L'opinion N°390
du 23 au 29 mars 2005

Culture

Théâtre de la Fraternité

30 ans déjà !

Difficile de parler théâtre au Burkina Faso sans faire référence à Jean-Pierre GUINGANE. Grand ouvrier, on pourrait dire aujourd’hui grand maître de l’art dramatique au Faso, de son enseignement à sa pratique, l’homme est inusable dans le domaine et sa vie semble se confondre à l’histoire du théâtre dans notre pays. L’Espace culturel Gambidi (ECG), ce sanctuaire de l’art à Ouagadougou, Jean-Pierre GUINGANE l’a enfanté et il abrite le Théâtre de la fraternité qui a soufflé ses 30 bougies le 18 février dernier.

Jean-Pierre GUINGANE

Depuis le 18 février 1975, voilà 30 ans aujourd’hui, «le Théâtre de la fraternité trône dans le milieu culturel burkinabè et plus spécifiquement dans le domaine du théâtre. Trente ans au cours desquels toute une histoire s’est faite. L’histoire d’un théâtre, l’histoire d’un homme, des histoires d’hommes. Tout a commencé un jour de 1975 au Lycée Municipal de Ouagadougou actuel Bambata. Un jeune professeur de français, amoureux de théâtre, décide en complicité avec quelques élèves d’aller au-delà de l’enseignement de la matière en montant sur scène des pièces de théâtre. Ils n’avaient pour lieu de répétition que la salle de classe. Alors commença un parcours du combattant que les intéressés ne soupçonnaient. L’exécution du projet butte très vite sur l’absence de local pour l’expression du groupe. La pratique du théâtre exige un espace où règne la sérénité et où les acteurs peuvent s’éclater sans gêne. Ce qui à l’époque n’était pas évident dans une enceinte scolaire où siégeait un tout autre esprit. Et voilà que s’ouvre une période de nomadisme pour ces amoureux du théâtre galvanisés par un Jean-Pierre GUINGANE sûr de ce qu’il faisait. D’expulsions des lieux de répétitions (quoique souvent loués) en expulsions le Théâtre de la fraternité finit par se réfugier dans une cour appartenant à la famille de son directeur-fondateur, mais plus déterminé que jamais à trouver un lieu où il évoluerait à sa guise. Avec abnégation, des démarches sont entreprises auprès des autorités et en 1992 le théâtre a enfin son site grâce à l’Etat, qui lui octroie un terrain de 5300 m2 au secteur 28. De 1992 à aujourd’hui le Théâtre de la fraternité reste toujours un chantier, mais un chantier qui est le témoignage de la détermination de l’homme, des hommes (artistes) qui espèrent par le travail, la réalisation complète de l’œuvre.
Aujourd’hui le Théâtre de la fraternité comprend des infrastructures, et pas des moindres, qui permettent aux artistes d’évoluer en toute quiétude. En trente ans, le Théâtre de la fraternité a contribué à bâtir des hommes et des femmes qu’ils soient toujours dans le monde artistique ou qu’ils évoluent de nos jours dans d’autres domaines. Pour les artistes, beaucoup volent de leurs propres ailles aujourd’hui et d’autres sont restés aux côtés du monument GUINGANE. De ces hommes et femmes qui ont fait leur début au Théâtre de la fraternité l’on peut citer Mimi GLEZ DIALLO (Jovial Production), Athanase KABRE (Compagnie du fil), Issaka SAWADOGO (CITO) Etienne MINOUNGOU (Récréatrales), etc. Des noms familiers au public burkinabè ; des artistes, on ne peut plus, confirmés. En trente ans, le Théâtre de la fraternité a participé à des festivals à travers le monde. En Afrique, on peut citer le FITHEB du Bénin, le MASA en Côte d’Ivoire, le FIA en RDC, le RETIC au Cameroun. En Europe, on a le Festival de Limoges (France), les Festivals de Bordeaux, de Rennes, de Nantes, de Mantes la jolie (tous en France), le Festival Ibsen d’Oslo en Norvège, le Festival du théâtre des nations en Suisse, etc.
En trente ans, le Théâtre de la fraternité a été impliqué dans des organisations internationales et a présidé des rencontres culturelles. En 30 ans, il a eu des prix et des distinctions aux nombres desquels on peut citer le premier prix de théâtre de la Semaine nationale de la culture à Gaoua en 1985 avec «le fou» de Jean-Pierre GUINGANE, le prix de la meilleure interprétation féminine à la SNC Gaoua 1985, la couronne d’Ebenne du Cameroun. Il y a eu des joies, mais aussi des peines avec la disparition de nombre d’acteurs du Théâtre de la fraternité dont Patric G. ILBOUDO, Xavier COMBOIGO, Kadidia COULIBALY, Mathieu ILBOUDO, Félicie YEYE, Prospère ZERBO. Dans la vie d’un homme, quand la mort vient attrister, la naissance ramène la joie et annonce les victoires futures en mémoire et pour la mémoire de ceux qui ne sont plus. En 30 ans de vie, le Théâtre de la fraternité a engendré le FITMO, l’ECG, l’école de théâtre de l’UNEDO/CFRAV, l’AIA, Radio GAMBIDI. Le Théâtre de la fraternité a vu naître la compagnie Falinga /Récréatrales d’Etienne MINOUGOU, la Compagnie Tchira, Jovial Production, la Compagnie du fil, l’Association talents de femmes, le CITO, des troupes en provinces et à l’étranger. Pour commémorer ce trentième anniversaire, des activités sont programmées et s’étalent sur toute l’année 2005. Une belle aventure qui n’est pas prête de s’arrêter tant que des hommes et des femmes s’amouracheront du théâtre, de la danse en un mot de la culture dans toute sa diversité.o
par Frédéric ILBOUDO

