que, exceptionnellement, l’appareil judiciaire
puisse lever le voile du secret qui doit entourer les dossiers
d’information, afin d’en permettre une large saine appréhension
par l’opinion publique.
Témoignages légers
et faux témoins à charge
Le reportage de presse ayant servi de base aux toutes premières
supputations publiques sur la mort tragique de Norbert ZONGO
est celui du quotidien d’Etat Sidwaya en date du 15 décembre.
Or il est de notoriété que ce récit de
Sidwaya a été immédiatement démenti
par les faits en son point relatif à l’implication
du haut-commissaire de la Sissili, ce qui jette du même
coup un discrédit sérieux sur l’ensemble du
reporter.
La même source qui a pu convaincre le reporter de Sidwaya
que le voyage de Norbert ZONGO était dû à
une convocation du haut-commissaire (ce qui est admis aujourd’hui
comme un mensonge évident) dans l’objectif certain
de mieux acculer le pouvoir, n’aurait-elle pas aussi influencé
«les» Reporters sans frontières ?
Du reste, les indices majeurs qui ont forgé la conviction
de l’équipe de Reporters sans frontières sont
troublants de légèreté.
Leur rapport affirme que l’enquête menée par
Norbert ZONGO lui aurait valu de sérieuses menaces
de mort. Un certain nombre de témoignages sont cités
dans les points 7 et 8 du rapport pour étayer cette
version, témoignages qui ont en commun de provenir
tous de confidents auxquels Norbert ZONGO aurait préalablement
fait des révélations sur les projets d’assassinat
qui visaient sa personne. Et ces confidents se sont tus, et
ils ont laissé faire sans crier, jusqu’à ce
qu’on l’assassine effectivement pour aujourd’hui en rendre
témoignage !!
Parmi ces confidents, un cas mérite une attention particulière.
C’est celui de monsieur Germain NAMA, membre de la commission
arbitrale du MBDHP, dont on connaît par ailleurs la
position récriminatoire contre le pouvoir dans cette
affaire selon son article paru dans L’Indépendant du
29 septembre dernier. Le rapport attribue à monsieur
NAMA ces propos : «je savais
qu’il était très menacé. Mais il a pris
ces menaces au sérieux bien trop tard.
Ils sont venus le voir en lui disant qu’ils étaient
envoyés pour le buter. Pour preuve, ils lui ont tracé
son emploi du temps avec une précision qui a fait peur
à Norbert ZONGO. Le scénario était de
le faire disparaître et de retrouver son corps dans
la brousse quelques jours plus tard. Ils affirmaient venir
de la part de François COMPAORE…».
Ces allégations auraient été, selon le
même rapport, confirmées par une proche amie
de Norbert ZONGO.
Alors questions ! Même si Norbert ZONGO n’a pas vite
pris ces menaces au sérieux ainsi que l’indique monsieur
NAMA, qu’a-t-il fait, lui qui est un membre influent du MBDHP,
un mouvement de défense des droits de l’homme ? On
sait comment, à plusieurs reprises, le MBDHP s’est
fait prompt pour dénoncer ce qu’il a qualifié
de projets d’assassinat soit contre son président Halidou
OUEDRAOGO, soit contre Tolé SAGNON de la CGTB.
Norbert ZONGO n’aurait-il pas mérité la même
attention de la part du MBDHP ? Et cependant, si l’on en croit
toujours monsieur NAMA, il y avait des pistes précises
et crédibles données par un certain D… recruté
pour le meurtre mais qui serait venu vendre la mèche
en en donnant les détails du projet qu’il situait sur
la route du ranch ! et personne n’en a soufflé mot
! Et les structures sécuritaires de l’Etat n’ont pas
été saisies, ne serait-ce que pour les prendre
à témoins de cas où… !
Non, il est évident que ce témoignage, s’il
n’est pas étayé par d’autres preuves, est purement
et simplement affabulateur dans le but d’exciter les foules
pour accabler le pouvoir ; A moins que cela n’ait constitué
une pièce du scénario par lequel un groupe qui
projetait l’assassinat, aurait ainsi préparé
l’entourage de Norbert à croire à un meurtre
commis par le pouvoir. Rien n’est exclu, et sur ce plan monsieur
NAMA peut être une piste précieuse pour aider
à dénouer cette énigme. Son silence puis
son empressement à désigner des coupables ne
sont pas anodins. Qu’on ne tente pas non plus de nous convaincre
que la multiplication des sources du même témoignage
peut donner du crédit à la version, car n’importe
qui aujourd’hui peut se targuer d’avoir été
informé de n’importe quoi par le regretté Norbert
ZONGO.
Un autre confident de Norbert, en l’occurrence Maître
SANKARA Bénéwendé, présenté
dans le rapport comme étant l’avocat des ayants droit
de David OEUDRAOGO, c’est-à-dire un avocat à
charge de la famille COMPAORE, affirme lui aussi savoir que
notre confrère se sentait traqué et menacé
de mort ! Et qu’avez-vous fait, Maître, pour tenter
de prévenir ce meurtre dont vous aviez le privilège
d’être informé du projet ?
La perfidie de certains confidents saute même à
l’œil dans ce rapport d’enquête de l’équipe de
Reporters sans frontières
Dans l’affaire de l’intoxication alimentaire de Norbert ZONGO
à Kaya après un repas pris avec des amis, le
regretté lui-même avait écrit qu’il ne
pouvait s’agir d’une tentative d’empoissonnement dans un tel
cercle fermé d’amis. Mais tenez-vous bien ! Il s’en
est trouvé, parmi les témoins-confidents, pour
déclarer à l’équipe de Reporters sans
frontières que Norbert était convaincu de la
thèse d’une tentative d’empoissonnement, bien qu’il
ait écrit le contraire ! Leurs arguments : «Nous
avons pu examiner la boîte de tomate dont on disait
qu’elle était la cause du mal, mais la date de péremption
n’était pas dépassée» ! Si ce n’est
pas ahurissant ! Nous laissons à chacun de se faire
une idée de la qualité de ces témoignages
qui semblent avoir fortement influencé les enquêteurs
de Reporters sans frontières au point qu’ils aient
désigné un coupable sans l’avoir entendu et
mis en cause un dossier judiciaire dont ils n’ont entendu
que la partie accusatrice. Curieux tout de même de la
part de Reporters sans frontières qui s’offusquaient,
à son arrivé dans notre pays, que des témoins
privilégiés du drame de Sapouy n’aient pas encore
été entendus par les autorités policières.
La date butoir du 16 décembre au «Safari
Sissili»
Il est connu, et ceux qui le désirent peuvent aisément
le vérifier, que le ranch de Norbert ZONGO, le «Safari
Sissili», est une zone de très haute
tension entre d’une part, les éleveurs du Projet d’aménagement
pastoral installés sur les lieux par les services étatiques
de l’élevage, et d’autre part les pisteurs de la zone
de chasse qui a été concédée à
Norbert ZONGO par les services étatiques de l’environnement.
L’incongruité c’est que deux départements ministériels
du même Etat parrainent dans la même zone deux
projets juxtaposés et à caractère très
conflictuel.
Au-delà de cet imbroglio administratif qu’il est urgent
pour l’Etat de solutionner, les faits sont établis
et confirmés par des dossiers judiciaires, que les
pisteurs de Norbert ZONGO, agissant sur son ordre, ont plusieurs
fois fusillé des bêtes du cheptel et fait ligoter
puis enfermer dans une cabane du ranch les éleveurs
qui sont venus à la recherche des animaux disparus.
Il est même arrivé que des éleveurs capturés
par les pisteurs aient été retenus une journée
durant pour des travaux forcés (creusage de puits).
Norbert ZONGO avait d’ailleurs reconnu, par écrit de
sa propre main avoir commandé ou conduit lui-même
des expéditions de ses pisteurs dans ce sens, en se
justifiant d’avoir accompli la loi qui protège ses
installations et sa zone de chasse.
La tension dans cette zone a été quelque peu
évoquée dans le rapport d’enquête de Reporters
sans frontières, et le Ministre de l’Environnement
qui y est cité affirme même qu’un consensus a
été trouvé entre les deux parties pour
un déménagement incessant des éleveurs,
assorti d’un budget accompagnateur. Or dans le même
rapport le jeune frère de Norbert ZONGO, Robert, affirme
lui, qu’un ultimatum était fixé pour le déguerpissement
des «peuls» au 16 décembre
1998. Et il ajoute : «Maintenant que ZONGO est mort,
tout est à l’eau. L’on remarquera que la tragédie
de Norbert a eu lieu le 13 décembre, alors que l’ultimatum
était, lui, fixé au 16 décembre !
Bien que notre journal ne privilégie pas la piste d’un
règlement de compte avec les éleveurs, il est
ahurissant de constater la banalité avec laquelle les
enquêteurs de Reporters sans frontières ont tout
simplement minimisé cette hypothèse qui a l’inconvénient
pour ses encadreurs, on le comprend, d’éloigner les
soupçons du pouvoir. Une enquête impartiale ne
saurait négliger de la sorte des coïncidences
aussi troublantes et ne devait a priori minimisé aucune
piste.
Si nous ne croyons pas, nous, à la piste des pauvres
éleveurs, il n’est pas par contre exclu qu’un mobile
sérieux puisse être trouvé au sein du
conglomérat économique apparent ou souterrain
dont les intérêts se croisent dans la même
zone de chasse ou ailleurs. Norbert n’aurait-il pas été
menaçant d’indiscrétion dans cette alliance
d’intérêts. Avis aux enquêteurs ?o
Par Joël SOUMARE
In L’Opinion N° 67 du 06/01
au 12/01 1999
Insolite
A propos du véhicule non immatriculé
Dans le rapport d’enquête
de Reporters sans frontières, une précision
apportée par un témoin est venue renforcer notre
hypothèse de prédilection qui est que Norbert
ZONGO aurait été trucidé par un groupe
putschiste ou maffieux ayant choisi son moment et tout mis
en œuvre en sorte que tous les indices incriminent le pouvoir.
Tenez ! Il est précisé par un témoin
à Sapouy que le véhicule 4x4 suspect qui avait
suivi celui de Norbert ZONGO et s’en est retourné quelque
temps après à très vive allure, était
sans plaque d’immatriculation mais gardait sur ses flancs
les insignes du Parc automobile de l’Etat ; Si les faits s’avéraient
ainsi, et que l’implication effective de ce véhicule
était prouvée dans le drame, alors des questions
pertinentes restent posées. Pourquoi les occupants
dudit véhicule ont éprouvé un besoin
de discrétion en ce qui concerne l’identification du
numéro d’immatriculation, sans éprouver le même
besoin en ce qui concerne les insignes du Parc automobile
de l’Etat ? N’est-ce pas comme pour dire : ne cherchez pas
à remonter jusqu’à nous, mais sachez que c’est
l’Etat ?
Du reste notre hypothèse su ce point prend désormais
en compte, à la fois, la possibilité déjà
exprimée d’une préparation putschiste, et celle
additionnelle d’un crime à dessein de dissimulation
à l’intérieur du conglomérat économique
de gestion du ranch de la Sissili comme d’autres zones de
chasse.
N’abusez
pas de L’Indépendant
Les lecteurs de L’Indépendant ont certainement accueilli
avec joie que leur hebdomadaire continue de paraître
après le décès de son Directeur de publication
H.S. Il est en effet souhaitable que la place occupée
par ce journal dans notre paysage médiatique ne soit
pas laissée à vide. Cependant il y a lieu que
pour ce faire, tout le monde respect la légalité
qui semble être l’un des credo du MBDHP dont relève
pourtant monsieur Germain NAMA, l’un des actuels rédacteurs
influents du journal, Est-il normal que ledit hebdomadaire
continue de paraître sous la responsabilité juridique
de Norbert ZONGO ?
On a comme l’impression que la situation fait l’affaire de
certains qui se découvrent brutalement une âme
de journaliste. On se demande d’ailleurs pourquoi ils étaient
restés si indifférents et silencieux du vivant
du disparu -, alors même que celui-ci «implorait»
leur soutien. A preuve, lorsque Norbert était absent
du pays pour une longue durée, le journal ne paraissait
pas. Par ailleurs combien d’entre eux se présentant
aujourd’hui, comme son confident et qui affirment avoir été
informés par lui qu’il était menacé ont
levé le plus petit doigt pour lui venir en aide ? Aucun
!
Quelqu’un voudrait-il abuser de L’Indépendant de Norbert
ZONGO sans en assumer les responsabilités conformément
à l’article 8 du code de l’information qui stipule
que «tout journal ou écrit
périodique, doit avoir un directeur de publication…»
?
Il est opportun qu’un nouveau Directeur de publication soit
nommé afin d’en assumer toute la responsabilité
devant la loi. Messieurs du MBDHP, respectons tous la loi.
J.S
Commission d’enquête
indépendante
Que d’interrogations encore !
Comme il est apparu dans nos deux dernières
éditions et dans plusieurs autres journaux de la place,
le rapport de la CEI n’est pas exempt de critiques. Loin s’en
faut. Il est même au centre de tirs croisés nourris
dans l’opinion publique qui se découvre brusquement
des talents d’analystes si ce n’est d’enquêteurs.
Devant les interrogations et pour satisfaire les attentes
du plus grand nombre, nous avons décidé de synthétiser
la plupart des critiques entendues ici et là en les
organisant en deux grands chapitres : les remarques de forme
et les remarques de fond.
Notre liste ne se prétend pas exhaustive mais se veut
juste une contribution pour une meilleure appréciation
de ce rapport.
Pour le moins que l’on puisse dire, le rapport
de la CEI du juge Kassoum KAMBOU restera longtemps gravé
dans les mémoires pour avoir été un concentré
d’énigmes qui a laissé sur la faim une opinion
publique qui en attendait beaucoup plus et une population
qui, lui donnant toute sa confiance, se sent comme trahie.
A l’image du vin qui se bonifie en vieillissant, ce rapport
dévoile au fur et à mesure qu’on le relie des
aspects qui donnent le haut-le-cœur au point qu’on s’étonne
devant des anachronismes évidents sur lesquels on était
passé avant sans les découvrir. C’est pourquoi,
l’exercice auquel nous nous livrons est loin de recenser toutes
les découvertes tant sur les aspects de pure forme
que sur les problèmes de fond. On remarquera surtout
que dans ce pays, on ne peut plus tromper les gens facilement.
Sur la forme
Des observations classées dans cette rubrique, peuvent
se retrouver dans la seconde portant sur le fond.
1) La composition de la CEI
Le commun des mortels se demande si les structures qui ont
envoyé des représentants dans la CEI ont tenu
compte des qualités (morales, techniques, etc) de ceux-ci
dans leur choix. En effet, le résultat attendu était
fortement tributaire de la capacité des membres à
conduire et à exécuter une enquête à
caractère judiciaire ou policière. Y a-t-on
sérieusement pensé ? Tel ne semble pas être
le cas au regard des dispositions de certains membres et surtout
de l’idée qu’ils avaient de leur rôle.
2) Des rapports des commissaires
avec leurs structures
Selon son président, le juge Kassoum KAMBOU, au cours
de la conférence de presse donnée après
le dépôt du rapport (14 mai 1999), les membres
de la CEI faisaient des comptes-rendus à leurs structures
d’origine, lesquelles leur donnaient des directives à
observer. C’est dire que la CEI n’était pas indépendante
en réalité, puisque ses membres ne l’étaient
pas soumis qu’ils étaient aux diktats de leurs mandataires.
Est-ce cela qui explique que son rapport ressemble à
une synthèse des rapports de RSF et du Collectif ?
Robert MENARD défendait son rapport qui privilégiait
la piste du pouvoir. Le juge Kassoum KAMBOU du MBDHP, Shérif
Moumina SY de la SEP, Tiergou Pierre DABIRE de l’AJB, Victor
KAFANDO de la LDLP, tous membres du Collectif faisaient valoir
celui de leur organisation qui désignaient des membres
de la garde présidentielle comme les coupables. Pour
être indépendant, les commissaires auraient dû
être des personnalités de haute stature à
même de s’élever au-dessus des «intérêts»
de leurs organisations pour être indépendants
et trancher sur les faits.
3) De certains couacs
La CEI a été secouée par deux faits majeurs
: les comportements excessifs de Robert MENARD et les tortures
subies par des témoins. Sur le premier, on avait espéré
une mise au point claire car l’intéressé non
seulement violait le droit de réserve auquel il était
soumis et le secret des travaux de la Commission, mais en
plus dénigrait proprement les autorités du pays
et le pays tout entier par des propos d’une impolitesse caractérisée.
Il n’en fut rien.
Sur le deuxième point, on avait pensé à
une condamnation ferme de ces tortures et à une excuse
publique. Là aussi, aucun geste. Est-ce parce que Halidou
OUEDRAOGO, président du MBDHP, président du
Collectif avait cautionné ces tortures ? On est en
droit de le penser. Même de M. MENARD, rien ; si ce
n’est semble-t-il une protestation de principe à l’intérieur
de la CEI qu’il aurait monnayé contre ses incartades
répréhensibles.
4) Des pressions du Collectif
La CEI a semblé travailler en parfaite coordination
avec le Collectif qui exerçait sur elle une pression
réelle. Jamais elle n’a déploré ce fait
alors qu’elle s’empressa de se plaindre contre l’Etat quand
elle a eu quelques difficultés sur des garde-à-vue
qu’elle avait ordonné. Dans son rapport, rien n’est
dit sur l’impact des marches et autres activités de
pression du Collectif.
5) Des confrontations
Sur de nombreux points, la CEI a laissé planer le doute
sur le sérieux de son travail, en ne procédant
pas aux confrontations et autres contre-expertises lorsque
cela s’imposait. C’est le cas avec les divergences des témoignages
sur le nombre des assaillants et sur leur habillement ; c’est
le cas sur le combustible utilisé pour perpétrer
l’incendie, sur les véhicules utilisés, la description
des faits, etc.
6) Silences sur certains faits
- Pourquoi le rapport ne dit mot sur la vérification
qu’elle a bel et
bien opéré des alibis de ces six «sérieux
suspects » ?
- Que deviennent les informations de Germain NAMA, président
de
la commission arbitrale du MBDHP qui, dans de nombreux articles
de L’Indépendant, déclarait savoir tout sur
le véhicule 4X4 qui a servi au meurtre et le surveillait,
qu’il avait des informations sur un des meurtriers dont le
nom commençait par D, sur la K 47 qu’il nous a présenté
comme l’arme du crime, etc. Qu’a-t-on fait des « confidences
que Norbert Zongo lui auraient fait sur les projets d’assassinat
le concernant ?
- Comment explique-t-on le fait que les cinq portières
du véhicule de feu Norbert ZONGO aient été
présentées condamnées alors que par ailleurs
un témoin a déclaré avoir vu le chauffeur
sortir ?
7) Des autres pistes
La CEI évacue toutes les autres pistes sans démontrer
de quelque manière que se soit la pertinence de sa
décision. En effet, aucun fait ne vient étayer
sa position. Tout au contraire sur les pistes extérieures,
elle semble vouloir qu’on la croie sur parole et fonde sa
décision sur le manque d’informations, alors que cette
insuffisance devrait conduire logiquement à ne pas
exclure d’office leur probabilité.
8) Des «sérieux suspects»
La CEI conclut qu’elle n’a pas des preuves formelles pour
désigner les coupables mais peut indexer de «sérieux
suspects». C’est son droit. Là où on comprend
moins, c’est qu’elle a fermé les autres pistes. Une
attitude bien curieuse qui fait dire que c’est uniquement
par pudeur ou par peur de ne pas pouvoir faire avaler l’os
qu’elle a parlé de «sérieux suspects»
au lieu de coupables.
SUR LE FOND
Sur le fond, la CEI a surpris par la faiblesse de son argumentaire
et par certaines orientations qui semblent être dictées
non par des faits mais par des préjugés. Ses
enquêtes ont semblé non pas dirigées vers
la recherche des coupables, mais vers la recherche d’informations
pour confondre des personnes. A ce jeu, on a vite trouvé
des mobiles, des faits, voire des «preuves» pour
faire de quiconque un coupable. L’essentiel est de savoir
chercher ; C’est ce qu’elle a fait mais heureusement pour
la vérité son montage souffre de beaucoup d’insuffisances.
1) De l’arrêt
des travaux
Sans preuves, sans coupables avec des indices qu’elle estime
«sérieux»
pour désigner de «sérieux
suspects», la CEI décide d’elle-même
de mettre fin à ses travaux. Devant l’importance de
la question, avec tous les moyens à sa disposition
: moyens financiers 122 millions de FCFA ; immunité
totale ; aucun secret militaire ou professionnel ; possibilité
de recourir à toute personne ou à toute expertise
nationale ou internationale, etc. elle se satisfait d’indices
qu’elle ne vérifie pas et surtout passe des nuits blanches
pour «pondre»… 37 pages
dans lesquelles mêmes les expertises scientifiques ne
sont pas fiables (les experts l’affirment eux-mêmes.
Aucune explication n’est donnée sur les impératifs
qui ont poussé la CEI à conclure ainsi plutôt
que d’approfondir les recherches ne serait-ce que pour solidifier
les accusations qu’elle porte.
2) Des emplois
de temps
La CEI se contente en toute vraisemblance des emplois de temps
du 13 décembre 1998 des six personnes choisies comme
«sérieux suspects». Les propos de ces personnes
sont retenus contre elles au détail près, bien
que la CEI reconnaît elle même que «… à
l’épreuve du temps. La mémoire s’est souvent
étiolée, enlevant au souvenir la précision
que l’on aurait souhaitée».
Toutes les 204 personnes entendues ont-elles passé
par ce même tamis ou n’a t-il servi que dans ces cas
? La CEI ne nous dit rien.
La CEI ne nous dit pas non plus si elle a vérifié
les positions de ces personnes comme elle l’a fait pour leurs
communications téléphoniques.
Si les personnes incriminées étaient les coupables,
n’auraient-elles pas concocté des alibis béton,
tout au moins, n’auraient-elles pas harmonisé leurs
dépositions ?
3) Des liaisons
avec l’affaire David OUEDRAOGO
La CEI ne montre aucun élément qui permet de
faire la liaison entre l’affaire David OUEDRAOGO et le meurtre
de Norbert ZONGO. Pourtant, elle affirme le fait et cela lui
permet de désigner de «sérieux suspects».
C’est commode sans nul doute.
Corrolairment, sans enquête sur la préparation
d’un coup d’Etat évoqué par David OUEDRAOGO
pour convaincre ses complices dans le vol, la Commission assure
qu’il n’en est rien.
4) Des autres
pistes
La CEI balaie du revers de la main toutes les autres pistes
de manière plus ou moins cavalière.
Pour les bandits de grand chemin, l’argumentaire lui est fournie
par un éleveur de la zone pastorale Yallé (PV
n°99-154 du 16/04/99. Nos commissaires ne pouvaient pas
eux-mêmes affirmer que ces bandits agissent pour «…
la recherche de l’argent».
Pour les braconniers l’avis d’un notable de Biéha,
Souleymane NACRO emporte l’adhésion de la CEI «(…)
ils sont généralement armés d’arcs et
de flèches et de quelques fusils de traite. Dans la
zone, personne n’en voulait à Norbert ZONGO».
(PV n° 99-152 du 16/04/99).
Curieusement, le frère de Norbert ZONGO
assure qu’un conflit violent opposait le ranch aux braconniers.
A preuve, après l’assassinat de Norbert ZONGO, un échange
de coups de feu se termine par la mort d’un braconnier. Pourtant
les commissaires sont convaincus qu’il y avait une entente
parfaite entre le ranch et les braconniers !
En ce qui concerne les éleveurs, les commissaires se
satisfont des déclarations selon lesquelles c’était
le parfait amour, alors même qu’un ultimatum était
donné aux éleveurs pour qu’ils quittent la zone
du ranch qu’ils occupaient illégalement.
