| Le
doigt accusateur du SYNTAP
«Les
problèmes que rencontre la filière coton dans
notre pays ne sont pas ceux qu’on présente tous les
jours aux différentes concertations avec les producteurs
et les partenaires». C’est
en substance ce qui ressort de la conférence de presse
organisée le 02 mai dernier au centre de presse Norbert
ZONGO par le Syndicat des travailleurs de l’agropastoral (SYNTAP).
Après avoir dressé un tableau
sombre de la filière coton burkinabè, le SYNTAP,
par la voix de son secrétaire général,
Ousmane TIENDREBEOGO pointe un doigt accusateur sur la SOFITEX
et surtout sur l’Union nationale des producteurs de coton
du Burkina, (UNPCB). Pour M. Tiendrebeogo, l’UNPCB censé
dès le départ défendre les producteurs
est aujourd’hui inféodé à la SOFITEX,
donc «disqualifié» pour les défendre.
Il en est de même pour la Confédération
paysanne du Faso (CPF) qui selon lui est dirigée par
les mêmes personnes donc une «extension»
de l’UNPCB. Mais que reproche exactement le Syndicat à
la SOFITEX et à l’UNPCB ? M. TIENDREBEOGO cite entre
autres, le problème des intrants, de l’enlèvement
tardif du coton, les mauvaises graines pour la semence, la
privatisation de la SOFITEX, la question du coton transgènique,
le mutisme de l’UNPCB…
A en croire le SYNTAP, la SOFITEX et l’UNPCB forment un «réseau»
qui s’enrichit sur le dos des producteurs. C’est pourquoi,
il propose la dissolution de l’UNPCB et des réparations
pour les producteurs. Le Syndicat n’est pas aussi satisfait
des explications données par le Premier ministre le
14 avril dernier, sur les retards observés dans l’enlèvement
du coton, mais, note le syndicat, «le Premier ministre
n’est pas lui sur le terrain, il a du être trompé
par ceux qui ont donné l’information». Toujours
selon le SYNTAP, les chiffres donnés par la SOFITEX
sur la production de cette année ont été
gonflés à dessein pour cacher les vrais problèmes
que les producteurs rencontrent. Mais pourquoi le syndicat
ne pose pas ses problèmes lors des forums de la SOFITEX
ou même lors des rencontres entre le président
du Faso et les producteurs ? Pour le SYNTAP, c’est l’UNPCB
et la CPF qui ont droit à la parole ce qui fait que
le syndicat n’est jamais convié aux rencontres. Comme
solution, le SYNTAP, propose le maintien du prix du coton
à 210F, la réduction des prix des intrants,
la réorganisation du transport du coton et l’arrêt
de la privatisation de la SOFITEX, la dissolution de l’UNPCB…
Les journalistes qui ont cherché à connaître
le nombre des militants du syndicat et son poids national
réel n’ont pas eu de réponse. Doit-on conclure
que le SYNTAP ne «pèse» pas plus qu’un
kilo de coton, premier choix ? En tous les cas des critiques
ont été faites et des problèmes posés.
Il appartient aux principaux concernés de «réagir»
pour situer définitivement l’opinion publique. Il va
de la renommée de la SOFITEX et de l’UNPCB.
par Ben Alex Béogo
Retour au sommaire
|