L'opinion N°396
du 04 au 10 mai 2005

ACTUALITE

Filière coton

Le doigt accusateur du SYNTAP

«Les problèmes que rencontre la filière coton dans notre pays ne sont pas ceux qu’on présente tous les jours aux différentes concertations avec les producteurs et les partenaires». C’est en substance ce qui ressort de la conférence de presse organisée le 02 mai dernier au centre de presse Norbert ZONGO par le Syndicat des travailleurs de l’agropastoral (SYNTAP).

Après avoir dressé un tableau sombre de la filière coton burkinabè, le SYNTAP, par la voix de son secrétaire général, Ousmane TIENDREBEOGO pointe un doigt accusateur sur la SOFITEX et surtout sur l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina, (UNPCB). Pour M. Tiendrebeogo, l’UNPCB censé dès le départ défendre les producteurs est aujourd’hui inféodé à la SOFITEX, donc «disqualifié» pour les défendre. Il en est de même pour la Confédération paysanne du Faso (CPF) qui selon lui est dirigée par les mêmes personnes donc une «extension» de l’UNPCB. Mais que reproche exactement le Syndicat à la SOFITEX et à l’UNPCB ? M. TIENDREBEOGO cite entre autres, le problème des intrants, de l’enlèvement tardif du coton, les mauvaises graines pour la semence, la privatisation de la SOFITEX, la question du coton transgènique, le mutisme de l’UNPCB…
A en croire le SYNTAP, la SOFITEX et l’UNPCB forment un «réseau» qui s’enrichit sur le dos des producteurs. C’est pourquoi, il propose la dissolution de l’UNPCB et des réparations pour les producteurs. Le Syndicat n’est pas aussi satisfait des explications données par le Premier ministre le 14 avril dernier, sur les retards observés dans l’enlèvement du coton, mais, note le syndicat, «le Premier ministre n’est pas lui sur le terrain, il a du être trompé par ceux qui ont donné l’information». Toujours selon le SYNTAP, les chiffres donnés par la SOFITEX sur la production de cette année ont été gonflés à dessein pour cacher les vrais problèmes que les producteurs rencontrent. Mais pourquoi le syndicat ne pose pas ses problèmes lors des forums de la SOFITEX ou même lors des rencontres entre le président du Faso et les producteurs ? Pour le SYNTAP, c’est l’UNPCB et la CPF qui ont droit à la parole ce qui fait que le syndicat n’est jamais convié aux rencontres. Comme solution, le SYNTAP, propose le maintien du prix du coton à 210F, la réduction des prix des intrants, la réorganisation du transport du coton et l’arrêt de la privatisation de la SOFITEX, la dissolution de l’UNPCB… Les journalistes qui ont cherché à connaître le nombre des militants du syndicat et son poids national réel n’ont pas eu de réponse. Doit-on conclure que le SYNTAP ne «pèse» pas plus qu’un kilo de coton, premier choix ? En tous les cas des critiques ont été faites et des problèmes posés. Il appartient aux principaux concernés de «réagir» pour situer définitivement l’opinion publique. Il va de la renommée de la SOFITEX et de l’UNPCB.

par Ben Alex Béogo

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