C’est ultimatum expirait le 16 soit 3 jours après l’assassinat
du maître des lieux. On sait aussi que les rapports
entre Norbert ZONGO et ces éleveurs étaient
ponctués de courses poursuites, d’abattages de bœufs,
de séquestrations, de travaux forcés, etc. La
main étrangère ne retient pas davantage l’attention
de la CEI qui affirme sans aucune preuve que Norbert ZONGO
n’avait pas de «problèmes particuliers avec les
autorités de Lomé» (pour le Togo). Si
cela est avéré tant mieux ; mais la CEI qui
s’appuie sur des organes de presse aurait mieux fait de lire
ce que ces organes ont écrit puisque ceux-ci disaient
plutôt que si le Togo s’en prend à Norbert ZONGO
ce serait pour nuire au pouvoir et non pour Norbert ZONGO
lui-même. Donc que va chercher la CEI en affirmant de
façon gratuite ce qu’elle dit ?
En ce qui concerne les pistes de la «CIA et de la France
dans l’assassinat de Norbert ZONGO, la Commission d’enquête
n’a pu recueillir le moindre indice qui accréditerait
ces thèses». On croit rêver. Pour nos éminents
commissaires l’absence d’indice est une preuve d’innocence
! La méthode la plus simple pour qu’il n’y ait pas
d’indice c’est de faire comme elle l’a fait : ne rien chercher.
5) De la piste
de l’opposition
Sur la piste de l’opposition la CEI est formelle «au
vu de la logistique et des moyens utilisés, on se rend
compte que l’opposition ne dispose pas de tels moyens pur
réussir une telle opération».
La même CEI oublie malheureusement (pour elle) qu’elle
a donné la liste de ces moyens : trois véhicules,
3 ou 4 fusils de chasse calibre 12, un revolver magnum 357,
de l’essence ou de l’alcool ; pas plus.
Voilà les moyens que l’opposition ne peut pas avoir
! Si ce n’est pas ridicule !
6) A propos
de la 4X4 bleu
Germain NAMA du MBDHP a annoncé à plusieurs
reprises dans L’Indépendant qu’il savait où
se trouvait ce véhicule 4X4 bleu qui a servi aux assassins
de Norbert ZONGO. Il le surveillait même avait-il dit.
Curieusement, la Commission semble ne pas avoir retrouvé
le même véhicule et ne nous dit rien du témoignage
de M. NAMA.
7) A propos
du professionnalisme
Selon la CEI, l’assassinat a été
commis par des professionnels.
Pour étayer sa vision des choses, elle cite un ballet
de trois véhicules un jour de marché, sur une
route très passante ; des assassins qui viennent relever
le numéro d’immatriculation du véhicule après
le forfait…
Il faut vraiment le vouloir pour voir là des professionnels
qui, de surcroît, connaissent leur victime et sentent
le besoin de venir relever le numéro d’immatriculation
du véhicule. A quoi rime ce dernier geste ? Nous demandons
à nos «professionnels»
de la CEI de nous dire pourquoi les assassins ont relevé
le numéro du véhicule.
8) De la douille
retrouvée par la CEI
Si on doit féliciter la CEI, c’est d’avoir retrouvé
sur les lieux du drame le 5 février 1999, soit pratiquement
deux mois après les faits et après que la route
ait été «entièrement refaite»,
après le passage des enquêteurs de RSF, celui
du Commissariat de police de Sapouy et enfin après
le ratissage des limiers de la Commission internationale du
Collectif, une «douille de calibre 12 percutée
de marque Diva et une bourre plastique».
Une vraie trouvaille qui vaut bien 122 millions (en réalité
c’est la seule chose qu’elle ait découverte d’elle-même).
Mais le fait est trop extraordinaire pour ne pas être
suspect. La CEI n’a-t-elle pas craint d’avoir été
«aidée» par des
gens plutôt que par sa perspicacité ?
9) De la marque du
fusil
La «douille du 5 février» sera vraiment
providentielle pour la CEI. Analysée par l’expert en
balistique, il ressort qu’elle aurait été tirée
soit par «un fusil de chasse à 3 ou 5 coups…
fusil de type «riot gun»… fusil de type police
ou militaire.
Nos commissaires dans ces trois probabilités choisissent
le fusil de type militaire bien que celui-ci ait les mêmes
descriptions que le «riot gun». Cela fait leur
affaire.
10) Du fusil
de marque «Valtro»
Selon la CEI un fusil de marque «Valtro» a servi
dans l’assassinat. Ce type de fusil ne serait pas très
répandu sous nos latitudes selon nos sources. Puisque
l’importation d’armes à feu est réglementée
dans notre pays, il devrait normalement être aisé
de savoir qui en possède et au besoin procéder
à des analyses sur les Valtro suspects. La CEI semble
n’avoir pas essayé cette piste (en tout cas elle n’en
dit rien), elle qui pourtant a pu fouiller le magasin de la
garde présidentielle et n’y a pas trouvé une
seule arme similaire aux armes utilisées.
11) La piste
de Kaya
Il semble de plus en plus établi que Norbert ZONGO
a échappé à une tentative de meurtre
par empoisonnement à Kaya au d’une conférence
de la CGT-B.
L’enquête sur ce point nous paraît un peu trop
sommaire voir même lapidaire pour être sérieuse.
12) De l’usage
des témoignages des politiques
La CEI dans la recherche des auteurs du crime notamment en
s’interrogeant sur la responsabilité de l’opposition
ou du pouvoir d’Etat a entendu les tenants des deux bords.
Devant les dénégations du pouvoir, elle semble
être restée de marbre alors que des arguments
avancés pourraient le disculper et par contre met en
exergue les accusations de l’opposition. Elle signe d’ailleurs
un chèque en blanc à celle-ci en décidant
qu’elle ne peut pas avoir 3 véhicules, 4 fusils de
chasse, de l’essence ou de l’alcool, un revolver magnum 357
pour perpétrer le crime !
Dans cette logique, dans l’analyse des mobiles du crime elle
ne souffle mot sur aucun fait pouvant incriminer cette opposition
! La moindre des choses aurait été de répertorier
tous les mobiles possibles.
13) Des menaces
La CEI nous apprend que depuis le 27 mai 1994, Norbert ZONGO
rendait «les autorités
seules responsables de tout ce qui pourrait (lui) arriver».
Or il aurait affirmé à une connaissance le 11
décembre que «les menaces se précisent…»
avant d’aller à un rendez-vous, certainement relatif
à ces menaces, dans un hôtel de la ville et de
revenir dire «On va m’assassiner»
sans plus. Ce fait nous semble curieux pour la simple raison
qu’il est invraisemblable que Norbert ZONGO qui de toute évidence
a une totale confiance en cette connaissance ne lui dise pas
ne serait-ce qu’un peu plus sur l’origine des menaces ou de
ses probables assassins.
Ce témoignage, s’il est avéré, ferait
plutôt penser que l’assassin n’est pas celui qu’il a
indexé depuis 1994 sinon cela ne lui coûtait
rien de le dire.
14) De l’hôtel
et de la personne rencontrée
Selon un témoignage que la CEI veut crédible,
Norbert ZONGO a rencontré le vendredi 11 décembre
dans un hôtel de la ville une personne qui lui a permi
de dire, après le rendez-vous, «On va m’assassiner».
Quel est cet hôtel ? La CEI ne dit rien. A quelle heure
était le rendez-vous ; a-t-on enquêté
sur les lieux pour identifier la personne rencontrée
par Norbert ZONGO ; cette personne s’est-elle manifestée
plus tard … ; sinon, pourquoi a-t-elle participé à
l’assassinat ?
Mystère et boule de gomme !
Par ailleurs certains témoignages assurent que Norbert
ZONGO avait un informateur. Celui-ci s’est-il manifesté
de quelque manière que ce soit ? Aucune réponse
de la CEI et pourtant elle table sur ces témoignages.
15) Norbert
ZONGO a rencontré son meurtrier
Selon Germain NAMA et un autre des confidents de Norbert ZONGO
cité par la CEI, «un informateur l’avait conduit
chez un tueur qui était chargé de l’exécuter»
(PV n°99-005 du 10/02/1999. La CEI ne dit pas ce qu’elle
a fait de ces informations : a-t-elle pu les vérifier
; a-t-elle découvert l’informateur ou le tueur s’est-il
manifesté depuis ?
16) De l’incendie
Sans entrer dans les contradictions entre experts sur le produit
utilisé pour provoquer l’incendie interrogeons-nous
sur le sens de cet incendie. Pourquoi les assassins ont-ils
senti la nécessité de le provoquer ? Pour simuler
un accident ? Dans ce cas, on pourrait douter qu’il s’agisse
de professionnels parce que même si le véhicule
avait entièrement calciné les impacts de balles
(entrant ou sortant) ne trompent pas et les professionnels
le savent Pour tuer ? On ne trimbale pas une artillerie telle
que les assassins en possédaient et surtout on n’en
n’use pas comme ils l’ont fait pour douter du résultat
au point de vouloir parachever l’œuvre par le feu. Alors pourquoi
? Peut être pour choquer ! Si c’est le cas alors on
tient là un mobile auquel nos commissaires n’ont pas
pensé ! Si c’est le cas tout l’enquête est à
revoir !
IAu total, telles sont les remarques que suscite l’enquête
de la CEI au stade actuel des faits. Beaucoup d’interrogations,
peu de réponses ; beaucoup de légèreté,
parce que peu de faits ; beaucoup d’anachronismes pare qu’une
enquête commencée par la queue ; beaucoup de
suspicions parce que analyses faites sur des bases de parti-pris
et au bout de «sérieux suspects» pour servir
une fronde sociale comme si tout cela n’était qu’une
pièce d’un puzzle. Tout porte à croire qu’on
est loin d’avoir tout découvert ! Bien au contraire,
l’essentiel est à venir !
Par Cheick Ahmed
In L’Opinion n° 87
du 26/05 au 02/06 1999
Lettre ouverte
des “sérieux suspects” de la CEI
- Adjudant KAFANDO Marcel
- Sergent KOAMA Edmond
- Sergent YARO Banagoulo
- Caporal NACOULMA Wampasba
- Soldat YARO Ousseini
- Soldat KOMBASSERE Christophe
A
Monsieur le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux.
Objet : Observations relatives au rapport de la Commission
d'Enquête Indépendante
Monsieur le Ministre,
Lorsqu'en Janvier 1999, la Commission d'Enquête
Indépendante (C.E.I.) fut créée, le peuple
Burkinabè lui avait légitimement confié
ses espoirs et ses attentes pour avoir toute la lumière
sur les événements tragiques survenus à
Sapouy le 13 Décembre 1998.
Cette volonté commune de rétablir la vérité
a été le leitmotiv qui a suscité notre
disponibilité et celle de tous les citoyens à
répondre aux interpellations de la C.E.I.
Après quatre (04) mois, la C.E.I. a remis son rapport
au Gouvernement qui l'a aussitôt rendu public.
Suite à la lecture de ce rapport et surtout après
une analyse de l'exploitation faite par la C.E.I. de certaines
auditions dont les nôtres, nous nous sentons obligés
à nous exprimer à nouveau pour aider le peuple
Burkinabè épris de paix et de justice, au rétablissement
de la vérité.
II - DU CONTEXTE DES AUDITIONS:
Les éléments de la Sécurité Présidentielle
ont été auditionnés trois (03) ou quatre
(04) mois après le drame de Sapouy.
- Chacun de nous a été soumis aux questions
d'un collège de onze (11) membres.
- La durée moyenne d'une audition était de quatre
(04) à cinq (05) heures.
- L'adjudant Marcel KAFANDO a été entendu de
8 heures à 17 heures.
Dans le contexte décrit, comment peut-on exiger de
nous, des précisions d'horloge sur notre programme
du 13 Décembre et surtout sur les multiples appels
téléphoniques que nous recevons par jour ?
Nous l'aurions peut-être réussi, sans imprécision
mineure, si le 13 Décembre 1998 avait été
pour nous un jour extraordinaire assorti d'un programme spécial
de travail ou encore si, nous reprochant quelque chose, nous
avions harmonisé nos points de vue avant les auditions.
Tel n'était pas le cas. Malheureusement, la C.E.I.
relevant quelques imprécisions dans nos propos, de
manière arbitraire souvent comme nous allons le démontrer,
a fait de nous de soi-disant "suspects sérieux"
dans cette affaire. Cependant, et dans le même temps
elle relevait dans son rapport "qu'à l'épreuve
du temps, la mémoire s'est souvent étiolée,
enlevant aux souvenirs la précision que l'on aurait
souhaitée".
Ainsi les imprécisions, les incohérences et
les contradictions relevées par elle dans les autres
centaines d'auditions faites sont excusées pour les
autres et non pour nous. Deux poids, deux mesures et ce n'est
pas tout.
III - DES "SUSPECTS SERIEUX" ?
La C.E.I s'est focalisée sur le plan de travail pour
conclure que la non disponibilité de ce document ne
lui a pas permis de savoir où étaient les uns
et les autres ce jour, 13 Décembre 1999. Il convient
tout de suite de préciser, et cela a été
porté à la connaissance de la C.E.I., que le
plan de travail est tout simplement un aide-mémoire
pour le chef de section ou le chef de groupe. Il est individuel
et sa tenue n'est pas obligatoire parce que n'étant
pas un document officiel militaire. Par conséquent,
il peut ne pas exister d'une part et sa conservation n'est
pas non plus une exigence.
Mais en tout état de cause, la C.E.I. peut-elle affirmer
sincèrement qu'elle n'avait pas ou n'a pu avoir les
moyens de vérifier nos positions ce jour 13 Décembre
1998 ? Les témoignages qui suivent, sur interpellations
de la C.E.I. elle même, sont édifiants, et pourront
situer tout un chacun.
L'assassinat est considéré comme un meurtre
aggravé commis avec préméditation ou
guet-apens et le suspect est celui qui éveille, les
soupçons sans vouloir faire une analyse de tous les
éléments constitutifs de cette infraction, nous
pouvons néanmoins retenir que dans le cas d'espèce,
le ou les auteurs ou présumés auteurs doivent
avoir :
a) - Eté aperçus sur le lieu du crime à
l'heure du crime ;
b) - Utilisé les armes décrites dans le rapport
ou simplement s'être déplacés hors de
Ouagadougou ce jour avec les dites armes ;
c) - Eté reconnus, ne serait-ce qu'approximativement
par la description faite des assaillants, par les témoins
qui se trouvaient aux environs du lieu du crime.
d) - Disposé des véhicules suspectés
Ces quelques éléments sont tout de même
indispensables pour réunir des indices graves et concordants
de culpabilité ou même de suspicions "sérieuses"
à l'encontre d'une ou des personnes dans le cadre de
cette affaire.
Par conséquent, une analyse de chacun des éléments
cités en rapport avec notre situation dans le cadre
de ce dossier s'impose.
A - DE NOTRE PRESENCE SUR LE LIEU
DU CRIME, A L'HEURE DU CRIME :
- Le Soldat Christophe KOMBASSERE :
Il a déclaré à la C.E.I. n'avoir pas
quitté l'enceinte du Conseil de l'Entente le 13 Décembre
1998. Dans ses investigations, la C.E.l. relève que
l'intéressé était plutôt à
"l'intervention " ce jour.
"L'intervention" étant un poste situé
à l'intérieur du Conseil, où est donc
la contradiction ? En tout état de cause il est au
moins clair qu'il était à Ouagadougou le 13
Décembre 1998, toute la journée durant.
- Le Soldat Ousseini YARO :
La C.E.I. relève que le 13 Décembre 1998, il
a demandé une permission pour aller voir sa sœur malade
et il n'est revenu au service qu'à 18 heures. Ainsi
à priori, un doute subsiste sur la position de l'intéressé
à l'heure du crime de Sapouy. Le plus curieux dans
le cas-ci c'est la rétention faite par la C.E.I des
précisions données par l'intéressé,
des détails de son programme de la soirée du
13 Décembre. En effet, il a porté à la
connaissance de la C.E.I. que vers 14 heures il s'est rendu
dans un bar situé à proximité de son
domicile et y est resté jusqu'à 15 heures 30
minutes. Ensuite il est retourné à la maison
après avoir remis sa mobylette au lavage. C'est aux
environs de 17 heures que la mobylette lui fut remise à
son domicile et il a rejoint son service à 18 heures.
Peut-on faire dans le rapport une rétention d'une information
capitale, qui offre de multiples possibilités de vérifier
la position réelle de l'intéressé dans
la soirée du 13 décembre au lieu de laisser
planer le doute sur lui ?
La C.E.I. a-t-elle vérifié et établi
la fausseté du programme de l'intéressé
? Si tel était le cas, elle l'aurait mentionné
dans son rapport, elle qui visiblement cherche à nous
acculer n'aurait pas raté une telle occasion. Si elle
ne l'a pas fait, c'est parce qu'il reste vérifié
que l'intéressé a passé toute la journée
du 13 Décembre 1998 à Ouagadougou.
- Le Caporal Wampasba NACOULMA :
La C.E.I. relève qu'il déclare avoir été
à son poste à Ouaga-2000 à 08 heures
alors qu'il a été pourtant aperçu aux
environs de 08 heures à la zone administrative.
L'importance de ce document (le rapport) n'autorise pas des
affirmations approximatives. Aux environs de 08 heures, signifie
quelle heure ?
Si c'est pour relever une contradiction, pourquoi la C.E.I.
n'a pas démontré qu'à l'heure où
l'intéressé a été aperçu
à la zone administrative, il ne pouvait plus se retrouver
à 08 heures à son poste à Ouaga-2000
?
Dans tous les cas, l'intéressé est resté
à son poste (depuis son retour à 08 heures)
toute la journée du 13 Décembre, et le rapport
de la C.E.I. ne dit pas le contraire.
- Le Sergent Banagoulo YARO
L'intéressé était lui-même à
son poste de travail le 13 Décembre 1998. La C.E.I.,
suite à ses investigations, n'a aucunement soutenu
le contraire dans son rapport.
- Le Sergent Edmond KOAMA
Il a été mis en cause par le chef de terre de
Kindi, le féticheur Leegba et Christian SOMPOUGDOU.
Aussi est-il nécessaire de relever les faits suivants
pour mieux éclairer l'opinion :
KOAMA Edmond, le chef de terre et le féticheur Leegba
sont tous originaires du village de Kindi. Entre la famille
de KOAMA Edmond et celle du chef de terre à laquelle
est alliée le féticheur Leegda, il existe un
contentieux vieux de sept (07) ans. Le chef de terre de Kindi
n'a jamais pardonné à KOAMA Edmond le fait qu'il
ait osé recevoir chez lui un frère, une tante
et ses cinq (05) enfants tous renvoyés du domicile
du chef de terre. Les deux familles ne se fréquentent
pas et ne se disent même pas bonjour. Plus d'une fois,
le chef de terre a programmé la mort de KOAMA Edmond.
A cause de ce contentieux, le chef de terre a même interdit
à la famille de KOAMA Edmond le ravitaillement en eau
à la fontaine publique. Le Préfet, le Commissaire
de Police et les responsables administratifs de Kindi sont
au courant de ce contentieux qui a même fait l'objet
de saisine de la Justice de Koudougou. C'est le chef de terre
qui a amené à Kindi les tracts mettant en cause
Edmond KOAMA et, devant témoins, il s'est engagé
à faire égorger des poulets pour que Edmond
ne s'en sorte pas dans le dossier Norbert ZONGO.
Au regard donc de tout ce qui précède, comment
KOAMA Edmond peut-il recourir au chef de terre ou au féticheur
Leegba pour leur confier son sort ? Au-delà de cette
interrogation, d'autres questions méritent d'être
posées.
La C.E.I. est arrivée à Kindi. Le jour même
où les deux familles avaient été convoquées
par le Préfet pour la résolution du problème
de la fontaine publique. Cette coïncidence est-elle le
fait du hasard ?
Pourquoi jusqu'à la publication du rapport, la C.E.I.
n'a jamais interpellé ni Edmond KOAMA ni son frère
KOAMA Cyril sur les propos tenus par le chef de terre et le
féticheur ? Cette attitude de la C.E.I. ne dénote-t-elle
pas d'une certaine complicité dans le seul but de nuire
?
Quant à Christian SOMPOUGDOU, cet ami de KOAMA Edmond
qui soutient l'avoir reçu à Kombissiri le 12
Décembre 1998 il fut harcelé par la C.E.I. pour
obtenir de lui cet aveu. Excédé par les nombreux
déplacements (Kombissiri - Ouagadougou) il a fini par
satisfaire la volonté de la C.E.I. Même si cet
aveu n'a aucune incidence ou influence sur le programme du
13 Décembre de KOAMA Edmond, il reste tout de même
important que passés les moments d'inquisition et en
toute âme et conscience, Christian rétablisse
la vérité pour l'opinion nationale.
En tout état de cause, il reste constant que l'intéressé
n'a pas bougé de Ouagadougou le 13 Décembre
1998. Cela est d'autant vrai que de toutes les investigations
faites, la C.E.I. n'a trouvé aucun indice pour soutenir
le contraire.
- L'adjudant KAFANDO Marcel
L'intéressé a donné son programme à
la CEI en ces termes : le 13 Décembre 1998, je suis
resté au bureau jusqu'à 11 heures avant de rejoindre
mon domicile. Ensuite, je me suis rendu au restaurant "La
Source" où j'ai rencontré un ami, le Sergent-Chef
YAMEOGO Racine de la Base Aérienne.
Nous nous sommes quittés aux environs de 14 heures.
Je suis retourné à mon domicile pour me reposer.
Vers 16 heures je me suis rendu à la cité AN
II au restaurant "La Québécoise" où
avec le Sergent-Chef Ki Ernest nous sommes restés ensemble
jusqu'à 19 heures. Ensuite j'ai rejoint le service.
De ce programme, il ressort que, hormis même les personnes
qu'il a rencontrées, il y a surtout celles qui travaillent
en ces lieux (gérant du restaurant, personnels du restaurant...)
qui peuvent témoigner de sa présence au jour
et heures indiqués. Les "professionnels"
de la C.E.I. ont-ils emprunté cette piste ?
Certainement, même s'ils n'en parlent pas dans leur
rapport.
Dans ce dernier cas, comme ceux qui précèdent
notre présence à Ouagadougou dans la journée
du 13 Décembre 1998 est effective et rien ne permet
d'affirmer le contraire.
B/- DES TEMOIGNAGES RELATIFS A LA DESCRIPTION DES
ASSAILLANTS
Les témoignages recueillis par la C.E.I. à ce
sujet sont souvent contradictoires, malgré la bonne
visibilité à l'heure indiquée dans le
rapport pour la Commission du crime (aux environs de 16 heures).
Ainsi certains soutiennent que les assaillants étaient
au nombre de trois (03), alors que d'autres avancent le nombre
de quatre (04). La description de la tenue des assaillants
n'a pas échappé aussi à cette contradiction.
Quand un témoin déclare avoir vu quatre (04)
hommes, fusils en main et habillés chacun en tenue
sombre avec épaulettes et portant chacun une coiffure
qui descendait jusqu'au visage, un autre soutient que les
assaillants étaient au nombre de trois (03) dont un
vêtu d'un pantalon noir et d'une chemise blanche et
un second vêtu d'une chemise carrelée,
Enfin un troisième témoin affirme que les assaillants
étaient au nombre de trois (03) mais il ne se rappelle
pas de leur habillement.
Dans tous les cas de figure pour être identifié
comme un des assaillants décrits par les témoins,
il fallait au préalable être sur les lieux du
drame. En ce qui nous concerne, et comme il l'a été
précédemment démontré, nous n'y
étions pas.
C/- LES ARMES UTILISEES POUR LA COMMISSION DU DRAME
Il ressort du rapport de la C.E.I. que deux (02) types d'armes
ont été utilisées par les assaillants
:
- Un revolver de calibre 38 spécial ou 357 magnum
- Un fusil de chasse semi-automatique en calibre 12 qui peut
être équipé d'une crosse ou d'une poignée
pistolet.
Au regard de leur nature, pour commettre ce crime avec les
armes décrites, il faut avoir été sur
le lieu du crime. Une fois encore nous répétons
que nous n'y étions pas.
