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est heureux de constater le changement fondamental de vos
appréciations par rapport au juge Wenceslas ILBOUDO,
au sujet duquel vous écrivez : «En
deux ans d’enquête où il n’a rien laissé
au hasard en exploitant aussi la piste de Kaya…»
etc. Voilà un jugement qui tranche d’avec vos refrains
habituels du juge d’instruction qui dormirait sur le dossier,
ne ferait rien et serait à la botte du pouvoir, etc.
Chose
promise, chose due ! Comme annoncé la semaine dernière,
nous revenons sur l’article publié en page 7 de l’édition
n° 601 du 15 mars 2005 de notre confrère L’Indépendant,
pour répondre point par point à des assertions
nous mettant en cause et donner à l’occasion notre
appréciation sur les faits relatés. Le ton belliqueux
et franchement hostile à notre égard et la nature
particulièrement sordide de certains propos nous avaient
fait bondir d’indignation dans notre dernière édition,
réplique sur laquelle nous n’accepterons aucune concession
ni sur la forme, ni sur le fond tant il est une lapalissade
que si Norbert ZONGO n’avait pas été assassiné,
son journal ne serait pas aujourd’hui animé par ceux
qui s’y essaient actuellement au métier de journalisme.
Il coule aussi de source qu’à défaut d’avoir
l’intelligence du métier ils devraient au moins avoir
la reconnaissance du ventre en aidant à retrouver les
coupables de l’odieux crime, au lieu de s’amuser à
de petits jeux de positionnement qui à terme vont se
retourner contre eux !
S’il n’est pas trop tôt qu’ils aient reconnu dans leur
édition dernière qu’il ne faut pas se tromper
de combat, il leur manque comme le courage d’aller au bout
de leurs intentions en pratiquant l’indépendance de
L’Indépendant au lieu de se complaire dans la facilité
des injures et de l’anathème sous la dictée
de personnages qui de toute évidence, portent une responsabilité
certaine dans le sort fait à Norbert ZONGO. En effet,
nombre d’entre eux nous ont affirmé ici et sur des
tons aussi pathétiques, les uns que les autres, que
celui-ci leur avait confié qu’il était menacé.
Pourtant ils n’ont rien fait, absolument rien fait ni auprès
des services compétents de l’Etat, ni auprès
d’ONG, etc. pour alerter l’opinion publique. Pourquoi n’ont-ils
rien fait ? Une question lourde dont les réponses sont
loin d’être évidentes mais qui pourraient ouvrir
des pistes sérieuses vers les commanditaires du meurtre
de notre confrère et ses assassins. Peut-être
ne le savent-ils pas ou feignent-ils de l’ignorer, dans cette
affaire, rien n’est gratuit et tout est à prendre au
sérieux. Que ces dames et ces messieurs, témoins-confidents,
s’érigent aujourd’hui en donneurs de leçons,
voire en Sherlok HOLMES pour indexer les «coupables»
est pour le moins suspect et devrait inciter à beaucoup
de prudence.
Cela dit, à en croire notre confrère, nous n’aurions
fait cas de la piste de Kaya qu’après le dépôt
du rapport de la CEI, de sorte que nos écrits sur le
sujet ne pouvaient «être pris en compte par
la commission»; cela est contraire aux réalités.
Citons simplement deux cas. La première fois que nous
avons évoqué cette affaire de Kaya, c’était
dans notre n°67 du 6 au 12 décembre 1999 dans un
article titré : «RSF : une enquête
orientée et biaisée» et la dernière
fois, avant la publication du rapport de la CEI intervenue
le 7 mai 2000, c’était dans notre n°84 du 5 au
11 mai 2000, sous le titre : «Affaire
Norbert ZONGO : dans le dédale des pistes».
Si la première fois nous étions très
sceptiques sur cette piste, preuve que nous n’en avons pas
une analyse dogmatique, la dernière fois nous nous
interrogions en ces termes : «Après
la fausse alerte de Kaya, Sapouy aura-t-il été
la bonne…?» Comme il apparaît clairement
nous ne nous sommes pas saisi de la piste de Kaya comme d’une
bouée de sauvetage pour accréditer nos thèses.
C’est seulement après avoir découvert les propos
que Norbert ZONGO lui-même avait tenus sur cette affaire
et l’existence d’un rapport circonstancié de la CGTB
sur le sujet, que nous lui avons accordé plus de crédit.
Personne ne nous fera croire que la CEI, outillée comme
elle l’était, n’était pas informée de
ces faits. Pourquoi les a-t-elle ignorés et surtout
pourquoi nulle part elle n’en a fait cas ? Par ailleurs pourquoi
à L’Indépendant on n’a jamais prêté
un quelconque intérêt aux propos de Norbert ZONGO
sur cette affaire ? Contrairement à vos assertions,
cette piste de Kaya n’est pas «remise sur la place
publique parce que François COMPAORE l’a trouvée
intéressante…», mais c’est bel et bien vous-même
qui l’avez remise au goût du jour à travers votre
numéro spécial du 14 décembre dernier
qui lui était entièrement destiné. Pourquoi
vous débinez maintenant et aussi maladroitement ?
