| “Transition
“douloureuse”
Feu
Général Eyadema
La succession
d’EYADEMA dont la mort avait été annoncée
par les autorités togolaises comme une «catastrophe
nationale», a nécessité l’implication
de la communauté internationale pour un «habillage»
constitutionnel tant elle avait pris l’allure de coup de force.
Une succession qui a failli embraser tout le Togo.
Certains analystes politiques avaient redouté
une fin de régime difficile au Togo tant la disparition
d’EYADEMA qui a régné pendant 38 années
ouvrait le pays à un risque de spirale de violences.
Toute chose qui affecterait davantage l’économie de
la sous-région ouest-africaine.
Décédé samedi 5 février dans la
matinée, la mort du général-président
est annoncée autour de 19 heures et dès 20h
30 l’armée décide de confier le pouvoir à
son fils Faure GNASSINGBE.
Cette attitude des militaires dont le rôle est plutôt
la sécurisation du territoire, a été
perçue par la communauté internationale (Union
africaine, Union européenne, CEDEAO, les Etats-Unis
d’Amérique, etc.) comme un coup de force car faisant
entorse à la constitution du pays. Tout en condamnant
cette force de succession faite au grand dam de la loi fondamentale,
elle a sommé le fils du défunt au respect de
l’ordre constitutionnel. Malgré quelques tentatives
d’amener certains chefs d’Etat à reconnaître
son régime, Faure n’a pu obtenir aucun soutien officiel.
Et la pression de la communauté internationale s’accentuait
davantage.
En effet, les chefs d’Etat de la CEDEAO tiennent un sommet
extraordinaire le 9 février à Niamey. Ils demandent
la démission de Faure, la restauration du pouvoir au
président de l’Assemblée nationale qui va assurer
la transition tout en engageant un dialogue politique pour
préparer les élections. Cette option est soutenue
par l’Union africaine qui avait aussi l’occasion de fortifier
son image d’institution continentale qui ne badine pas avec
les règles démocratiques.
Faute d’obtempérer, la décision est de suspendre
le pays des instances de la CEDEAO, de l’UEMOA, de l’Union
africaine mais aussi d’inviter les partenaires au développement
à la suspension de leurs interventions au Togo. Le
Conseil permanent de la Francophonie, composé des représentants
personnels des 53 chefs d’Etat et de gouvernement des pays
membres de l’Organisation internationale de la Francophonie
(OIF), lui, a pris le devant en suspendant la participation
du Togo dans les instances de l’OIF ainsi que la coopération
multilatérale.
Prenant la mesure de son isolement, Faure «capitule».
La légalité constitutionnelle se met en branle
mais pas de façon formelle telle que souhaitée
par la CEDEAO d’autant que le chef du Parlement déchu,
Fambaré NATCHABA, ne sera pas restauré. La transition
du pouvoir est confiée à Abass BONFOH, élu
entre temps nouveau président de l’Assemblée
nationale.
L’opposition qui avait dénoncé l’adoubement
de Faure par l’armée, face au refus catégorique
du président intérimaire et de la CEDEAO de
reporter les élections pour ne pas enfreindre encore
à la constitution et pour ne pas donner l’impression
de vouloir une chose et son contraire, décide de participer
aux élections organisées le 24 avril.
Ces élections entachées de fraudes et de sang
ont été largement remportées par Faure
Gnassingbé avec 60,22 % des voix. Le mercredi 4 mai,
il prête serment et revêt donc de l’écharpe
de président de la République du Togo. Il a
39 ans.
On le dit discret et affable. Pourra-t-il utiliser à
bon escient ces qualités pour donner un nouveau souffle
à son pays, au bord du chaos politique et dans le gouffre
économique à cause des sanctions de l’Union
européenne depuis plus de dix ans ? Ses premiers pas
sont plutôt rassurants.
par Drissa TRAORE
Entre deux maux…
Gilcrist
OLYMPIO
Au Togo, le
scrutin présidentiel n’est plus qu’un mauvais souvenir
dont l’évocation donne certainement des frissons à
bon nombre de militants et leaders de l’Opposition. La réalité
en tous cas dépasse leur entendement : Faure EYADEMA
et le RPT conduiront les affaires pour les cinq (5) ans à
venir.
La coalition de l’Opposition qui s’était
opposée à la tenue du scrutin pour finalement
battre campagne et y prendre part, doit maintenant en tirer
les conséquences et préparer l’avenir.
