L'opinion N°397
du 11 au 17 mai 2005

SPORT

Championnat national de D1 - 19ème journée

Les héros sont fatigués

La 19e journée du championnat de football D1 a consacré la suprématie du RCK. L’Etoile filante battue 1-0 voit s’éloigner, pour elle, le titre dans une saison où décidément elle n’arrive pas à se hisser au niveau des meilleures. Si le leader a confirmé son redressement, une série de nuls ayant entre temps plombé sa marche vers le sacre, la révélation de la saison marque vraiment le pas. Après avoir fait trembler les grands, l’USCO semble entrer dans le rang. Elle ne gagne plus et se voit distancer par les cadors. Certes, il reste encore sept matchs, mais on sent que désormais, c’est dur pour le club de la contrée du Paysan noir.

On attendait du choc de la 19e journée, une partie enlevée, de celle où les acteurs sont décidés, chacun à forcer la décision en faveur de son camp. Mais il faut se rendre à l’évidence. Cette saison, l’EFO n’est pas à un niveau de jeu à même de lui permettre de rivaliser. Elle a trop de manques surtout une carence physique récurrente, cause d’une inter-saison bâclée. Pour n’avoir pas su régler les querelles qui la minaient depuis trois saisons, elle le paye aujourd’hui au prix fort. Ses joueurs près individuellement ont de la valeur, mais la condition physique, autrement dit le B-A, BA du sport d’élite, lui faisant défaut, elle doit se résoudre à assister en arbitre à la course pour le trône de l’ASFA-Y. Contre le RCK, on a tout de suite compris que sa petite victoire de la journée d’avant contre la lanterne rouge était tout, sauf un accident de parcours. L’équipe était à l’occasion à son maximum et le leader s’est fait fort de le lui rappeler. En effet, le RCK a mené la partie à sa main et sa victoire fut d’une logique implacable. L’Etoile filante ne pourrait donner plus.
Et pour résumer cette saison stelliste, il y a lieu de se souvenir qu’elle n’a jamais pu inverser le sort d’une rencontre. A chaque fois qu’elle a été devancée au score, le résultat fut la défaite au bout. Partant de cela, tout est dit. Autre formation à lâcher prise, l’USCO. Son début de saison, en tout point remarquable aurait surpris plus d’un amateur. Habituée à jouer dans les bas fonds du classement, l’équipe de Banfora est comme transfigurée depuis bientôt cinq mois. On pensait que son parcours ne durerait pas bien longtemps, mais c’était sans connaître ces meuniers au football limpide et bien léché. En tout cas, l’USCO aura contribué à mettre un peu de piquant dans cet exercice, décidément pas comme les autres. Battue sévèrement il y a trois journées, 3-0 par l’USFA, l’US Comoé a accusé le coup. A nouveau battue par l’ASFA-Y 2-0, elle passe du 4e rang à la 8e place. Ce qui est sûr, elle a déjà assuré la place parmi l’élite, quand lors des autres saisons, elle se retrouvait à lutter jusqu’au bout du suspens pour se maintenir.
Si l’USCO entre dans le rang, l’ASFA-Y elle pointe le bout de son nez. Sa première partie de saison qui fut une véritable calamité n’est plus qu’un mauvais souvenir. Depuis les matchs retour,elle a retrouvé ses sensations et son football. Comme on le sait, en sport-roi, le côté psychologique joue un rôle important. La spirale positive ou négative peut aller aussi vite dans l’un ou l’autre sens. L’ASFA-Y, il fut un temps ne gagnait pas et naturellement elle s’est mise à broyer du noir et à perdre progressivement son jeu. A nouveau, elle gagne et ce cycle agit à l’image d’un aspirateur vers le haut. Revenue sur les talons des leaders, cette situation lui est plutôt favorable, car la pression est moins forte. Elle sait vu son retard à l’allumage, qu’elle n’est pas tenue par une obligation de victoire finale. Tout ce qui va arriver maintenant ne peut être pour elle que du bonus. Les vrais adversaires aujourd’hui du RCK, sont l’USO et l’USFA. Les deux unionistes affichent non seulement une solidité à toute épreuve, mais ils s’appuient également sur un jeu d’équipe qui fait leur force. En tout cas, mieux vaut un championnat à suspens, qu’une compétition où une équipe ferait cavalier seul, comme semble le vouloir le RCK, ou du moins son entraîneur.
Si pour l’instant la course au titre reste ouverte, on sait que les jeux sont faits pour ce qui concerne la descente. Le JCB et le SFC accusent un trop grand retard difficile à rattraper. Si le premier a un petit espoir de laisser la place de barragiste à l’USFRAN, le second a perdu ses dernières illusions, en tombant un à zéro face justement au JCB sur sa pelouse. Une défaite aux conséquences psychologiques néfastes. Lorsqu’on perd contre son concurrent direct, relever la tête devient quasi-mission impossible. Et s’il y a encore 21 points à prendre, les carottes sont cuites pour le néo-promu.

