L'opinion N°390
du 23 au 29 mars 2005

SPORT

Championnat national de D1 - 13e journée


L’EFO, la tête à l’envers

L’EFO, la reine des stades n’est plus ce qu’elle a été, cela est une certitude certaine. Et tous ses efforts pour redevenir ce qu’elle fut semblent vains. Depuis le début de saison, elle alterne le bon et le franchement très mauvais.
Sur cinq rencontres contre les formations de la capitale, elle n’en a gagné qu’une seule, battue qu’elle fut successivement 1-0 par le RCK, le Santos FC, l’USO et 3-2 par l’USFA. Sa seule victoire a été acquise 1-0 contre l’ASFA-Y, un champion en titre qui balbutie aussi son football.

Dire que les deux ogres ou prétendus tels du faso foot sont mal en point serait un doux euphémisme. Aux différents verdicts du terrain, l’EFO et l’ASFA-Y sont malmenées par les seconds couteaux, aujourd’hui en train de prendre la place des califes.
Chefs de file de cette contestation maintenant confirmée après treize journées, le RCK et l’USO bien installés aux commandes du classement de la phase aller. Premier et deuxième, les clubs adonnés aux seconds rôles affichent une forme de champions en puissance. Pour eux, il s’agira simplement de bien gérer la pression qui ne manquera pas de monter au fur et à mesure de l’emballage final.
Mais revenons à nos moutons, particulièrement, la lente descente dans l’anonymat de l’Etoile Filante. Dimanche, face à l’équipe militaire, elle était presque tenue de gagner, surtout que lors de la journée d’avant, la 12e, elle avait courbé l’échine devant l’USO, tombée 1-0 dans les ultimes minutes.
Cependant, le public stelliste s’est rendu à l’évidence, la fiancée du football burkinabè ne fait plus peur. Quand, il y a encore quelques années, les autres se présentaient à l’EFO avec pour seule ambition de faire figure honorable, aujourd’hui ils arrivent convaincus que le géant n’a plus que des pieds d’argile et qu’il peut être facilement terrassé.
Figure des temps, l’orgueil et la grinta qui ont toujours caractérisé ce club ont disparu pour laisser place à une formation traitant sur les pelouses son plein et son mal-être. Les joueurs actuels composant son effectif manquent singulièrement de caractère. Ils montrent cette attitude coupable dans le sport de haut niveau qu’il suffit de paraître pour l’emporter.
Le football n’a rien à faire du passé ou du palmarès. Chaque match doit être une remise en cause perpétuelle. Sinon, la sanction tombe implacable et sans appel, la défaite certaine parce que annoncée.
En tout cas, le nouveau staff dirigeant stelliste a du pain sur la planche pour ramener un peu de fierté d’abord et surtout retrouver le lustre d’antan. Vaste chantier en perpette. Il faut espérer pour la reine des stades que le dicton : «Les grandes équipes ne meurent jamais» se vérifie ici. Sinon, cette dernière journée de la phase-aller a encore montré la définitive montée en puissance de l’EFO qui gagne avec la manière et le score. Et fait très impressionnant l’USO n’a plus encaissé le moindre but depuis la 7e journée et un revers de 2-0 face au RCB au stade Omnisports.
Elle en est donc à six victoires de rang pour un bilan sans commentaires de quinze buts marqués et zéro encaissé. C’est dire simplement qu’elle a pris dix points en six rencontres contre seulement huit en sept. A cette allure, ne cherchez pas le champion du mois de juillet prochain, il est donc trouvé.
Mais cette série victorieuse de l’USO a été quelque peu éclipsée par la première victoire de la lanterne rouge, le Sanmatenga FC, vainqueur du RCB à Kaya 2 à 2. Non seulement, c’est un événement, mais il est doublé par le fait que l’équipe du Centre-nord quitte la dernière place, désormais occupée par la Jeunesse club de Bobo-Dioulasso. A la faveur d’une différence de buts moins calamiteuse, le SFC passe devant un JCB qui lui n’en finit plus de subir des revers successifs. Entre les deux équipes, c’est un championnat tout aussi passionnant qui se joue avec pour enjeu, la place de barragiste.o
Par Idriss SEMDE

Ligue des champions d’Afrique
La bonne vieille habitude

L’ASFA-Y n’a pas obtenu de franchir cette saison encore, les seizièmes de finale de la ligue africaine des champions. A Cap Town, en Afrique du Sud, le champion du Burkina a perdu 1-0 et lors de la séance des tirs au but, il n’a pas eu la même baraka que contre les Congolais du Tout Puissant Mazembé. Par cinq tirs à trois, le club du Cap a sorti une ASFA-Y en mal de buteurs. Comment ne pas regretter toutes les opportunités de scorer, perdues à l’aller au stade Municipal. L’apprentissage tarde à connaître son épilogue en compétition africaine.