En effet, au regard des positions, quoique ambiguës de
la communauté internationale et surtout des pays de
la sous-région, ont peut affirmer, sans risque de se
tromper, que le sort du Togo est jeté et que Faure
EYADEMA contre-vents et marées est bien parti pour
diriger le pays. N’a -t’il d’ailleurs pas prêté
serment comme président du Togo, donc président
de tous les Togolais ?
Du coup, on ne peut que penser aux pauvres militants de l’Opposition
qui, dopés et aveuglés par les discours politiques
appelant à la révolte et à l’insurrection,
ont été massacrés, le pire des cas ou
forcés à l’exil. Et alors se pose la question
toute simple : la coalition avait-elle vraiment besoin de
provoquer autant de dégâts pour des prunes, sinon
rien ? Avec du recul, elle répondra certainement elle-même
par la négative. Mais quelle pensée pour ces
pauvres bougres de militants fanatisés, fauchés
dans la rixe ? Il n’y a pas à se leurrer, seuls leurs
parents pleureront leur saoul. Ce sont des martyrs de la lutte
pour la démocratie comme bien d’autres anonymes avant
eux ! C’est ainsi partout. La situation finit toujours par
se tasser surtout si aucun des responsables de cette situation
n’est porté disparu, et la vie poursuit son cours,
les « aménagements » politiques se font,
on les boude puis on y adhère jusqu’à la prochaine
crise socio-politique majeure qui requerra l’appel à
descendre dans la rue !
Tout compte fait, le scrutin présidentiel togolais,
au résultat qui du reste ne pouvait surprendre que
ceux qui voulaient l’être, a été fort
éprouvant pour le peuple togolais, grand perdant :
près de 20 000 réfugiés au Bénin
et au Ghana, plus de 100 morts. Ceci n’interpelle t-il pas
les hommes politiques africains qui doivent être moins
infantiles dans leurs combats pour la conquête du pouvoir
? Nos peuples ont trop souffert.
Et il ne faudra pas que par la faute de quelques assoiffés
ou imbus du pouvoir, on finisse par donner raison à
ceux qui ont toujours soutenu que l’Afrique est maudite, confortés
en cela par les massacres « d’origine politique »
perpétrés en Côte d’Ivoire, au Libéria,
en Sierra Léone, en RDC, au Rwanda…
Yao
AGBOYIBOR
Voir l’avenir
La coalition de l’Opposition togolaise qui pour le moment
semble rejeter catégoriquement l’idée d’un gouvernement
d’union nationale et de réconciliation, doit mettre
de l’eau dans son vin. Il est maintenant admis qu’elle ne
peut plus rien changer dans les résultats du scrutin
présidentiel. C’est pourquoi, si elle veut vraiment
aider le Togo et les Togolais, elle doit à présent
poser des actes à même de contribuer à
la réconciliation nationale, à l’installation
d’une vraie démocratie, à l’émergence
d’une nouvelle mentalité citoyenne expurgée
des « germes » d’exclusion mutuelle que près
d’un demi-siècle de pérégrinations politiciennes
a semé en tous les habitants de ce pays. Un travail
énorme qui doit être son leit-motiv mais qui
ne l’empêchera pas de se préparer et maintenant
dans un climat serein pour les prochains scrutins.
Ce qu’elle ne peut réussir hors du gouvernement.
L’objectif d’un Togo apaisé, résolument tourné
vers l’avenir passe donc par un gouvernement regroupant toutes
les sensibilités politiques. L’Opposition peut-elle
engranger de bons résultats aux législatives
à venir si elle est hors du gouvernement ?
Pas si sûr. Comme le philosophe qui conseille qu’il
faut collaborer avec l’ennemi pour connaître ses faiblesses
et même l’embrasser à chaque occasion, pour un
jour l’étouffer par ce fait, on ne peut qu’appeler
la coalition à participer au gouvernement. Ce sera
pour elle un tremplin non négligeable pour le futur.
Le Togo a assez souffert.
Et il est temps que les hommes politiques togolais acceptent
que les choses doivent changer dans leurs têtes et dans
leurs actes quotidiens.
Le Togo a besoin d’un nouveau départ. C’est maintenant
l’occasion ou jamais.
par Ben Alex Béogo
Vers un gouvernement
d’union nationale ?
Le
fils de son père, Faure Gnassingbé a prêté
serment il y a une décade après une élection
présidentielle togolaise controversée et sanglante.
L’Opposition qui avait rué dans les brancards gagnerait
dorénavant à jouer l’ouverture politique qui
pourrait être source de grands bénéfices
pour elle dans un proche avenir.