Par ailleurs, au cours de ses investigations, la C.E.I. a
reçu les informations nécessaires sur la situation
des armes disponibles au niveau du Conseil par le magasinier
du Groupement des Unités Spéciales et par le
Commandant de la 2ème Compagnie au sein du Régiment
de Sécurité Présidentielle.
C'est ainsi qu'il est clairement ressorti d'une part que le
fusil de chasse semi-automatique calibre 12 n'existe pas dans
nos stocks d'armes et d'autre part que la situation de sortie
des armes du 10 au 20 Décembre 1998 a été
ainsi présentée :
- 12 Décembre 1998 : sortie d'armes collectives (fusils
mitrailleurs et RPG 7, DCA) au profit des militaires en services
à l'Aéroport à l'occasion du voyage du
Chef de l'Etat à Khartoum.
- 14 Décembre 1998 : même type d'armes à
l'occasion du retour du Chef de l'Etat de son voyage.
- Une troisième sortie d'armes (même type) a
eu lieu à l'occasion du mini-Sommet de l'O.U.A.
Un registre tenu par le magasinier confirme la nature des
armes citées et les sorties sus-mentionnées.
D/ - LES VEHICULES SUSPECTS
Concernant enfin les véhicules suspects, le rapport
en cite trois (03) dont un 4 X 4 de couleur bleue non immatriculé,
un petit véhicule (Peugeot 405 break) de couleur vert-clair
, un autre véhicule de couleur blanc-sale (sans autre
précision).
Il convient de noter à ce sujet qu'au cours de ses
investigations, le Parc Auto de la sécurité
a été ouvert à la C.E.I. Les deux derniers
véhicules cités sont inexistants au parc et
même aussi à titre privé par quelqu'un
d'entre nous.
Quant au 4 X 4 de couleur bleue, il en existe au parc, mais,
celui-ci était en stationnement le 13 Décembre
1998, dans l'enceinte de l'ex-Ministère de la Promotion
Economique.
Comme il est aisé de le constater, pour n'avoir pas
quitté Ouagadougou le 13 Décembre 1998, pour
n'avoir pas détenu les armes citées dans le
rapport, le 13 Décembre 1998 pour une mission quelconque
à Ouagadougou ou hors de Ouagadougou et enfin n'ayant
pas quitté Ouagadougou ce 13 Décembre 1998,
pour être éventuellement aperçu sur le
lieu du crime ou même aux environs de
celui-ci, comment peut-on, de bonne foi, nous tenir pour des
"suspects sérieux" dans cette affaire? Sur
quelle base réelle la C.E.I. fonde-t-elle cette suspicion
dite sérieuse ?
Il est vrai que le Peuple Burkinabè attendait de la
C.E.I, les éléments de renseignements nécessaires
pour être légitimement situé sur le drame
de Sapouy. C'est aussi notre aspiration profonde.
Mais pour cela, fallait-il, à défaut de pouvoir
identifier les auteurs du crime, passer par une exploitation
tendancieuse de nos propos, une rétention volontaire
de certaines informations livrées, le tout dans un
élan de partialité affirmée pour fabriquer
à travers nous des coupables ou des suspects dits sérieux
?
Monsieur le Ministre, nous sommes partie intégrante
de ce peuple et nous avons aussi une aspiration profonde pour
la justice.
C'est pourquoi nous nous sommes vu obligés de réagir
contre les machinations de la C.E.I. en mettant à votre
disposition pour toute fin utile, les informations nécessaires
au rétablissement de la vérité et à
la certitude de notre innocence dans le cadre de ce dossier.
Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression
de notre profonde et déférente considération.o
Ont signé :
Adjudant KAFANDO Marcel
Sergent KOAMA Edmond
Sergent Banagoulo YARO
Caporal Wampasba NACOULMA
Soldat de 1re Classe YARO Ousseini
Soldat de 1re Classe
KOMBASSERE Christophe
Sur
les pistes
des commanditaires
A qui profite le crime ? Sur la base
des rapports de la CEI, de RSF, de l’UIDH/ Nord-Sud XXI et
autres sources, l’OPINION fait un travail de fourmi qui démontre
que les pistes des commanditaires ne conduisent pas uniquement
et exclusivement aux conclusions tirées par la CEI
de Kassoum KAMBOU. Tout simplement parce que la CEI n’a pas
su ou n’a pas voulu répondre à cette question
fondamentale : pourquoi Norbert ZONGO ? J’accuse acte IV à
travers investigations et recherches donne à relire
et à apprécier les pistes des commanditaires.
Pius Njawé journaliste camerounais
emprisonné puis libéré qui interpellait
Blaise COMPAORE sur RFI, d’œuvrer à faire la lumière
sur l’assassinat crapuleux de Norbert ZONGO ne croyait pas
si bien dire. En des termes lourds le journaliste camerounais
exprimait son inquiétude face à la répression
contre les journalistes en Afrique. Car pour lui dans certains
pays on ne manquerait pas d’avancer des propos malheureux
du genre :
« …Ici on les emprisonne,
au Burkina on les tue…» Oui cher confrère. Vous
avez raison. Car du Burkina, il n’y a pas longtemps on disait
: «… ailleurs on les emprisonne, ici on les laisse libres
et même on les soutint financièrement… »
Tolé Sagnon
de la CGTB : Il porte la responsabilité de la tentative
d'empoisonnement
Pourquoi
un Etat qui s’est distingué par la liberté de
la presse. Qui n’ a jamais esté en justice contre un
journaliste ? Peut-il brutalement en assassiner un ? De surcroît
celui-là même qui représentait devant
l’opinion nationale et internationale le symbole de la liberté
de la presse et d’expression ?
Pourquoi Norbert ZONGO ? Tel est le préalable indispensable
pour organiser sérieusement des investigations sur
l’assassinat de Norbert ZONGO. Notre confrère, dans
ses écrits donne des réponses voilées
qu’il convient de décotiquer comme des gousses d’arachides.
Cette supposition de Norbert ZONGO dans L’Indépendant
est révélatrice : «
(…) Supposons aujourd’hui que l’indépendant arrête
définitivement de paraître pour une raison ou
une autre (la mort de son directeur, son emprisonnement, l’interdiction
définitive de paraître, etc.) nous demeurons
convaincus que le problème David restera posé
et que tôt tard, il faudra le résoudre.. »
(in l’indépendant n° 274 du 8 décembre 1998.
P 8, extrait rapport CEI p 24.).
Ainsi Norbert ZONGO avertissait le pouvoir. Sa mort n’étoufferait
pas l’affaire David OUEDRAOGO. Cette réflexion prémonitoire
est devenue vérité. Norbert ZONGO a été
lâchement assassiné le 13 décembre 1998
à Sapouy, mais l’affaire David OUEDRAOGO demeure et
comme il l’avait prédit « Tôt ou tard,
il faudra la résoudre… » Si effectivement l’emprisonnement
ou la mort de Norbert ou l’interdiction définitive
de paraître de l’indépendant ne pouvait faire
enterrer le dossier David OUEDRAOGO, pourquoi alors attenter
à sa vie ? A qui profite ce crime ? Au pouvoir ? A
quelle force politique ou sociale ? A qui d’autres ? Quelle
cause pouvait servir la mort de Norbert ? Pourquoi donc Norbert
ZONGO ? Autant d’interrogations qui nous engagent sur les
pistes des commanditaires voire des auteurs du crime du directeur
de L’Indépendant. Ces pistes ne sont pas nouvelles.
Car une fois de plus L’OPINION s’acharne à passer à
la critique rigoureuse les diverses pistes retenues par la
CEI et d’investiguer sur d’autres pistes.
Sur les pistes des assassins
Prenons donc la CEI au mot : « (…)
il a été plus difficile en revanche, de trouver
les auteurs du crime. D’autant que les témoins occulaires
n’ont pu identifier formellement les hommes et les véhicules
utilisés par les auteurs du crime n’ont pas été
découverts à ce jour. Mais d’autres éléments
ont permis d’avancer dans l’identification des meurtriers…
» (rapport CEI, p 17).
Quels éléments monsieur le
président Kassoum KAMBOU ? Le peuple veut savoir. Car
il est maintenant convaincu que la vérification des
emplois du temps, les «lacunes» et « contradictions
» que la CEI y a découvertes ne sauraient constituer
des preuves à charge. Plusieurs hypothèses ont
été avancées dans la recherche des auteurs
du crime. La CEI confirme : «Il a été
évoqué la thèse des bandits de grand
chemin, des problèmes avec les autres chasseurs et
braconniers, de ses démêlés avec les éleveurs,
d’un meurtre commandité de l’étranger ou signé
par l’opposition et enfin d’un assassinat commis par le pouvoir…
» (rapport CEI.p17).
Le silence de la CEI sur la piste des «amis sûrs»
et sa négligence coupable d’approfondir les hypothèses
de la «main étrangère»
et celle de l’opposition a été un indicateur.
Pourquoi ? Simplement à cause des relations ou de l’appartenance
de certains commissaires et pas des moindres au cercle de
ceux qui pourraient être suspects. Comme le dirait Norbert
ZONGO à «Ouaga on se sait».
C’est justement parce que tout le monde «se sait»
que ce silence a paru suspect. Alors la question est venue
: et si des commissaires de la CEI avaient pour mission de
tordent le cou à la vérité ? L’opinion
a donc porté principalement ses investigations sur
les hypothèses délaissées sans pour autant
négliger les autres comme l’a fait la CEI. Il les a
largement abordées dans de précédents
numéros. A tout seigneur, tout honneur ! Commençons
par la piste du pouvoir.
Le pouvoir
Halidou OUEDRAOGO
président du MBDHP : Sans aucune enquête et aucune
preuve, il a déclaré le crime politique
Halidou
OUEDRAOGO n’a pas hésité à pointer du
doigt le pouvoir en soulignant dans le rapport de la CEI non
gouvernementale que «le crime est politique il arrange
la IVe République». ( rapport UIDH. Nord/ Sud
XXI. P.7) Est-ce parce que le crime est politique qu’il arrange
le pouvoir ? Est-ce le pouvoir seul qui fait la politique
au Burkina ? La légèreté dans l’appréciation
du « Manitou » a contaminé la CEI. Quel
avantage le pouvoir tire-il de l’assassinat de Norbert ZONGO
?
L’Affaire David OUEDRAOGO n’est pas éteinte. Elle est
pendante devant la justice. Elle l’était déjà
du vivant de Norbert ZONGO. L’indépendant continue
de paraître et n’a pas changé de ligne éditoriale.
Alors la logique «Norbert ZONGO était gênant
voilà pourquoi il a été éliminé»
est purement erronée. Le pouvoir n’avait aucun intérêt
à assassiner Norbert ZONGO. Et ce serait faire preuve
de mauvaise foi en son endroit que de penser ou de dire qu’il
ne le savait pas. Mais, par contre il n’est pas exclu que
des personnes proches du pouvoir ou même en son sein
aient voulu pour des motifs autres que la protection du régime
faire taire Norbert ZONGO.
A l’étape actuelle de nos investigations, rien ne nous
permet d’affirmer ni d’infirmer cette thèse sur laquelle
nous avons notre idée.
On ne saurait pour cela nous faire grief puisque la CEI elle-même
n’arrive pas à identifier des coupables et se contente
de «suspects sérieux» avec des arguments
pour les moins tirés par les cheveux. Rien d’irréfutable
ne démontre que le pouvoir avait un quelconque avantage
dans l’assassinat de Norbert ZONGO. Bien au contraire, presque
tout va dans le sens contraire. Cela n’exclut pas que des
connivences individuelles de certains calculateurs et intrigants
de l’appareil d’Etat ou du pouvoir politique se soient laissés
entraîner dans des hypothèses selon lesquelles
l’assassinat de notre confrère ouvrirait des perspectives
d’une redistribution des cartes qui leur serait bénéfique
en donnant à leurs carrières de nouvelles dimensions.
Dans ce cas de figure, on ne saurait imputer l’assassinat
au pouvoir puisqu’il vise à le déstabiliser.
La mafia politico-subversive
Hermann YAMEOGO:
Ces meilleurs amis à l'ectérieur étaient
ceux qui en voulait à Blaise COMPAORE
Si
une «main étrangère » devait
intervenir au Burkina c’est qu’elle aurait bénéficié
de complicités nationales. Lorsque cette intervention
vise à déstabiliser le pouvoir, les complices
sont à chercher au sein de ceux qui ont intérêt
à renverser le pouvoir ou à le faire changer.
Dans ce cas, les seules forces susceptibles d’apporter leur
caution sont les partis politiques dans l’opposition et certains
milieux de la société civile qui sacrifieraient
volontiers bien des choses pour renverser le régime.
Norbert ZONGO ces derniers temps avaient des réunions
et concertations avec le G14 comme la révélé
Hermann YAMEOGO un de ses proches.
Des amis, Henry SEBGO en compte au sein des forces sociales
tels que Halidou OUEDRAOGO du MBDHP, Germain Bitiou NAMA du
MBDHP et Tolé SAGNON de la CGT-B Avec les différents
recoupements, on se rend compte que toutes ces pistes s’entrecoupent
et visent les mêmes intérêts : renverser
le pouvoir par la violence. Comment ?
A tous les points de vue au Burkina du moment, un attentat
ajouté à l’affaire David OUEDRAOGO pouvait être
la goutte de « sang » qui mettrait assurément
le feu aux poudres. Il faut aussi que la victime ait une certaine
notoriété. Dans la recherche de victime cette
éventuelle. Norbert ZONGO apparaît comme la cible
idéale et indiquée : journaliste critique vis-à
vis du pouvoir, et consacrant des articles à l’affaire
David OUEDRAOGO. L’homme d’ailleurs se disait menacé.
A partir de là tout s’enchaîne logiquement.
La main étrangère
L’implication directe du Togo n’est pas encore
prouvée, mais tout laisse croire que le régime
de ce pays verrait d’un bon œil la déstabilisation
de celui-ci de Blaise COMPAORE ( cf écrit de N. Ernest
OUEDRAOGO dans « une lettre pour
Laye » in l’Observateur Paalga du vendredi 20/06/99
). Dans ce cas defigure le Togo prêterait avec joie
main forte aux commanditaires nationaux. Aujourd’hui citoyen
lamda reconnaît que la main étrangère
en complicité avec des nationaux politiques et autres
leaders est très plausible. A preuve certains de l’opposition
font des pieds et des mains ce qui a pour effet de montrer
ce soutien. Les médias internationaux aussi s’y mettent.
Jeune Afrique n° 2006 du 22 au 28 juin 1999 en est une
illustration. Francis Kpatindé envoyé spécial
de ce canard, journaliste au fait de ce qui se passe dans
les arrières cours des chefs d’Etats, à propos
des relations entre Blaise COMPAORE et certains de ses pairs
et sous le titre : « COMPAORE
face à ses pairs » n’y va pas par
quatre chemins.
Lisez tout simplement : c’est édifiant : «Eyadéma
ne supporte ni les ambitions régionales, ni l’opportunisme
politique de son voisin qui volait jusqu’à une date
récente, de réussite en réussite. Explique
un diplomate occidental à Ouaga ».
(J.A n° 2006 du 22 au 28 juin 1999.p.7). Il n’est donc
pas étonnant que le Togo soit cité dans l’affaire
Norbert ZONGO. Mieux, lorsque Francis Kpatindé rapporte
les propos d’un officiel togolais, tout s’éclairait
: «Blaise COMPAORE est un
véritable fouteur de m…» J-A n°
2006 du 22 juin au 28 juin 1999. p 27).
Avec une telle disposition d’esprit la probabilité
d’une (complicité avec main étrangère
par la piste togolaise ne tient-elle pas ? Pour sa part, le
juge KAMBOU est catégorique : cette piste n’est pas
plausible. A écouter cet officiel togolais il faut
mettre fin à cet état de faits et occuper le
«fouteur de m…». Dans un tel cas Norbert ZONGO
pouvait donc être la cible idéale et indiquée
pour semer la «m…» au Burkina et occuper Blaise
COMPAORE à sa cuisine intérieure. Depuis sept
mois, le Burkina vit une situation préoccupante. Ce
qui accrédite la thèse de l’implication du Togo,
c’est ce ballet entrepris par les responsables et «amis
sûrs» de Norbert ZONGO vers Lomé ( Hermann
YAMEOGO. Norbert Michel TIENDREBEOGO, Ernest N. OUEDRAOGO,
Halidou OUEDRAOGO et bien d’autres hommes de main).
L’opposition
La CEI s’est attardée sur les témoignages
de proches du pouvoir et surtout des opposants politiques
pour tirer sa conclusion sur l’hypothèse de l’implication
de l’opposition. Celle-ci ne diffère pas des propos
de Hermann YAMEOGO : «Si l’on
va sur le lieu des faits et l’on voit comment les choses se
sont passées et au vu de la logistique et des moyens
utilisés on se rend compte que l’opposition ne dispose
pas de tels moyens pour réussir une telle opération»
( P.V n° 99-158 du 20/04/99, rapport CEI p 20). Halidou
OUEDRAOGO ne dit pas moins : «pour
ce qui est de l’implication de « l’opposition »
dans l’assassinat de Norbert ZONGO, je ne peux pas répondre
à sa place. Seulement, je me demande avec quels moyens
elle pourrait faire cela ( P.V n° 99-156 du 20/04/1999
p 21).
Or en ce qui concerne les moyens utilisés, le rapport
de la CEI démontre que l’opposition pouvait valablement
les rassembler des fusils de chasse et un, deux ou trois véhicules;
de l’essence ou de l’alcool. Cet argument des moyens et de
la logistique ne tient donc pas. L’opposition est indexée
parce qu’elle tire avantage de la mort tragique de Norbert
ZONGO. Elle a bien pu s’acoquiner avec ceux qui à l’extérieur
en veulent au Président COMPAORE pour réunir
les moyens et adopter une stratégie de mise en œuvre
du complot. Qui tire profit de la mort tragique de Norbert
ZONGO ? Certainement l’opposition officielle et clandestine.
Après avoir épuisé les hypothèses
de la CEI, passées au crible de la critique ses arguments,
faisons un tour sur les résultats de nos propres investigations.
Les «amis
sûrs»
La tentative d’empoisonnement de Norbert
ZONGO à Kaya le 8 novembre 1998 est plus qu’une hypothèse.
Les investigations et divers témoignages le confirment.
L’opinion considère que cette piste doit être
approfondie. Tous les «amis
sûrs» de Norbert ZONGO qui étaient
au «festin de la mort»
doivent répondre devant le juge. Ils doivent retrouver
“la personne de sexe féminin» qui
est entrée et est sortie rapidement de la cuisine.
De même, on gagnerait à connaître les emplois
du temps de certains ce jour du 8 novembre et ceux qui l’ont
précédés.
Ce «certain D» du
commando doit être dénoncé. L’amie dont
le nom ou le prénom commence par “S” doit être
retrouvée. Cette piste des «amis
sûrs» est à exploiter, car
les renseignements en notre possession indiquent que certains
en savent long sur le quadruple assassinat de Sapouy et que
ce qu’il en ont dit ou fait dire est loin de la vérité.
Déjà dans le rapport de la CEI non gouvernementale
Halidou OUEDRAOGO souligne et c’est le 23 février 1999
que : «(…) Cette affaire de
par sa nature et son caractère odieux est susceptible
de changer le comportement profond de l’ Etat, la vision des
Burkinabè, leur démocratie et la conception
de notre justice». (rapport UIDH Nord/Sud
XXI p 3). Qui donc a intérêt à assassiner
Norbert ZONGO. M. Halidou OUEDRAOGO ? Certainement ceux qui
souhaitent tous ces changements dans la violence: les marches,
les insurrections et les coups d’Etat.
Autre élément fiable qui culpabilise ses «amis
sûrs» la présence d’une troisième
arme calcinée entre les jambes de Norbert ZONGO : un
fusil à pompe de calibre 12 magnum de marque MOSSEBERG
COMBO modèle 500 avec canon scié. M. Julot à
ce sujet fait des révélations. Il a pu identifier
la carabine de calibre 55 (22 CR) et le fusil SIMPLEX de chasse
de calibre 12 trouvés dans le véhicule entre
les jambes de Norbert ZONGO et qui lui appartiennent. L’orsqu’il
se déplace pour la chasse, il positionne entre ses
jambes, ces deux armes habitudes.
Mais à propos du fusil de chasse de calibre 12 de type
MOSSEBERG semi-automatique trouvé dans le véhicule
entre les jambes de Norbert ZONGO. M. Gilbert soutient ne
pas le connaître. La CEI a–t-elle cherché à
savoir à qui il appartenait ? Si ce fusil n’appartient
pas à Norbert ZONGO qui en est le propriétaire
? Certainement l’un de ces «amis
sûrs» qui sait comment l’intéressé
positionne ses armes et qui l’a laissé dans les flammes
pour se débarrasser ainsi d’une arme gênante.
Si l’arme ne lui appartient pas c’est qu’elle lui a été
prêtée par quelqu’un qui ne peut être qu’un
ami.
Ce parcours critique des pistes des commanditaires a permis
de cibler deux principales hypothèses. Celle du pouvoir
étant boiteuse, celle de l’opposition est devenue la
principale, car elle permet de répondre pleinement
à cette question : Pourquoi Norbert ZONGO ? Les éléments
matériels et autres preuves à notre connaissance
sont formels. Les «amis sûrs»
de Norbert ZONGO qui se comptent tant au sein de l’opposition
radicale ( groupe du 14 février) qu’au sein des forces
sociales et pour certains du pouvoir, sont des auteurs potentiels
du quadruple assassinat de Sapouy. L’intelligence avec la
main étrangère n’est pas non plus à écarter.
En assassinant Norbert ZONGO, on visait à déstabiliser
le régime de Blaise Comparé.
Voilà pourquoi, c’était trop demander à
la CEI dont plusieurs membres sont des «amis sûrs»
de Norbert ZONGO de retrouver les véritables commanditaires.
Avec des «suspects sérieux» du pouvoir
tout était cuit. Fort heureusement, la CEI a oublié
de compter avec la PROVIDENCE. Les «amis sûrs»
de Norbert ZONGO l’ont choisi comme le «
mouton du sacrifié» de la solution
finale pour aller à l’assaut final L’OPINION et sa
rubrique j’ACCUSE… à force d’investigations démontre
qu’un rapport pouvait cacher de «véritables coupables»
et produire de «suspects sérieux».
Pour le reste, la lumière est toute proche et l’histoire
et le peuple jugeront.o
Par Par Sam SAMI
In L’Opinion N° 93 du 07/07 au 13/07 1999
Des témoignages de Norbert
ZONGO lui-même aux analyses qu’on peut en faire de nos
jours en passant par les faits nouveaux intervenus depuis
peu, tout se tient : Norbert ZONGO a échappé
à une tentative d’assassinat le 8 novembre 1998 à
Kaya par empoissonnement au cours d’un repas pris avec des
«amis sûrs». Ce que la CEI a qualifié
de simple «incident» est donc un fait majeur dans
l’affaire Norbert ZONGO. Quand nous l’avons évoqué
en 1999, on nous a traité de tous noms d’oiseaux.
La raison était qu’admettre cela c’était réorienter
l’enquête sur le drame de Sapouy dans son ensemble.
Les faits aujourd’hui nous donnent raison et les quelques
articles que nous avons sélectionnés pour en
rendre compte s’appuient sur des faits intangibles et interpellent
froidement tous les acteurs de cette affaire. Loin des spéculations
et des «rumeurs» qui servent de matériaux
de base à certains, nous sommes allés au fond
des choses, en tablant sur les faits, rien que les faits…
Raison
d’une absence
|
A propos de la tentative
d’empoisonnement dont Norbert ZONGO a été
l’objet le 8 novembre 1998 au cours d’un repas dans
une famille des «amis
sûrs», après une conférence
qu’il a donnée à Kaya à la demande
de la CGTB, l’intéressé lui-même
a témoigné à deux reprises. La
première fois, c’était dans son journal
sous le titre «Raison d’une absence». (L’Indépendant
n°272 du 24 novembre 1998) et la seconde fois le
05 décembre 1998 au cours d’une autre conférence
de la CGTB. A toutes ces occasions il a laissé
entrevoir qu’il était conscient d’avoir échappé
à une tentative d’assassinat et que ses soupçons
ne portaient pas particulièrement sur le pouvoir.
