| JNP
: Portée historique d’une journée
Le
30 mars 2001, dans un stade du 4-Août archi-comble,
le peuple burkinabè dans toutes ses composantes, le
président du Faso, en tête, décidaient
après un moment d’introspection profonde et de recueillement
de se pardonner mutuellement et de se réconcilier avec
lui-même. Un exercice qui n’était pas loin d’être
une nécessité historique au regard du contexte
socio-politique du moment.
Faut-il le rappeler, le Faso vivait à
l’époque des moments de braise sur fond de «lutte
contre l’impunité» et de juridisme inopportun.
Le mouvement avait en effet pris source dans l’assassinat
tragique de notre confrère Norbert ZONGO, le 13 décembre
1998. Un assassinat que certaines chapelles politiques et
«officines»
de droits humains mettront sur le compte de la IVe République
sur la base d’un rapport qui n’avait déterminé
que des «suspects sérieux»
dans le cadre de cette affaire. Cela suffira pour «mettre
le feu» au Faso, au point que les institutions républicaines
ont tremblé dans leurs fondements. Elles trouveront
cependant la force et le courage de sortir indemnes de la
bourrasque et le président du Faso pouvait alors, dans
son discours historique du 20 mai 1999, appelé à
cette lutte salvatrice pour notre «maison
commune». Une lutte à laquelle adhèreront
donc toutes les composantes de la société, convaincues
qu’elles étaient que la stabilité et la paix
sociale constituent les fondements essentiels de la démocratie.
Il fallait agir à minimiser les sources de nuisances
à cette paix sociale et conséquemment à
préserver notre maison commune. Un nouveau pacte social
s’imposait nécessairement après deux années
de troubles socio-politiques graves, car, par delà
les différences inhérentes à toute société,
il faut trouver les ressources de se forger une force identitaire
seule à même de nous permettre de consacrer l’essentiel
de nos énergies au développement. Il eût
été suicidaire de poursuivre sur la vie des
querelles de chapelle, car, cette pratique prisée par
nos politiques depuis le 3 janvier 1966 a beaucoup coûté
à notre pays en termes de déstabilisation et
de dénis de droits et de justice qui vont avec.
La déstabilisation s’accompagne, en effet, d’actions
violentes qui engendrent sur la durée, ressentiments,
haine et réflexes d’en découdre quelles que
puissent être les conséquences. L’équilibre
et la continuité de l’Etat ne peuvent se garantir que
si l’ensemble des leaders d’opinion agissent dans la mesure
et surtout dans la légalité républicaine.
La JNP ne devait donc pas servir uniquement à faire
l’apologie des droits humains, mais aussi être une opportunité
pour l’Etat, les politiques, la société civile,
l’opinion publique de redonner un sens au mot devoir. Plus
de «raison et de mesure»
donc ce que nos coutumiers et nos religieux avaient rappelé
pour justifier leur adhésion à cette journée.
Car en définitive, l’Etat de droit exige aussi de ses
membres beaucoup plus qu’ils ne le croient, à savoir
être des acteurs du développement. Et c’est pour
toutes ces raisons que le 30 mars 2001 peut être considéré
comme une date historique.
Par Faèz
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