L'opinion N°396
du 04 au 10 mai 2005

ACTUALITE

Présidentielle togolaise

La position de l’UIDH

La crise consécutive à l’élection présidentielle du 24 avril 2005 au Togo a fait sortir l’UIDH de sa réserve. Avec l’association « survie » basée en France et qui était au Togo pour l’observation des élections, les deux structures ont donné leur lecture de la situation qui prévaut dans ce pays. C’était lors d’une conférence de presse donnée le 28 avril 2005 au siège de l’UIDH.

Halidou OUEDRAOGO, président de l'IUDH

« Le scrutin présidentiel du 24 avril 2005 s’est transformé en une vaste opération de manipulation, selon les observateurs indépendants et crédibles présents à Lomé. Les faits suivants démontrent la préparation et la mise en œuvre de la mascarade électorale » a déclaré Me Halidou OUEDRAOGO, président de l’UIDH.
De ces faits, l’on note entre autres l’interdiction pour les médias privés de couvrir les deux dernières semaines de la campagne électorale, le refus du gouvernement togolais d’intégrer des représentants des partis d’opposition dans les instances locales de révision des listes et de distribution des cartes opérées au strict profit du candidat du parti au pouvoir, le refus du gouvernement togolais de permettre la présence des représentants de l’opposition dans les bureaux de vote pour participer au contrôle des opérations de vote, le saccage du centre informatique de contrôle du candidat de l’opposition sans oublier la saisie et la destruction d’urnes par des éléments de l’armée etc…
Pour arriver à ce triste constat, l’UIDH s’est associée à l’Association « survie » et à d’autres structures de la société civile pour être sur le terrain avec les acteurs de la société civile togolais, afin de voir et entendre le peuple togolais et être à même de témoigner de ses légitimes aspirations.

Les constats des observateurs

La mission des observateurs consistait notamment à suivre l’évolution de la situation au Togo durant le processus électoral. Pour l’Association « survie », rarement, le peuple togolais s’est mobilisé comme le 24 avril pour participer à un scrutin. En plus de cette mobilisation, les observateurs auront constaté l’impossibilité pour la grande majorité des jeunes ayant récemment accédé au statut d’électeur de s’inscrire sur les listes électorales, une remarquable organisation de la société civile togolaise pour suivre le déroulement du scrutin sur toute l’étendue du territoire national et recueillir les résultats des 5300 bureaux de vote et ce malgré la loi électorale qui exclut les nationaux de l’équipe des observateurs. Du déroulement du scrutin, il est revenu que la coupure brutale du réseau téléphonique du Togo survenue vers 18 heures suivie de la mise hors service d’internet dans tout le pays sont autant de signes qui ne trompent pas quant à la volonté des autorités du pays de tripatouiller les résultats du scrutin. Au regard de tout ce qui précède, l’UIDH et ses partenaires refusent de cautionner «cette mascarade électorale» et exhortent la communauté internationale à agir pour permettre l’organisation de nouvelles élections présidentielles. Cette position de l’UIDH et de ses partenaires se justifie aux regards de la situation qui prévaut au Togo et de l’incapacité de la CEDEAO d’instaurer le changement souhaité par les Togolais.
Selon Me Halidou OUEDRAOGO toute cette mascarade électorale est le fruit du travail « d’un juriste de saison» qui a «traficoté» la constitution togolaise avec l’aide de la France «qui comme toujours, quand il s’agit de la défense de son précarré africain, fait preuve d’une myopie, politique en soutenant des causes et des personnes peu recommandables ». «Tous les démocrates sincères, dira Halidou OUEDRAOGO, et les dignes fils de l’Afrique doivent une attention particulière à ce qui se passe au Togo». L’implication de la CEDEAO dans la crise togolaise pour trouver des solutions de paix confortera très certainement l’UIDH dans sa position.

par Frédéric ILBOUDO

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