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médiateur du Faso, Jean-Baptiste KAFANDO décédé
le 12 mars dernier en France a été inhumé
le lundi dernier au cimetière de Gounghin. C’est le
président du Faso, Blaise COMPAORE qui a prononcé
l’oraison funèbre devant les locaux du médiateur
du Faso.
Emouvant, pathétique, difficile et pénible,
était cette étape :
Madame
et Messieurs les Présidents d’Institutions ;
Mesdames et Messieurs les Représentants des corps constitués
;
Honorables membres des délégations étrangères
;
Parents et amis de Jean-Baptiste KAFANDO ;
Mesdames, Messieurs,
La République vous remercie d’être venus nombreux
honorer la mémoire de Jean-Baptiste, Médiateur
du Faso.
La mort est une source de larmes et de chagrin. Elle arrache
l’homme à son foyer et le citoyen à la République.
C’est pourquoi, prononcer une oraison funèbre constitue
toujours un moment pénible et lourd d’émotions
surtout quand on le fait pour accompagner définitivement
un collaborateur et un grand homme d’Etat.
 
Mesdames et Messieurs,
Jean-Baptiste KAFANDO a
servi avec dévouement et générosité
le Burkina Faso depuis plus de 50 ans. Il a tissé des
liens avec chacun de nous, par la parenté, l’amitié,
la fraternité et le travail.
Né le 04 mai 1931 à
Ouagadougou, il a été engagé
dès l’âge de 21 ans dans les services de l’administration
des Postes, Télégraphe et Téléphone
de Haute-Volta.
Forgé dans sa foi par l’enseignement catholique qui
guidera résolument sa vie, l’itinéraire de Jean-Baptiste
KAFANDO le montre comme un grand défenseur des causes
communautaires et sociales :
- Juge d’instruction au Tribunal de première
instance de Ouagadougou de 1965 à 1971
- Vice-président du Tribunal de première instance
de Ouagadougou et Président du Tribunal de travail
de Ouagadougou de 1971 à 1975 ;
- Conseiller à la Cour suprême de 1975 à
1976;
- Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de
la Haute-Volta auprès de la Côte d’Ivoire, du
Libéria et de la Sierra Léone, de 1976 à
1981 ;
- Vice-président de la Cour d’Appel de Ouagadougou
et Président de la Chambre d’Accusation de 1981 à
1983 ;
- Rapporteur général de la Chambre des Représentants
de 1995 à 1998.
Et depuis octobre 2000, il assumait les fonctions
de Médiateur du Faso.
Cette longue et riche carrière de l’illustre homme
s’est construite autour des valeurs de don de soi et de sacrifice
pour notre pays.
Dans l’exercice de sa fonction de Médiateur du Faso,
il ressentait une réelle fierté de continuer
à servir le Burkina à un si haut niveau.
Ses initiatives, sa disponibilité, sa capacité
d’adaptation et son intelligence alerte ont fait de lui un
serviteur crédible et apprécié de l’Etat
et du Citoyen.
Au fond, la confiance qu’il inspirait naturellement, son aptitude
à répondre aux sollicitations des requérants
et son humilité présageaient un succès
prolongé de sa mission.
Pourtant, le 12 mars 2005, malgré
des soins intensifs à l’Hôpital du Val de Grâce,
la mort comme pour assouvir sa cruauté, semer la tristesse
et le deuil s’est emparée du Médiateur Jean-Baptiste
KAFANDO.
Cet irrationnel invisible qui ignore les
compromis et la conciliation et qui grignote l’humanité
petit à petit, a vocation à détruire
les mémoires collectives.
La consternation fut grande au Burkina Faso
à la nouvelle du rappel à Dieu de cet homme
sage, travailleur et vertueux.
La Nation venait alors de perdre un de ses dignes fils qui,
tout en ayant vécu humblement, s’était distingué
par son sens du devoir.
Cette abnégation lui a valu d’être fait Commandeur
de l’Ordre National.
Lamartine dans son poème l’Isolement
affirmait qu’un seul être vous manque et tout est dépeuplé.
La disparition du Médiateur du Faso est ressentie par
la Nation comme une grande perte car Jean-Baptiste
KAFANDO fait partie de ces hommes qui, dans la discrétion,
maintiennent et transmettent en héritage les valeurs
d’une communauté solidaire.
Pour Socrate les citoyens de la République devraient
être classés d’après leur mérite
en trois catégories, à savoir les dirigeants,
les auxiliaires et le s artisans.
Jean-Baptiste KAFANDO figurait incontestablement
dans la catégorie des dirigeants pour lesquels la paix
sociale dans l’Etat républicain repose avant tout sur
le respect d’autrui, l’effort concerté et la conciliation.
Le 29 décembre dernier, à l’occasion
de la remise de son Rapport annuel je lui renouvelais encore
ma confiance et l’assurais de mon soutien total dans l’accomplissement
de sa mission de Médiateur et de Président de
l’Association des Ombudsmans et Médiateurs africains.
Jean-Baptiste KAFANDO,
Pour une dernière fois, la Nation vous salue ;
La République et ses Institutions
vous honorent ;
L ‘Administration et l’administré vous remercient.
Votre itinéraire et votre vie resteront à jamais
un modèle et une source inépuisable d’inspiration
pour les générations futures.
A votre famille, à votre épouse,
à vos enfants, à vos frères et à
vos proches, je réitère les condoléances
attristées du peuple burkinabè.
Jean-Baptiste KAFANDO, la
terre du Burkina Faso sur laquelle vous avez tant contribué
à la paix sociale, va vous accueillir.
Puissiez-vous y reposer en paix.
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