L'opinion N°397
du 11 au 17 mai 2005

Dossier

Togo

“Transition “douloureuse”

Feu Général Eyadema

La succession d’EYADEMA dont la mort avait été annoncée par les autorités togolaises comme une «catastrophe nationale», a nécessité l’implication de la communauté internationale pour un «habillage» constitutionnel tant elle avait pris l’allure de coup de force. Une succession qui a failli embraser tout le Togo.

Certains analystes politiques avaient redouté une fin de régime difficile au Togo tant la disparition d’EYADEMA qui a régné pendant 38 années ouvrait le pays à un risque de spirale de violences. Toute chose qui affecterait davantage l’économie de la sous-région ouest-africaine.
Décédé samedi 5 février dans la matinée, la mort du général-président est annoncée autour de 19 heures et dès 20h 30 l’armée décide de confier le pouvoir à son fils Faure GNASSINGBE.
Cette attitude des militaires dont le rôle est plutôt la sécurisation du territoire, a été perçue par la communauté internationale (Union africaine, Union européenne, CEDEAO, les Etats-Unis d’Amérique, etc.) comme un coup de force car faisant entorse à la constitution du pays. Tout en condamnant cette force de succession faite au grand dam de la loi fondamentale, elle a sommé le fils du défunt au respect de l’ordre constitutionnel. Malgré quelques tentatives d’amener certains chefs d’Etat à reconnaître son régime, Faure n’a pu obtenir aucun soutien officiel. Et la pression de la communauté internationale s’accentuait davantage.
En effet, les chefs d’Etat de la CEDEAO tiennent un sommet extraordinaire le 9 février à Niamey. Ils demandent la démission de Faure, la restauration du pouvoir au président de l’Assemblée nationale qui va assurer la transition tout en engageant un dialogue politique pour préparer les élections. Cette option est soutenue par l’Union africaine qui avait aussi l’occasion de fortifier son image d’institution continentale qui ne badine pas avec les règles démocratiques.
Faute d’obtempérer, la décision est de suspendre le pays des instances de la CEDEAO, de l’UEMOA, de l’Union africaine mais aussi d’inviter les partenaires au développement à la suspension de leurs interventions au Togo. Le Conseil permanent de la Francophonie, composé des représentants personnels des 53 chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), lui, a pris le devant en suspendant la participation du Togo dans les instances de l’OIF ainsi que la coopération multilatérale.
Prenant la mesure de son isolement, Faure «capitule». La légalité constitutionnelle se met en branle mais pas de façon formelle telle que souhaitée par la CEDEAO d’autant que le chef du Parlement déchu, Fambaré NATCHABA, ne sera pas restauré. La transition du pouvoir est confiée à Abass BONFOH, élu entre temps nouveau président de l’Assemblée nationale.
L’opposition qui avait dénoncé l’adoubement de Faure par l’armée, face au refus catégorique du président intérimaire et de la CEDEAO de reporter les élections pour ne pas enfreindre encore à la constitution et pour ne pas donner l’impression de vouloir une chose et son contraire, décide de participer aux élections organisées le 24 avril.
Ces élections entachées de fraudes et de sang ont été largement remportées par Faure Gnassingbé avec 60,22 % des voix. Le mercredi 4 mai, il prête serment et revêt donc de l’écharpe de président de la République du Togo. Il a 39 ans.
On le dit discret et affable. Pourra-t-il utiliser à bon escient ces qualités pour donner un nouveau souffle à son pays, au bord du chaos politique et dans le gouffre économique à cause des sanctions de l’Union européenne depuis plus de dix ans ? Ses premiers pas sont plutôt rassurants.

par Drissa TRAORE

Entre deux maux…

Gilcrist OLYMPIO

Au Togo, le scrutin présidentiel n’est plus qu’un mauvais souvenir dont l’évocation donne certainement des frissons à bon nombre de militants et leaders de l’Opposition. La réalité en tous cas dépasse leur entendement : Faure EYADEMA et le RPT conduiront les affaires pour les cinq (5) ans à venir.

