L'opinion N°396
du 04 au 10 mai 2005

ACTUALITE

Education des filles

L’engagement des Gouverneurs

Les Gouverneurs des régions tiennent à s’impliquer fortement dans l’accélération de l’éducation des filles. Ils se sont ainsi retrouvés en conférence à Kaya, le vendredi 29 avril 2005 pour se doter d’une stratégie de travail dans ce sens.

Une vue des aprticipants à l'ouverture

C’est le ministre de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation, M. Mathieu OUEDRAOGO, qui a ouvert les travaux de cette conférence des Gouverneurs sur l’éducation des filles en présence de son collègue Laurent SEDOGO, ministre de l’Environnement et du Cadre de vie ainsi que celle de la représentante de l’UNICEF, Mme Joan FRENCH. Dans son introduction, M. Mathieu OUEDRAOGO s’est réjoui de l’opportunité de cette rencontre pour discuter d’un problème aussi important qu’est l’éducation des filles ; car éduquer une fille c’est éduquer une nation. L’initiative, à son avis, est une vraie synergie pour l’accélération de l’éducation des filles. Il a par ailleurs ajouté que le thème est une des composantes les plus importantes du PDDEB.
Pour Mme Joan FRENCH, représentante de l’UNICEF au Burkina, les Gouverneurs, en tant que premiers responsables des actions de développement dans les régions, peuvent jouer un rôle primordial dans la promotion de cette éducation, notamment en participant à la mobilisation sociale. En effet, les plus importantes stratégies devraient être orientées vers le maintien et le renforcement du rythme de la mobilisation sociale qui a permis d’enregistrer beaucoup d’avancées significatives en matière de scolarisation des filles. Cette mobilisation sociale permettra non seulement d’inscrire un plus grand nombre de filles à l’école mais, également et surtout de les y maintenir. Cette conférence est également pour permettre aux Gouverneurs de cibler les facteurs néfastes tels le mariage précoce et les travaux domestiques excessifs empêchant le maintien des filles à l’école, et de trouver des solutions pour permettre à celles-ci d’entrer dans leur droit à l’éducation. Le nombre de filles inscrites à l’école a augmenté de 38,4% en 2003-2004 contre 15,5% un an plut tôt. Ces bons chiffres, de l’avis de Joan FRENCH, ont permis d’atteindre en 2004 un taux brut d’admission (TBA) de 72,01% dont 76,35% pour les garçons et 67,52% pour les filles. Mais pour le ministre de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation, il faut arriver à transformer ce TBA en taux de scolarisation pour espérer atteindre les objectifs du PDDEB et ceux du millénaire.
Le ministre Mathieu OUEDRAOGO de l'Enseignement de Base a ouvert les travaux de cette conférence en compagnie de Mme Joan FRENCH, représentante de l'UNICEF au Burkina

L’UNICEF entend appuyer davantage le gouvernement dans la réalisation de cette œuvre commune en partenariat avec d’autres bailleurs de fonds et agences du système des Nations unies pour maximiser l’accès des filles à l’école à travers le plaidoyer, la prise en compte du genre, l’amélioration de la qualité, du contenu des programmes et de l’environnement physique de l’école. Il faut dire que de nombreuses actions ont été réalisées au Burkina Faso grâce au soutien de l’UNICEF pour la promotion de l’éducation des filles. On peut citer les écoles satellites, les CEBNF et les Bisongo. En plus de l’expérimentation de ces écoles et centres, l’UNICEF a contribué, toujours aux côtés du ministère de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation à la mobilisation sociale en faveur de l’éducation des filles, notamment par la réalisation de campagnes massives et le plaidoyer auprès des autorités politiques, religieuses et coutumières.
C’est toujours dans cette même optique que l’UNICEF a apporté son soutien total à la Direction pour la promotion de l’éducation des filles (DPEF) du ministère de l’Education de base et de l’Alphabétisation.
Cette conférence permet aux Gouverneurs d’adopter des stratégies telles que la réduction des disparités régionales, socio-économiques et de genres, et le renforcement du plaidoyer pour l’éducation des filles. Par le plaidoyer, l’UNICEF a également contribué à introduire les mesures incitatives qui comprennent celles appelées «discrimination positive » comme la suppression des frais d’inscription et des cotisations pour les filles à l’école depuis la rentrée 2003-2004. Des kits scolaires ont été également distribués aux filles comprenant des cartables et des livres dans le cadre de l’approche «Urgence positive » pour l’accélération des filles, priorité n°1 de l’UNICEF et qui est un des chevaux de bataille du gouvernement burkinabè.

Par Drissa TRAORE

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