L’Opposition togolaise a-t-elle fait le bon
choix en tentant un bras de fer avec Faure Gnassingbé
au lendemain du scrutin du 24 avril 2005 qui a proclamé
ce dernier vainqueur ? La question n’est pas superfétatoire
si tant est qu’à l’analyse de ses forces et faiblesses,
cette Opposition n’était pas à même de
sortir vainqueur de cette épreuve de force. Laminée
par Eyadéma père qui s’est servi d’elle jusqu’à
plus soif, divisée par des querelles intestines, n’ayant
pas ou prou une emprise réelle sur les « masses
populaires » l’Opposition togolaise a quelque peu présumé
de ses forces en s’inscrivant dans ce scénario à
la malgache. Si Marc RAVALOMANANA a pu « débouter
» Didier RATSIRAKA du pouvoir, c’est bien parce que
l’Opposition était unie, que le peuple avait «
marre » du capitaine de frégate mais aussi et
surtout parce que la culture politique de la base pouvait
permettre aux leaders de tenir la route. Au Togo, rien de
tout cela, car la chape de plomb d’Eyadéma-père
avait infantilisé le peuple togolais qui dans sa majorité
refusait consciemment de parler de la chose politique. La
phobie était telle qu’à l’évocation du
nom d’Eyadéma, certains Togolais préféraient
prendre leurs cliques et leurs claques pour aller voir ailleurs.
L’ombre du Timonier faisait peur, tant lui-même s’était
illustré parmi les dictateurs africains en privilégiant
le dialogue ( ?) des armes au débat démocratique.
Avec un peuple sortant d’une si longue nuit, on ne pouvait
pas faire grand’chose et l’Opposition a été
un peu prétentieuse en prétendant compter sur
lui. Une Opposition par ailleurs minée par des querelles
intestines, le voyage en solitaire de Gilchrist OLYMPIO à
Abuja, pour y rencontrer Faure Gnassingbé sous l’égide
d’Olésegun Obasango étant illustrative de cette
assertion.
Faure a les cartes en main
Et puis, Faure avait déjà préparé
son coup à la veille des élections en se taillant
des Opposants sur mesure prêts à donner une couleur
démocratique au scrutin. Parmi ces Opposants-tartufes,
Tony LAWSON et Henri OLYMPIO qui ont tenu mordicus à
participer à ce scrutin biaisé, même si
le dernier nommé s’est retiré après la
d’émission spectaculaire du ministre de l’Intérieur
Esso-Boro. Le ver était déjà dans le
fruit, en témoignent les appels à la réconciliation
nationale lancés par les deux hommes au lendemain du
scrutin. Et puis Faure Gnassingbé qui s’inscrivait
dans le courant des rénovateurs du RPT pouvait compter
sur le soutien implicite de Dahulere Pèré ancien
homme lige de son défunt père qui se situait
dans le même courant. Il ne restait plus au niveau de
l’Opposition « radicale » que des grosses pointures
( ?) Comme Yaovi AGBOYIBO, Edem KODJO et dans une moindre
mesure Agbéméya KODJO ex. Premier ministre d’Eyadéma,
autoproclamé lui-aussi rénovateur. Des hommes
en qui le peuple n’avait pas si confiance au point de se faire
tuer pour eux. Restait donc Gilcrist OLYMPIO qui traînait
le lourd handicap, de ne pas être bien imprégné
des réalités togolaises du fait d’un exil prolongé
et forcé. Quand la conscience collective n’est pas
« canalisée » par un leader charismatique,
elle s’étiole et c’est ce qui est arrivé au
Togo. Pour rebondir, il ne reste plus donc que la participation
à un gouvernement d’union nationale avec tout ce que
cela pourra engendrer en termes de visibilité et de
moyens. Ce d’autant qu’à l’externe, Faure Gnassingbé
bénéficie de soutiens multiformes avec le réseau
relationnel que son père a tissé en 38 ans de
règne et de l’immense cagnotte dont il dispose pour
imposer ses vues. Si l’Opposition, veut exister réellement,
elle doit préparer les législatives avec Faure
Gnassingbé tout en cultivant sa différence dans
le respect des règles démocratiques. Comme l’a
indiqué le Président du Faso, « Le Togo
sort d’un régime d’exception » avec tout ce que
cela a comme implication sur l’Opposition. Fini donc le patriotisme
de mauvais aloi encore moins de raideur politique.
