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L’EFO, la tête à
l’envers
L’EFO, la reine des stades n’est
plus ce qu’elle a été, cela est une certitude
certaine. Et tous ses efforts pour redevenir ce qu’elle fut
semblent vains. Depuis le début de saison, elle alterne
le bon et le franchement très mauvais.
Sur cinq rencontres contre les formations de la capitale,
elle n’en a gagné qu’une seule, battue qu’elle fut
successivement 1-0 par le RCK, le Santos FC, l’USO et 3-2
par l’USFA. Sa seule victoire a été acquise
1-0 contre l’ASFA-Y, un champion en titre qui balbutie aussi
son football.
Dire que les deux ogres ou prétendus
tels du faso foot sont mal en point serait un doux euphémisme.
Aux différents verdicts du terrain, l’EFO et l’ASFA-Y
sont malmenées par les seconds couteaux, aujourd’hui
en train de prendre la place des califes.
Chefs de file de cette contestation maintenant confirmée
après treize journées, le RCK et l’USO bien
installés aux commandes du classement de la phase aller.
Premier et deuxième, les clubs adonnés aux seconds
rôles affichent une forme de champions en puissance.
Pour eux, il s’agira simplement de bien gérer la pression
qui ne manquera pas de monter au fur et à mesure de
l’emballage final.
Mais revenons à nos moutons, particulièrement,
la lente descente dans l’anonymat de l’Etoile Filante. Dimanche,
face à l’équipe militaire, elle était
presque tenue de gagner, surtout que lors de la journée
d’avant, la 12e, elle avait courbé l’échine
devant l’USO, tombée 1-0 dans les ultimes minutes.
Cependant, le public stelliste s’est rendu à l’évidence,
la fiancée du football burkinabè ne fait plus
peur. Quand, il y a encore quelques années, les autres
se présentaient à l’EFO avec pour seule ambition
de faire figure honorable, aujourd’hui ils arrivent convaincus
que le géant n’a plus que des pieds d’argile et qu’il
peut être facilement terrassé.
Figure des temps, l’orgueil et la grinta qui ont toujours
caractérisé ce club ont disparu pour laisser
place à une formation traitant sur les pelouses son
plein et son mal-être. Les joueurs actuels composant
son effectif manquent singulièrement de caractère.
Ils montrent cette attitude coupable dans le sport de haut
niveau qu’il suffit de paraître pour l’emporter.
Le football n’a rien à faire du passé ou du
palmarès. Chaque match doit être une remise en
cause perpétuelle. Sinon, la sanction tombe implacable
et sans appel, la défaite certaine parce que annoncée.
En tout cas, le nouveau staff dirigeant stelliste a du pain
sur la planche pour ramener un peu de fierté d’abord
et surtout retrouver le lustre d’antan. Vaste chantier en
perpette. Il faut espérer pour la reine des stades
que le dicton : «Les grandes
équipes ne meurent jamais» se vérifie
ici. Sinon, cette dernière journée de la phase-aller
a encore montré la définitive montée
en puissance de l’EFO qui gagne avec la manière et
le score. Et fait très impressionnant l’USO n’a plus
encaissé le moindre but depuis la 7e journée
et un revers de 2-0 face au RCB au stade Omnisports.
Elle en est donc à six victoires de rang pour un bilan
sans commentaires de quinze buts marqués et zéro
encaissé. C’est dire simplement qu’elle a pris dix
points en six rencontres contre seulement huit en sept. A
cette allure, ne cherchez pas le champion du mois de juillet
prochain, il est donc trouvé.
Mais cette série victorieuse de l’USO a été
quelque peu éclipsée par la première
victoire de la lanterne rouge, le Sanmatenga FC, vainqueur
du RCB à Kaya 2 à 2. Non seulement, c’est un
événement, mais il est doublé par le
fait que l’équipe du Centre-nord quitte la dernière
place, désormais occupée par la Jeunesse club
de Bobo-Dioulasso. A la faveur d’une différence de
buts moins calamiteuse, le SFC passe devant un JCB qui lui
n’en finit plus de subir des revers successifs. Entre les
deux équipes, c’est un championnat tout aussi passionnant
qui se joue avec pour enjeu, la place de barragiste.o
Par Idriss SEMDE
Ligue
des champions d’Afrique
La bonne vieille habitude
L’ASFA-Y n’a pas obtenu
de franchir cette saison encore, les seizièmes de finale
de la ligue africaine des champions. A Cap Town, en Afrique
du Sud, le champion du Burkina a perdu 1-0 et lors de la séance
des tirs au but, il n’a pas eu la même baraka que contre
les Congolais du Tout Puissant Mazembé. Par cinq tirs
à trois, le club du Cap a sorti une ASFA-Y en mal de
buteurs. Comment ne pas regretter toutes les opportunités
de scorer, perdues à l’aller au stade Municipal. L’apprentissage
tarde à connaître son épilogue en compétition
africaine.
