| Les
héros sont fatigués
La 19e journée
du championnat de football D1 a consacré la suprématie
du RCK. L’Etoile filante battue 1-0 voit s’éloigner,
pour elle, le titre dans une saison où décidément
elle n’arrive pas à se hisser au niveau des meilleures.
Si le leader a confirmé son redressement, une série
de nuls ayant entre temps plombé sa marche vers le
sacre, la révélation de la saison marque vraiment
le pas. Après avoir fait trembler les grands, l’USCO
semble entrer dans le rang. Elle ne gagne plus et se voit
distancer par les cadors. Certes, il reste encore sept matchs,
mais on sent que désormais, c’est dur pour le club
de la contrée du Paysan noir.
On attendait du choc de la 19e journée,
une partie enlevée, de celle où les acteurs
sont décidés, chacun à forcer la décision
en faveur de son camp. Mais il faut se rendre à l’évidence.
Cette saison, l’EFO n’est pas à un niveau de jeu à
même de lui permettre de rivaliser. Elle a trop de manques
surtout une carence physique récurrente, cause d’une
inter-saison bâclée. Pour n’avoir pas su régler
les querelles qui la minaient depuis trois saisons, elle le
paye aujourd’hui au prix fort. Ses joueurs près individuellement
ont de la valeur, mais la condition physique, autrement dit
le B-A, BA du sport d’élite, lui faisant défaut,
elle doit se résoudre à assister en arbitre
à la course pour le trône de l’ASFA-Y. Contre
le RCK, on a tout de suite compris que sa petite victoire
de la journée d’avant contre la lanterne rouge était
tout, sauf un accident de parcours. L’équipe était
à l’occasion à son maximum et le leader s’est
fait fort de le lui rappeler. En effet, le RCK a mené
la partie à sa main et sa victoire fut d’une logique
implacable. L’Etoile filante ne pourrait donner plus.
Et pour résumer cette saison stelliste, il y a lieu
de se souvenir qu’elle n’a jamais pu inverser le sort d’une
rencontre. A chaque fois qu’elle a été devancée
au score, le résultat fut la défaite au bout.
Partant de cela, tout est dit. Autre formation à lâcher
prise, l’USCO. Son début de saison, en tout point remarquable
aurait surpris plus d’un amateur. Habituée à
jouer dans les bas fonds du classement, l’équipe de
Banfora est comme transfigurée depuis bientôt
cinq mois. On pensait que son parcours ne durerait pas bien
longtemps, mais c’était sans connaître ces meuniers
au football limpide et bien léché. En tout cas,
l’USCO aura contribué à mettre un peu de piquant
dans cet exercice, décidément pas comme les
autres. Battue sévèrement il y a trois journées,
3-0 par l’USFA, l’US Comoé a accusé le coup.
A nouveau battue par l’ASFA-Y 2-0, elle passe du 4e rang à
la 8e place. Ce qui est sûr, elle a déjà
assuré la place parmi l’élite, quand lors des
autres saisons, elle se retrouvait à lutter jusqu’au
bout du suspens pour se maintenir.
Si l’USCO entre dans le rang, l’ASFA-Y elle pointe le bout
de son nez. Sa première partie de saison qui fut une
véritable calamité n’est plus qu’un mauvais
souvenir. Depuis les matchs retour,elle a retrouvé
ses sensations et son football. Comme on le sait, en sport-roi,
le côté psychologique joue un rôle important.
La spirale positive ou négative peut aller aussi vite
dans l’un ou l’autre sens. L’ASFA-Y, il fut un temps ne gagnait
pas et naturellement elle s’est mise à broyer du noir
et à perdre progressivement son jeu. A nouveau, elle
gagne et ce cycle agit à l’image d’un aspirateur vers
le haut. Revenue sur les talons des leaders, cette situation
lui est plutôt favorable, car la pression est moins
forte. Elle sait vu son retard à l’allumage, qu’elle
n’est pas tenue par une obligation de victoire finale. Tout
ce qui va arriver maintenant ne peut être pour elle
que du bonus. Les vrais adversaires aujourd’hui du RCK, sont
l’USO et l’USFA. Les deux unionistes affichent non seulement
une solidité à toute épreuve, mais ils
s’appuient également sur un jeu d’équipe qui
fait leur force. En tout cas, mieux vaut un championnat à
suspens, qu’une compétition où une équipe
ferait cavalier seul, comme semble le vouloir le RCK, ou du
moins son entraîneur.