La coalition de l’Opposition qui s’était opposée à la tenue du scrutin pour finalement battre campagne et y prendre part, doit maintenant en tirer les conséquences et préparer l’avenir.
En effet, au regard des positions, quoique ambiguës de la communauté internationale et surtout des pays de la sous-région, ont peut affirmer, sans risque de se tromper, que le sort du Togo est jeté et que Faure EYADEMA contre-vents et marées est bien parti pour diriger le pays. N’a -t’il d’ailleurs pas prêté serment comme président du Togo, donc président de tous les Togolais ?
Du coup, on ne peut que penser aux pauvres militants de l’Opposition qui, dopés et aveuglés par les discours politiques appelant à la révolte et à l’insurrection, ont été massacrés, le pire des cas ou forcés à l’exil. Et alors se pose la question toute simple : la coalition avait-elle vraiment besoin de provoquer autant de dégâts pour des prunes, sinon rien ? Avec du recul, elle répondra certainement elle-même par la négative. Mais quelle pensée pour ces pauvres bougres de militants fanatisés, fauchés dans la rixe ? Il n’y a pas à se leurrer, seuls leurs parents pleureront leur saoul. Ce sont des martyrs de la lutte pour la démocratie comme bien d’autres anonymes avant eux ! C’est ainsi partout. La situation finit toujours par se tasser surtout si aucun des responsables de cette situation n’est porté disparu, et la vie poursuit son cours, les « aménagements » politiques se font, on les boude puis on y adhère jusqu’à la prochaine crise socio-politique majeure qui requerra l’appel à descendre dans la rue !
Tout compte fait, le scrutin présidentiel togolais, au résultat qui du reste ne pouvait surprendre que ceux qui voulaient l’être, a été fort éprouvant pour le peuple togolais, grand perdant : près de 20 000 réfugiés au Bénin et au Ghana, plus de 100 morts. Ceci n’interpelle t-il pas les hommes politiques africains qui doivent être moins infantiles dans leurs combats pour la conquête du pouvoir ? Nos peuples ont trop souffert.
Et il ne faudra pas que par la faute de quelques assoiffés ou imbus du pouvoir, on finisse par donner raison à ceux qui ont toujours soutenu que l’Afrique est maudite, confortés en cela par les massacres « d’origine politique » perpétrés en Côte d’Ivoire, au Libéria, en Sierra Léone, en RDC, au Rwanda…

Yao AGBOYIBOR

Voir l’avenir
La coalition de l’Opposition togolaise qui pour le moment semble rejeter catégoriquement l’idée d’un gouvernement d’union nationale et de réconciliation, doit mettre de l’eau dans son vin. Il est maintenant admis qu’elle ne peut plus rien changer dans les résultats du scrutin présidentiel. C’est pourquoi, si elle veut vraiment aider le Togo et les Togolais, elle doit à présent poser des actes à même de contribuer à la réconciliation nationale, à l’installation d’une vraie démocratie, à l’émergence d’une nouvelle mentalité citoyenne expurgée des « germes » d’exclusion mutuelle que près d’un demi-siècle de pérégrinations politiciennes a semé en tous les habitants de ce pays. Un travail énorme qui doit être son leit-motiv mais qui ne l’empêchera pas de se préparer et maintenant dans un climat serein pour les prochains scrutins.
Ce qu’elle ne peut réussir hors du gouvernement.
L’objectif d’un Togo apaisé, résolument tourné vers l’avenir passe donc par un gouvernement regroupant toutes les sensibilités politiques. L’Opposition peut-elle engranger de bons résultats aux législatives à venir si elle est hors du gouvernement ?
Pas si sûr. Comme le philosophe qui conseille qu’il faut collaborer avec l’ennemi pour connaître ses faiblesses et même l’embrasser à chaque occasion, pour un jour l’étouffer par ce fait, on ne peut qu’appeler la coalition à participer au gouvernement. Ce sera pour elle un tremplin non négligeable pour le futur. Le Togo a assez souffert.
Et il est temps que les hommes politiques togolais acceptent que les choses doivent changer dans leurs têtes et dans leurs actes quotidiens.
Le Togo a besoin d’un nouveau départ. C’est maintenant l’occasion ou jamais.

par Ben Alex Béogo

Vers un gouvernement
d’union nationale ?

Le fils de son père, Faure Gnassingbé a prêté serment il y a une décade après une élection présidentielle togolaise controversée et sanglante. L’Opposition qui avait rué dans les brancards gagnerait dorénavant à jouer l’ouverture politique qui pourrait être source de grands bénéfices pour elle dans un proche avenir.