Bien au contraire ! L’Opinion vous donne l’occasion,
de prendre connaissance de ses deux documents (en exclusivité
pour le second). Après seulement nous analyserons.
Faites-le aussi, en toute liberté… et vous comprendrez
que Norbert ZONGO a sérieusement vécu
des moments particulièrement difficiles. Parce
qu’il ne savait plus qui faisait quoi et pourquoi ! |
L’Indépendant n’a pas paru le mardi
17 novembre 1998. Des raisons indépendantes de notre
volonté n’ont pas permis à votre hebdomadaire
de paraître au moment où le feu brûlant
de l’actualité le commandait. Nous nous en excusons
très profondément.
Nous réaffirmons notre attachement à ce sacerdoce
pour lequel nous sommes engagé depuis le premier numéro
de l’Indépendant : vous donner des informations saines,
des analyses qui reflètent honnêtement notre
vision des choses, le tout dans un langage débarrassé
des tournures hypocrites et des formules laudatives pour plaire
surtout à une certaine classe politique.
L’Indépendant sera indépendant ou ne sera pas.
C’est la seule chose que nous pouvons garantir à nos
lecteurs.
Notre absence dans les kiosques la semaine dernière
n’a été due ni aux menaces ni à aucune
interdiction administrative. Nous vous l’aurions fait savoir
par devoir.
Le manque d’information créant la rumeur, nous donnons
la raison exacte de notre non parution : nous n’avons pas
pu paraître parce que le dimanche 8 novembre après
deux conférences que nous avons tenues successivement
le même jour (une en langue mooré et l’autre
en français), nous avons pris ensemble, avec un cercle
d’amis un repas familial.
Aucun aliment n’a été amené de l’extérieur
(de quelque nature que ce soit) ; tout a été
préparé dans la famille.
Les seuls éléments suspects sont les ingrédients
qui peuvent être utilisés dans la préparation
des aliments.
Là aussi le soupçon est dû au fait que
trop de produits avariés circulent sur nos marchés
au su et au vu de tous, à Ouagadougou et en province
surtout.
Nous avons eu des malaises gastriques après avoir consommé
ce repas familial avec des mais. Nous n’avons pas été
seul à avoir eu des malaises, beaucoup de ceux qui
ont mangé le même repas, y compris les membres
de la famille, auraient senti des maux de ventre.
Nous avons été très sérieusement
le plus affecté du groupe.
Peut-être à cause de notre organisme. La nourriture
a été la cause de nos souffrances, mais nous
recherchons toujours les raisons de sa toxicité.
Après des soins très intensifs et avec la sollicitude
du médecin traitant, nous avons été remis
sur pied, très rapidement. C’est pourquoi vous avez
votre journal.
Nous remercions tout les amis de Kaya et d’ailleurs qui ont
fait le déplacement pour nous supporter.
Pour tout ceux que le manque d’information, c’est-à-dire
la très forte rumeur de Ouagadougou à «intoxiqué»
plus que moi, nous présentons nos excuses. A tous ceux
qui ont accouru à l’hôtel (y compris à
la morgue) nous présentons nos remerciements.
Le constat est que nous sommes encore vivant et que la vie
continue. Nous l’avons toujours résumé ainsi
: la vie est un métier plus une passion.
Et nous avons choisi d’être journaliste.
H.S.
(In L’Indépendant N° 272 du 24 novembre 1998)
Extrait de la
conférence donnée
par Norbert ZONGO à Koudougou
(Conférence organisée le 05 décembre
1998 par la CGT-B)
«Pour
parler de l’intoxication ; bon jusqu’à présent…
(silence) Heu… il n’y a pas d’information claire ; je lisais
encore le rapport des camarades de la CGT-B ; parce que c’est
une conférence comme ici… (silence) j’avais animé
deux conférences dans la journée. J’avais animé
une conférence avec les femmes. Et là avec madame
OUEDRAOGO parce qu’elle n’avait pas participé à
la cuisine, ai refusé de manger, et je lui disais que
moi aussi j’avais des informations comme quoi effectivement
il peut y avoir des intoxications alimentaires dans mes plats
(rires).
Donc j’ai refusé était des camarades de la CGT-B
et ils avaient fait préparer dans une famille… j’ai
voulu partager le repas avec eux. Mais vraiment jusqu’à
présent… heu… eux-mêmes ils s’interrogent réellement
sur ce qui s’est passé pare qu c’était des spaghettis
et des poulets. Et comme ils le disaient, ils ont pris le
soin d’égorger eux-mêmes… (rire). Ils disent
dans leur rapport que c’était des “poulets vivants
que nous avons égorgé - nous-mêmes” (rire).
Donc, pour dire que du côté de la viande, il
n’y avait pas intoxication ; bon les pâtes alimentaires,
non plus on s’est dit peut-être que c’était la
boîte de tomate et quand on a regardé la date
de péremption c’était en avril An 2000 ; c’était
dans un frigo, bon… j’avoue que ça n’a pas été
facile ; vous avez même entendu que j’étais déjà
mort.
Bon il y en a qui étaient venus effectivement; en effet
beaucoup qui sont venus chez moi à la maison… heu…
et qui ont eu le courage, ont dit qu’ils étaient venus
pour l’enterrement. Je leur ai dit que c’était reporté
(rires) et que… heu (rire dans le public)… et que, heu (rires)
à un autre jour on communiquera pour tout le monde.
Donc… c’est à peu près ça. Jusqu’à
présent les camarades s’interrogent, mais heu, des
nouvelles qui nous parviennent de Kaya, de source sûre,
avant même que je ne quitte Kaya, avant même que
je ne sente le mal ; heu il y avait la rumeur qui était
répandue dans Kaya que j’avais été empoisonné
(silence). Et… heu, ceux qui sont venus m’ont dit «nous
ne pensions même pas que tu allais atteindre Ouagadougou
(silence) voilà.
Mais, heu quand la rumeur a commencé à … ça
fait une semaine de retard quand la rumeur a commencé
à circuler, moi j’étais déjà guéri.
Mais, bon, moi aussi j’ai laissé faire, c’est très
intéressant de voir comment les gens réagissent
quand vous êtes mort pendant que vous êtes vivant
(rires), bon ça m’a permis de voir, heu, comment ça
se passe. Donc, bon, ce n’était pas trop mal quand
même. Je me suis beaucoup amusé voilà…».
J’accuse
(Acte II)
Qui a assassiné Norbert ZONGO
?
L’Opinion a fait sien le DEVOIR de
contribuer à la manifestation de la VERITE sur l’assassinat
de Norbert ZONGO. Pour ce faire, il a entrepris une série
d’enquêtes qui commence à porter ses fruits.
Les lettres ouvertes de M. Richard BELEMKOABGA au président
de la CEI, Kassoum KAMBOU et au juge Wenceslas ILBOUDO (in
L’OPINION n°9 du 16 au 22 juin 1999) constituent une première
victoire sur la machination et la lâchété.
Toutes choses qui viennent renforcer une feuille critique
de la lecture du rapport de la CEI et conclut à l’assassinat
de Norbert ZONGO par une «mafia» politique. Sous
l’éclairage des faux témoignages, fausses vérités
et silences coupables, J’ACCUSE la CGT-B, le MBDHP et la CEI.
Pourquoi ?
Révélations ; acte II.
Depuis un certain temps, le standard ne cesse
de crépiter. Les écrits anonymes et autres interpellations
en ville sont un ensemble de témoignages qui invitent
à se mettre au service de la vérité sur
la disparition tragique de Norbert ZONGO. Notre site Web :
www. Zedcom.bf, connaît une exploitation massive (surtout
en Europe) qui se confirme par la densité du courrier
électronique. Et pour cette majorité silencieuse,
qui veut et croit en la manifestation de la Justice, nous
faisons le serment de ne pas faiblir, ni faillir. La quête
de la vérité sur le drame de Sapuoy ne s’estompera
qu’avec l’arrestation des vrais coupables et des véritables
commanditaires.
«Qui a tué Henri SEBGO ?» Telle est l’interrogation
qui faisait la Une de L’Indépendant n° 276 du 22
décembre 1998. «Henri SEBGO connaissait ses assassins»,
telle est l’affirmation qui barrait une autre Une de L’Indépendant,
le n° 277 du 29 décembre 1998. Par cette affirmation,
on a fait tenir à Norbert ZONGO des propos pas convaincants
inspirés d’une fiction savamment entretenue par de
prétendus confidents. Des révélations
ont été concoctées pour servir une cause
par des témoignages manipulés. Sur cette préoccupation
: qui a tué H.S ?, tout a été avancé
sauf la vérité. Le rapport de la CEI, n’excelle
pas non plus. Pourquoi ?
La machination est évidente. Les preuves.
Kassoum KAMBOU, président du
CEI
Une légèreté
suspecte dans l'analyse "l'incident" de Kaya
De
la tentative d’emprisonnement à Kaya…
Henri SEBGO dans un article publié dans la rubrique
«Point de mire», sous le titre : RAISON D’UNE
ABSENCE (in L’Indépendant n° 272 du 24 novembre
1998 P 12) tentait de donner une explication sur la non-parution
de son journal le mardi 17 novembre 1998. Face à la
rumeur qui parlait d’empoisonnement, il a réagi.
Laissons le parler : «L’Indépendant n’a pas paru
le mardi 17 novembre 1998 (…). Le manque d’information créant
la rumeur, nous donnons la raison exacte de notre non-parution
: nous n’avons pas pu paraître parce que le dimanche
8 nombre après deux conférences que nous avons
tenues successivement le même jour (une en langue mooré
et l’autre en français) nous avons pris ensemble avec
un cercle d’amis un repas familial.
Aucun aliment n’a été amené de l’extérieur
(de quelque nature que ce soit) ; tout a été
préparé dans la famille (…)
Nous avons eu des malaises gastriques après avoir consommé
ce repas familial avec des amis. Nous n’avons pas été
le seul à voir eu des malaises. Beaucoup de ceux qui
ont mangé le même repas y compris les membres
de la famille auraient senti les maux de ventre. Nous avons
été très sérieusement le plus
affecté du groupe. Peut-être à cause de
notre organisme. La nourriture a été la cause
de nos souffrances, mais nous recherchons les raisons de sa
toxicité.
Après des soins très intensifs et avec la sollicitude
du médecin traitant, nous avons été remis
sur pied, très rapidement. C’est pourquoi vous avez
votre journal…»
Dans sa justification, Norbert ZONGO a fait preuve d’une prudence
calculée. L’homme se sentant traqué, était
devenu prudent. Car il ne savait plus qui était qui
? Qui a fait quoi ?
Contre qui ? Pour qui ? Pourquoi ? L’a-t-on conseillé
dans ce démenti pour ne pas mettre à mal les
amis en le convainquant que le pouvoir était responsable
et qu’il fallait faire semblant de n’avoir rien remarqué
? Avait-il compris qu’il venait d’échapper à
un empoisonnement et qu’il fallait faire l’ignorant, afin
de ne pas éveiller des soupçons ? Norbert ZONGO
avait-il peur de ses propres amis ?
Le rapport de la CEI le confirme en évoquant ce qu’il
qualifie «d’incident» qui s’est déroulé
le 8 novembre 1998 dans la ville de Kaya. Le témoignage
de son cousin Victor ZONGO est révélateur :
«… après la conférence
donnée par Norbert ZONGO à l’initiative de la
CGT-B, il a été invité à prendre
un repas. Sur son hésitation, il a été
rassuré que le repas a été préparé
par des amis sûrs. Après le repas, il a rejoint
Ouagadougou le même soir. Lundi matin, il a eu des douleurs
abdominales aiguës accompagnées de diarrhées
et de baisse de tension. Après un traitement sans succès
à la maison, il a été conduit en clinique
(Polyclinique du Contre) où il a été
pris en charge pour un meilleur traitement.
Norbert nous a affirmé que dans la famille où
le repas a été préparé, il a aperçu
une autre personne qui sortait de la cuisine»
(PV n° 99.003 du 06/02/99 rapport/CEI P 26).
Sur ce que la CEI considère comme «l’incident
de Kaya», la conclusion qu’elle titre est
ahurissante : «S’il est impossible de dire aujourd’hui
faute d’analyses médicales poussées à
ce moment, qu’il s’est agi ou non d’un empoisonnement, cet
épisode a contribué à alourdir l’atmosphère
autour du directeur de L’Indépendant» (P 26 rapport/CEI).
L’analyse des propos de Norbert ZONGO et le témoignage
de son cousin Victor suscite bien des questions. Pourquoi
seul Norbert ZONGO a été hospitalisé,
si la toxicité du repas était de la même
pour tous ? Norbert ZONGO a-t-il eu droit à un mets
spécial ? A-t-il eu l’honneur de savourer tout seul
une spécialisé de la famille ? Comment Norbert
ZONGO aurait-il pu reconnaître et affirmer plus tard
qu’il a aperçu une «autre personne qui sortait
de la cuisine”, alors que lui-même ne connaissait ni
la famille où le repas a été préparé,
ni tous les «amis sûrs»
de Kaya ? Pourquoi Norbert ZONGO si vigilant, si méfiant,
qui a hésité à réponde à
l’invitation et sachant qu’une «autre
personne» sortait de la cuisine à-t-il
accepté de manger ?
Si une «personne» sortait de la cuisine c’est
qu’elle faisait partie des invités. Auquel cas, cette
«personne» devait être interpellé
par les «amis sûrs». Pourquoi cela n’a-t-il
pas été fait ?
Cette série de questions aboutie à une conclusion
plausible : Norbert ZONGO a été empoisonné
à Kaya, par ses «amis
sûrs ».
Aujourd’hui, l’on sait que c’est un ami de Tolé SAGNON
de la CGT-B qui a invité Norbert ZONGO. Celui-ci se
savait-en danger, et comme il aimait à dire, ses «vrais
ennemis» sont proches de lui. Ils dormaient ensemble
dans le même lit, mais ils n’avaient pas les mêmes
rêves. Eux rêvaient de le tuer !...

Blaise COMPAORE,
président du Faso : Il n'avait aucun intérêt
à la disparution de HS
Des mobiles du crime
Les mobiles sont politique, mais de nature différentes
de ceux présentés par la CEI qui (…) pense qu’il
faut chercher du côté des enquêtes menées
depuis des années par le journaliste et notamment sur
ses récentes investigations concernant la mort de David
OUEDRAOGO, le chauffeur de François COMPAORE, conseiller
à la Présidence (…) Norbert ZONGO a été
assassiné pour des motifs permanents politiques (…)
(in rapport de la CEI P 33 et 34).
C’est justement cette conclusion qui démontre que cette
piste est erronée. Dans les crimes d’Etats, à
ce que nous a donné de savoir la littérature
sur ces faits, l’objectif est de faire taire ou de saboter
une action ou une information avant sa diffusion ou sa réalisation.
Lorsque l’action est réalisée ou l’information
traitée et publiée dans les médias comme
l’affaire David OUEDRAOGO, l’Etats gère au mieux la
situation pour se trouver une sortie de crise honorable. C’est
ce qu’a fait l’Etat burkinabè. Jamais, un pouvoir ne
se risque à un assassinat sur la personne d’un journaliste
qui a déjà parlé et de surcroît
qui est sur une affaire qui le concerne directement, car la
piste est facile à trouver et à remonter. C’est
ce qui nous renforce dans notre conviction que le pouvoir
n’a pas commis ce crime. L’assassinat de Norbert ZONGO ne
lui profite pas.
La CEI qui est tombée dans la facilité en liant
la mort de David OUEDRAOGO à celle de Norbert ZONGO
l’a-t-elle fait de bonne foi ou à dessein ? Cette affaire
David OUEDRAOGO portée au grand jour ne pouvait plus
être étouffée. Un avocat Me Bénéwendé
SANKARA était en charge du dossier, une instruction
avait déjà été ouverte, des témoins
entendus et diverses procédures engagées. Norbert
ZONGO avait déjà atteint professionnellement
parlant son objectif. Dans ce cas de figure, à quoi
aurait-il servi de l’assassiner ? L’assassiner ou non ne changeait
rien à l’affaire. Bien plus l’assassinat ne pouvait
que l’aggraver et le pouvoir n’y avait pas intérêt.
Au stade atteint par l’affaire D. OUEDRAOGO, le pouvoir avait
intérêt à faire lumière. Dans ce
cas de figure, à quoi aurait servi l’assassinat de
Norbert ZONGO.
De toute évidence, les motifs politiques de l’assassinat
de Norbert ZONGO sont à chercher ailleurs. A qui profite
le crime ? Une question d’or qui n’a pas intéressé
la CEI.
Tout montre aujourd’hui que ce n’est pas au pouvoir que le
crime profite. Le choc ressenti, les manifestations, casses
et autres exactions attestent qu’aucun pouvoir ne planifierait
un crime à même de le déstabiliser voire
de le renverser. On ne fera pas l’injure au pouvoir de penser
qu’il ne savait pas que la mort de Norbert ZONGO même
naturelle, surtout après «l’incident» de
Kaya lui aurait coûté bien de nuits blanches.
Donc le crime profite à tous ceux qui ont juré
la perte du régime de Blaise COMPAORE.
Les preuves pour le moment sont difficiles à trouver,
mais nos investigations ont permis de dégager avec
des confidences et autres confessions, des pistes qui confirment
que les mobiles de l’assassinat de Norbert ZONGO sont politiques
et visaient la déstabilisation du pouvoir.
Empêcher l’édition
présidentielle
Premier scénario : La tentative d’empoisonnement
de Norbert ZONGO à Kaya que la CEI qualifie «d’incident»
a eu lieu le 8 novembre 1998. A une semaine de l’élection
présidentielle programmée pour le 15 novembre
1998. Or, tout le monde sait que l’opposition radicale, le
MBDHP et la CGT-B avaient milité pour son boycott.
L’Indépendant s’est mis à leur service. Or ce
que Norbert ZONGO ignorait, c’est que ces hommes politiques
voulaient faire de lui le «mouton du sacrifice».
Quel événement gravissime pouvait empêcher
l’élection présidentielle ?
Tout naturellement l’assassinat de Norbert ZONGO. En effet,
si Norbert ZONGO était décédé
des suites de ses «malaises», il y a fort à
parier que le pays se serait embrasé, peut-être
plus qu’il ne l’a été en décembre.
Dans ces conditions les élections n’auraient pas eu
lieu, ouvrant ainsi une période de vide constitutionnel
que l’opposition radicale et compagnie appelait d’ailleurs
de tous leurs vœux.
Ces politiciens ont failli réussir leur sale besogne.
L’émoi enregistré dès l’annonce du dans
«malaise» et de l’hospitalisation de Norbert ZONGO
a démontré que la disparition brutale de notre
confrère pouvait susciter un électrochoc à
même de déstabiliser le pouvoir.
Déjà, les rumeurs rendaient le pouvoir responsable
de «l’indigestion»
de Norbert ZONGO. Voilà pourquoi H.S a tenu à
démentir ces fausses informations dans son article
«Raison d’une absence» (in L’Indépendant
n° 272 du 24 novembre 1998 P 12). Il y a fort à
parier qu’il savait que le pouvoir serait rendu responsable
de sa mort et que ses assassins courraient tranquillement
jusqu’à mourir tranquillement dans leur lit ; ce qu’il
ne pouvait supporter...
Faire sauter
le pouvoir
Deuxième scénario :
Norbert ZONGO ayant survécu à l’empoisonnement
du 8 novembre 1998, la «mafia» politique ayant
perdu sur toute la ligne après l’élection plébiscite,
ne savait plus où donner de la tête.
Si Norbert ZONGO avait succombé suite à l’empoisonnement
de Kaya, on est bien situé aujourd’hui pour savoir
qu’il n’y aurait jamais eu d’élection présidentielle
le 15 novembre. La crise aurait certainement été
entretenue jusqu'à l’épuisement du mandat du
Président du Faso ouvrant ainsi la voie à une
période qui pourrait justifier toutes sortes de revendication.
Cette première tentative ayant échoué
que faire ? La «mafia»
qui a opté depuis, comme l’écrivait Norbert
ZONGO pour «la solution par
le mortel» va mettre en branle son second
scénario. Ainsi, le 13 décembre 1998, sur la
route de Sapouy, Norbert ZONGO est à nouveau piégé
et exécuté sauvagement à quelques 7 km
du village d’un de ses «amis
sûrs». La suite, vous la connaissez.
Halidou OUEDRAOGO dans ses envolées suite au drame
de Sapouy n’a-t-il pas affirmé que «le
pouvoir a réduit Norbert ZONGO en cinq kilos de TNT
qui va l’emporter» ? Avec de tels propos,
quelle preuve faut-il encore brandir pour démontrer
que Norbert ZONGO a été la victime d’un vaste
complot dirigé contre la IVe République ?
Aujourd’hui, la conclusion est précise, Norbert ZONGO
a été assassiné par la «mafia»
politique burkinabè dans l’objectif de déstabiliser
le régime de Blaise COMPAORE. Les commanditaires, assassins
et coupables sont à rechercher au sein de cette «mafia»
Norbert ZONGO, ton assassinat ne restera pas impuni. Les «vrais»
assassins seront retrouvés. De très loin, là-haut,
tu es avec nous, car tu sais que nous sommes sur la voie de
la VERITE et de la JUSTICE.
J’accuse la CEI d’avoir sciemment et en toute connaissance
de cause choisi d’assurer à tes assassins impunité
et sécurité.
(A suivre)
In L’Opinion n° 93
du 07 au 13/07 1999
Par Sam SAMI)
Retour à Kaya
L’Opinion passe à la phase
II de son enquête sur la recherche de la VERITE sur
l’assassinat de Norbert ZONGO, après avoir déblayé
le terrain sur la piste des assassins. Sans retenue et sans
état d’âme nous poursuivrons notre quête
sans désemparer, malgré les cris de goret entendus
ici et là et qui se veulent des menaces. Au peuple
d’en juger.
Avec la présente édition nous revenons sur ce
qui s’est passé à Kaya ce 8 novembre 1998 où
Norbert ZONGO a pris un repas qui a failli l’envoyer ad patres.
Empoisonnent d’origine criminelle ou simple intoxication alimentaire
? Norbert ZONGO lui-même témoigne.
Dans cette affaire douloureuse de l’assassinat
de Norbert ZONGO, tout Burkinabè soucieux de justice
doit intervenir s’il le peut, par un témoignage quelconque
pouvant éclairer l’opinion nationale et le juge d’instruction
et contribuer à la manifestation de la VERITE.
Que vous soyez dans l’opposition, du pouvoir ou simples observateurs
«neutres» de la vie politique nationale, vous
devez agir en patriote. Le quadruple carnage de Sapouy est
une insulte à la conscience humaine. Se taire, en sachant
que son témoignage peut être déterminant
ou même anodin mais utile, est un comportement inhumain.
La vie d’un homme n’a pas de prix et la recherche des coupables
n’en a pas non plus. Toute personne qui fait de la rétention
d’information pose un acte gravissisme. Tôt ou tard,
la VERITE se fera. C’est pourquoi, il est préférable
de s’engager soi-même dans la dynamique nationale pour
la justice et la vérité.
L’OPINION sans réserve a emprunté cette voie
; face à la machination pour couvrir les vrais «coupables»,
il est monté au créneau. Des confidences et
autres témoignages ont permis de mener des investigations
et recherches qui se concrétisent de jour en jour.
Les coupables ne perdent pas de temps pour attendre. Bientôt,
ils seront confondus.
Dans ce sens, Madame OUEDRAOGO… doit parler.
Pourquoi elle
doit parler ?