Fêt’art 2005
Cap sur la lutte contre la piraterie en Afrique

La quatrième édition de Fêt’arts (artistes en fête) se tiendra du 24 au 27 mars 2005 à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. Le thème retenu pour cette édition est essentiellement basé sur la lutte contre la piraterie en Afrique. A cette occasion, le comité d’organisation a rencontré le 21 mars 2004 au siège de Jovial Production la presse nationale pour faire le bilan des préparatifs.

Pour cette édition, plusieurs activités sont au programme. Il s’agit notamment des spectacles musicaux animés par des artistes nationaux (Alif Naaba, Yoni, Sami Rama, Charly Sydney) et internationaux (BBC Sound Système, Habib Koité, Kamaldine et Meiway). Des concerts live au Centre culturel français et à la Maison du peuple permettront au public de communier avec la pléiade d’artistes musiciens.
Toujours dans l’ambiance festive, des danses chorégraphiques, des représentations des compagnies Gabero du Niger et Toi du Burkina Faso animeront les soirées de danses de la quatrième édition de Fêt’arts. En matière d’exposition, les artistes plasticiens comme à l’accoutumée exposeront leurs œuvres au village des artistes dressé à la Maison du peuple pour cela. C’est dans ce même village des artistes que le top départ des activités du Fêt’art aura lieu à travers une parade des artistes invités à cette fête.
La mode sera également au rendez-vous à travers un défilé qui sera animé par la présentation des collections des stylistes et créateurs de la mode africaine.
Les tout-petits quant à eux, ils auront droit à un cadre de rencontre avec les artistes appelé «biblio’fête».
Un programme qui réserve aux enfants un concert musical avec les artistes invités au festival. De plus, la quatrième édition de Fêt’arts ira à la rencontre des enfants en difficultés (orphelins ou malades). Ainsi les artistes essayeront d’égayer ces enfants en leur offrant des spectacles de musique et de marionnettes. La particularité de Fêt’arts 2005 est l’initiation de rencontres professionnelles entre acteurs de la filière culturelle sur la lutte contre la piraterie et ses impacts sur l’économie des pays d’Afrique. Cette innovation de Fêt’arts a pour objectif de créer un cadre de concertation permanente sur le sujet en vue d’aboutir à une synergie d’action contre le phénomène en Afrique. C’est aussi un cadre de plaidoyer auprès des responsables politiques, des organisations internationales et nationales de protection des droits d’auteurs.
Piloté par Jovial Production et la fondation «La Termitière», le festival Fêt’arts qui est pluridisciplinaire a pour credo l’organisation d’échanges et de mélange des arts pour permettre au artistes d’échanger avec le public et entre eux-mêmes. Pour cette édition, la fête des artistes est coparainée par Mme Alimata SALEMBERE et M. Roger ACHAYBE de l’AIF.
par Salou Omar

 

 

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