| La
position de l’UIDH
La crise consécutive à
l’élection présidentielle du 24 avril 2005 au
Togo a fait sortir l’UIDH de sa réserve. Avec l’association
« survie » basée en France et qui était
au Togo pour l’observation des élections, les deux
structures ont donné leur lecture de la situation qui
prévaut dans ce pays. C’était lors d’une conférence
de presse donnée le 28 avril 2005 au siège de
l’UIDH.
Halidou
OUEDRAOGO, président de l'IUDH
« Le scrutin
présidentiel du 24 avril 2005 s’est transformé
en une vaste opération de manipulation, selon les observateurs
indépendants et crédibles présents à
Lomé. Les faits suivants démontrent la préparation
et la mise en œuvre de la mascarade électorale »
a déclaré Me Halidou OUEDRAOGO, président
de l’UIDH.
De ces faits, l’on note entre autres l’interdiction pour les
médias privés de couvrir les deux dernières
semaines de la campagne électorale, le refus du gouvernement
togolais d’intégrer des représentants des partis
d’opposition dans les instances locales de révision
des listes et de distribution des cartes opérées
au strict profit du candidat du parti au pouvoir, le refus
du gouvernement togolais de permettre la présence des
représentants de l’opposition dans les bureaux de vote
pour participer au contrôle des opérations de
vote, le saccage du centre informatique de contrôle
du candidat de l’opposition sans oublier la saisie et la destruction
d’urnes par des éléments de l’armée etc…
Pour arriver à ce triste constat, l’UIDH s’est associée
à l’Association « survie » et à
d’autres structures de la société civile pour
être sur le terrain avec les acteurs de la société
civile togolais, afin de voir et entendre le peuple togolais
et être à même de témoigner de ses
légitimes aspirations.
Les constats des observateurs
La mission des observateurs consistait notamment
à suivre l’évolution de la situation au Togo
durant le processus électoral. Pour l’Association «
survie », rarement, le peuple togolais s’est mobilisé
comme le 24 avril pour participer à un scrutin. En
plus de cette mobilisation, les observateurs auront constaté
l’impossibilité pour la grande majorité des
jeunes ayant récemment accédé au statut
d’électeur de s’inscrire sur les listes électorales,
une remarquable organisation de la société civile
togolaise pour suivre le déroulement du scrutin sur
toute l’étendue du territoire national et recueillir
les résultats des 5300 bureaux de vote et ce malgré
la loi électorale qui exclut les nationaux de l’équipe
des observateurs. Du déroulement du scrutin, il est
revenu que la coupure brutale du réseau téléphonique
du Togo survenue vers 18 heures suivie de la mise hors service
d’internet dans tout le pays sont autant de signes qui ne
trompent pas quant à la volonté des autorités
du pays de tripatouiller les résultats du scrutin.
Au regard de tout ce qui précède, l’UIDH et
ses partenaires refusent de cautionner «cette mascarade
électorale» et exhortent la communauté
internationale à agir pour permettre l’organisation
de nouvelles élections présidentielles. Cette
position de l’UIDH et de ses partenaires se justifie aux regards
de la situation qui prévaut au Togo et de l’incapacité
de la CEDEAO d’instaurer le changement souhaité par
les Togolais.
Selon Me Halidou OUEDRAOGO toute cette mascarade électorale
est le fruit du travail « d’un juriste de saison»
qui a «traficoté» la constitution togolaise
avec l’aide de la France «qui comme toujours, quand
il s’agit de la défense de son précarré
africain, fait preuve d’une myopie, politique en soutenant
des causes et des personnes peu recommandables ». «Tous
les démocrates sincères, dira Halidou OUEDRAOGO,
et les dignes fils de l’Afrique doivent une attention particulière
à ce qui se passe au Togo». L’implication de
la CEDEAO dans la crise togolaise pour trouver des solutions
de paix confortera très certainement l’UIDH dans sa
position.
par Frédéric ILBOUDO
Retour au sommaire
|