Deux principales raisons indiquent que cette
dame doit parler :
Premièrement : Mme OUEDRAOGO doit parler, parce qu’à
Kaya ce 8 novembre 1998, elle a participé à
l’animation de la conférence des femmes donnée
par Norbert ZONGO.
Deuxièmement : Norbert Zongo a d’abord refusé
de manger. Pourquoi ? Mme OUEDRAOGO le sait.
Le 5 décembre 1998 à Koudougou, Norbert ZONGO,
sur invitation des travailleurs de Faso Fani, animait une
énième conférence organisée par
la CGTB. A l’occasion, une question précise sur l’empoisonnement
de Kaya le 8 novembre 1998 lui a été posée.
Après moult hésitations, des «heu»
et des silences à n’en pas finir, il a fini par répondre
en choisissant soigneusement ses mots et a donné une
réponse qui confirme bien qu’il a été
empoisonné.
Pour la vérité et le respect de la mémoire
de Norbert ZONGO, nous nous avons retranscrit intégralement,
mot à mot, ce qu’il a dit (lire : extrait de la conférence
de presse donnée par Norbert ZONGO à Koudougou
page …)
Comme il apparaît à travers
ces propos de notre confrère, plus d’un mois après
les faits lui-même n’avait pas encore conclu sur la
nature de ce qui est arrivé à Kaya. Mieux il
éprouve des difficultés à expliquer les
faits.
Pour quelqu’un qui a le verbe tranché et la diction
claire, ces hésitions cachent bien de choses. Nous
y reviendrons. Intéressons-nous à certaines
informations qu’il donne. D’abord il avait refusé de
manger, parce que Mme OUEDRAOGO n’avait pas participé
à la cuisine. Ensuite il a dit à Mme OUEDRAOGO
(forcément au cours d’une conversation qu’ils ont eu
ensemble : «Je lui disais que moi aussi j’avais des
informations comme quoi effectivement il peut y avoir des
intoxications alimentaires dans mes plats… ». Intéressons-nous
pour le moment à ces deux faits dont vous aurez perçu
l’importance, nous en sommes certains.
Suite au refus de Norbert ZONGO de manger, Mme OUEDRAOGO a
approuvé la décision prise. Cela semble évident,
tout comme elle lui a donné des informations qu’il
a corroboré lui-même en disant : «(…)
Je lui disais que moi aussi (souligné par nous) j’avais
des informations comme quoi effectivement il peut y avoir
des intoxications alimentaires dans ses plats. Donc, j’ai
refusé (…)».
Norbert ZONGO dit «moi aussi».
De toute évidence, Mme OUERDAOGO a dû lui souffler
des informations sur un empoisonnement. Il n’a fait que confirmer
les confidences de la bonne dame.
Ce bout de réponse de Norbert ZONGO démontre
bien qu’il était prudent et se méfiait de tout.
Pourquoi après avoir refusé, Norbert ZONGO a
tout de même accepté de manger. Il donne la raison
: «C’était des camarades
de la CGT-B et ils avaient fait préparer dans une famille…
bon … heu j’ai voulu partager le repas avec eux. Mais vraiment
jusqu’à présent … heu … eux-mêmes ils
s’interrogent réellement sur ce qui s’est passé».
Madame OUEDRAOGO doit révéler ce qu’elle adit
à Norbert ZONGO, peut-être son témoignage
permettra-t-il de comprendre et surtout de retrouver les assassins
de Norbert ZONGO, car nous sommes convaincus que ceux qui
l’ont empoisonné à Kaya le 8 novembre 1998 sont
les coupables et commanditaires du drame de Sapouy.
Norbert connaissait
ses assassins
Robert Ménar,
SG de RSF membre de la CEI
Après
une enquête de salon bouclée en une semaine,
RSF a balayé d'un revers de la main l'empoisonnement
de Norbert ZONGO
L’étau
se resserre. Les faits concordants s’accumulent. Mme OUEDRAOGO,
pour rien au monde vous ne devez garder le silence, car ce
serait couvrir les assassins de Norbert ZONGO qui vous faisait
entièrement confiance. Put-être ne savez-vous
pas l’importance de certains détails.
En les liant à d’autres le juge d’instruction peut
arriver à quelque chose. Rien ne coûte de tenter
et Norbert ZONGO mérite bien qu’on fouille partout
… partout sans exception.
Toujours en réponse à la question sur son empoisonnement,
Norbert ZONGO libère des informations forts utiles
qu’il faut traiter avec attention. Il soutient : «Bon
i y en a qui étaient venus effectivement, j’ai beaucoup
qui sont venus chez moi à la maison … heu … ceux qui
ont eu le courage ont dit qu’ils étaient venus pour
l’enterrement ; je leur ai dit que c’était reporté».
Aujourd’hui, la famille de Norbert ZONGO doit aider à
identifier tous ceux qui sont venu présenter leurs
condoléances. Les regroupements des informations qu’ils
donneront pourraient aider à se faire une idée
sur ce qui s’est réellement passé. Ils doivent
contribuer à la recherche des coupables afin que des
innocents ne paient pas pour un forfait qu’ils n’ont pas commis.
Quels sont ceux qui sont venus présenter leurs condoléances
? Certainement des «amis sûrs» de Norbert
ZONGO. Il n’y a pas de doute. Tout laisse croire que Norbert
ZONGO a été victime d’un complot dans lequel
ont trempé certains éléments de son propre
milieu. Il donne lui-même des indications : «C’est,
jusqu’à présent les camarades s’interrogent,
mais heu, des nouvelles qui nous parviennent de Kaya, de source
sûre, avant même que je ne quitte Kaya, avant
même que je ne sente le mal, heu il avait la rumeur
qui était répandue dans Kaya que j’avais été
empoisonné».
Qui donc a répandu la rumeur ? Forcément des
personnes au courant de la tentative d’assassinat. Des personnes
qui savaient qu’il avait mangé. Si effectivement bien
avant que l’intéressé ne sente le mal, la rumeur
de son empoisonnement était répandue, c’est
que parmi les «amis sûrs» qui l’ont invité
il y a une ou plusieurs personnes qui savaient que le repas
était empoisonné.
A défaut d’avoir des preuves formelles pour dire qui
a fait quoi, Norbert ZONGO n’a pas pour autant négligé
la possibilité qu’on ait voulu le tuer, puisqu’il laisse
courir la rumeur. Par la suite, il dément la tentative
d’empoisonnement. Pourquoi ? La question est intéressante,
puisqu’à l’époque était dans une série
de conférences au cours desquelles il fustigeait le
pouvoir. Certains est même vu dans ces conférences
une forme de lutte pour le «boycott
actif» lancé par l’opposition.
Assurément, la tentative d’assassinat sur lui aurait
apporté un plus à cette campagne. Elle ne devait
donc pas être démentie et nous savons Norbert
ZONGO suffisamment perspicace pour ne pas le comprendre. Mieux,
pour un homme qui se sent menacé par le pouvoir et
qui a l’occasion de mettre en garde ce pouvoir, surtout d’attirer
l’attention de l’opinion publique nationale et internationale
sur les menaces qui pesaient sur lui, et qui dément
une tentative d’assassinat contre sa personne nous paraît
curieux. Ce qui est certain, c’est que Norbert ZONGO était
convaincu que le pouvoir n’était pas en cause dans
cette affaire. C’est cette conviction qu’il a voulu communiquer
à l’opinion publique. S’il avait eu le moindre doute
sur sa culpabilité, il aurait laissé faire et
même aurait parlé ouvertement de tentative d’assassinat
: même sans preuve. Cela est facilement compréhensible
pour quelqu’un qui se sent menacé. Pour le reste, il
nous laisse ans l’expectative. Mais s’il est convaincu que
le pouvoir était innocent c’est qu’il avait une idée
d’où allait venir le danger.
Mieux, Norbert ZONGO indexe ses assassins : ceux qui sont
venus m’ont dit «nous ne pensions
même pas que tu allais atteindre Ouagadougou».
Mme OUEDRAOGO, vous qui étiez à Kaya et étiez
dans les confidences de Norbert ZONGO, seule vous pouvez nous
dire qui étaient à Kaya avec Norbert ZONGO,
car leurs propos traduisent bien qu’ils peuvent conduire aux
empoisonneurs.
Dommage que les travailleurs de Faso Fani n’aient pas cherché
à mieux comprendre. Mais à leur place, nous
nous devons d’aller en profondeur. Qui étaient ses
camarades venus après Kaya ?
Mme OUEDRAOGO, vous devez rencontrer le juge d’instruction,
déposer auprès du Collège des sages et
vous confier au ministre délégué chargé
de la Sécurité.
Vous ne devez laissez aucun détail de côté,
car dans ce genre d’affaires la vérité découle
généralement des détails anodins. Ce
sont eux qui permettent d’élucider les «crimes
parfaits».
Si d’aventure, vous voulez partager avec tout le peuple burkinabè
ce que vous savez. L’OPINION vous ouvre ses colonnes. Votre
conscience ne sera que libérée.
Mme OUEDRAOGO, que Dieu guide votre témoignage pour
la manifestation de la vérité. Amen !
Par Sam SAMI
In L’Opinion N 94 du 14/07 au
20/07 1999
La CGT-B interpellée
A la CGT-B,
tout doit être sens dessus-dessous.
La Centrale syndicale doit répondre à un «assassiné».
De son vivant, Norbert ZONGO n’a pas eu de clarification sur
la tentative d’empoisonnement à laquelle il a survécu
à Kaya. Et pourtant, la CGT-B avait produit un rapport
«secret”.
Aujourd’hui, que d’interrogations ! Pourquoi la CGT-B n’a-t-elle
jamais évoqué publiquement l’existence de ce
rapport ? Pourquoi ne l’a-t-elle pas transmis à la
CEI ? Pourquoi ce lourd silence ? La CGT-B est-elle complice
ou coupable ? A vous d’en juger ?
Tôt
ou tard, ces caciques du Collectif, du MBDHP, du G14, de la
CGT-B et de la CEI, à propos du dossier brûlant
de l’assassinat de Norbert ZONGO parleront. Sans exception,
tous ces «mogos puissants» qui refusent maintenant
de parler et font la sourde oreille seront rattrapés
par le devoir de vérité. Leur silence ne les
disculpera pas. Bien au contraire. Ceux qui sont mouillés
dans la tentative d’empoisonnement à Kaya ou/et dans
le quadruple carnage de Sapouy finiront à la barre
un jour pas lointain. Prompt à exiger que X ou Y soit
arrêté et écroué, ils se font très
petits, rasent les murs, lorsqu’ils sont à leur tour
poliment invités à parler. Simplement parler.
Et pourtant, il n’y a pas longtemps, ils n’avaient pas leur
langue dans la poche. De quoi ont-ils subitement peur ?
Tolé Sagnon
: Pourquoi n'avoir pas alerté les services compétents
sur les suspiçions relatives à un empoisonnement.
négligeance ou omission délibérée
?
Aujourd’hui, les bonzes de la CGT-B sont
interpellés par l’opinion nationale. Ils sont nombreux,
les militants de la CGT-B qui ont frémi à la
lecture des révélations de Norbert ZONGO sur
la tentative d’empoisonnement de sa personne à Kaya
: «pour parler de l’intoxication ; bon jusqu’à
présent (silence). Heu… il n’y a pas d’information
claire. Je lisais encore le rapport des camarades de la CGT-B…»
(in L’Opinion n°94 du 14 au 20 juillet 1999, p8). De quel
rapport parle-t-il ont dû s’exclamer les militants de
la CGT-B ?
Aujourd’hui, le peuple burkinabè sait que la Centrale
syndicale a produit un rapport sur la tentative d’empoisonnement
de Norbert ZONGO à Kaya.
Un rapport intimiste et clandestin
de la CGTB
L’existence du rapport de la CGT-B est un fait majeur qui
vient renforcer la certitude sur l’empoisonnement de Norbert
ZONGO à Kaya. Si la CGT-B a jugé opportun de
rédiger un rapport, c’est qu’effectivement la situation
était préoccupante. Dommage que la Centrale
syndicale n’ait pas jugé utile de créer une
Commission indépendante pour mener l’enquête
sur le fait. La CGT-B qui a exigé avec le Collectif
une Commission d’enquête indépendante (CEI) sur
le drame de Sapouy, dirige elle même et en toute intimité
pour ne pas dire clandestinité sa propre enquête
sur une première tentative d’assassinat. Allez-y comprendre
!
Et pourtant, dans les deux cas : empoisonnement à Kaya
et assassinat à Sapouy, il s’agit bien de crime car
l’intention de tuer, d’éliminer Norbert ZONGO était
réelle.
Aujourd’hui, le peuple est en droit de revendiquer une Commission
d’enquête internationale sur la tentative d’empoisonnement
de Norbert ZONGO à Kaya car la CEI de M. Kassoum KAMBOU
a failli à sa mission en considérant ce crime
comme «…un incident qui s’est déroulé
le 8 novembre 1998, dans la ville de Kaya…». (Rapport
de la CEI, p26). La conclusion de la CEI sur cet homicide
prémédité et organisé à
Kaya exige qu’une véritable enquête soit menée
: «s’il est impossible de dire aujourd’hui, faute d’analyses
médicales poussées à ce moment qu’il
s’est agi ou non d’un empoisonnement, cet épisode a
contribué à alourdir l’atmosphère autour
du directeur de l’Indépendant…» (Rapport de la
CEI, p26). Nous savons que M. Kassoum KAMBOU, le président
de la CEI, est bien placé pour avoir plus d’informations
sur «l’incident» de Kaya.
Pourquoi ne l’a t-il pas fait ? Son comportement est plus
que suspect. Alors M. Le juge d’instruction Wensceslas ILBOUDO,
vous êtes interpellé ! La nécessité
d’ouvrir une enquête sur la tentative d’empoisonnement
de Norbert ZONGO à Kaya s’impose. Le peuple vous regarde.
Responsabilité
entière dela CGT-B
En invitant Norbert ZONGO a Kaya, à l’effet d’animer
des conférences publiques destinées aux militants
de la CGT-B, la Centrale syndicale est responsable de tout
ce qui pouvait advenir à son invité. Elles est
donc garante de sa santé et de sa sécurité.
Tout ce qui a pu attenter à la vie de Norbert ZONGO
à Kaya est de la responsabilité de la CGT-B.
Les camarades de la CGT-B l’ont si bien compris qu’ils ont
produit un rapport pour tenter d’élucider la tentative
d’empoisonnement. Un rapport sur lequel le jugement de Norbert
ZONGO laisse entrevoir un manque de clarté : «Pour
parler de l’intoxication ; bon jusqu’à présent…
(silence). Heu… il n’y a pas d’information claire»
(in L’Opinion N°94 du 14 au 2O juillet 1999 p8).
Aujourd’hui, les quelques passages du rapport de la CGT-B
que livre Norbert ZONGO ne laissent pas de doute sur l’empoisonnement.
Lisez : «Et comme ils le disaient, ils ont pris
le soin d’égorger eux-mêmes… (rires) hein ; ce
qu’ils disent dans leur rapport que : c’étaient des
poulets vivants que nous avons égorgés nous
mêmes (rires). Donc pour dire que si le côté
de la viande il n’y avait pas intoxication ; bon, les pates
alimentaires, on s’est dit peut-être que c’était
la boîte de tomate et quand on a regardé la date
de péremption, c’était en avril 2000 ; bon c’était
dans un frigo, bon mais heu… » (in L’Opinion du
14 au 20 juillet 1999, p8). conclusion : il y a trop d’éléments
constitutifs d’un repas pouvant amener intoxication. Ce constat
exigeait donc de la CGT-B de pousser ses investigations en
faisant appel à des services compétents, en
exigeant l’ouverture d’une véritable enquête
et pourquoi pas en déposant une plainte contre X pour
tentative d’empoisonnement. Pourquoi les camarades de la CGT-B
ne l’on pas fait ?
Elle devait déposer une plainte officielle
Après la mort tragique de Norbert ZONGO, la CGT-B s’est
engagée dans le vaste mouvement populaire pour la vérité
et la justice. Or, il semble de plus en plus et même
il est établi que la vérité et la justice
passent aussi par la clarification de la tentative d’empoisonnement
à Kaya. Pourquoi la CGT-B responsable de la venue de
Norbert ZONGO à Kaya n’a t-elle pas réagi ?
Pourquoi, la CGT-B lorsque la rumeur se répandait sur
la mort de Norbert ZONGO suite à la tentative d’empoisonnement
à Kaya n’a t-elle pas publié une déclaration
? Les camarades de la CGT-B avaient-ils intérêt
à ce que cette triste nouvelle soit répandue
? Et pourquoi ? La CGT-B est une Centrale prompte à
publier des déclarations sur tout et rien. Son silence
devant un cas aussi grave d’atteinte à la vie humaine
est très suspect. Par leur comportement, les camarades
de la CGT-B deviennent eux aussi des «suspects très
sérieux» dans la tentative d’assassinat de Norbert
ZONGO à Kaya, Depuis la mort de Norbert ZONGO, nous
décelons une volonté de faire couler du béton
armé sur cette tentative d’empoisonnement de Kaya,
cela se vérifie par la conclusion de la CEI et même
du Collectif qui n’a jamais demandé et exigé
la lumière sur cet assassinat manqué.
Le Collectif truffé de “très
sérieux susoects”
Dès l’annonce du drame de Sapouy,
un Collectif des associations de masses et des partis politiques
s’est immédiatement constitué. Pour notre part
et selon les informations en notre possession un «noyau»
de ce Collectif existait déjà avant le 13 décembre.
Il y a trop de coïncidences pas claires. Ce «noyau»
n’a fait que coopter d’autres membres pour ne pas rester sectaire
et donner à sa lutte une certaine dimension. Cela est
même perceptible dans la composition du «directoire»
du Collectif qui semble verrouillé. Halidou OUEDRAOGO
est président et Tolé SAGNON son vice-président.
Nous nous demandons encore comment Joseph Ki-ZERBO (PDP) et
Hermann YAMEOGO (ADF/RDA) ont pu accepter une telle situation
?
Tout cela s’explique. Entre Halidou OUEDRAOGO du MBDHP et
Tolé SAGNON de la CGT-B. C’est tout comme l’arbre et
l’écorce. Il y a une complicité qui a su résister
à toutes les intempéries.
Ainsi, il nous revient l’interrogation suivante : Que veut
cacher Halidou OUEDRAOGO du MBDHP et Tolé SAGNON de
la CGT-B en occupant les premiers postes du Collectif ? S’agissant
de l’assassinat odieux de Norbert ZONGO, la recherche de la
vérité est une quête nationale.
Cible idéale dans le cadre d’un complot pour la déstabilisation
de la IVe République, Norbert ZONGO a certainement
été la victime de tous ceux qui espéraient
un changement violent au Burkina. Dans ce cas de figure et
sachant que le pouvoir serait indexé immédiatement,
il y a tout comme un dessein de tout orienter et tout manipuler
pour le culpabiliser. Ainsi, la direction des structures créées
pour la recherche de la vérité et de la justice
sur le drame de Sapouy devient un enjeu primordial.
Aujourd’hui, comment avancer dans l’identification des assassins
de Norbert ZONGO sans évoquer l’empoisonnement de Kaya
? Dans ce cas, la CGT-B et Tolé SAGNON seront appelés
à témoigner. Si le secrétaire général
de la CGT-B est interpellé dans le cadre de cette affaire,
immédiatement le président du MBDHP va s’inquiéter.
Chose curieuse, ni la CGT-B, ni le MBDHP n’ont évoqué
publiquement la tentative d’empoisonnement de Norbert ZONGO
au moment où le peuple burkinabè s’indignait
en novembre 1998. La CGT-B parce que ce sont les militants
de la Centrale syndicale qui ont invité Norbert ZONGO
à manger. Le MBDHP en sa qualité de défenseur
des droits humains. De tout ça, rien.
Si le Collectif veut mériter du peuple burkinabè
sa confiance, il doit exiger une Commission d’enquête
indépendante sur «l’incident » de Kaya.
Tolé SAGNON doit démissionner de la tête
du Collectif, car des militants de la CGT-B sont suspectés
dans la tentative d’empoisonnement de Norbert ZONGO à
Kaya.
Halidou OUEDRAOGO pour le silence observé sur cette
affaire est disqualifié et doit aussi rendre le tablier.
Avant Sapouy, un 13 décembre 1998, il y a eu Kaya,
un 8 novembre 1998. A moins que la monopolisation de la direction
du Collectif et de la CEI par le MBDHP et la CGT-B ne relève
de cette volonté de tordre le cou à la vérité
et de protéger les véritables coupables de l’assassinat
de Norbert ZONGO.
De la présidence de la CEI
Le MBDHP avec Halidou OUEDRAOGO est président
du Collectif. M. Kassoum KAMBOU est président de la
CEI au nom du MBDHP. La monopolisation est évidente.
Pourquoi le MBDHP s’est cru obligé de monopoliser les
présidences du Collectif et de la CEI ? cette démarche
est-elle innocente? Ne cache-t-elle pas des non-dits évidents.
Sur ce que la CEI considère comme un «un
incident» et dont elle n’est pas capable de dire
«s’il s’est agi ou non d’un empoisonnement»,
il y a comme une similitude avec la conclusion du rapport
de l’UIDH/Nord/Sud XXI présidé par Haidou OUEDRAOGO.
Lisez : «En novembre 1998,
Norbert ZONGO est à Kaya pour une conférence.
A l’heure du repas avec d’autres personnes, il mange, sur
la route du retour, de violents maux de ventre le secoue.
Il est admis en clinique à Ouagadougou, il se rétablit,
puis rechute. Il finit par s’en sortir. Plus tard, dans son
journal il écrit : «j’étais chez des amis,
ce n’est pas un empoisonnement…» (rapport
UIDH/Nord/Sud XXI. P6). Quelques constats s’imposent.
Premièrement : Norbert ZONGO n’a jamais eu de maux
de ventre sur la route du retour. Il le confirme : «…Jusqu’à
présent, les camarades s’interrogent, mais heu, des
nouvelles qui nous parviennent de Kaya, avant même que
je ne sente le mal, heu il y avait la rumeur qui était
répandue dans Kaya que j’avais été empoisonné
(silence). Et, heu, ceux qui sont venus m’ont dit : «nous
ne pensions même pas que tu allais atteindre Ouagadougou
(silence)…» (in L’Opinion n°94 du 14
au 20 juillet, p8). Par ailleurs les propos de son cousin
Victor ZONGO sur le sujet sont sans équivoque. ...
Il a réjoint Ouagadougou le même jour. Lundi
matin il a eu des douleurs abdominales aiguës...” (Rapport
CEI p 26). De qui Halidou OUEDRAOGO détient-il ce témoignage
qui affirme que Norbert ZONGO aurait eu de violents maux de
ventre sur la route du retour ?
Deuxièmement : Halidou OUEDRAOGO écrit dans
son rapport : «…à l’heure
du repas avec d’autres personnes».
Pourquoi cette imprécision ? Alors que Norbert ZONGO
affirme qu’il a pris le repas avec des «camarades
de la CGT-B» que son cousin Victor ZONGO
considère comme des «amis
sûrs».
Troisièmement : le rapport de la CEI illégale
de Halidou OUEDRAOGO prête des propos inexacts à
Norbert ZONGO : «plus tard, dans son journal il écrit
: «j’étais chez des
amis, ce n’est pas un empoisonnement» (rapport
UIDH/Nord/Sud,p6).
Nous avons repris l’article de Norbert ZONGO «Raison
d’une absence» publié dans L’Indépendant
N°272 du 24 novembre 1998, page 12; nulle part, il n’a
fait une telle affirmation. Vous pouvez vérifier en
relisant cet article révélateur (cf page..).
Cette manière de négliger la tentative d’empoisonnement
à Kaya par Halidou OUEDRAOGO est partagée par
le président de la CEI Kassoum KAMBOU, qui conclut
dans son rapport à un «incident». Voilà
qui est bien suspect...
Par Sam SAMI
In L’Opinion N 95 du 21/07 au 27/07 1999
Halidou, NAMA,
KAMBOU, parlez donc !