L’Opposition togolaise a-t-elle fait le bon choix en tentant un bras de fer avec Faure Gnassingbé au lendemain du scrutin du 24 avril 2005 qui a proclamé ce dernier vainqueur ? La question n’est pas superfétatoire si tant est qu’à l’analyse de ses forces et faiblesses, cette Opposition n’était pas à même de sortir vainqueur de cette épreuve de force. Laminée par Eyadéma père qui s’est servi d’elle jusqu’à plus soif, divisée par des querelles intestines, n’ayant pas ou prou une emprise réelle sur les « masses populaires » l’Opposition togolaise a quelque peu présumé de ses forces en s’inscrivant dans ce scénario à la malgache. Si Marc RAVALOMANANA a pu « débouter » Didier RATSIRAKA du pouvoir, c’est bien parce que l’Opposition était unie, que le peuple avait « marre » du capitaine de frégate mais aussi et surtout parce que la culture politique de la base pouvait permettre aux leaders de tenir la route. Au Togo, rien de tout cela, car la chape de plomb d’Eyadéma-père avait infantilisé le peuple togolais qui dans sa majorité refusait consciemment de parler de la chose politique. La phobie était telle qu’à l’évocation du nom d’Eyadéma, certains Togolais préféraient prendre leurs cliques et leurs claques pour aller voir ailleurs. L’ombre du Timonier faisait peur, tant lui-même s’était illustré parmi les dictateurs africains en privilégiant le dialogue ( ?) des armes au débat démocratique. Avec un peuple sortant d’une si longue nuit, on ne pouvait pas faire grand’chose et l’Opposition a été un peu prétentieuse en prétendant compter sur lui. Une Opposition par ailleurs minée par des querelles intestines, le voyage en solitaire de Gilchrist OLYMPIO à Abuja, pour y rencontrer Faure Gnassingbé sous l’égide d’Olésegun Obasango étant illustrative de cette assertion.

Faure a les cartes en main

Et puis, Faure avait déjà préparé son coup à la veille des élections en se taillant des Opposants sur mesure prêts à donner une couleur démocratique au scrutin. Parmi ces Opposants-tartufes, Tony LAWSON et Henri OLYMPIO qui ont tenu mordicus à participer à ce scrutin biaisé, même si le dernier nommé s’est retiré après la d’émission spectaculaire du ministre de l’Intérieur Esso-Boro. Le ver était déjà dans le fruit, en témoignent les appels à la réconciliation nationale lancés par les deux hommes au lendemain du scrutin. Et puis Faure Gnassingbé qui s’inscrivait dans le courant des rénovateurs du RPT pouvait compter sur le soutien implicite de Dahulere Pèré ancien homme lige de son défunt père qui se situait dans le même courant. Il ne restait plus au niveau de l’Opposition « radicale » que des grosses pointures ( ?) Comme Yaovi AGBOYIBO, Edem KODJO et dans une moindre mesure Agbéméya KODJO ex. Premier ministre d’Eyadéma, autoproclamé lui-aussi rénovateur. Des hommes en qui le peuple n’avait pas si confiance au point de se faire tuer pour eux. Restait donc Gilcrist OLYMPIO qui traînait le lourd handicap, de ne pas être bien imprégné des réalités togolaises du fait d’un exil prolongé et forcé. Quand la conscience collective n’est pas « canalisée » par un leader charismatique, elle s’étiole et c’est ce qui est arrivé au Togo. Pour rebondir, il ne reste plus donc que la participation à un gouvernement d’union nationale avec tout ce que cela pourra engendrer en termes de visibilité et de moyens. Ce d’autant qu’à l’externe, Faure Gnassingbé bénéficie de soutiens multiformes avec le réseau relationnel que son père a tissé en 38 ans de règne et de l’immense cagnotte dont il dispose pour imposer ses vues. Si l’Opposition, veut exister réellement, elle doit préparer les législatives avec Faure Gnassingbé tout en cultivant sa différence dans le respect des règles démocratiques. Comme l’a indiqué le Président du Faso, « Le Togo sort d’un régime d’exception » avec tout ce que cela a comme implication sur l’Opposition. Fini donc le patriotisme de mauvais aloi encore moins de raideur politique.
L’Opposition doit plutôt participer à l’éducation politique et citoyenne du peuple pour espérer un jour en tirer des dividendes politiques. Autrement elle prolongera dans sa longue nuit et celle du peuple.

