L'opinion N°395
du 27 avril au 03 mai 2005

ACTUALITE

Fête du Travail

Pas de publicité gratuite

A l’instar des autres travailleurs du monde entier, les travailleurs burkinabè ont célébré à leur manière et selon leur réalité, la fête du Travail. Pour ce 1e -Mai 2005 ils ont choisi de durcir le ton avec le gouvernement. Le cahier de doléance sera remis par voie administrative, histoire pour eux de ne pas prêter le flanc a un coup médiatique alors que leurs revendications restent en l’état.

Quelques responsables syndicaux lors de la rencontre avec le président du Faso à Ouaga 2000.

Pour Tolé SAGNON et ses camardes, remettre le cahier de doléances, comme à l’accoutumée au gouvernement via le ministre du Travail, revient à offrir une publicité gratuite au gouvernement «qui n’en mérite pourtant pas». Pour les voir «s’afficher» avec le gouvernement, il faut que la plate-forme revendicative qui tient en 9 points connaisse un début de traitement. Pire ils menacent d’obsever en une grève le 10 mai prochain si «le conclave» avec le gouvernement prévu pour le 6 mai prochain ne donne pas «de fumée blanche», synonyme que les points concertant l’augmentation des salaires à 25% et les autres points seront traités au mieux. Joseph TIENDREBEOGO du CNLS/FO lui a enfoncé le clou lors d’une interview qu’il a accordée à notre confrère de Canal 3. «Le relèvement des salaires fait par le président Blaise COMPAORE (4 à 8% n’intéresse que les travailleurs du public. Pourtant cette mesure présidentielle devait s’étendre à tous les travailleurs, notamment ceux du privé qui vivent les mêmes conditions sinon pires que les agents du public».
C’est donc un dialogue de sourds qui est engagé entre gouvernement et syndicats. En attendant, la grève du 10 mai reste maintenue, les travailleurs estimant que la «quasi-totalité des réponses du gouvernement sont négatives». «La plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a» nous dit l’adage. Le gouvernement selon Alain Ludovic TOU fait de son mieux et reste ouvert au dialogue. Seul le dialogue en effet entre les deux parties peut aider à regarder ensemble dans la même direction. Mais y a-t-il vraiment dialogue quand les travailleurs traitent l’attitude du gouvernement «de dialatoire». Les syndicats disent disposés au dialogue social : «mais cela ne va pas sans un minimum de prudence, traduite par une mise en garde ; il doit s’agir d’un dialogue franc qui recherche effectivement des solutions aux problèmes posés». Selon Tolé SAGNON, le cahier de doléances 2005 reprend pour l’essentiel des revendications de 2004 et des années antérieures. Doléances qui concernent le pouvoir d’abord et les conditions de travail, la privatisation et la liquidation des sociétés, les libertés démocratiques et syndicales, et enfin l’impunité et la gestion de la chose publique.

par Frédéric ILBOUDO

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