Par Idriss SEMDE

CAN des cadets 2005
Vraiment trop tendres

Les Etalons cadets n’ont pas réussi leur rentrée en piste dans le championnat d’Afrique de football des moins de 17 ans. Opposés au pays organisateur, la Gambie, les jeunes burkinabè ont été battus par 1 à 0. Cette défaite n’aurait rien eu d’alarmant si la manière n’avait pas été désastreuse. Surclassée dans pratiquement tous les secteurs de jeu, l’équipe de Piouhiri WEBONGA a montré beaucoup de limites pour qu’on puisse croire à son avenir dans cette CAN gambienne.

Avant toute chose, il faut convenir que la cuvée 2005 de nos cadets a du talent. Sans doute l’enjeu et de son manque de vécu, elle a très peu de matchs de haut niveau dans sa carrière, ont dû énormément pesé. Tout de suite sur les premières pressions de la Gambie, on a senti son absence de réaction, sa fébrilité et sa très faible capacité à soutenir le défi physique.
Mais surtout ce qui fut inhabituel chez ces jeunes, c’est le nombre trop important de déchets techniques, notamment sur les contrôles et les prises de balle. A ce niveau-là de la compétition, lorsqu’on se montre incapables de dompter le ballon, il va sans dire que l’objectif de victoire finale dévient une chimère quasi rédhibitoire.
On l’aura vu en seconde période principalement que le jeu n’avait aucune consistance, aucune continuité à même de permettre à l’équipe de penser à la gagne. Les habituels leaders connus, Alain Sibiri TRAORE, Hervé OUSSALE, Saïdou SANDAOGO ou Jean-Noël LINGANI ne se sont pas montrés à la hauteur.
Certes le pays hôte a joué son va-tout après la pause, ce qui du reste était attendu. C’est justement dans ces moments où le niveau des débats s’élève qu’une équipe doit montrer son potentiel et faire valoir sa force de caractère et à défaut son orgueil. Cette envie incompressible d’exister et de participer à écrire l’histoire.
Comment ne pas, en effet, reconnaître que le football burkinabè des cadets a une histoire, lui qui a déjà disputé en 1999 et 2001 la finale de la CAN de la catégorie. Ceci oblige les générations venant derrière à se hisser à la hauteur et à vouloir elles-aussi exister.
Il est certes vrai que rien n’est pour l’instant perdu, mais pour cette fois, force est de reconnaître à la vue de la prestation de samedi dernier qu’on est pris d’un gros doute. Si on a entre-aperçu quelque chose, ce fut seulement au cours des dix, quinze premières minutes où la Gambie a semblé jauger la force de l’adversaire. Ayant compris qu’en face, elle n’avait pas une fondre de guerre, la Gambie a mis le turbo, en pilonnant une arrière garde, seule à supporter le poids du match.
A force, elle a fini par céder peu après l’heure de jeu.
Dès lors, les carottes étaient cuites parce qu’à la percussion, les Etalons cadets n’avaient aucun argument à faire valoir. Une défaite tout ce qu’il y a de logique. Peut-être que la génération est un peu légère en attaque, contrairement à ses aînées qui disposaient de talents tels Ousséni ZONGO, Tanguy BARRO, Wilfried SANOU, Enock CONOMBO ou Aziz NIKIEMA.Quelle que soit l’issue de cette CAN, il faut tout faire pour maîtriser en place ces garçons. Leur mental a été certes défaillant, mais s’ils continuent ensemble, il y a un réel espoir de les voir un jour grandir et passer le cap vers le haut niveau.

Par Idrissa TRAORE

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