La différence aurait dû se faire
à domicile. Le samedi 5 mars, l’Ajax Cap Town était
venu à Ouagadougou pour défendre et limiter
autant que possible la casse. Jouant bas et usant d’artifices
pour pourrir au maximum le match, Cap Town a laissé
le champ à l’ASFA-Y. Malheureusement on connaît
le problème du club asfasien depuis le début
de la saison. Une inefficacité chronique, devenue au
fil des matchs un vrai boulet que l’attaque n’en finit pas
de traîner.
Les occasions de but ont été nombreuses, mais
seul un petit but sera marqué et qui plus est dans
les ultimes minutes. L’ASFA-Y se paiera même le luxe
de rater un penalty et à ce niveau là, un tel
raté se paie très cher. Car faute d’avoir créer
cette différence, elle compliquait sérieusement
sa tâche pour un retour où l’adversaire va donner
son maximum.
L’ASFA-Y, en effet, va être soumise à une forte
pression et elle aura le mérite d’aller à la
pause en préservant le nul vierge de 0 à 0.
Ce résultat prouve que l’Ajax Cap Town était
loin d’être une foudre de guerre et qu’avec un peu plus
de conviction, une attaque moins empruntée, les huitièmes
de finale seraient aujourd’hui une réalité.
Jamais nos clubs n’ont réussi à franchir ce
premier tour de la plus prestigieuse des compétitions
africaines devenue à force, une véritable barrière
psychologique.
Vrai qu’une nation qui a commencé au plus bas de l’échelle
comme le Burkina Faso ne peut pas devenir du jour au lendemain,
un cador parmi les grandes nations. Si on exclut l’épisode
des Silures et du Kadiogo, somme toute une exception, la véritable
entrée de nos clubs en compétitions africaines
date d’il y a une quinzaine d’années seulement.
En disséquant les résultats et les prestations
sur le plan purement jeu, on est forcé de constater
qu’il existe encore de nombreux manques. Or, sans avoir au
préalable, effacé ces lacunes, les déceptions
seront encore le lot quotidien de notre sport-roi.
Deux domaines à notre avis forment les causes fondamentales
de cette incapacité à réaliser la performance
de référence. D’abord, le flou des schémas
tactiques. Notre football ressemble à un jeu à
la hussarde dans lequel tout et son contraire peuvent arriver.
Lorsque la manière d’évoluer, d’occuper l’aire
de jeu souffre de manque de clarté, au fil des minutes,
monte une sorte d’impuissance.
Le deuxième défaut est la faiblesse récurrente
de l’impact physique de nos joueurs. Sur le plan athlétique,
la plupart des équipes terminent les matchs cahin caha.
Elles essayent de tenir au lieu d’imposer ou d’imprimer le
temps.
Oui, le champion burkinabè a tenté de résister
à Cap Town. Il n’avait aucune ressource de gagner là-bas
ou même d’égaliser alors qu’il était mené
1-0 depuis la 47e minute. Heureusement son gardien de but
était dans un grand soir et il a su faire face et permettre
à son équipe de jouer la qualification encore
aux tirs au but, après le TP Mazembé de la RD
Congo.
Mais, le héros des 90 minutes sera celui-là
qui ratera en premier son tir au but, alors qu’il ne parviendra
à stopper aucun des Sud-africains. Une défaite
au final très amère et surtout frustrant parce
que sur les deux confrontations, il y avait de la place pour
passer.
Il faut une fois de trop peut-être se contenter d’assister
en spectateur aux huitièmes de finale, quand il y avait
toutes les possibilités d’y être invité.
Retour donc aux affaires domestiques comme d’habitude et sans
surprise. La non qualification est désormais la norme,
sauf que ce coup-ci notre chance est passée. Y en aura-t-il
une aussi bonne l’année prochaine ? Voilà une
question à un million.
Par Idriss SEMDE
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