On nous accuse aussi, relativement à la CEI, de l’avoir
«toujours attaquée
en règle» de même que «son président,
M. Kassoum KAMBOU, parce que venant du MBDHP…».
Ce n’est tout simplement pas vrai ! Nous avons tout au contraire
été de ceux qui ont fermement milité
pour l’indépendance de la CEI et avions foi en l’intégrité
supposée de son président. C’est vrai qu’au
résultat il y a beaucoup à dire et que bien
d’espoirs ont été déçus. Ce qu’on
reproche le plus à l’un et à l’autre ce n’est
pas tant de ne pas avoir pu débusquer les coupables,
mais d’avoir davantage compliqué la question du fait
des insuffisances criardes de leurs travaux, malgré
les dizaines de millions mis dans l’affaire et l’étendue
de leur mandat. Et cela n’est pas de notre fait ! Pour ce
qui est du MBDHP, les rôles joués par certains
de ses membres, il faut le reconnaître ne militent pas
en sa faveur et il n’est pas évident qu’il soit heureux
que l’on revienne dessus. Rappelez-vous des propos du président
de sa commission arbitrale qui avait découvert le type
d’arme utilisé (AK49 avait-il écrit), le véhicule
utilisé, le scénario de l’assassinat des assassins
après leur forfait, etc. C’était encore une
fois dans … L’Indépendant ! Soit dit en passant si
vous mourrez d’envie de donner du «Manitou
au grand jour à Halidou OUEDRAOGO»,
faites-le avec courage mais ne cherchez à manger votre
piment dans notre bouche. Pour ce qui est des pressions sur
la CEI ceux qui les exerçaient s’en vantaient d’ailleurs
et il est tout à fait aisé de comprendre pourquoi
elle n’a pas eu toute la sérénité pour
travailler et que ses résultats laissent à désirer
et sont biaisés. Une fois encore, nous sommes totalement
étrangers à cette situation fort déplorable
!
Enfin, il est heureux de constater le changement fondamental
de vos appréciations par rapport au juge Wenceslas
ILBOUDO, au sujet duquel vous écrivez : «En
deux ans d’enquête où il n’a rien laissé
au hasard en exploitant aussi la piste de Kaya…»
etc. Voilà un jugement qui tranche d’avec vos refrains
habituels du juge d’instruction qui dormirait sur le dossier,
ne ferait rien et serait à la botte du pouvoir, etc.
Dire que «Wens» «en deux ans
d’enquête… n’a rien laissé au hasard…»
est d’importance. Il reste à espérer, qu’une
fois de plus, sermonnés par qui nous savons, vous ne
vous dédisiez à nouveau avec l’aplomb qu’on
vous connaît.
Pour terminer, nous ne pouvons pas nous empêcher de
réagir devant votre ire et le propos selon lequel L’Opinion
serait au nombre des journaux qui ne vendraient «que
grâce aux commandes de ceux à cause desquels
ils ont vu le jour et avec qui ils ont trinqué à
la mort de Norbert ZONGO». Pour ce qui est des commandes,
nous sommes fiers d’en recevoir comme c’est le cas partout
à travers le monde pour les journaux sérieux
et à la perspicacité reconnue. Voyez-vous, les
commandes induisent deux faits majeurs. D’abord que ce qui
est écrit intéresse ceux qui commandent ; ensuite,
que ceux-ci ont un lectorat qui sera intéressé
de lire. Donc les commandes pour un journal sont la reconnaissance
de l’intérêt qu’on lui porte et si cela vous
chagrine c’est certainement que les effets de ces commandes
sur l’opinion publique vous perturbent. Quant à «ceux
à cause desquels ils ont vu le jour…» ce
sont nos lecteurs ; car vous ne vous imaginez pas que ceux
auxquels vous faites perfidement allusion vont passer des
commandes pour lire eux-mêmes et chacun, des milliers
d’exemplaires du même numéro ! Même si
avec vous le ridicule n’a pas de limite, nous n’oserons pas
vous soupçonner d’une telle hérésie.
«Last but not the least» pour ce qui
est de trinquer «à la mort de Norbert ZONGO»
vous apportez la preuve si besoin en était encore de
votre totale déconfiture morale. Il n’y a rien à
dire sinon que de vous dire de continuer à manger et
à vous repaître de l’affaire née du meurtre
de Norbert ZONGO. Faites néanmoins gaffe à ne
pas vous étrangler vous-même.
Cheick AHMED
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