L’Opposition doit plutôt participer à l’éducation
politique et citoyenne du peuple pour espérer un jour
en tirer des dividendes politiques. Autrement elle prolongera
dans sa longue nuit et celle du peuple.
par Alpha YAYA
Sauver les pays de
l’Interland
Bob
Akitani
Alors que le calme revient peu à
peu à Lomé, après les troubles meurtriers
qui ont secoué la capitale togolaise suite à
l’élection présidentielle du 24 avril, le Haut-commissariat
aux réfugiés (HCR), chiffre à 16 000
le nombre de réfugiés qui sont au Ghana et au
Bénin. La Suisse d’Afrique a manqué peu à
une insurrection populaire généralisée
ordonnée par les partisans de Gilchrist OLYMPIO.
Depuis le mardi 3 mai, la Cour constitutionnelle
togolaise a annoncé officiellement la victoire du candidat
du Rassemblement du peuple togolais, Faure GNASSINGBE. Le
fils de l’ancien président s’en sort avec plus de 60%
des voix contre 38% au candidat de la coalition d’Opposition
Bob Emmanuel AKITANI. Auparavant les politiques togolais ont
manqué de peu de s’inscrire dans les pages nobles de
l’histoire des transitions démocratiques. Les déficits
accumulés tant du côté du pouvoir que
de l’opposition ont failli mettre ce pays sur les rails d’un
désordre indescriptible. Nonobstant les écueils
de l’Union européenne et des USA, les grandes organisations
africaines (CEDEAO, U.A) ont homologué les résultats.
L’opposition radicale a envoyé ses militants à
la rue comme des agneaux sacrificiels de la démocratie.
Le climat était plus que tendu dans le landerneau politique
togolais. Les vautours ont survolé la capitale où
on dénombrait plus de 100 morts selon l’opposition
radicale. Cette situation inconcevable achève de convaincre
que l’Afrique de l’Ouest vit mal la démocratie.
La Côte d’Ivoire, le Libéria, la Sierra Léone,
la Guinée pour ne citer que ces pays vivent dans un
chaos socio-politique défigurant. Pour le cas togolais,
l’opinion internationale a multiplié les pressions
pour que le virus de la démolition ne s’empare pas
de ce petit pays. La France, la CEDEAO, l’UA et nombre de
pays ont salué la victoire de Faure et souhaité
que le Togo renoue avec le dialogue social. Le Burkina Faso,
même s’il ne s’est pas prononcé officiellement
compte tenu de la complexité du problème, suit
de près l’évolution de la situation. La crise
ivoirienne ayant été un coup dur pour notre
économie, nos autorités ne peuvent rester les
mains croisées face à une situation qui pourrait
encore lui causer préjudice. En ce sens, les autorités
burkinabè souhaitent que la situation redevienne à
la normale. La plupart des échanges commerciaux du
pays des hommes intègres se font à partir de
Lomé et du Ghana et en une moindre mesure de la Côte
d’Ivoire. Sur le plan commercial le corridor togolais est
très bénéfique pour notre pays en ce
sens que la plupart des marchandises passent par le port de
Lomé.
L’essor économique de notre pays reste intimement lié
à la stabilité d’un pays comme le Togo. Ainsi
pour des questions de géo-stratégies, Ouagadougou
ne peut effectuer une ingérence agaçante. Fort
de leur expérience démocratique, les autorités
burkinabè ne peuvent s’empêcher de donner des
conseils aux Togolais qui en demandent. Par contre le silence
actuel de Blaise COMPAORE est compréhensible car le
président n’a aucun intérêt à voir
Lomé en flammes et en sang. Ce sentiment est sans nul
doute partagé par le monde des affaires qui rallie
chaque jour la capitale togolaise pour importer ou exporter
les marchandises. En attendant le nouvel élan prône
le rassemblement de tous les Togolais. A peine installé,
Faure GNASSINGBE appelle ses concitoyens à la formation
d’un gouvernement d’union nationale. Gilchrist OLYMPIO aurait
accepté le principe mais se serait rétracté
par la suite. Les réticences de l’opposition togolaise
sont toujours manifestes si bien qu’on se demande comment
les politiciens togolais voient l’avenir de leur pays. Faut-il
continuer à jouer la politique de l’embrasement dans
un pays qui a soif de la démocratie et du développement
? L’Afrique de l’Ouest a tant souffert des séquelles
des troubles socio-politiques et le cas togolais mérite
de trouver une solution rapide. La communauté internationale
ne peut lâcher Lomé au nom du principe de la
non-ingérence. Elle doit plutôt aider le Togo
à rechercher les chemins d’une paix durable.
par Manu YABRE
Soutenir les Togolais
malgré tout
Jacques
Chirac, président Français
Le Togo a besoin
du soutien de son pays
L’Union européenne «a
pris note», la CEDEAO a cautionné, la France
quant à elle suit de près la situation. L’heure
est, et doit être à la mobilisation des efforts,
mais surtout des moyens pour sortir le pays de l’impasse.
