L'opinion N°391
du 30 mars au 05 avril 2005

SUR LE VIF

 

JNP : Portée historique d’une journée

Le 30 mars 2001, dans un stade du 4-Août archi-comble, le peuple burkinabè dans toutes ses composantes, le président du Faso, en tête, décidaient après un moment d’introspection profonde et de recueillement de se pardonner mutuellement et de se réconcilier avec lui-même. Un exercice qui n’était pas loin d’être une nécessité historique au regard du contexte socio-politique du moment.

Faut-il le rappeler, le Faso vivait à l’époque des moments de braise sur fond de «lutte contre l’impunité» et de juridisme inopportun. Le mouvement avait en effet pris source dans l’assassinat tragique de notre confrère Norbert ZONGO, le 13 décembre 1998. Un assassinat que certaines chapelles politiques et «officines» de droits humains mettront sur le compte de la IVe République sur la base d’un rapport qui n’avait déterminé que des «suspects sérieux» dans le cadre de cette affaire. Cela suffira pour «mettre le feu» au Faso, au point que les institutions républicaines ont tremblé dans leurs fondements. Elles trouveront cependant la force et le courage de sortir indemnes de la bourrasque et le président du Faso pouvait alors, dans son discours historique du 20 mai 1999, appelé à cette lutte salvatrice pour notre «maison commune». Une lutte à laquelle adhèreront donc toutes les composantes de la société, convaincues qu’elles étaient que la stabilité et la paix sociale constituent les fondements essentiels de la démocratie.
Il fallait agir à minimiser les sources de nuisances à cette paix sociale et conséquemment à préserver notre maison commune. Un nouveau pacte social s’imposait nécessairement après deux années de troubles socio-politiques graves, car, par delà les différences inhérentes à toute société, il faut trouver les ressources de se forger une force identitaire seule à même de nous permettre de consacrer l’essentiel de nos énergies au développement. Il eût été suicidaire de poursuivre sur la vie des querelles de chapelle, car, cette pratique prisée par nos politiques depuis le 3 janvier 1966 a beaucoup coûté à notre pays en termes de déstabilisation et de dénis de droits et de justice qui vont avec.
La déstabilisation s’accompagne, en effet, d’actions violentes qui engendrent sur la durée, ressentiments, haine et réflexes d’en découdre quelles que puissent être les conséquences. L’équilibre et la continuité de l’Etat ne peuvent se garantir que si l’ensemble des leaders d’opinion agissent dans la mesure et surtout dans la légalité républicaine.
La JNP ne devait donc pas servir uniquement à faire l’apologie des droits humains, mais aussi être une opportunité pour l’Etat, les politiques, la société civile, l’opinion publique de redonner un sens au mot devoir. Plus de «raison et de mesure» donc ce que nos coutumiers et nos religieux avaient rappelé pour justifier leur adhésion à cette journée. Car en définitive, l’Etat de droit exige aussi de ses membres beaucoup plus qu’ils ne le croient, à savoir être des acteurs du développement. Et c’est pour toutes ces raisons que le 30 mars 2001 peut être considéré comme une date historique.

Par Faèz

 
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