L'opinion N°390
du 23 au 29 mars 2005

SUR LE VIF

 

L’exemple venu du TOGO

Ainsi l’opposition togolaise dite radicale a pu taire ses divergences pour se désigner un candidat unique à l’élection présidentielle, même si des candidats moins importants n’ont pas pu résister à la tentation de se présenter.
L’opposant historique Gilchrist OLYMPIO a finalement compris qu’il faut faire avec la constitution togolaise dont l’application l’exclut d’office. Contrairement au cas Alassane Dramane OUATTARA, il n’a pas eu recours à la rue pour exiger l’acceptation de sa candidature. «Il a compris seul» diront certains.
Quoi qu’il en soit, après moult rencontres et concertations, l’opposition radicale togolaise en l’espace de quelques semaines a compris et bien compris que seule l’union des forces peut constituer un «brin» d’espoir à même de fédérer les voix pour le scrutin à venir.
C’est en tous, la première fois dans l’histoire politique du Togo qu’une telle initiative a pris vraiment corps. L’opposition togolaise avait-elle vraiment le choix ?
Le candidat du pouvoir Faure GNASSINGBE bien que un peu «néophyte» dans la chose politique a derrière lui le Rassemblement du peuple togolais (RPT) et une bonne partie de l’Armée. A cela quand s’ajoute les moyens matériels et financiers, on comprend aisément pourquoi l’opposition radicale n’a pas mis du temps pour dégager un consensus autour de la candidature de M. Emmanuel Bob-AKITANI, vice président de l’UFC (l’Union des forces pour le changement), parti de Gilchrist OLYMPIO.
Elle veut vraiment le changement. Et pour cela elle tente tant bien que mal de mettre toutes les chances de son côté.
Savoir taire ses divergences, accepter être la «queue» pour un objectif commun, c’est ce qui a toujours manqué au sein de l’opposition burkinabè. Sa «stratification» voire sa division manichéenne en opposition radiale, opposition modérée, opposition Républicaine, opposition «gâteau» ne sont rien d’autre que la manifestation d’une opposition sans ligne de conduite claire et sans vision pour la conquête du pouvoir.
Aujourd’hui, «alternance 2005» qui semblait susciter beaucoup d’espoir s’avère être à la limite un tonneau vide où les intérêts s’entrechoquent.
Le départ précipité de Ram OUEDRAOGO du RDEB de «Alternance 2005» suite au rejet de sa candidature et la position ambiguë du PDP/PS qui aurait d’ailleurs annoncé une candidature pour avril, sont des signes avant coureur d’un échec programmé. L’opposition Burkinabè toutes tendances confondues ne présentera pas moins de 5 candidats à la présidentielle de novembre prochain.
Un nombre «impressionnant» qui ne peut que réduire leurs chances. Si c’est ainsi qu’elle croit susciter l’alternance, c’est perdu d’avance. Pour une fois, elle aura pu s’inspirer de l’exemple de l’opposition radicale togolaise, même si... Quelque soit le résultat de la présidentielle, l’opposition dite radicale peut se réjouir d’avoir gagné une bataille : celle d’avoir pu choisir un candidat unique. C’est à saluer. Et ce n’est pas «alternance 2005» qui dira le contraire, elle qui finalement, en lieu et place de la candidature unique a opté pour trois candidats. Les calculs manichéens et intérêts égoïstes ayant pris le dessus sur l’objectif de l’alternance. Ce qui n’est sûrement pas la faute d’une propagande quelconque. Une triste réalité.

Par Faèz

 
©zénith édition communication
E-mail :
zedcom@fasonet.bf


Liberté d'opinion....liberté d'informer

©Copyrigth : Opinion 2003 - 2004