L'opinion N°390
du 23 au 29 mars 2005

ACTUALITE

Politique

Le RDF dans l’arène

Salvador Maurice YAMEOGO, démissionnaire du parti (UNDD) de son frère aîné, Hermann YAMEOGO, pour divergences d’opinion, a désormais son propre étendard politique : le Rassemblement des démocrates pour le Faso (RDF). L’Assemblée générale constitutive de ce nouveau parti s’est tenue le 20 mars 2005 à la Résidence Alice.

Le conclave d’une journée de réflexions et de débats, le 20 mars dernier, a accouché du Rassemblement des démocrates pour le Faso (RDF), nouvelle formation politique qui a pour président, le député Salvador Maurice YAMEOGO avec un bureau provisoire de 40 membres.
Parti d’obédience libérale, (c’est la substance de la déclaration du parti) le RDF «se situant définitivement dans la mouvance de la défense des valeurs républicaines, se positionnant d’entrée dans le cadre d’une opposition républicaine modérée, ne se ferme nullement, de ce fait et par principe, la possibilité de pouvoir évoluer à tout moment vers la mouvance présidentielle, si les conditions et circonstances s’y prêtent et si l’intérêt supérieur de la nation le commande».
Cet extrait bien codifié dans l’acte constitutif de création du RDF est un véritable signe des temps traduisant un vrai camouflet de Me Hermann YAMEOGO. On est mémoratif qu’au moment où l’enfant terrible de Koudougou avait maille à partir avec les autorités en charge de la Sécurité du pays au motif qu’il pactisait avec les pays hostiles au sien, M. Salvador YAMEOGO en quittant le parti de son frère aîné, lui avait signifié dans son adresse que «plus que quiconque au sein du parti et en toute modestie, je pense avoir l’obligation morale de vous redire, une dernière fois que, quelle que soit la justesse votre lutte, la noblesse reconnue de votre combat désintéressé pour le renforcement de la démocratie dans notre pays et l’avènement d’un Burkina Faso meilleur il est totalement improductif, pour le moins de persister dans la voie empruntée».
C’est donc la «voie empruntée» par son aîné qui lui pose problème. Ce choix d’Hermann YAMEOGO de faire le tour des capitales des pays hostiles au Burkina pour leur «monnayer» des informations mensongères d’une part ; et de l’autre, le marchandage politique de Hermann, son frère aîné comme sport favori. Quand Salvador YAMEOGO inscrit son nouveau parti dans «la mouvance de l’opposition modérée» avec la possibilité d’aller vers la mouvance présidentielle, cela dénote de sa rupture de vision avec Hermann YAMEOGO, autrefois, chantre de la «démocratie consensuelle», qui hier se présentait comme la 2e épouse du président Blaise COMPAORE tout en jurant, la main sur le cœur, qu’il avait pris serment sur la tombe de son père de lui rester fidèle. Alors qu’aujourd’hui il nourrit une haine viscérale à l’égard du régime en place au point d’être en intelligence avec des pays hostiles au Burkina pour le déstabiliser. Cette attitude qui n’honore nullement l’image du père de l’Indépendance, Maurice YAMEOGO, a donc été le casus belli entre les frères YAMEOGO.
C’est en voulant peut-être préserver cette image aux fins de sauver ce qui peut encore l’être et dans la logique de rester fidèle aux engagements pris en son temps vis-à-vis du président COMPAORE que le frère cadet a quitté la barque UNDD en pleine perdition pour se frayer un autre chemin.
Selon le géniteur, le RDF qui a comme logo, le baobab, symbole du rassemblement et de la résistance, est une nouvelle espérance pour les Burkinabè qui s’engagent avec loyauté et détermination dans la construction du pays, qui refusent la démagogie et l’aventurisme politique et qui privilégient la bonne gouvernance politique et économique pour la liberté, le progrès et la solidarité. Salvador YAMEOGO dit, pour le moment, ne pas avoir la prétention à la magistrature suprême. En tout cas, pour l’élection présidentielle de novembre 2005. L’urgent étant pour lui de mettre en place toutes les structures du parti et préparer les élections locales de février 2006.


Par Drissa TRAORE



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