| L’Europe
à deux vitesses
La réforme
du pacte de stabilité que l’Europe s’apprête
à effectuer (si ce n’est déjà fait) confirme
le sentiment d’une Europe à double vitesse où
le trident Grande-Bretagne – France – Allemagne finit par
imposer sa loi.
Le président
Français Jacques Chirac
Il
faut le dire cette limitation du déficit budgétaire
à 3% que le pacte de stabilité préconisait,
mettait à l’étroit les grands de l’espace européen.
La France par exemple, qui ne peut que par le biais de la
dépense publique financer une sécurité
sociale la plus coûteuse du monde, est en butte à
des conflits sociaux récurrents ayant pour cause «la
préservation des acquis». Essoufflé,
voire à l’agonie du fait du vieillissement de plus
en plus prononcé de la population, le système
de retraites français, n’arrive plus à s’auto-financer.
Les passifs pèsent plus lourds que les actifs, et il
faut trouver l’argent ailleurs pour faire face au paiement
des pensions.
Raffarin, tout en faisant de la résistance, doit cependant
«lâcher du lest»
pour ne pas trop perturber le mandat du boss. Lequel boss
avait du reste promis lors de la campagne présidentielle
qu’il ne toucherait pas à la «Sécu»,
faisant plus social que Jospin, avec le résultat qu’on
sait. Il faut donc «creuser
le déficit» selon la bonne vieille
formule de KEYNES qui n’a jamais autant été
usitée que de nos jours par les Occidentaux, qui ont
par ailleurs l’outrecuidance de demander à nos Etats
de cesser tout interventionnisme.
C’est ce besoin d’interventionnisme pour fouetter certains
secteurs vitaux qui a poussé Français, Anglais
et Allemand à susciter cette réforme. Parmi
ces secteurs, la recherche, l’Europe se trouvant de nos jours
«larguée»
par l’Amérique dans ce domaine sensible.
Vers une «déstabilisation»
de l’UE
Il faut ici combler le déficit toujours par le biais
de la dépense publique, les entreprises européennes
ayant montré leurs limites en matière de promotion
de la recherche. A contrario aux «States»
ce sont des privés comme Bill GATES qui tirent la recherche.
Avec les salaires attractifs, pratiqués outre Atlantique,
la fuite des cerveaux européens est devenue frénétique.
Et la fronde observée dans le monde de la recherche
française, il y a un semestre, traduit le mal-être
des chercheurs qui «mégotent».
Le besoin de puissance des trois grands (leur «survie»
aussi) va donc plonger l’Europe dans une zone de haute turbulence
financière, car c’est la Banque centrale européenne
qui va «casquer» en
dernier ressort. Principale source de financement de l’Union,
c’est chez elle que les trois plus grands contributeurs viendront
retirer leur «pognon».
On comprend pourquoi le gouverneur Jean-Paul TRICHET a commencé
à grogner dès l’annonce de la nouvelle. On comprend
aussi pourquoi les autorités autrichiennes ont manifesté
leur désapprobation, indiquant que cette réforme
n’était pas celle «attendue»
par l’Autriche. Car, elle créée une brèche
dans la solidarité, les «petits
pays» disposant désormais de peu
de ressources pour financer leur développement. Il
y aura donc toujours des citoyens à deux vitesses,
malgré les beaux discours ainsi trahis par les actes.
Dans ce registre, les trois grands avaient déjà
montré leur «mauvaise»
disposition d’esprit en soutenant l’idée des délocalisations
sauvages. Leurs entreprises trouveraient par ce biais la possibilité
de faire plus de «fric»
dans des pays où la main-d’œuvre et les autres coûts
de production sont bon marché. Un marché de
dupes en somme où les grands ne rêvent que d’espaces
économiques à conquérir alors que les
petits ne pensent que bien-être social.
On comprend pourquoi certains pays prêtent une oreille
attentive aux sirènes américaines, l’oncle Sam
étant réputé pour son pragmatisme. La
raison du plus fort sera toujours la meilleure.
Par Alpha YAYA
Par Ben Alex Béogo
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