| 30
ans déjà !
Difficile de parler théâtre
au Burkina Faso sans faire référence à
Jean-Pierre GUINGANE. Grand ouvrier, on pourrait dire aujourd’hui
grand maître de l’art dramatique au Faso, de son enseignement
à sa pratique, l’homme est inusable dans le domaine
et sa vie semble se confondre à l’histoire du théâtre
dans notre pays. L’Espace culturel Gambidi (ECG), ce sanctuaire
de l’art à Ouagadougou, Jean-Pierre GUINGANE l’a enfanté
et il abrite le Théâtre de la fraternité
qui a soufflé ses 30 bougies le 18 février dernier.
Jean-Pierre
GUINGANE
Depuis
le 18 février 1975, voilà 30 ans aujourd’hui,
«le Théâtre de la fraternité trône
dans le milieu culturel burkinabè et plus spécifiquement
dans le domaine du théâtre. Trente ans au cours
desquels toute une histoire s’est faite. L’histoire d’un théâtre,
l’histoire d’un homme, des histoires d’hommes. Tout a commencé
un jour de 1975 au Lycée Municipal de Ouagadougou actuel
Bambata. Un jeune professeur de français, amoureux
de théâtre, décide en complicité
avec quelques élèves d’aller au-delà
de l’enseignement de la matière en montant sur scène
des pièces de théâtre. Ils n’avaient pour
lieu de répétition que la salle de classe. Alors
commença un parcours du combattant que les intéressés
ne soupçonnaient. L’exécution du projet butte
très vite sur l’absence de local pour l’expression
du groupe. La pratique du théâtre exige un espace
où règne la sérénité et
où les acteurs peuvent s’éclater sans gêne.
Ce qui à l’époque n’était pas évident
dans une enceinte scolaire où siégeait un tout
autre esprit. Et voilà que s’ouvre une période
de nomadisme pour ces amoureux du théâtre galvanisés
par un Jean-Pierre GUINGANE sûr de ce qu’il faisait.
D’expulsions des lieux de répétitions (quoique
souvent loués) en expulsions le Théâtre
de la fraternité finit par se réfugier dans
une cour appartenant à la famille de son directeur-fondateur,
mais plus déterminé que jamais à trouver
un lieu où il évoluerait à sa guise.
Avec abnégation, des démarches sont entreprises
auprès des autorités et en 1992 le théâtre
a enfin son site grâce à l’Etat, qui lui octroie
un terrain de 5300 m2 au secteur 28. De 1992 à aujourd’hui
le Théâtre de la fraternité reste toujours
un chantier, mais un chantier qui est le témoignage
de la détermination de l’homme, des hommes (artistes)
qui espèrent par le travail, la réalisation
complète de l’œuvre.
Aujourd’hui le Théâtre de la fraternité
comprend des infrastructures, et pas des moindres, qui permettent
aux artistes d’évoluer en toute quiétude. En
trente ans, le Théâtre de la fraternité
a contribué à bâtir des hommes et des
femmes qu’ils soient toujours dans le monde artistique ou
qu’ils évoluent de nos jours dans d’autres domaines.
Pour les artistes, beaucoup volent de leurs propres ailles
aujourd’hui et d’autres sont restés aux côtés
du monument GUINGANE. De ces hommes et femmes qui ont fait
leur début au Théâtre de la fraternité
l’on peut citer Mimi GLEZ DIALLO (Jovial Production), Athanase
KABRE (Compagnie du fil), Issaka SAWADOGO (CITO) Etienne MINOUNGOU
(Récréatrales), etc. Des noms familiers au public
burkinabè ; des artistes, on ne peut plus, confirmés.
En trente ans, le Théâtre de la fraternité
a participé à des festivals à travers
le monde. En Afrique, on peut citer le FITHEB du Bénin,
le MASA en Côte d’Ivoire, le FIA en RDC, le RETIC au
Cameroun. En Europe, on a le Festival de Limoges (France),
les Festivals de Bordeaux, de Rennes, de Nantes, de Mantes
la jolie (tous en France), le Festival Ibsen d’Oslo en Norvège,
le Festival du théâtre des nations en Suisse,
etc.
