| Pas
de publicité gratuite
A l’instar des autres travailleurs
du monde entier, les travailleurs burkinabè ont célébré
à leur manière et selon leur réalité,
la fête du Travail. Pour ce 1e -Mai 2005 ils ont choisi
de durcir le ton avec le gouvernement. Le cahier de doléance
sera remis par voie administrative, histoire pour eux de ne
pas prêter le flanc a un coup médiatique alors
que leurs revendications restent en l’état.
Quelques
responsables syndicaux lors de la rencontre avec le président
du Faso à Ouaga 2000.
Pour Tolé SAGNON et ses camardes,
remettre le cahier de doléances, comme à l’accoutumée
au gouvernement via le ministre du Travail, revient à
offrir une publicité gratuite au gouvernement «qui
n’en mérite pourtant pas». Pour les voir «s’afficher»
avec le gouvernement, il faut que la plate-forme revendicative
qui tient en 9 points connaisse un début de traitement.
Pire ils menacent d’obsever en une grève le 10 mai
prochain si «le conclave» avec le gouvernement
prévu pour le 6 mai prochain ne donne pas «de
fumée blanche», synonyme que les points concertant
l’augmentation des salaires à 25% et les autres points
seront traités au mieux. Joseph TIENDREBEOGO du CNLS/FO
lui a enfoncé le clou lors d’une interview qu’il a
accordée à notre confrère de Canal 3.
«Le relèvement des salaires fait par le président
Blaise COMPAORE (4 à 8% n’intéresse que les
travailleurs du public. Pourtant cette mesure présidentielle
devait s’étendre à tous les travailleurs, notamment
ceux du privé qui vivent les mêmes conditions
sinon pires que les agents du public».
C’est donc un dialogue de sourds qui est engagé entre
gouvernement et syndicats. En attendant, la grève du
10 mai reste maintenue, les travailleurs estimant que la «quasi-totalité
des réponses du gouvernement sont négatives».
«La plus belle femme du monde ne peut donner que ce
qu’elle a» nous dit l’adage. Le gouvernement selon Alain
Ludovic TOU fait de son mieux et reste ouvert au dialogue.
Seul le dialogue en effet entre les deux parties peut aider
à regarder ensemble dans la même direction. Mais
y a-t-il vraiment dialogue quand les travailleurs traitent
l’attitude du gouvernement «de dialatoire». Les
syndicats disent disposés au dialogue social : «mais
cela ne va pas sans un minimum de prudence, traduite par une
mise en garde ; il doit s’agir d’un dialogue franc qui recherche
effectivement des solutions aux problèmes posés».
Selon Tolé SAGNON, le cahier de doléances 2005
reprend pour l’essentiel des revendications de 2004 et des
années antérieures. Doléances qui concernent
le pouvoir d’abord et les conditions de travail, la privatisation
et la liquidation des sociétés, les libertés
démocratiques et syndicales, et enfin l’impunité
et la gestion de la chose publique.
par Frédéric ILBOUDO
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