par Alpha YAYA

Sauver les pays de l’Interland

Bob Akitani

Alors que le calme revient peu à peu à Lomé, après les troubles meurtriers qui ont secoué la capitale togolaise suite à l’élection présidentielle du 24 avril, le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR), chiffre à 16 000 le nombre de réfugiés qui sont au Ghana et au Bénin. La Suisse d’Afrique a manqué peu à une insurrection populaire généralisée ordonnée par les partisans de Gilchrist OLYMPIO.

Depuis le mardi 3 mai, la Cour constitutionnelle togolaise a annoncé officiellement la victoire du candidat du Rassemblement du peuple togolais, Faure GNASSINGBE. Le fils de l’ancien président s’en sort avec plus de 60% des voix contre 38% au candidat de la coalition d’Opposition Bob Emmanuel AKITANI. Auparavant les politiques togolais ont manqué de peu de s’inscrire dans les pages nobles de l’histoire des transitions démocratiques. Les déficits accumulés tant du côté du pouvoir que de l’opposition ont failli mettre ce pays sur les rails d’un désordre indescriptible. Nonobstant les écueils de l’Union européenne et des USA, les grandes organisations africaines (CEDEAO, U.A) ont homologué les résultats. L’opposition radicale a envoyé ses militants à la rue comme des agneaux sacrificiels de la démocratie. Le climat était plus que tendu dans le landerneau politique togolais. Les vautours ont survolé la capitale où on dénombrait plus de 100 morts selon l’opposition radicale. Cette situation inconcevable achève de convaincre que l’Afrique de l’Ouest vit mal la démocratie.
La Côte d’Ivoire, le Libéria, la Sierra Léone, la Guinée pour ne citer que ces pays vivent dans un chaos socio-politique défigurant. Pour le cas togolais, l’opinion internationale a multiplié les pressions pour que le virus de la démolition ne s’empare pas de ce petit pays. La France, la CEDEAO, l’UA et nombre de pays ont salué la victoire de Faure et souhaité que le Togo renoue avec le dialogue social. Le Burkina Faso, même s’il ne s’est pas prononcé officiellement compte tenu de la complexité du problème, suit de près l’évolution de la situation. La crise ivoirienne ayant été un coup dur pour notre économie, nos autorités ne peuvent rester les mains croisées face à une situation qui pourrait encore lui causer préjudice. En ce sens, les autorités burkinabè souhaitent que la situation redevienne à la normale. La plupart des échanges commerciaux du pays des hommes intègres se font à partir de Lomé et du Ghana et en une moindre mesure de la Côte d’Ivoire. Sur le plan commercial le corridor togolais est très bénéfique pour notre pays en ce sens que la plupart des marchandises passent par le port de Lomé.
L’essor économique de notre pays reste intimement lié à la stabilité d’un pays comme le Togo. Ainsi pour des questions de géo-stratégies, Ouagadougou ne peut effectuer une ingérence agaçante. Fort de leur expérience démocratique, les autorités burkinabè ne peuvent s’empêcher de donner des conseils aux Togolais qui en demandent. Par contre le silence actuel de Blaise COMPAORE est compréhensible car le président n’a aucun intérêt à voir Lomé en flammes et en sang. Ce sentiment est sans nul doute partagé par le monde des affaires qui rallie chaque jour la capitale togolaise pour importer ou exporter les marchandises. En attendant le nouvel élan prône le rassemblement de tous les Togolais. A peine installé, Faure GNASSINGBE appelle ses concitoyens à la formation d’un gouvernement d’union nationale. Gilchrist OLYMPIO aurait accepté le principe mais se serait rétracté par la suite. Les réticences de l’opposition togolaise sont toujours manifestes si bien qu’on se demande comment les politiciens togolais voient l’avenir de leur pays. Faut-il continuer à jouer la politique de l’embrasement dans un pays qui a soif de la démocratie et du développement ? L’Afrique de l’Ouest a tant souffert des séquelles des troubles socio-politiques et le cas togolais mérite de trouver une solution rapide. La communauté internationale ne peut lâcher Lomé au nom du principe de la non-ingérence. Elle doit plutôt aider le Togo à rechercher les chemins d’une paix durable.

par Manu YABRE

Soutenir les Togolais malgré tout

Jacques Chirac, président Français

Le Togo a besoin du soutien de son pays

L’Union européenne «a pris note», la CEDEAO a cautionné, la France quant à elle suit de près la situation. L’heure est, et doit être à la mobilisation des efforts, mais surtout des moyens pour sortir le pays de l’impasse. Malgré donc toutes les divergences et les contradictions, le Togo a besoin de l’appui de la Communauté internationale.