On les avait vus tous,
ces derniers temps, monopolisant les médias pour un
oui et pour non, vociférant et gesticulant à
tort et à travers. Et puis, subitement, plus rien !
Après la publication des deux lettres ouvertes de M.
Richard BELEMKOABGA qui accuse Halidou OUEDRAOGO, président
du MBDHP et du Collectif, Germain NAMA, président de
la Commission arbitrale du MBDHP et grand pourvoyeur de la
CEI, de RSF et de la CEI en «témoins» de
l’avoir amené à faire de faux témoignages
devant la CEI et le juge d’instruction, on attendait une réaction,
sous la forme d’un démenti cinglant. Mais depuis deux
semaines, rien ! On joue au mort !
Du coup, l’opinion publique qui avait été généralement
sceptique vire de bord et donne du crédit aux déclarations
de M. BELEMKOABGA. Parce que le silence des mis en cause tranche
totalement avec leurs habitudes de «djafoul».
C’est dire qu’il y a du vrai dans les propos de M. BELEMKOABGA,
si ce n’est tout. Le silence est par conséquent coupable.
Parlez donc messieurs et éclairez notre lanterne :
voilà ce que réclament vos militants et sympathisants
et le peuple avec. Parlez messieurs ; il s’agit de l’assassinat
barbare et sauvage de votre «ami».
Selon certains de nos sources, ce qui est sorti n’est que
la partie visible de l’iceberg. D’autres «témoins»,
de NAMA seraient en plein examen de conscience ; certainement
qu’ils parleront eux aussi un jour. Le temps joue dans le
camp de la vérité. Norbert ZONGO, tes assassins
seront en tous les cas retrouvés d’autant plus que
ce sont des lâches de la pire engeance !
In L’Opinion n°
92 du 30/06 au 06/07/1999
Pour une fois qu’on a une réaction
de François COMPAORE dans cette douloureuse Affaire
Norbert ZONGO, nous ne pouvions pas nous permettre de ne pas
vous proposer sa lecture des faits. Surtout que l’interview
à été menée de main de maître
par un trio de journalistes parmi les plus connus du pays.
Sur le plan professionnel : rien à redire !
Sur le plan des arguments et des analyses de l’interviewé
: rien à redire non plus !
Du coup ceux qui devaient forcément avoir à
redire ont été obligés de faire dans
la mauvaise foi avec une intolérance qui n’a trompé
personne. Désemparés ils le sont tant et si
bien qu’ils n’ont pas peur du ridicule. Faites-vous plutôt
votre propre opinion.
François Compaoré
"La piste de l’Indépendant
me semble intéressante"
Sauf
erreur ou omission, c’est la première fois, depuis
l’autodafé de Sapouy un certain 13 décembre
1998, que celui à qui on donnerait le bon Dieu sans
confession... se confie à un organe de la presse nationale.
La première et seule fois qu’il était sorti
de son silence au sujet de l’assassinat du directeur de publication
de l’Indépendant, c’était dans l’Autre Afrique
de notre confrère Jean-Baptiste Placca. Rien que pour
cela, cet " entretien d’Etat" comme l’un d’entre
nous l’a appelé vaut son pesant de mots…
Comment d’habitude François
Compaoré passe-t-il ses fêtes de fin d’année
? En famille ou avec des amis ?
• Les deux à la fois ! La famille et l’amitié
représentent pour moi des valeurs fondamentales.
Ce 31 décembre 2004, qu’avez-vous
fait exactement ?
• Je suis resté d’abord en famille avant de faire un
tour chez des amis.
Vous êtes plutôt
discret, presque effacé. Peut-on pour autant vous donner
le bon Dieu sans confession ?
• Je suis un homme de foi et j’ai toujours senti la main de
Dieu avec moi. Vous savez, j’ai toujours été
discret et c’est tant mieux ainsi, au regard de ma position
particulière et des missions qui me sont assignées.
Ceux qui me connaissent depuis l’enfance pourront témoigner
que je n’ai jamais été ni excessif ni exubérant.
On imagine que ça ne doit
pas être facile d’être le frère du président.
• Oh que non ! En tout cas pour ce qui me concerne cela requiert
beaucoup de responsabilités et de sacrifices. Je suis
souvent la cible d’attaques violentes et injustes dans le
but recherché d’atteindre mon frère et de déstabiliser
le régime.
Au fait, quels genres de missions
vous confie-t-il ? Celles sociales ou celles plutôt
occultes à l’intérieur comme à l’extérieur
?
• Je ne suis pas adepte de l’occultisme et je n’ai pas non
plus de missions jugées inavouables. Je suis agroéconomiste
de formation et Conseiller économique du Président
du Faso ; à ce titre j’ai des responsabilités
officielles que j’assume. Mais il est vrai que j’exerce parfois
aussi des missions sociales et de relations publiques.
Comme quoi ?
• Comme recevoir des amis de mon frère suivant ses
instructions ou entretenir certaines de ses relations que
son temps ne lui permet pas de faire.
S’il est une affaire qui a fait trembler
la République, c’est bien celle dite Norbert Zongo.
Six ans après le drame de Sapouy, les commanditaires
et les exécutants de cette affaire courent toujours.
C’est un peu long non ?
• La justice en est saisie et l’espoir demeure donc que la
vérité éclate. Je suis de ceux qui ont
le plus intérêt à la manifestation rapide
de la vérité des faits.
Est-ce une affaire qui vous a
coupé ou qui vous coupe toujours le sommeil ?
• J’ai été bouleversé et choqué
car il s’agit de la mort d’un homme, un crime odieux que des
personnes, à travers une certaine presse, s’évertuent
avec un acharnement très calculé à me
coller sur le dos ! N’importe quel être humain à
ma place serait offusqué surtout s’il sait qu’il est
parfaitement innocent.
|
Après
avoir auditionné 204 personnes, selon son rapport
rendu public, les conclusions de la CEI ne mettent nulle
part en cause ma personne !
|
Il faut reconnaître que
toutes les apparences vous accusent.
• Ah oui ! Pouvez-vous me citer ces apparences qui m’accusent
selon vous ?
Celles dont tout le monde parle et que la CEI a relevées,
à savoir qu’il y a une relation de cause à effet
entre l’affaire David Ouédraogo et l’assassinat de
Norbert.
• C’est çà vos apparences qui m’accusent ? La
CEI ne m’a pourtant pas mis en cause en dehors des extrapolations
que vous faites ! Vos apparences devraient être mieux
fondées que sur des supputations et des extrapolations
qui n’ont rien d’apparent, mais qui sont subjectivement puisées
dans des rumeurs calculées.
Quel était votre programme
le 13 décembre 1998 puisqu’on dit que vous vouliez
vous assurer que le boulot serait fait avant de voyager ?
• Tiens, tiens ! En tout cas je n’avais confié aucun
"boulot" de ce genre à qui que ce soit ce
jour là ! Quant à mon programme, la CEI m’avait
largement interpellé sur cette question avec toutes
les vérifications nécessaires.
Le 13 décembre 1998 dans la matinée, si j’ai
bonne mémoire, j’ai participé à un meeting
de remerciements des électeurs au Centre populaire
des loisirs de Ziniaré, auquel a pris part le secrétaire
général du CDP à l’époque, monsieur
Simon Compaoré. L’après-midi j’ai dû quitter
Ziniaré pour rejoindre Ouagadougou afin de participer
à un autre meeting au secteur 8 où je me souviens
même avoir pris la parole.
Après ce meeting, j’étais contraint de rentrer
chez moi puisque je prenais l’avion ce même soir pour
participer à la journée du Burkina organisée
à Paris le 15 décembre 1998 et qui était
programmée depuis fort longtemps.
Je n’ai été informé de la mort de Norbert
Zongo que le 15 décembre 1998 ! Tous ces faits ont
été minutieusement vérifiés par
la Commission d’Enquête Indépendante et vous
constaterez que j’avais ce jour-là le programme d’un
citoyen et d’un militant préoccupé avant tout
de remercier les populations suite au bon déroulement
de l’élection présidentielle qui venait d’avoir
lieu à la mi-novembre.
Au plus fort de la crise, n’avez
-vous pas eu peur pour la survie du régime ?
• Au regard des manifestations qui s’en sont suivies on peut
dire que le régime a été ébranlé,
il faut le reconnaître ! Certains ont voulu récupérer
et instrumentaliser l’opinion publique mais heureusement ils
se sont heurtés à la clairvoyance de notre peuple
et à la lucidité des sages du pays.
Aviez-vous des raisons d’avoir
peur pour votre vie ?
• Non, puisque j’étais convaincu de mon innocence !
Peut-être que certains en voulaient à ma vie
au point de me diaboliser dans les médias, mais personnellement,
je n’avais aucune raison d’avoir peur. La preuve, c’est que
je suis resté au pays.
|
Si
l’empoisonnement avait abouti à la mort de Norbert
Zongo, comme l’espéraient ses fameux «amis
sûrs», des troubles consécutifs auraient
peut-être conduit au report de l’élection
!
|
Connaissiez-vous personnellement
Norbert ?
• Je ne le connaissais pas personnellement et je n’entretenais
aucune relation avec lui.
A l’occasion du 6ème anniversaire
de l’affaire Norbert Zongo, Reporters sans Frontières
a décrit votre frère comme le protecteur et
vous le protégé. Qu’en dites-vous ?
• Le caractère subjectif de l’affiche publiée
par Reporters sans frontières est patent, au regard
des faits. Vous savez bien que Robert Ménard, le secrétaire
général de cette organisation, a pris une part
active aux travaux de la Commission d’Enquête Indépendante
où il ne s’est pas privé de me questionner sur
tout.
Je rappelle pour vos lecteurs que suite à cet horrible
assassinat, une Commission d’Enquête Indépendante
avait été mise en place, présidée
par un éminent représentant de la société
civile, le Magistrat Kassoum Kambou alors Secrétaire
aux relations extérieures du MBDHP, commission dont
faisait partie entre autres vos confrères Sy Chérif
et Pierre Dabiré.
Cette Commission a bénéficié de moyens
conséquents sans qu’on ne puisse la suspecter d’allégeance
au pouvoir ; son autorité et son crédit n’ont
jamais été remis en cause.
Après avoir auditionné 204 personnes, selon
son rapport rendu public, les conclusions de la CEI ne mettent
nulle part en cause ma personne ! L’attitude de Robert Ménard
ne relève donc, ni plus ni moins, que d’une animosité
personnelle à mon égard qui a pour but de salir
les plus hautes autorités du pays et sa justice. C’est
dommage pour l’image de RSF.
Tout de même, la CEI, en
plus d’établir le lien entre les dossiers David et
Norbert, a désigné 6 suspects sérieux,
tous du RSP dont certains étaient déjà
impliqués dans l’affaire David.
• Si l’on vous suit, il n’y aurait plus qu’à inculper
sans autre forme de procès dans l’affaire Norbert,
ceux qui ont été déclarés suspects
ou coupables dans l’affaire David Ouédraogo ! Un suspect,
fût-il sérieux, n’est pas encore un coupable
; il jouit de la présomption d’innocence et peut être
innocent. Pour preuve certains des suspects désignés
par la CEI dans l’affaire David Ouédraogo ont été
blanchis lors du procès par la vérité
des faits. C’est la preuve qu’ils avaient été
injustement qualifiés de suspects.
Pouvez-vous nous rappeler votre
rôle dans la triste affaire David Ouédraogo?
• Le procès de cette affaire a été largement
public et tous les détails sont connus de l’opinion
publique. Je suis un citoyen épris de paix et de justice
et je ne souhaiterais pas donner des justificatifs à
même d’éveiller des rancoeurs ou faire des commentaires
sur des décisions de justices devenues définitives
; vous savez vous-même que ce n’est pas normal.
Alors comment voulez-vous que
les apparences qui lient les deux évènements
puissent être clarifiées ?
• (Silence)... Bon, c’est vous qui insistez ! Je pense que
ce sera pour moi la dernière fois de revenir sur cette
affaire. David Ouédraogo était mon chauffeur
et j’avais beaucoup d’estime pour lui, au point de le traiter
comme un membre de ma famille.
Suite à un vol commis à notre domicile, lui
et d’autres membres du personnel domestique ont été
interpellés et interrogés par la sécurité.
Il faut aussi rappeler qu’à l’époque des faits,
des questions relatives à la sécurité
de l’Etat se sont superposées au problème de
vol.
Malheureusement, David Ouédraogo est mort en détention.
Mon épouse avait simplement porté plainte du
fait de vol commis à notre domicile, et le cas malheureux
du décès de David s’est produit suite aux investigations
consécutives. D’ailleurs on avait tellement confiance
en David que la plainte contre le vol ne le visait pas au
départ ; ce sont ses collègues domestiques qui
l’ont dénoncé au cours de la procédure.
Le tort a quand même consisté
à le confier aux éléments du RSP plutôt
qu’à la gendarmerie ou à la police?
• Vous savez, on ne va pas refaire ce procès qui contient
tous ces détails. Lorsqu’on habite un endroit sécurisé
comme c’est mon cas, le premier réflexe en cas d’incident,
est d’en informer les responsables de cette sécurité,
ce que j’ai fait ! Retenez néanmoins, comme je vous
l’avais déjà déclaré dans une
autre interview en 1998 (1), que la gendarmerie a été
saisie de la plainte pour fait de vol à mon domicile.
| Norbert
Zongo qui était, semble-t-il, prudent et méfiant
n’aurait accepté ce repas entre amis que sur
insistance de certaines personnes en qui il faisait
certainement confiance.
|
N’avez -vous pas été
quelque peu ébranlé par cette affaire ?
• Beaucoup ! Car non seulement j’avais perdu un être
pour qui j’avais beaucoup d’estime et d’affection, mais en
plus on m’accusait de l’avoir livré intentionnellement
à la mort alors que, comme je vous l’ai déjà
dis, la plainte ne l’avait pas personnellement visée
au départ et sa mise en cause a résulté
de l’enquête diligentée à cet effet.
Les ponts sont-ils définitivement
coupés entre vous et sa famille ou gardez-vous toujours
les mêmes relations ?
• Je continue d’entretenir de bons rapports sa famille.
Le procès de l’affaire
David Ouédraogo a été un moment fort
dans notre pays. Comment l’avez-vous vécu ?
• Avec la sérénité de l’innocent, mais
aussi de la tristesse. La sérénité parce
qu’il m’était enfin donné l’occasion de manifester
mon innocence. La tristesse, d’abord à cause de la
mort d’un de mes employés, et ensuite pour toutes les
accusations gratuites et calomnieuses dont ma famille et moi
faisions injustement l’objet.
Avez-vous pu vous expliquer comme
vous le souhaitiez ?
• Oui. Le procès était public et malgré
le conditionnement d’une partie de l’opinion par les adversaires
politiques du régime, les débats sont restés
sereins et le procès équitable. D’ailleurs à
l’issue du procès, certaines personnes qui étaient
auparavant manipulées, et après avoir été
bien éclairées, m’ont témoigné
leur amitié et soutien.
Aviez-vous des raisons de craindre
l’issue du procès ?
• Très honnêtement je n’avais aucune crainte
puisque j’étais persuadé de mon innocence.
Quelle a été votre
impression d’ensemble sur ce procès ?
• La vérité a triomphé ! Certains ont
voulu manipuler la justice et les juges en me présentant
comme le coupable désigné, mais la manoeuvre
n’a pas marché et j’en suis très heureux. Souvenez-vous
de l’entretien que j’avais accordé en 1998 à
votre journal, bien avant la mort de Norbert Zongo, et dont
je parlais tantôt. J’avais clairement affirmé
que je m’en remettais à la justice de mon pays. C’est
dire que j’attendais ce procès avec sérénité.
J’avais également clairement affirmé que j’acceptais
l’expression de la différence d’autrui et que j’adhérais
fermement à la liberté de la presse et fustigeais
par conséquent toutes les pratiques néfastes
à la démocratie. Ce procès me donnait
parfaitement raison et comme tout bon citoyen, je me suis
soumis comme il se devait à toutes les contraintes
de la procédure.
Revenons au dossier Norbert Zongo.
Le journal l’Indépendant, dans son édition
spéciale du 13 décembre dernier, vous a présenté
comme l’instigateur d’une tentative d’empoisonnement dont
Norbert Zongo aurait été victime à Kaya
; citant au passage l’apport de feu Edmond Koama et certains
spécialistes en sciences occultes dans le Boulkiemdé.
Qu’avez-vous à dire pour votre défense ?
• On m’a parlé de cet article. A l’époque des
faits je n’avais pas de rapports particuliers avec Koama Edmond.
Par ailleurs n’étant pas versé dans les sciences
occultes, je ne saurais en faire une source d’inspiration
ou de preuve pour la justice moderne ! Mais la piste invoquée
par l’Indépendant me semble intéressante.
D’ailleurs je me rappelle qu’après ce drame de Sapouy
l’un de vos confrères, l’Opinion, avait évoqué
cette tentative d’empoisonnement comme une des pistes possibles
pouvant conduire à la manifestation de la vérité.
Ce journal précisait même, citant Norbert Zongo,
que le repas incriminé était pris dans un cercle
"d’amis sûrs" de celui-ci. Mais à ma
connaissance le journal l’Opinion n’avait pas été
suivi dans ce sens ni par la CEI, ni par une quelconque structure
de la société civile.
Certains avaient même considéré qu’il
s’agissait d’un simple incident que le pouvoir invoque pour
brouiller les pistes. En réalité cette piste
ne les arrangeait pas, car les auteurs de la tentative d’empoisonnement,
si elle est vérifiée, seraient à rechercher
ailleurs que dans mon milieu, car Norbert Zongo qui était,
semble-t-il, prudent et méfiant n’aurait accepté
ce repas entre amis que sur insistance de certaines personnes
en qui il faisait certainement confiance.
Toujours selon notre confrère,
c’est l’échec de l’empoisonnement qui a commandé
la méthode utilisée le 13 décembre 1998
à Sapouy.
• Si c’est cela, le dossier Norbert Zongo peut avancer rapidement
et je pense que c’est effectivement une
| des
animateurs d’une certaine presse, ainsi que certains
milieux politiques, font de cette affaire un fonds de
commerce en associant outrageusement mon nom à
la mort de Norbert Zongo comme argument de vente ou
de marketing politique !
|
hypothèse qui pourrait être
explorée comme le suggère l’Indépendant.
Sur ce point je suis d’accord avec ce journal ! Mais il faut
se situer dans le contexte de l’époque.
En effet, le problème de la tentative d’empoisonnement
est intervenu juste avant l’élection présidentielle
qui était boycottée par une partie de l’opposition.
Si l’empoisonnement avait abouti à la mort de Norbert
Zongo, comme l’espéraient ses fameux « amis sûrs
», des troubles consécutifs auraient peut-être
conduit au report de l’élection !
Dieu merci l’élection a pu se dérouler sans
incident majeur ! Mais pour salir le mandat du Président
du Faso, il n’est pas exclu que les mêmes auteurs de
l’empoisonnement aient remis en œuvre, avec succès
cette fois, leurs sombres desseins sur la route de Sapouy
! Vous savez, en matière criminelle, il y a une question
qui doit être toujours posée : à qui profite
le crime ?
Il est évident que ce crime abominable est devenu une
mine d’or politique, voire financière, pour bien de
gens par l’instrumentalisation de la soif légitime
de vérité de notre peuple. Et souvenez-vous
que les écrits de l’Indépendant à l’époque
n’épargnaient personne ; les pistes peuvent donc être
nombreuses.
Vous êtes en train de dire
que le coup du 13 décembre a pu être fait par
les propres amis de Norbert ?
• Vous savez, je m’interroge sur toutes les pistes ainsi que
votre question m’en donne l’occasion. C’est Norbert qui, a
semble-t-il, dit avoir pris le repas incriminé en compagnie
d’amis sûrs pour lui. Alors s’il y a eu tentative d’empoisonnement
au cours du même repas, vous voyez bien qu’il serait
illogique d’exempter ce cercle de toute vérification.
Je n’affirme rien, je m’interroge.
Plus loin dans la même
livraison, l’Indépendant dit qu’en récompense
pour service rendu, vous avez offert une voiture neuve à
l’adjudant Marcel Kafando, le seul inculpé à
ce jour dans cette affaire. Vrai ou faux ?
• Faux ! Je ne lui ai jamais acheté même une
mobylette à plus forte raison une voiture neuve.
Vous arrive-t-il de lui rendre
visite ou l’avez-vous complètement abandonné
à son triste sort ?
• Humainement, je ne peux l’abandonner ! S’il n’y avait pas
eu ce problème de vol à mon domicile, peut-être
qu’il n’en serait pas là. Je suis allé lui rendre
une visite lorsqu’il était à la MACO puis lorsque
j’ai appris qu’il était gravement malade, mais toujours
après avoir accompli toutes les formalités légales
et sur autorisation du juge.
Depuis l’affaire Norbert Zongo,
vous et le sergent Babou Naon vous regardez en chien de faïence.
Quelle serait la pomme de discorde ?
• Même quand il était en activité au conseil,
je n’avais pas de rapport particulier avec lui. Il n’a jamais
été un problème pour moi.
Lors du procès de la tentative
de putsch courant avril, il a pourtant déclaré
que vous n’étiez pas étranger à l’assassinat
de Norbert. Vous allez nous dire comme certains que c’est
une ligne de défense pour quelqu’un qui était
dans le pétrin ?
• Dans cette douloureuse affaire j’accueille personnellement
avec enthousiasme tout ce qui peut éclairer l’opinion
nationale et le juge d’instruction, et contribuer à
la manifestation de la vérité.
Mais je suis surpris que ce monsieur laisse passer tout ce
temps alors qu’il aurait pu témoigner utilement devant
la CEI qui, à l’époque, avait mis en œuvre des
mécanismes permettant de sauvegarder l’anonymat des
témoins. Par ailleurs cela fait longtemps que le juge
d’instruction est à la recherche d’informations pertinentes
lui permettant de boucler son dossier.
Pourquoi attend-il d’être
impliqué dans une tentative de putsch et en passe d’être
jugé pour prétendre faire des révélations
? Ces interrogations font douter de l’objectivité de
ses propos qui s’inscrivent tout simplement dans une stratégie
de défense. Vraiment pour moi, Naon n’est pas un problème.
Il peut aller voir le juge d’instruction s’il a des révélations
à faire.
Il est quand même venu s’ouvrir à vous après
le 13 décembre et vous l’avez houspillé.
• Je vous dis que toutes ses déclarations sont liées
à sa stratégie de défense ! Je ne me
rappelle pas avoir eu un quelconque entretien avec lui, ni
avant ni après le 13 décembre 1998.
On dit aussi que de retour du
Soudan, votre frère s’est emmuré à Ziniaré,
refusant obstinément de vous recevoir plusieurs jours
durant. Il ne vous a jamais soupçonné ?
• Jamais ! Vous savez, c’est lui qui me connaît le plus.
Il sait que je ne suis pas capable d’un tel acte et sans son
soutien et son affection je n’aurais jamais pu tenir face
à un tel déchaînement de haine. Rappelez-vous
qu’à l’époque des faits, nous étions
en pleine préparation d’une réunion de l’OUA
et le Président du Faso devait accueillir, les 17 et
18 décembre 1998 des hôtes de marque dont certains
ont même participé à la cérémonie
d’investiture le 21 décembre.
Et souvenez-vous que moi j’ai quitté Ouaga pour Paris
le 13 décembre alors que le Président du Faso
revenait du Soudan le 14 décembre. Je suis revenu quant
à moi le 18 décembre en plein mini sommet extraordinaire
de l’OUA.
Pensez-vous sincèrement qu’il pouvait s’emmurer à
Ziniaré pendant cette période-là comme
vous le dites ?
Il semble qu’un ami de la famille
Compaoré, en l’occurrence le lieutenant Casimir Kaboré,
est mort à cause de cette affaire. Qu’en savez-vous
?