Malgré donc toutes les divergences et les contradictions,
le Togo a besoin de l’appui de la Communauté internationale.
La victoire de Faure GNASSINGBE à
l’élection présidentielle togolaise du 24 février
2005 a déclenché de vives protestations dans
les rangs de l’opposition. Ces protestations ont engendré
des centaines de morts et des milliers de réfugiés
dans les pays voisins notamment le Bénin. Faure GNASSINGBE
a été élu avec plus de 60% des suffrages
contre 38% pour le candidat de la coalition de l’opposition,
Bob AKITANI.
Après les violences consécutives à la
proclamation des résultats, le calme semble être
revenu dans le pays.
Cette accalmie doit être mise à profit par les
Togolais, aidés en cela par la communauté internationale
pour trouver des points d’accords à leurs différends
et engager le pays sur le chemin de la paix et de la reconstruction
économique, politique et surtout sociale.
Construire la paix, le rôle
des institutions africaines
Il est clair que les contestations et les contradictions nées
de cette élection présidentielle du 24 avril
a rouvert dans le pays «une plaie» qui se cicatrisait
difficilement sous le régime de EYADEMA-père.
Aujourd’hui, la caution de la CEDEAO à cette élection
que ne contestera pas l’UA encore moins l’UEMOA doit être
un «passeport» pour ces institutions afin qu’elles
aide le Togo à poser les bases d’une paix durable.
Une paix construite de commun accord entre l’opposition et
le nouveau pouvoir avec leurs bénédictions et
appuis.
Seule une paix durable dans le pays peut servir de base à
tout dialogue inter togolais. L’Annonce du nouveau président
Faure GNASSINGBE d’ouvrir son gouvernement à l’opposition
doit être un signal fort basé sur la confiance
et le respect entre adversaire politique dont le seul but
reste la recherche de l’intérêt supérieur
des Togolais.
L’UA, la CEDEAO doivent user de tout leur poids pour influer
sur la marche du processus et faire pression au besoin sur
les protagonistes d’une scène politique très
fébrile qu’une quarantaine d’années de rancœur
a minée.
L’UEMOA, déjà diminuée fortement par
la crise ivoirienne, doit jouer un rôle qui doit aller
au-delà de l’observation.
Sa médiation eu égard à son statut «d’institution
de proximité» doit concilier aux mieux les positions
dans le but de relever la situation économique de la
sous-région. C’est la zone qui gagne mais plus encore,
des pays comme le Burkina, le Niger, le Mali, etc.…
Olésségun
Obasanjo,
la CEDEAO
a cautionné les élections du 24 avril
Construire l’économie, le
rôle de l’UE, de l’ONU et de la France
L’économie togolaise est en ruine, déjà
asphyxiée par le «sevrage» de l’aide internationale
en représailles de la fermeture démocratique
opérée par le régime de feu le Général
EYADEMA. La nouvelle situation politique, si elle est reconnue
comme acceptable puisque les élections malgré
les troubles ne peuvent être contestées aux résultats,
la perche doit être tendue aux nouvelles autorités
pour ne pas dire au peuple togolais qui est l’otage dans une
mouvance qu’il ne maîtrise pas.
Ce brave peuple qui n’a que trop souffert des meurtrissures
économiques du fait de la politique «butée»
de son ancien président doit recouvrer ses droits dans
le domaine de l’économie. Ainsi, un soutien économique
du pays par les bailleurs de fonds que sont l’Union européenne,
la France, la Banque mondiale, etc. s’impose.
Dépasser les divergences, les contradictions internes
et externes et aider les Togolais et les Togolaises à
se sortir du gouffre économique, politique et social,
telle doit être la mission première de la Communauté
internationale.
Camper sur ces contradictions, c’est enfoncer davantage le
pays dans le cratère de la pauvreté, de la misère
et du sous-développement.
Tourné dos au Togo aujourd’hui par un embargo ou par
une quelconque sanction, c’est faire plus de mal aux Togolais
qu’au régime établi.
par Frédéric ILBOUDO
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