La victoire de Faure GNASSINGBE à l’élection présidentielle togolaise du 24 février 2005 a déclenché de vives protestations dans les rangs de l’opposition. Ces protestations ont engendré des centaines de morts et des milliers de réfugiés dans les pays voisins notamment le Bénin. Faure GNASSINGBE a été élu avec plus de 60% des suffrages contre 38% pour le candidat de la coalition de l’opposition, Bob AKITANI.
Après les violences consécutives à la proclamation des résultats, le calme semble être revenu dans le pays.
Cette accalmie doit être mise à profit par les Togolais, aidés en cela par la communauté internationale pour trouver des points d’accords à leurs différends et engager le pays sur le chemin de la paix et de la reconstruction économique, politique et surtout sociale.

Construire la paix, le rôle des institutions africaines
Il est clair que les contestations et les contradictions nées de cette élection présidentielle du 24 avril a rouvert dans le pays «une plaie» qui se cicatrisait difficilement sous le régime de EYADEMA-père. Aujourd’hui, la caution de la CEDEAO à cette élection que ne contestera pas l’UA encore moins l’UEMOA doit être un «passeport» pour ces institutions afin qu’elles aide le Togo à poser les bases d’une paix durable. Une paix construite de commun accord entre l’opposition et le nouveau pouvoir avec leurs bénédictions et appuis.
Seule une paix durable dans le pays peut servir de base à tout dialogue inter togolais. L’Annonce du nouveau président Faure GNASSINGBE d’ouvrir son gouvernement à l’opposition doit être un signal fort basé sur la confiance et le respect entre adversaire politique dont le seul but reste la recherche de l’intérêt supérieur des Togolais.
L’UA, la CEDEAO doivent user de tout leur poids pour influer sur la marche du processus et faire pression au besoin sur les protagonistes d’une scène politique très fébrile qu’une quarantaine d’années de rancœur a minée.
L’UEMOA, déjà diminuée fortement par la crise ivoirienne, doit jouer un rôle qui doit aller au-delà de l’observation.
Sa médiation eu égard à son statut «d’institution de proximité» doit concilier aux mieux les positions dans le but de relever la situation économique de la sous-région. C’est la zone qui gagne mais plus encore, des pays comme le Burkina, le Niger, le Mali, etc.…

Olésségun Obasanjo,

la CEDEAO a cautionné les élections du 24 avril

Construire l’économie, le rôle de l’UE, de l’ONU et de la France
L’économie togolaise est en ruine, déjà asphyxiée par le «sevrage» de l’aide internationale en représailles de la fermeture démocratique opérée par le régime de feu le Général EYADEMA. La nouvelle situation politique, si elle est reconnue comme acceptable puisque les élections malgré les troubles ne peuvent être contestées aux résultats, la perche doit être tendue aux nouvelles autorités pour ne pas dire au peuple togolais qui est l’otage dans une mouvance qu’il ne maîtrise pas.
Ce brave peuple qui n’a que trop souffert des meurtrissures économiques du fait de la politique «butée» de son ancien président doit recouvrer ses droits dans le domaine de l’économie. Ainsi, un soutien économique du pays par les bailleurs de fonds que sont l’Union européenne, la France, la Banque mondiale, etc. s’impose.
Dépasser les divergences, les contradictions internes et externes et aider les Togolais et les Togolaises à se sortir du gouffre économique, politique et social, telle doit être la mission première de la Communauté internationale.
Camper sur ces contradictions, c’est enfoncer davantage le pays dans le cratère de la pauvreté, de la misère et du sous-développement.
Tourné dos au Togo aujourd’hui par un embargo ou par une quelconque sanction, c’est faire plus de mal aux Togolais qu’au régime établi.

par Frédéric ILBOUDO

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