Si pour l’instant la course au titre reste ouverte, on sait
que les jeux sont faits pour ce qui concerne la descente.
Le JCB et le SFC accusent un trop grand retard difficile à
rattraper. Si le premier a un petit espoir de laisser la place
de barragiste à l’USFRAN, le second a perdu ses dernières
illusions, en tombant un à zéro face justement
au JCB sur sa pelouse. Une défaite aux conséquences
psychologiques néfastes. Lorsqu’on perd contre son
concurrent direct, relever la tête devient quasi-mission
impossible. Et s’il y a encore 21 points à prendre,
les carottes sont cuites pour le néo-promu.
Par Idriss SEMDE
CAN des cadets 2005
Vraiment trop tendres
Les Etalons
cadets n’ont pas réussi leur rentrée en piste
dans le championnat d’Afrique de football des moins de 17
ans. Opposés au pays organisateur, la Gambie, les jeunes
burkinabè ont été battus par 1 à
0. Cette défaite n’aurait rien eu d’alarmant si la
manière n’avait pas été désastreuse.
Surclassée dans pratiquement tous les secteurs de jeu,
l’équipe de Piouhiri WEBONGA a montré beaucoup
de limites pour qu’on puisse croire à son avenir dans
cette CAN gambienne.
Avant toute chose, il faut convenir que la
cuvée 2005 de nos cadets a du talent. Sans doute l’enjeu
et de son manque de vécu, elle a très peu de
matchs de haut niveau dans sa carrière, ont dû
énormément pesé. Tout de suite sur les
premières pressions de la Gambie, on a senti son absence
de réaction, sa fébrilité et sa très
faible capacité à soutenir le défi physique.
Mais surtout ce qui fut inhabituel chez ces jeunes, c’est
le nombre trop important de déchets techniques, notamment
sur les contrôles et les prises de balle. A ce niveau-là
de la compétition, lorsqu’on se montre incapables de
dompter le ballon, il va sans dire que l’objectif de victoire
finale dévient une chimère quasi rédhibitoire.
On l’aura vu en seconde période principalement que
le jeu n’avait aucune consistance, aucune continuité
à même de permettre à l’équipe
de penser à la gagne. Les habituels leaders connus,
Alain Sibiri TRAORE, Hervé OUSSALE, Saïdou SANDAOGO
ou Jean-Noël LINGANI ne se sont pas montrés à
la hauteur.
Certes le pays hôte a joué son va-tout après
la pause, ce qui du reste était attendu. C’est justement
dans ces moments où le niveau des débats s’élève
qu’une équipe doit montrer son potentiel et faire valoir
sa force de caractère et à défaut son
orgueil. Cette envie incompressible d’exister et de participer
à écrire l’histoire.
Comment ne pas, en effet, reconnaître que le football
burkinabè des cadets a une histoire, lui qui a déjà
disputé en 1999 et 2001 la finale de la CAN de la catégorie.
Ceci oblige les générations venant derrière
à se hisser à la hauteur et à vouloir
elles-aussi exister.
Il est certes vrai que rien n’est pour l’instant perdu, mais
pour cette fois, force est de reconnaître à la
vue de la prestation de samedi dernier qu’on est pris d’un
gros doute. Si on a entre-aperçu quelque chose, ce
fut seulement au cours des dix, quinze premières minutes
où la Gambie a semblé jauger la force de l’adversaire.
Ayant compris qu’en face, elle n’avait pas une fondre de guerre,
la Gambie a mis le turbo, en pilonnant une arrière
garde, seule à supporter le poids du match.
A force, elle a fini par céder peu après l’heure
de jeu.
Dès lors, les carottes étaient cuites parce
qu’à la percussion, les Etalons cadets n’avaient aucun
argument à faire valoir. Une défaite tout ce
qu’il y a de logique. Peut-être que la génération
est un peu légère en attaque, contrairement
à ses aînées qui disposaient de talents
tels Ousséni ZONGO, Tanguy BARRO, Wilfried SANOU, Enock
CONOMBO ou Aziz NIKIEMA.Quelle que soit l’issue de cette CAN,
il faut tout faire pour maîtriser en place ces garçons.
Leur mental a été certes défaillant,
mais s’ils continuent ensemble, il y a un réel espoir
de les voir un jour grandir et passer le cap vers le haut
niveau.
Par Idrissa TRAORE
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