La différence aurait dû se faire à domicile. Le samedi 5 mars, l’Ajax Cap Town était venu à Ouagadougou pour défendre et limiter autant que possible la casse. Jouant bas et usant d’artifices pour pourrir au maximum le match, Cap Town a laissé le champ à l’ASFA-Y. Malheureusement on connaît le problème du club asfasien depuis le début de la saison. Une inefficacité chronique, devenue au fil des matchs un vrai boulet que l’attaque n’en finit pas de traîner.
Les occasions de but ont été nombreuses, mais seul un petit but sera marqué et qui plus est dans les ultimes minutes. L’ASFA-Y se paiera même le luxe de rater un penalty et à ce niveau là, un tel raté se paie très cher. Car faute d’avoir créer cette différence, elle compliquait sérieusement sa tâche pour un retour où l’adversaire va donner son maximum.
L’ASFA-Y, en effet, va être soumise à une forte pression et elle aura le mérite d’aller à la pause en préservant le nul vierge de 0 à 0. Ce résultat prouve que l’Ajax Cap Town était loin d’être une foudre de guerre et qu’avec un peu plus de conviction, une attaque moins empruntée, les huitièmes de finale seraient aujourd’hui une réalité.
Jamais nos clubs n’ont réussi à franchir ce premier tour de la plus prestigieuse des compétitions africaines devenue à force, une véritable barrière psychologique.
Vrai qu’une nation qui a commencé au plus bas de l’échelle comme le Burkina Faso ne peut pas devenir du jour au lendemain, un cador parmi les grandes nations. Si on exclut l’épisode des Silures et du Kadiogo, somme toute une exception, la véritable entrée de nos clubs en compétitions africaines date d’il y a une quinzaine d’années seulement.
En disséquant les résultats et les prestations sur le plan purement jeu, on est forcé de constater qu’il existe encore de nombreux manques. Or, sans avoir au préalable, effacé ces lacunes, les déceptions seront encore le lot quotidien de notre sport-roi.
Deux domaines à notre avis forment les causes fondamentales de cette incapacité à réaliser la performance de référence. D’abord, le flou des schémas tactiques. Notre football ressemble à un jeu à la hussarde dans lequel tout et son contraire peuvent arriver.
Lorsque la manière d’évoluer, d’occuper l’aire de jeu souffre de manque de clarté, au fil des minutes, monte une sorte d’impuissance.
Le deuxième défaut est la faiblesse récurrente de l’impact physique de nos joueurs. Sur le plan athlétique, la plupart des équipes terminent les matchs cahin caha. Elles essayent de tenir au lieu d’imposer ou d’imprimer le temps.
Oui, le champion burkinabè a tenté de résister à Cap Town. Il n’avait aucune ressource de gagner là-bas ou même d’égaliser alors qu’il était mené 1-0 depuis la 47e minute. Heureusement son gardien de but était dans un grand soir et il a su faire face et permettre à son équipe de jouer la qualification encore aux tirs au but, après le TP Mazembé de la RD Congo.
Mais, le héros des 90 minutes sera celui-là qui ratera en premier son tir au but, alors qu’il ne parviendra à stopper aucun des Sud-africains. Une défaite au final très amère et surtout frustrant parce que sur les deux confrontations, il y avait de la place pour passer.
Il faut une fois de trop peut-être se contenter d’assister en spectateur aux huitièmes de finale, quand il y avait toutes les possibilités d’y être invité. Retour donc aux affaires domestiques comme d’habitude et sans surprise. La non qualification est désormais la norme, sauf que ce coup-ci notre chance est passée. Y en aura-t-il une aussi bonne l’année prochaine ? Voilà une question à un million.
Par Idriss SEMDE




 


 

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