En trente ans, le Théâtre de la fraternité
a été impliqué dans des organisations
internationales et a présidé des rencontres
culturelles. En 30 ans, il a eu des prix et des distinctions
aux nombres desquels on peut citer le premier prix de théâtre
de la Semaine nationale de la culture à Gaoua en 1985
avec «le fou» de Jean-Pierre GUINGANE, le prix
de la meilleure interprétation féminine à
la SNC Gaoua 1985, la couronne d’Ebenne du Cameroun. Il y
a eu des joies, mais aussi des peines avec la disparition
de nombre d’acteurs du Théâtre de la fraternité
dont Patric G. ILBOUDO, Xavier COMBOIGO, Kadidia COULIBALY,
Mathieu ILBOUDO, Félicie YEYE, Prospère ZERBO.
Dans la vie d’un homme, quand la mort vient attrister, la
naissance ramène la joie et annonce les victoires futures
en mémoire et pour la mémoire de ceux qui ne
sont plus. En 30 ans de vie, le Théâtre de la
fraternité a engendré le FITMO, l’ECG, l’école
de théâtre de l’UNEDO/CFRAV, l’AIA, Radio GAMBIDI.
Le Théâtre de la fraternité a vu naître
la compagnie Falinga /Récréatrales d’Etienne
MINOUGOU, la Compagnie Tchira, Jovial Production, la Compagnie
du fil, l’Association talents de femmes, le CITO, des troupes
en provinces et à l’étranger. Pour commémorer
ce trentième anniversaire, des activités sont
programmées et s’étalent sur toute l’année
2005. Une belle aventure qui n’est pas prête de s’arrêter
tant que des hommes et des femmes s’amouracheront du théâtre,
de la danse en un mot de la culture dans toute sa diversité.o
par Frédéric ILBOUDO
Fêt’art
2005
Cap sur la lutte contre la piraterie
en Afrique
La quatrième édition
de Fêt’arts (artistes en fête) se tiendra du 24
au 27 mars 2005 à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso.
Le thème retenu pour cette édition est essentiellement
basé sur la lutte contre la piraterie en Afrique. A
cette occasion, le comité d’organisation a rencontré
le 21 mars 2004 au siège de Jovial Production la presse
nationale pour faire le bilan des préparatifs.
Pour cette édition, plusieurs activités
sont au programme. Il s’agit notamment des spectacles musicaux
animés par des artistes nationaux (Alif Naaba, Yoni,
Sami Rama, Charly Sydney) et internationaux (BBC Sound Système,
Habib Koité, Kamaldine et Meiway). Des concerts live
au Centre culturel français et à la Maison du
peuple permettront au public de communier avec la pléiade
d’artistes musiciens.
Toujours dans l’ambiance festive, des danses chorégraphiques,
des représentations des compagnies Gabero du Niger
et Toi du Burkina Faso animeront les soirées de danses
de la quatrième édition de Fêt’arts. En
matière d’exposition, les artistes plasticiens comme
à l’accoutumée exposeront leurs œuvres au village
des artistes dressé à la Maison du peuple pour
cela. C’est dans ce même village des artistes que le
top départ des activités du Fêt’art aura
lieu à travers une parade des artistes invités
à cette fête.
La mode sera également au rendez-vous à travers
un défilé qui sera animé par la présentation
des collections des stylistes et créateurs de la mode
africaine.
Les tout-petits quant à eux, ils auront droit à
un cadre de rencontre avec les artistes appelé «biblio’fête».
Un programme qui réserve aux enfants un concert musical
avec les artistes invités au festival. De plus, la
quatrième édition de Fêt’arts ira à
la rencontre des enfants en difficultés (orphelins
ou malades). Ainsi les artistes essayeront d’égayer
ces enfants en leur offrant des spectacles de musique et de
marionnettes. La particularité de Fêt’arts 2005
est l’initiation de rencontres professionnelles entre acteurs
de la filière culturelle sur la lutte contre la piraterie
et ses impacts sur l’économie des pays d’Afrique. Cette
innovation de Fêt’arts a pour objectif de créer
un cadre de concertation permanente sur le sujet en vue d’aboutir
à une synergie d’action contre le phénomène
en Afrique. C’est aussi un cadre de plaidoyer auprès
des responsables politiques, des organisations internationales
et nationales de protection des droits d’auteurs.
Piloté par Jovial Production et la fondation «La
Termitière», le festival Fêt’arts
qui est pluridisciplinaire a pour credo l’organisation d’échanges
et de mélange des arts pour permettre au artistes d’échanger
avec le public et entre eux-mêmes. Pour cette édition,
la fête des artistes est coparainée par Mme Alimata
SALEMBERE et M. Roger ACHAYBE de l’AIF.
par Salou Omar
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