• Je suis vraiment peiné par ces allégations
qui vont jusqu’au bout de l’horreur. Il faut savoir que les
deux familles se connaissent et se fréquentent depuis
1964 donc bien longtemps avant qu’on sache que mon frère
occuperait ses responsabilités actuelles.
Pourquoi s’acharner sur nous au point de fouler aux pieds
des valeurs sacrées comme le respect dû aux morts
et à la douleur de leurs familles et amis ? D’ailleurs
la famille de Casimir a produit une mise au point à
laquelle je voudrais m’en tenir.
|
Dans
cette affaire Norbert, je suis innocent et je reste
serein.
|
Votre belle-mère, Alizèt
Gando, est aussi souvent épinglée dans cette
triste affaire ; c’est à croire que c’est un complot
familial.
• En réalité, on a tenté à tort
de salir de nombreux autres opérateurs économiques
présentés comme des proches du régime.
Entendue à l’époque par la CEI, ma belle-mère
n’a pas été mise en cause, ni aucun autre membre
de ma famille d’ailleurs !
Elle n’aurait pas pu faire cela
sans que vous ne fussiez au courant ?
• Elle est incapable d’un tel acte !
Au fait, comment votre épouse
vit-elle ces accusations itératives ?
• Elle a été très affectée au
début, mais maintenant elle supporte mieux la tension
liée à ce tissu de mensonges savamment distillés
pour des besoins de luttes politiciennes.
Vos enfants savent-ils qu’on
vous accuse de choses très graves ? Si oui, comment
réagissent-ils ?
• Vous savez, les enfants jugent leurs parents par rapport
à leur comportement réel et non par rapport
aux ragots colportés sur leur compte. Mes enfants,
quoique mineurs, connaissent la situation, parce que nous
en avons parlé en famille.
A l’école ne sont-ils
pas quelquefois pris à partie par leurs camarades comme
cela peut arriver chez les enfants ?
• Dieu merci, non !
Malgré tout ce qu’on dit de votre implication dans
l’affaire Norbert Zongo, vous restez muet comme une...tombe.
Pourquoi ne jugez-vous pas nécessaire
de répondre si vous n’avez vraiment rien à vous
reprocher ?
• Je ne peux pas passer mon temps à répondre
à toutes ces attaques grossières et politiciennes
! Le but du jeu est aussi de me divertir et d’installer une
polémique stérile afin de me détourner
de mes missions essentielles et il ne faut pas tomber dans
le piège.
En outre des animateurs d’une certaine presse, ainsi que certains
milieux politiques, font de cette affaire un fonds de commerce
en associant outrageusement mon nom à la mort de Norbert
Zongo comme argument de vente ou de marketing politique !
C’est tant mieux pour eux, mais malheureux pour la mémoire
de Norbert Zongo. Vous remarquerez aussi que ces attaques
ont repris de plus belle parce que nous sommes de nouveau
en année électorale et je m’attends à
ce qu’elles soient encore plus virulentes. Je déplore
simplement que l’opinion publique soit continuellement grugée
par ces pêcheurs en eaux troubles.
Le juge d’instruction vous a-t-il
entendu après la livraison spéciale de l’Indépendant
vous mettant fortement en cause ?
• Non ! Le devrait-il systématiquement pour toutes
les allégations de la presse ? De mon point de vue,
cette fameuse livraison n’apporte aucune information nouvelle
; il s’agit des mêmes attaques et accusations gratuites,
des allégations mensongères et des extrapolations
faciles concoctées pour lancer une vaste campagne de
dénigrement dans la perspective de l’élection
présidentielle.
Mais une fois de plus, cette campagne politicienne est vouée
à l’échec. Si l’Indépendant veut vraiment
faire avancer la justice, qu’il demande à ses sources
de bien vouloir se présenter dans le bureau du juge
d’instruction pour faire leur déposition conformément
aux règles de procédure en vigueur.
Pensez-vous qu’un jour on saura
de façon indubitable qui a dit à qui de boucaner
Norbert ?
• J’ai le plus grand intérêt au triomphe de la
vérité !
A l’issue des législatives
2002, le CDP a obtenu 54 élus/111. Pensez-vous que
cela ait influencé positivement les débats à
l’Assemblée ?
• Oui je crois. De ma position de citoyen je constate qu’il
y a plus de pluralisme, donc plus de débats et d’idées.
Tout ceci contribue à la consolidation de la démocratie.
D’ailleurs, lors de la clôture de la dernière
session parlementaire, nous avons pu avoir une illustration
éloquente de ce nouveau climat qui règne à
l’Assemblée nationale.
A quoi faites-vous allusion ?
• Au débat républicain qui est riche, vivace
et librement contradictoire avec un sens élevé
des responsabilités.
Une trop grande longévité
au pouvoir est souvent source de tous les dangers, surtout
sous nos tropiques. C’est également votre avis ?
• De mon point de vue l’essentiel n’est pas dans la longévité
mais dans le respect des choix du peuple,les réalisations
faitespourson épanouissement, la paix sociale bien
entretenue, l’espoir d’une vie meilleure, bref, le travail
qui est fait sur le terrain par les dirigeants. Il y a des
pouvoirs qui ont été relativement brefs mais
particulièrement désastreux pour leurs peuples,
tout comme il y a des dirigeants qui, après leur mandat
ou leur disparition, sont aujourd’hui regrettés par
leurs peuples malgré une certaine durée au pouvoir
! Sur cette question évitons donc la langue de bois.
Comment entrevoyez-vous l’après
Blaise aussi bien pour lui que pour vous et votre famille
? Pensez-vous pouvoir vivre une vie paisible au Faso après
avoir quitté les affaires ?
• Bien sûr ! J’espère que la construction de
l’Etat de droit que le Président du Faso a courageusement
engagée sera irréversible afin de toujours assurer
à tous les citoyens une vie paisible au Faso. La consolidation
de l’Etat de droit ou simplement son maintien ne pourra aboutir
qu’à garantir à tous les citoyens burkinabé
sans distinction, de vivre en paix chez eux quel que soit
celui qui dirige le pays. Je n’ai aucune raison de penser
qu’il en sera autrement.
| J’ai
le plus grand intérêt au triomphe de la
vérité !
|
Certaines langues disent que
vous êtes le parrain d’un nouveau parti de la mouvance
présidentielle (le RDM) avec monsieur Eugène
Diendéré. Qu’en est-il exactement ?
• J’ai aussi entendu cette rumeur de plusieurs sources, et
il semble même qu’une radio locale en a fait échos.
Je démens catégoriquement cette information,
pour n’avoir jamais été associé à
une pareille initiative. D’ailleurs, la liberté de
création de parti au Burkina est bien instaurée
au point qu’on a pas besoin d’une tierce personne pour en
créer. En plus, en tant que militant actif et membre
du bureau politique du CDP, je ne vois pas quel intérêt
aurais-je à susciter la création d’autres partis.
C’est complètement absurde et faux !
Pour beaucoup de gens, c’était
une provocation d’ériger votre bunker en face de l’U.O.
au moment où les étudiants tirent le diable
par la queue. Y avez-vous pensé ?
• Voyez-vous, c’est ce genre d’amalgame qui entretient quelquefois
des confusions dommageables auprès de la jeunesse.
La situation sociale difficile des étudiants est une
question récurrente posée et à résoudre
à travers un programme national, et j’y ai moi même
aussi été confronté à une certaine
époque en tant qu’étudiant non boursier.
Et puis en quoi est-ce qu’en construisant une maison, en face
de l’U.O ou ailleurs, un individu pourrait y être pour
quelque chose ?
L’érection de cette résidence
est quand même l’une des preuves matérielles
qui montrent qu’il y a l’argent dans le pays alors que les
conditions de vie et d’études des étudiants
se détériorent chaque jour.
• Je ne comprends vraiment pas votre logique ! Si vous vous
promenez dans certains quartiers de Ouaga, vous vous rendrez
vite compte que cette maison est bien dépassée
! Et puis ne faites pas croire qu’une seule maison constitue
une preuve que la richesse du pays est telle que tous les
problèmes sociaux peuvent être désormais
solutionnés ! Je répète que le problème
social auquel sont confrontés les étudiants
ne date pas de la construction de ma maison. Ce problème
social est posé de longue date et c’est un constat
qu’on peut faire dans plusieurs autres pays.
Est-ce normal qu’il y ait pratiquement
un détachement militaire devant chez vous simplement
parce que vous être le frère du Président
?
• Les questions de sécurité ne sont pas de mon
ressort et je fais confiance aux responsables qui prennent
les mesures appropriées. Je suis sûr que l’opinion
publique peut comprendre que dans un certain contexte et à
certains moments, on ait des besoins de sécurité
particuliers. Au début il n’y avait pas ce détachement
comme vous dites.
Quel est votre passe-temps favori
?
• En tant qu’ingénieur agroéconomiste, je regrette
énormément de ne pas avoir beaucoup de temps
pour m’occuper de ma ferme, surtout les week-ends.
Pouvez-vous justement nous parler
de cette ferme (localisation, superficie, conditions d’acquisition,
prix, ce qu’on y trouve, le nombre de personnes qui y travaillent,
etc.).
• Pour la localisation permettez-moi d’être discret.
Il s’agit tout simplement d’une petite ferme d’élevage
d’une vingtaine de vaches laitières que j’anime avec
quelques six villageois dans le cadre d’une coopérative
de producteurs de lait. Pour les conditions d’acquisition
j’en ai fait la demande auprès des propriétaires
; et après qu’ils eurent accepté de me céder
le terrain j’en ai effectué le bornage suivant les
procédures domaniales qui en déterminent le
coût. Je crois que c’est la procédure pour tous
les citoyens qui désirent ce genre de terrain. Je compte
à l’avenir y associer d’autres activités.
François Compaoré
a-t-il une vie d’homme normal, de simple citoyen ?
• J’essaie d’avoir une vie normale à l’instar de tous
les citoyens, une vie que je partage entre ma famille, mes
amis et mon boulot. Il est vrai que par moment j’ai l’impression
d’être traité comme un citoyen que l’on voudrait
priver de certains droits, y compris les plus fondamentaux
comme la présomption d’innocence, le respect de la
vie privée, le droit à un procès équitable,
etc.
Y a-t-il, pour conclure cet entretien,
quelque chose qui vous soit resté sur le cœur et que
vous souhaiteriez ajouter ?
• Je voudrais rassurer vos lecteurs et toutes les personnes
de bonne foi, soucieuses de vérité et de justice.
Dans cette affaire Norbert, je suis innocent et je reste serein.
Ma position particulière ne m’autorise pas à
engager des polémiques stériles et sans issue
avec des individus dont la seule préoccupation est
de salir le régime et même le pays. Ces attaques
qui reprennent de plus belle à la veille des élections
présidentielles sont appelées à s’intensifier.
J’invite donc vos lecteurs au discernement, afin de permettre
à la justice de retrouver et punir les vrais coupables
que l’on tente de camoufler sous un rideau de mensonges et
de diffamation. Je pense particulièrement à
la jeunesse intellectuelle de la tranche d’âge de moins
de 20 à 22 ans qui, à l’époque des faits
en1998, avait moins de 14 et 16 ans.
D’aucuns voudraient aujourd’hui servir à cette jeunesse
des versions tendancieuses à des fins de manipulation.
J’invite donc ces jeunes à se référer
au contexte sociopolitique préélectoral et à
conserver leur indépendance de jugement pour pouvoir
éclairer leur soif de vérité. Je profite
de l’occasion qui m’est offerte en ce début d’année
pour présenter mes meilleurs vœux à toute l’équipe
de l’Observateur Paalga, de même qu’à vos confrères
des autres organes de presse, sans oublier vos fidèles
lecteurs. o
Je vous remercie
Entretien réalisé par Edmond Nana Boureima
Diallo, Ousséni Ilboudo
L’Observateur Paalga n° 6322 du 1er/02/05
(1) Cf. L’Observateur Dimanche n°120 du 3 au 9 avril 1998
Intolérance
suspecte!
Tout simplement minable
; pour ne pas dire plus ; confraternité oblige. Pourquoi
dans sa diatribe contre François COMPAORE, publiée
dans son édition n°596 du 08 février 2005,
L’Indépendant n’a pas pu résister à la
tentation de nous tomber dessus à bras-raccourcis en
nous traitant de «chantre
d’un pouvoir en place»… en comparaison avec
ce que serait son rédacteur Michel ZOUNGRANA, «un
journaliste qui recherche dans son travail l’objectivité
des faits..». Pourquoi ne décolère-t-il
pas devant notre confrère L’Observateur Paalga coupable
du «crime monstrueux»
d’avoir, par l’interview réalisée avec François
COMPAORE offert à celui-ci «une occasion en or…
de balayer d’un revers de la
main, toutes les révélations faites par notre
journal…» ? Ou encore pourquoi veut-il railler
ce confrère avec des tournures d’une méchanceté
primaire voulues savantes du genre «L’Observateur
Paalga le seul journal qui décroche les interviews
du siècle avec François COMPAORE…» ?
La réponse à toutes ces questions est tout simplement
: l’intolérance ! Quand on sait les malheurs que cette
tare ont occasionné de par le monde, on ne peut manquer
de frémir, d’autant qu’elle est porteuse de refus de
la différence donc du principe fondateur de la démocratie
; de mauvaise foi qui pousse à froidement travestir
les faits et les propos ; d’indigence dans l’argumentaire
; et de mépris de l’autre. Si à travers les
âges, l’intolérance a été à
la base de tous les drames humains que ne peut-elle pas faire
au Burkina Faso même si ceux qui en sont malades sont
une petite minorité dont le seul avenir est de chercher
à s’occuper de celui des autres en leur prédisant
les pires malheurs.
Si nous refusons, à L’Opinion, de céder à
la provocation et de laisser courir, il est toutefois impératif
que l’on sache, comme nous le soutenons toujours, que personne
au BURKINA FASO ici, personne individuelle ou groupe d’individus,
ne détient aucun monopole en quoi que ce soit. C’est
dire qu’en toute chose il faut savoir raison garder pour éviter
d’ouvrir des boîtes de pandores qu’on aura toutes les
peines du monde à refermer plus tard. La raison en
est, que pour ce qui est de l’affaire Norbert ZONGO on ne
peut pas exiger de tout le monde d’avoir le stoïcisme
de François COMPAORE et de laisser dire afin que certains
puissent se permettre des déclarations aussi péremptoires
que fantaisistes du genre. «Malheureusement pour lui
(François COMPAORE), aussi bien au plan national qu’international,
l’opinion est déjà faite sur ce drame qu’une
interview, même dans le plus grand journal du monde
ne peut modifier…». Il ne lui resterait plus donc qu’à
mettre la tête sur le billot et supplier le bourreau
d’y aller vite fait et qu’on en finisse une fois pour toute
et sans autre forme de procès. Tant pis pour la Justice
et la Vérité. Pour ce qui nous concerne, nous
aimons à dire dans le ton qui nous plait et quand nous
le voulons nos opinions. N’en déplaise à ceux
qui souhaitent nous voir entonner et après eux, le
cœur qu’on leur a inculqué.
Cela dit, personne ne peut contester à L’Indépendant,
d’ailleurs personne ne le fait, le droit de «répondre»
à François COMPAORE, même si manifestement
celui-ci ne lui a pas adressé la parole et préfère
le laisser à ses tribulations. De même personne
ne lui conteste le droit de faire les analyses qu’il veut.
Alors, d’où vient-il que lui veuille dénier
aux autres celui de faire les leurs ou s’en prenne aux autres
parce que leurs opinions prennent le contre-pied de ses assertions
? D’où vient-il qu’il se pique à en vouloir
à un confrère parce qu’il a permis à
un citoyen de s’exprimer dans ses colonnes ? Dans cette affaire
Norbert ZONGO et surtout à la lecture des dernières
«analyses»
qu’il fait, on ne peut pas ne pas se poser des questions devant
ses déductions, ses sources, ses analyses, ses affirmations,
etc. Nous reviendrons largement sur le sujet dans nos prochaines
éditions, car plus que jamais nous sommes convaincus
que l’assassinat de notre confrère n’est pas le simple
fait de quelques individus qui cherchaient à régler
des comptes. L’acharnement de certains à tirer des
conclusions de faits non établis est plus que suspect.
Voilà d’ailleurs pourquoi nous avons décidé
d’une édition spéciale sur la tentative de meurtre
dont il a été l’objet le 8 novembre 1998 à
Kaya soit une semaine avant l’élection présidentielle
du 15 novembre que Blaise COMPAORE devait gagner sans coup
férir puisque «l’Opposition vraie» l’avait
boycottée. A-t-elle eu l’idée malicieuse et
machiavélique de gagner ces élections sans y
prendre part ? Une question que certains devraient «peut-être»
explorer si tant est-il qu’ils ont à cœur de lire la
vérité sur l’assassinat de Norbert ZONGO au
lieu de se contenter uniquement des informations publiées
dans les «tracts des moments chauds de la crise»,
d’autant que rien ne permettait par recoupements de les confirmer.
Surtout que Norbert ZONGO avait lui-même écrit
noir sur blanc et dans son journal qu’il avait frôlé
la mort, que c’était bel et bien une tentative d’empoisonnement
dans un milieu où il devait pourtant être en
sécurité et que «L’Indépendant
sera indépendant ou ne sera pas» (in L’Indépendant
n°272 du 24 novembre 1998 sous le titre : «Raison
d’une absence»).
D’ailleurs dans l’article que reprend L’Indépendant
et dont le titre est «le mort du conseil : la solution
par le mortel», Norbert ZONGO fait encore allusion à
cette affaire en écrivant relativement au sacrifice
suprême qu’il serait prêt à consentir pour
sa liberté : «Pour
la petite histoire, nous nous sommes aperçus que ce
n’est pas si difficile de partir». Ne l’a-t-on
pas piégé en l’intoxiquant d’informations fausses
afin de lui faire écrire qu’il était menacé
pour ensuite l’assassiner et faire porter le chapeau à
ce lui qui «le menaçait». Certains acteurs
politiques nous ont tout montré ces derniers mois qu’ils
ne reculaient devant aucune énormité, l’essentiel
pour eux étant d’affaiblir le pouvoir pour leur permettre
de lui porter l’estocade, qu’on ne peut jurer de rien. Des
interrogations donc qui méritent d’être approfondies
à moins d’être payé pour refuser de réfléchir
! Comme si cela ne suffisait pas voilà que notre confrère
adopte lui-même des attitudes pour le moins équivoques.
Comment ne pas se poser en effet de questions quant L’Indépendant
devient subitement le protecteur du Colonel DIENDERE et surtout
de l’Adjudant Marcel KAFANDO, suspect parmi les suspects,
qu’il refuse de questionner parce que le premier «court
inutilement le risque de trouver du sable dans son couscous
très bientôt»… tandis que le
second court «le grand risque
de voir disparaître tous ces avantages en plus d’autres
dont François le couvrirait…». C’est à
ne rien comprendre ! Nous n’osons même pas penser à
de l’humour noir sur le dos de Norbert ZONGO, car le sujet
ne permet pas un tel écart. Alors qu’est-ce à
dire ? Le «Wens» devrait chercher à comprendre
et être beaucoup plus pressant en refusant les arguments
du genre : «c’est la rumeur»… «nous ne pouvons
pas dévoiler nos sources… » et autres.
Comment ne pas se poser des questions quand notre confrère
écrit que «François est peut-être
innocent» et n’hésite pourtant pas à le
charger sans discernement ? Quelque part, quelque chose ne
va pas. C’est tout cela que nous tenterons d’éclaircir
dans nos prochaines éditions. Dans cette affaire Norbert
ZONGO tout finira par se savoir !
D’ailleurs plus de choses se savent que certains n’imaginent
pas connus même s’ils ont l’impression que n’est plus
aussi opaque qu’avant.
Cheick AHMED
In L’opinion n° 384 du 09 au 15 février 2005
Les
vraies rélélations de L’Indépendant
Pour un pavé dans la mare, le
n° spécial de L’Indépendant sur l’Affaire
Norbert ZONGO en est vraiment un ! Il l’est tant et si bien
qu’il semble avoir largement débordé des espérances
de ses acteurs et puisqu’en toute chose l’excès nuit,
ceux-ci se mordent actuellement les doigts jusqu’au sang pour
avoir comme ouvert une boîte de pandore dont ils ne
peuvent plus maîtriser les conséquences. En effet,
plus de deux mois après être tombé, il
continue de faire des vagues qui ne sont pas prêtes
de s’estomper. Bien au contraire !
Si pour de nombreux observateurs, l’intérêt que
ce numéro porte à la tentative d’empoisonnement
à laquelle Norbert ZONGO a échappé le
8 novembre 1998 est digne de retenir l’attention, ses «révélations»
et les conclusions qu’il en tire sont par trop tirées
par les cheveux et soulèvent bien d’interrogations.
Pour autant il ne vient à l’esprit de personne de jeter
le bébé avec l’eau du bain mais plutôt
d’approfondir l’enquête avec l’espoir de découvrir
des faits susceptibles de faire avancer le dossier. C’est
certainement cette logique qui a motivé le juge d’instruction
à entendre notre collègue de L’Indépendant,
car même si sans aucun doute il avait déjà
fait le tour sur le sujet, il est si complexe que rien ne
peut être considéré de trop pour aider
à l’élucider. De cet interrogatoire a-t-il tiré
quelque chose de bon ? Rien n’est moins sûr ; car à
suivre le compte-rendu fait de cette audition dans les colonnes
du journal et les arguments utilisés jusque-là
pour soutenir les accusations, on ne devrait pas être
très loin de la chansonnette entendue de confrères
du même pool qui font rimer rumeurs, protection des
sources d’information, tracts et excuses aussi plates qu’hypocrites
puisque dès le seuil franchi ils retombent dans les
mêmes ritournelles.
S’il est un fait que dans cette affaire l’opinion de L’Indépendant
et celles de ces journaux ne font pas autorité, on
ne peut pas manquer de noter qu’ils se font depuis peu plus
perspicaces que la Commission d’Enquête Indépendante
(CEI) du juge Kassoum KAMBOU, qui avait balayé cette
piste d’un revers de la main l’assimilant à un simple
«incident». C’est dire aujourd’hui que le mythe
de la CEI omnipotente et omnisciente est tombé et qu’il
n’est plus une hérésie de discuter ses décisions
voire même de prendre leur contre-pied. C’est déjà
cela de gagné et personne ne devrait plus raisonnablement
s’en prendre à qui que ce soit parce qu’il aurait un
avis différent de celui de la CEI sur l’un quelconque
des aspects de cette affaire. Que ceux qui récitent
avec ferveur des passages entiers du rapport de la CEI comme
des cantiques se réveillent donc et se donnent dorénavant
la peine de réfléchir par eux-mêmes. C’est
vrai que son président avait déjà laissé
entendre qu’elle n’était pas infaillible, mais certains
ne voulaient rien entendre à rien d’autant qu’elle
pointait ostensiblement le doigt dans la direction qu’ils
voulaient. Jugement prémonitoire ou aveu avant l’heure
de ce qu’il savait que le travail accompli était tout
sauf une investigation criminelle sérieuse ? Toujours
est-il que les faits aujourd’hui lui donnent raison. En réalité,
avec la composition qui était la sienne et l’atmosphère
du moment on ne pouvait pas raisonnablement en attendre plus.
Continuant sur sa lancée et dans la foulée,
le n° spécial a définitivement tiré
un trait sur une quelconque implication du Président
du Faso dans cette douloureuse affaire. En effet, il le dit
en termes ouverts, Blaise COMPAORE n’est en aucune façon
mêlé dans cette histoire, puisque si ce sont
des membres de sa garde rapprochée qui en sont les
auteurs ils le lui ont bien caché. Même que malgré
les «évidences», ses «interrogatoires»
et ses «menaces» ceux-ci ont formellement refusé
d’endosser le crime. Son frère cadet que l’on dit commanditaire
aurait lui aussi tout nié et n’aurait pu avoir de nouveau
des relations quelque peu normales avec lui qu’à la
faveur d’un match de football (! ?!). Donc Blaise COMPAORE
est étranger au meurtre de notre confrère et
aurait même tout mis en œuvre pour démasquer
les auteurs et commanditaires qu’on lui assurait être
dans son entourage. Mais peine perdue. Ce sont-là des
faits particulièrement importants qui marquent une
rupture nette avec le discours des «moments chauds»
où on décrivait avec minutie la «réunion»
tenue dans une arrière cour, au fond d’une cuisine
pour «décider» du sort de notre confrère.
