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RDF dans l’arène
Salvador Maurice
YAMEOGO, démissionnaire du parti (UNDD) de son frère
aîné, Hermann YAMEOGO, pour divergences d’opinion,
a désormais son propre étendard politique :
le Rassemblement des démocrates pour le Faso (RDF).
L’Assemblée générale constitutive de
ce nouveau parti s’est tenue le 20 mars 2005 à la Résidence
Alice.
Le
conclave d’une journée de réflexions et de débats,
le 20 mars dernier, a accouché du Rassemblement des
démocrates pour le Faso (RDF), nouvelle formation politique
qui a pour président, le député Salvador
Maurice YAMEOGO avec un bureau provisoire de 40 membres.
Parti d’obédience libérale, (c’est la substance
de la déclaration du parti) le RDF «se
situant définitivement dans la mouvance de la défense
des valeurs républicaines, se positionnant d’entrée
dans le cadre d’une opposition républicaine modérée,
ne se ferme nullement, de ce fait et par principe, la possibilité
de pouvoir évoluer à tout moment vers la mouvance
présidentielle, si les conditions et circonstances
s’y prêtent et si l’intérêt supérieur
de la nation le commande».
Cet extrait bien codifié dans l’acte constitutif de
création du RDF est un véritable signe des temps
traduisant un vrai camouflet de Me Hermann YAMEOGO. On est
mémoratif qu’au moment où l’enfant terrible
de Koudougou avait maille à partir avec les autorités
en charge de la Sécurité du pays au motif qu’il
pactisait avec les pays hostiles au sien, M. Salvador YAMEOGO
en quittant le parti de son frère aîné,
lui avait signifié dans son adresse que «plus
que quiconque au sein du parti et en toute modestie, je pense
avoir l’obligation morale de vous redire, une dernière
fois que, quelle que soit la justesse votre lutte, la noblesse
reconnue de votre combat désintéressé
pour le renforcement de la démocratie dans notre pays
et l’avènement d’un Burkina Faso meilleur il est totalement
improductif, pour le moins de persister dans la voie empruntée».
C’est donc la «voie empruntée»
par son aîné qui lui pose problème. Ce
choix d’Hermann YAMEOGO de faire le tour des capitales des
pays hostiles au Burkina pour leur «monnayer»
des informations mensongères d’une part ; et de l’autre,
le marchandage politique de Hermann, son frère aîné
comme sport favori. Quand Salvador YAMEOGO inscrit son nouveau
parti dans «la mouvance de
l’opposition modérée» avec la possibilité
d’aller vers la mouvance présidentielle, cela dénote
de sa rupture de vision avec Hermann YAMEOGO, autrefois, chantre
de la «démocratie consensuelle»,
qui hier se présentait comme la 2e épouse du
président Blaise COMPAORE tout en jurant, la main sur
le cœur, qu’il avait pris serment sur la tombe de son père
de lui rester fidèle. Alors qu’aujourd’hui il nourrit
une haine viscérale à l’égard du régime
en place au point d’être en intelligence avec des pays
hostiles au Burkina pour le déstabiliser. Cette attitude
qui n’honore nullement l’image du père de l’Indépendance,
Maurice YAMEOGO, a donc été le casus belli entre
les frères YAMEOGO.
C’est en voulant peut-être préserver cette image
aux fins de sauver ce qui peut encore l’être et dans
la logique de rester fidèle aux engagements pris en
son temps vis-à-vis du président COMPAORE que
le frère cadet a quitté la barque UNDD en pleine
perdition pour se frayer un autre chemin.
Selon le géniteur, le RDF qui a comme logo, le baobab,
symbole du rassemblement et de la résistance, est une
nouvelle espérance pour les Burkinabè qui s’engagent
avec loyauté et détermination dans la construction
du pays, qui refusent la démagogie et l’aventurisme
politique et qui privilégient la bonne gouvernance
politique et économique pour la liberté, le
progrès et la solidarité. Salvador YAMEOGO dit,
pour le moment, ne pas avoir la prétention à
la magistrature suprême. En tout cas, pour l’élection
présidentielle de novembre 2005. L’urgent étant
pour lui de mettre en place toutes les structures du parti
et préparer les élections locales de février
2006.
Par Drissa TRAORE
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