| Le
geste de l’AFAOSK
L’AFAOSK a encore fait parler son
cœur. Le samedi 19 février 2005 en présence
du Préfet du département de Kordié, du
Commissaire de police, d’un représentant du directeur
provincial de l’Education de base et de l’Alphabétisation,
des parents d’élèves, elle a procédé
à la remise des fournitures scolaires et des vêtements
aux enfants orphelins des deux écoles primaires et
du CEG de Kordié.
Mme Bouda,
présidente de l'AFAOSK à l'extrème droite
A
Kordié, un des départements du Sanguié,
les enfants orphelins du Sida ne sont plus des laissés-pour-
compte. Et cela grâce à l’Association féminine
pour l’avenir et le bien-être des orphelins du Sida
dans le département de Kordié (AFAOSK) qui,
depuis sa création en août 2001, soutient ces
enfants en leur assurant scolarité, soins, nourriture
et habillement.
Cette année l’Association n’a pu assurer son programme
non sans difficultés. Elle, qui généralement
permet à ses filleuls de commencer l’année scolaire
avec des fournitures au complet, de nouveaux habits et frais
de scolarité réglés, a dû différer
son action cette fois-ci pour n’avoir pas pu réunir
les moyens à temps. « Ce n’est que partie remise
», a rassuré la présidente de l’association,
Marcelline BOUDA en espérant que les partenaires vont
désormais répondre promptement à leurs
doléances.
Mais les bénéficiaires, les parents d’élèves,
les autorités, comme s’ils avaient fait sien cet adage,
mieux vaut tard que jamais, ont accueilli le geste du 19 février
avec beaucoup d’enthousiasme. Pour le Préfet de Kordié,
Françoise OUATTARA, «
ces enfants avaient vraiment besoin de ces fournitures et
vêtements pour espérer des lendemains meilleurs
».
Ils
sont au nombre de 85 répartis dans les deux écoles
primaires de Kordié et 19 au CEG à bénéficier
cette année de l’aide de l’AFAOSK. Ils ont, en effet,
reçu des kits scolaires au grand complet et des vêtements
d’une valeur de 200 000 F CFA. Marcelline BOUDA a toutefois
regretté le fait de ne pouvoir ni prendre en charge
cette fois-ci les cotisations APE des filleuls ni leur donner
des vivres.
Cependant, une délégation de l’Association composée
de la présidente de la secrétaire générale,
Delphine BAKONE et de la trésorière, Yolande
SAMADOULGOU, a rencontré, peu avant la cérémonie
de remise de dons, les directeurs des deux écoles primaires,
du CEG et le président de l’Association des parents
d’élèves (APE) pour un plaidoyer. Elle leur
a supplié, au regard des contraintes de moyens financiers
de sa structure, d’exempter ses filleuls des cotisations APE.
Le président APE, Xavier BATIONO, à qui revenait
la dernière décision, a décidé
de poser le problème au niveau de l’Assemblée
générale mais il a rassuré la délégation
qu’aucun de ces enfants ne sera exclu pour non-paiement de
frais de cotisation.
Depuis sa création, l’AFAOSK œuvre inlassablement ainsi
aux meilleures conditions d’existence des orphelins. Elle
a pour ambition de leur donner une formation en développant
des activités qui peuvent leur permettre de se prendre
en charge. Ainsi, elle développe, consolide et entretient
l’esprit d’amour et de solidarité vis-à-vis
de ces enfants tout en sensibilisant la population sur les
méfaits du VIH/SIDA et les conséquences sur
l’économie du pays. Ses principaux partenaires sont
l’Association amitié Burkina Bretagne (ABB), le Programme
d’appui au monde associatif (PAMAC) et l’OCADES. En trois
ans d’existence, elle a déjà parrainé
plus de 200 enfants orphelins. Selon Marcelline BOUDA, l’Association
recense généralement ses filleuls dans les écoles
avec l’aide des enseignants. Elle les enregistre avec leur
acte de naissance en spécifiant si c’est le père,
la mère ou les deux parents que l’enfant a perdus.
Il y aurait aussi des enfants qui viennent eux-mêmes
se faire enregistrer tout comme il arrive que des tuteurs
viennent déclarer des enfants.
Le geste du samedi 19 février, il faut le reconnaître,
est un geste d’amour. C’est une bonne occasion pour venir
en aide à ces enfants très nécessiteux,
reconnaît Mamadou DIALLO, directeur du CEG du Kordié.
C’est une opportunité pour eux, selon Adama YAMEOGO,
directeur de l’école A, de suivre les cours normalement
comme les autres élèves. Et à Justin
NIKIEMA, directeur de l’école B de soutenir qu’on attendait
vraiment ce coup de main de l’AFAOSK. «
Ça nous donne beaucoup de joies, s’est ému Mme
le préfet. Nous saluons l’action que vous êtes
en train de mener », s’est-elle adressée
à l’association. «
Cela donne du courage à certains de venir à
l’école. Je vous souhaite bon vent, la force, le courage
et la volonté. Aujourd’hui, ce sont les fournitures
scolaires, pourquoi pas une école, un jour. Nous vous
souhaitons bon courage », a-t-elle ajouté
Et c’est tout dire que l’AFAOSK a à cœur la détresse
des orphelins.
Par Drissa TRAORE
Par Ben Alex Béogo
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