Plus qu’une évolution c’est bien-là un point
d’inflexion qui a toute son importance. Tous ceux-là
donc qui prennent prétexte de cette affaire pour le
vilipender et s’attaquer au pouvoir sont par conséquent
ni plus, ni moins que de vulgaires imposteurs. Le collectif
de Halidou OUEDRAOGO, le G14 et autres sont bien servis et
devraient se le tenir pour dit. Même si L’Indépendant
est toujours de la partie, on peut espérer qu’il finira
par avoir le courage de ses opinions et à s’assumer
pleinement.
Un autre élément de l’onde de choc de ce spécial
est sans nul doute l’interview que François COMPAORE
a accordée à L’Observateur Paalga, principalement
sur l’affaire Norbert ZONGO, après 6 années
de silence. Point par point et en se fondant sur les faits,
il a réfuté toutes les accusations portées
contre lui avec une franchise et une évidence dans
les propos qui ont convaincu plus d’un observateur. Du coup
tous les pêcheurs en eaux troubles sont montés
au créneau comme saisis de frayeur avec la perspective
d’un retour de pédale qui va certainement être
très douloureux pour eux. Ceux qui doutaient encore
de leur mauvaise foi en auront pour leurs frais, car, incapables,
de maîtriser leurs pulsions «animales»,
ils se lanceront tous, sans exception, avec la subtilité
que permet à chacun d’eux son intelligence, dans des
attaques en règle contre le journal pour avoir permis
à François COMPAORE de donner sa version des
faits mettant ainsi à nue les manipulations dont l’affaire
est sujette.
N’est-ce pas que ces messieurs se reprochent quelque chose
et qu’ils savent que leurs accusations ne reposent sur rien
de solide ? Pour eux le simple fait que François COMPAORE
parle est comme un crime ! Il devrait se taire, ne rien dire
si ce n’est d’accepter ce qui se dit contre lui ! Par ailleurs
toute personne qui ne pense pas comme cela est forcément
en sa faveur et fait son jeu. Drôles de démocrates
que ces oiseaux ! Derrière cette intolérance
crasse il se cache sans nul doute quelque chose de particulièrement
ignoble.
En vérité, tout ce beau monde et leurs «amis
sûrs» ont peur de cette question qui inévitablement
se pose maintenant : «A qui profite le crime ?»
Posez-vous
cette question et faites en toute bonne logique la liste des
bénéficiaires du crime monstrueux de Sapouy
et vous verrez !
Cheick AHMED
In L’opinion n° 386 du 23 février au 1er mars 2005
Affaire Norbert ZONGO
Panique à bord chez les accusateurs
!
Comme il fallait s’y attendre l’interview que François
COMPAORE a accordée à notre confrère
L’Observateur Paalga (édition N°6322 du 1er février
2005) a fait l’effet d’une bombe dans le landerneau socio-politique.
Partisans, adversaires et observateurs se sont arrachés
le n°, les uns pour y découvrir la confirmation
de son innocence, leurs «voisins d’en face», pour
l’y voir bafouiller et s’embourber davantage, les autres pour
pouvoir enfin se faire une véritable opinion sur l’affaire
Norbert ZONGO. Sur 5 pages et en quelques…. questions François
COMPAORE a répondu aux questions des journalistes sans
faux-fuyants ni langue de bois. Une véritable mine
d’informations qui marquera un tournant décisif dans
cette affaire.
| à force de vouloir le charger
on a tant usé de la rumeur, des tracts des témoins
qui ont peur de se présenter au juge d’instruction
et pourtant se confient volontiers à des journalistes
(sic !) qu’on a fini par dire des choses et leurs contraires
donnant ainsi raison au proverbe chinois selon lequel
«pour pouvoir cacher un mensonge, il faut 1000 mensonges» |
En tout cas l’interviewé et les intervieweurs
ont amplement rempli leur part du «contrat»
puisque sans complexe ni complaisance, allant parfois jusqu’à
se muer en inquisiteurs, les seconds n’ont laissé «aucune
place où la main ne passe et repasse»
pour «labourer»
le sujet et y sont allés souvent au chalumeau pour
découper la cuirasse de leur interlocuteur, tandis
que, lui, est resté droit dans ses bottes malgré
la charge avec des répliques et un argumentaire plein
de conviction et d’appropos. Tous les deux se savaient attendus
parce que dans cette affaire d’interview, il est clairement
et très vite apparu que la bonne foi ne suffisait pas
et que la moindre erreur serait amplifiée et tournée
dans tous les sens pour leur prêter des intentions et
leur faire dire ou faire ce qui ne leur a jamais effleuré
l’esprit. Le décor connu ils y sont allés sans
rien laisser au hasard.
A chacun donc de se faire sa propre opinion avec ceci en plus
que pour la première fois on a la version en «live»
d’un des principaux mis en cause. A écouter et à
lire les réactions des uns et des autres tout indique
que les accusateurs sont désemparés. Ils le
sont si bien qu’ils ont été obligés de
sonner dans un désordre indescriptible la grande mobilisation
en rappelant tous les plumitifs et en faisant donner la grosse
artillerie depuis les bords de La Seine. Tout naturellement
ça va dans tous les sens, ça se marche sur la
langue, ça vous sort des inepties incroyables et ça
bave de rage. Il faut dire qu’il y a de quoi dans la mesure
où c’est toute la trame de l’affaire Norbert ZONGO
qui a été mise à nue en même temps
que s’écroule tout l’échafaudage de leurs manœuvres.
Comme quoi le mensonge a beau courir, la vérité
finit par le rattraper.
Si on aime à dire du Président du Faso, M. Blaise
COMPAORE, qu’il s’exprime très peu, que dire alors
de son frère cadet François COMPAORE qui, six
(06) années durant, malgré les accusations formulées
contre lui, les injures grossières, les provocations
et autres, n’a jamais répondu en dépit des sollicitations
diverses et des supplications de certains de ses amis le conjurant
de dire au moins sa version des faits pour desserrer quelque
peu l’étau autour de lui. Que n’a-t-on pas dit ou fait
contre cet homme pour l’accuser dans cette affaire. Et pourtant
il ne s’est jamais départi de son calme, ce qui a été
loin d’être le cas pour ses contempteurs qui en sont
comme tombés malades au point de s’autoriser des excès
qui les surprendront eux-mêmes et finiront de convaincre
nombre d’observateurs qu’il y a certainement anguille sous
roche car une telle frénésie ne peut être
gratuite. En effet, à force de vouloir le charger on
a tant usé de la rumeur, des tracts, des témoins
qui ont peur de se présenter au juge d’instruction
et pourtant se confient volontiers à des journalistes
(sic !) qu’on a fini par dire des choses et leurs contraires
donnant ainsi raison au proverbe chinois selon lequel «pour
pouvoir cacher un mensonge, il faut 1000 mensonges».
Ainsi ils vogueront de «révélations»
en «révélations» jusqu’à
oublier leurs sources, «les tracts» qu’on les
a fait distribuer, avant de s’en apercevoir et de tenter dans
un désordre indescriptible de rectifier la bêtise.
Mais bien trop tard ; comme dans des sables mouvants, plus
ils s’agitent plus ils s’enfoncent.
| A lors qu’on s’attendait
à ce qu’il apporte la contradiction à François
COMPAORE point par point et sur les faits, on a eu droit,
comme à l’accoutumée, à des lieux
communs, à l’évocation de rumeurs, à
des témoignages virtuels, et en dernier ressort
à un aveu d’impuissance à apporter le moindre
fait pour soutenir ses accusations. |
Vulgaire provocation
Notre confrère L’Indépendant dans ses éditions
n°596 et 597 des 08 et 15 février en fournit une
parfaite illustration. Alors qu’on s’attendait à ce
qu’il apporte la contradiction à François COMPAORE
point par point et sur les faits, on a eu droit, comme à
l’accoutumée, à des lieux communs, à
l’évocation de rumeurs, à des témoignages
virtuels, et en dernier ressort à un aveu d’impuissance
à apporter le moindre fait pour soutenir ses accusations.
Traqués de toutes parts par la vérité
des faits et le ridicule de ses montages grossiers, il n’a
pas trouvé de meilleure parade que de jouer à
la provocation avec l’espoir de susciter l’incident qui pourrait
détourner l’attention de la misère de ses propos.
Sinon comment comprendre les graves accusations de violations
du secret de l’instruction qu’il porte contre le juge d’instruction
sans le moindre début de preuve. Il pousse le ridicule
et la malhonnêteté jusqu’à parler de «passages
de notre déposition faite chez le juge d’instruction
le mercredi 05 janvier» sans jamais citer
ces fameux passages et affirmer qu’ils «se
retrouvent actuellement dans une certaine presse»
sans non plus dire exactement dans quel organe ! Si ce n’est
pas misérable ! Pour notre part, nous mettons au défi
Michel ZOUNGRANA, Liermé SOME et toute autre personne
de l’équipe de L’Indépendant de montrer dans
l’une quelconque de nos éditions, «des
passages» de l’audition du 05/01/05 de Michel
ZOUNGRANA, de Liermé SOME ou de qui que ce soit d’autre.
On pourra nous rétorquer que nous ne sommes pas les
seuls visés dans le vocable «une
certaine presse», mais vérifications
faites aucun des journaux susceptibles d’en faire partie ne
s’est rendu coupable du forfait dont L’Indépendant
fait cas.
Par contre c’est dans les colonnes de L’Indépendant
qu’on a eu droit à un compte rendu de cette audition.
Cela contre toutes les règles de déontologie
! Comme si cela ne suffisait pas il récidive en publiant
un papier de Robert MENARD dans lequel celui-ci viole sans
vergogne ledit secret. Il se croit tout permis celui-là
?
| Pour notre part,
nous mettons au défi Michel ZOUNGRANA, Liermé
SOME et toute l’équipe de L’Indépendant
de montrer dans l’une quelconque de nos éditions,
«des passages» de l’audition du 05/01/05
de Michel ZOUNGRANA, de Liermé SOME ou de toute
autre personne. |
Tout cela au
nez et à la barbe des institutions.
Dans la même veine, en violation flagrante de toute
règle d’éthique et déontologie en matière
de journalisme d’investigation il cite une personne nommément
lui attribuant des propos qu’il n’a pas entendus lui-même
en disant les tenir de «gens» dont il ne cite
pas les noms ? On ne nous fera pas croire que c’est de l’ignorance
! C’est de la provocation pure et simple a moins que ce ne
soit les deux à la fois. La preuve de la provocation,
cette invite faite à François COMPAORE d’attraire
le journal en justice s’il estime subir un préjudice
moral du fait de ses articles. Une vantardise qui cache mal
la lâcheté de son l’auteur car il est persuadé
que ni François COMPAORE, ni l’Adjudant BADIEL, ni
le haut gradé de la présidence du Faso dont
il ne dit d’ailleurs le nom, ne lui répondront parce
que d’une part ils ne le peuvent pas et d’autre part parce
qu’il s’agit d’une vulgaire provocation. Il nous étonnerait
que les personnes visées tombent dans le piège.
Ce serait trop facile ! A la vérité le ridicule
fait partie du quotidien chez les accusateurs.
| L’Indépendant affirme que
ce sont «des militaires du Conseil» qui ont
assassiné notre confrère. Pourtant dans
le même temps il prête crédit à
des propos attribués à Marcel KAFANDO dans
lesquels celui-ci affirmerait que «…J’ai besoin
d’une autorisation militaire, sinon ce sont des civils
qui ont fait ça». Ou bien ce sont des «civils
qui ont fait ça» (l’assassinat de Norbert
ZONGO) ou bien ce sont des «militaires du Conseil».
On ne peut pas croire à la fois l’une et l’autre
hypothèse ! |
Bagarre entre
«amis sûrs»
et héritiers
Ainsi, à propos de la tentative d’empoisonnement dont
Norbert ZONGO a été l’objet à Kaya et
qui a justifié de la part de L’Indépendant un
numéro spécial à l’occasion du 6e anniversaire
de l’assassinat, on est proprement surpris d’apprendre dans
ce numéro que les fameuses «révélations»
dont il a été question n’en étaient pas
du tout, puisque «… des tracts
aux moments chauds de la crise avaient déjà
fait cas des contacts de feu Edmond KOAMA avec des féticheurs
de la zone de Koudougou. Donc, nous n’avons inventé
aucune piste…». En toute logique il y a
donc eu anarque puisque «les révélations»
vendues ne sont que de vulgaires plagiats «des
tracts» des moments chauds comme d’ailleurs
nous l’avions déjà écrit. Ce qui par
contre est nouveau, c’est que L’Indépendant est d’avis
que la tentative d’empoisonnement a eu lieu. C’était
le 8 novembre, à une semaine de l’élection présidentielle.
Alors n’est-il pas curieux qu’il écrive que «si
l’assassinat était intervenu avant l’élection
du président COMPAORE on pouvait peut-être suivre
François COMPAORE dans son raisonnement…». La
tentative d’empoisonnement ne visait-elle pas à assassiner
Norbert ZONGO et n’a-t-elle pas eu lieu avant l’élection
présidentielle ? Assurément on s’en mêle
les pinceaux quelque part. On a comme l’impression qu’on veut
revenir sur les certitudes avancées dans le numéro
spécial. C’est ce que laisse croire des sources concordantes
qui affirment que ce numéro a fait l’effet d’une bombe
dans le cercle des «amis sûrs»
qui y ont vu un coup de Jarnac. En effet, après avoir
intimé l’ordre à la CEI de ne pas investiguer
dans ce sens (ils la pilotaient en réalité)
lesdits «amis sûrs»
ne peuvent considérer l’attitude de la direction actuelle
de L’Indépendant que comme une attaque en règle.
Du coup on comprend que pour se dédouaner celle-ci
botte en touche et affirme «Donc,
nous n’avons inventé aucune piste…».
Elle aurait pu simplement citer Norbert ZONGO lui-même
qui jusqu’à son assassinat se posait toujours des questions
sur cette tentative d’empoisonnement.
Ou ce sont des militaires ou ce sont
des civils !
Autre incongruité, L’Indépendant affirme que
ce sont «des militaires du Conseil» qui ont assassiné
notre confrère. Pourtant dans le même temps il
prête crédit à des propos attribués
à Marcel KAFANDO dans lesquels celui-ci affirmerait
que «…J’ai besoin d’une autorisation
militaire, sinon ce sont des civils qui ont fait ça».
Ou bien ce sont des «civils
qui ont fait ça» (l’assassinat de Norbert ZONGO)
ou bien ce sont des «militaires du Conseil».
On ne peut pas croire à la fois l’une et l’autre hypothèse
! Or c’est ce que fait notre confrère qui va jusqu’à
affirmer à la suite d’une déduction tirée
par les cheveux, que «Marcel
KAFANDO peut donc parler actuellement. Il peut demander et
peut-être obtenir cette fameuse autorisation militaire
pour aider à boucler le dossier».
Ce diagnostic sur l’état de santé de Marcel
KAFANDO est fait à l’issue de la conversation suivante
avec l’épouse du malade :
- question (Q) : Mais comment il se porte maintenant ?
- Madame KAFANDO (Mme K) : ça va nettement mieux
- Q : A-t-il retrouvé l’usage de tous ces membres ?
- Mme K : Non il est toujours sur la chaise roulante
- Q : Que dit son médecin traitant ?
- Mme K : Il dit que ça va aller mais vous savez les
médecins disent
toujours cela…
Vous l’aurez constaté, pas une seule question sur les
capacités de parler du malade. Et pourtant on en conclue
de manière catégorique qu’il «peut
donc parler actuellement». Or, à
écouter Mme KAFANDO on devrait plutôt conclure
que son mari est mal en point, car si «ça
va nettement mieux», elle se dit plutôt
sceptique sur les assurances du médecin qui lui a dit
que «ça va aller»
Pour marquer ce scepticisme elle ajoute que «…
vous savez les médecins disent toujours cela…».
Dans un pays où le «Yelkayé»
(il n’y a pas de problème) et le «ça
va aller» sont d’or on doit convenir que
Mme KAFANDO était vraiment sceptique. Souhaitons que
les propos du docteur ne fussent pas que de pure convenance
et que son mari va nettement mieux encore. Selon certaines
informations cette nouvelle position à L’Indépendant
ferait aussi désordre, car si ce «sont
des civils qui ont fait çà»
c’est dire que la piste de Kaya prend plus de relief. Ce dont
certains ne veulent pas du tout entendre parler.
Par ailleurs il est fort étonnant que L’Indépendant
soit toujours, six ans après les faits, à reprendre
des bêtises publiées dans les «tracts
des moments chauds» comme ces mensonges
sur ces incidents qui auraient eu lieu le jour du voyage de
François COMPAORE. C’est d’autant plus surprenant que
la CEI a minutieusement vérifié son programme
et ses faits et ses gestes de ce jour-là. Ainsi on
sait que François COMPAORE a été déposé
à l’aéroport par son chauffeur ; qu’il y a rencontré
un ami, qui est effectivement «quelqu’un
de bien connu à Ouagadougou» ; que
ce quelqu’un avait oublié son portable à son
domicile et avait envoyé son chauffeur le chercher
; que malheureusement celui-ci a fait un accident à
quelques centaines de mètres de l’aéroport et
est revenu en informer son patron ; que François COMPAORE
a offert que son chauffeur accompagne celui de son ami pour
chercher la Police pour le constat afin que le corps de l’accidenté
(il est mort sur le coup) ne traîne pas sur les lieux
de l’accident ; que le constat a eu lieu avant même
le décollage du vol… Voilà les faits. Ils n’ont
rien à voir avec les tracts des moments chauds dans
lesquels s’abreuve notre confrère et qui lui font écrire
que c’est le «quelqu’un de
bien connu à Ouagadougou qui l’a déposé
et au retour a fait un accident». Du coup
son extrapolation «Avait-il déjà appris
la nouvelle (assassinat de Norbert ZONGO) par le «fuyard»
au point qu’il n’a pas pu maîtriser son volant…»
tombe d’elle-même. Par ailleurs il faut être particulièrement
de mauvaise foi, pour ne pas dire plus, pour penser que quelqu’un
peut avoir commandité le meurtre de Sapouy et s’en
ouvrir ainsi à un ami rencontré au hasard. Assurément
on nous prend pour pires que des imbéciles puisqu’on
veut nous faire avaler que François COMPAORE a commandité
le meurtre, s’en est ouvert à un ami rencontré
au hasard et a caché le fait à son frère
aîné ! C’est vraiment le monde en l’envers. On
pourrait ainsi multiplier les exemples d’incohérences,
mais arrêtons-là la litanie. On ne peut toutefois
pas omettre de leur faire observer, ne leur en déplaise
(à L’Indépendant et à Robert MENARD)
que autant il n’a pas été inculpé ni
incriminé par la justice dans l’affaire David OUEDRAOGO,
autant François COMPAORE n’a pas été
incriminé dans celle de Norbert ZONGO par la CEI. Et
ce n’est pas pour ne l’avoir pas voulu.
On se rappelle encore que mis sous pression par la rue instrumentalisée
par Halidou OUEDRAOGO et son collectif, le tribunal dans l’affaire
David OUEDRAOGO avait plutôt tout fait pour éviter
les critiques et avait systématiquement avalisé
leurs versions des faits. Dans cette affaire on n’a pas été
loin du ridicule puisque à en croire le collectif et
L’Indépendant, il n’y a pas eu de vol et il n’y a pas
eu d’évocation de coup d’Etat…
| ne leur en déplaise
(à L’Indépendant et à Robert MENARD)
que autant il n’a pas été inculpé
ni incriminé par la justice dans l’affaire David
OUEDRAOGO, autant François COMPAORE n’a pas été
incriminé dans celle de Norbert ZONGO par la CEI.
Et ce n’est pas pour ne l’avoir pas voulu… |
En définitive pourquoi donc David
OUEDRAOGO et ses camarades se sont-ils retrouvés entre
les mains de Marcel KAFANDO et de ses hommes ? Une question
qu’on a évacuée pour pouvoir croquer du RSP
en toute bonne conscience. Maintenant que la pression est
tombée, revenir la-dessus et soutenir de nouveau ce
scénario comme l’a fait notre confrère, c’est
nous rappeler combien la République a frôlé
la catastrophe du fait «d’un
acharnement très calculé».
Et que l’assassinat de Norbert ZONDO était l’élément
central de la stratégie.
par Cheick AHMED
A
propos de violation du secret de l’instruction
Parlant de violation du secret
de l’instruction, que fait Robert MENARD dans les colonnes
de L’Indépendant n° 596 lorsqu’il déclare
à propos de l’implication de François COMPAORE
par la CEI que «… peut-être ignore-t-il que son
nom figurait dans la première version rédigée
par les membres de cette commission. Et qu’il a été
supprimé, dans le document final, car les représentants
de l’Etat qui siégeaient dans la commission, s’y étaient
catégoriquement opposés…». N’est-ce pas
là une violation flagrante du sacro-saint secret de
l’instruction. Dans cette affaire, s’il y a des fautifs ce
ne sont ni le juge Wenceslas ILBOUDO, ni «une certaine
presse» mais bien la CEI par l’intermédiaire
d’un de ses éminents membres et L’indépendant
qui a servi de support à la publication du secret !
N’est-ce pas là aussi une preuve manifeste «d’un
acharnement très calculé… ?» Quand au
contenu de cette «révélation» il
laisse pantois car comme l’écrit notre confrère
L’Hebdo du Burkina dans son édition n°304 du 11
au 17 février 2005 elle appelle les quatre observations
suivantes :
- Sur 11
commissaires de la CEI, l'Etat n'avait que 3 représentants
: M. Jean Emile SOMDA (ministère de la Justice), M.
Hermann TRAORE (gendarmerie nationale) et M. Zila Joseph GUE
(police nationale). Alors comment ces trois commissaires ont-ils
pu convaincre les huit autres de supprimer le nom du “commanditaire”
des meurtres du rapport initial de la CEI. Par un vote ? Ils
sont très minoritaires 03/11. Par des arguments convaincants
? Certainement. S’ils ont donc été convaincants
pour la majorité des commissaires, alors M. MENARD
en bon démocrate (on suppose qu’il l'est), devrait
se plier à la loi de la majorité et apprendre
à garder le secret de la délibération
d'une structure d'enquête de police judiciaire.
2- Pourquoi M. MENARD et les 7 autres commissaires, convaincus
de la culpabilité de M. François COMPAORE ont-ils
accepté de signer un document où le nom de ce
dernier avait été retranché ? En fait,
nos commissaires n'étaient sûrs de rien parce
qu'ils n'avaient aucune preuve, aucun témoignage décisif.
Dans le doute, ils se seraient donc abstenus de le retenir
comme “suspect sérieux” voire commanditaire des assassinats.
Ils ont eu raison.
- Sur les
11 commissaires, deux des trois représentants de l'Etat
n'ont pas signé le rapport de la CEI. On nous dira
qu'"ils avaient reçu des instructions". C'est
possible. Ils ont aussi certainement fait appel à leur
"intime conviction". C'est probable. Quoiqu'il en
soit leur refus de parapher ce rapport signifie que leur mandataire
n'est pas engagé par son contenu. Indirectement, le
juge d'instruction est donc appelé à faire mieux
que ce rapport querellé et qui se révèle
de plus en plus être non professionnel.
4- Les signataires du rapport, MBDHP, RSF, SEP, Barreau des
avocats, etc. ont engagé leur structure en toute connaissance
de cause.
Pourquoi aujourd'hui vouloir ré-écrire l'histoire
… ?
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