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les cœurs journalistes du Burkna Faso !
Le
3 mai dernier, à l’instar de toute la Communauté
internationale, le Burkina Faso a commémoré
la Journée mondiale de la liberté de la presse.
Comme à l’accoutumée ce fut l’occasion pour
les associations de journalistes et des éditeurs de
presse de jeter un regard critique sur l’exercice de cette
liberté au cours de l’année. Tout naturellement,
c’est un bilan sans complaisance qui a été dressé
et au total on peut affirmer qu’il y a plus de motifs de satisfactions
que de plainte au «Pays des hommes intègres»
sur la question. C’est vrai qu’il y a des couacs ici et là
et que des journalistes ont été gênés
dans leur profession mais on est loin de ce qui se vit ailleurs,
même de ces pays réputés d’une démocratie
plus avancée que la nôtre. Il ne faut pas faire
la fine bouche et le reconnaître en tout humilité.
Certainement, qu’il ne faut pas se contenter des résultats
déjà acquis et qu’il faudra batailler ferme
pour que le prochain bilan soit encore moins chargé
et davantage en faveur de la liberté de la presse mais
aussi des journalistes.
Peut-être qu’il faudra de plus s’occuper du sort du
journaliste lui-même, car derrière les grands
principes il faut voir le quotidien de femmes et d’hommes
de chair et de sang. Ce combat-ci responsabilise davantage
les acteurs du métier eux-mêmes même si
là aussi l’apport de l’Etat peut être déterminant.
Les partenaires au développement devront jouer eux
aussi jouer leur partition, au lieu de se limiter à
nous aider à dénoncer les dérives de
nos gouvernants et de nos concitoyens.
Quand on connaît les conditions difficiles dans lesquelles
officient les journalistes on ne peut que leur jeter des fleurs.
Malheureusement on se plait à les critiquer et à
les accuser d’être corrompus par l’adversaire lorsqu’on
est critiqué. A cet effet comment ne pas lorgner du
côté des politiques d’autant que nous sommes
dans une année électorale et que le quotidien
se fera à côté d’eux !
S’il est un corps dans la société qui sollicite
le plus la presse c’est bien celui-ci. C’est aussi lui qui
lui joue les coups les plus tordus. Une parfaite illustration
de cette réalité en cette journée commémorative,
est la sortie pour le moins ubuesque de Me SANKARA de l’UNIR-MS
qui se pique de «manger son piment dans notre bouche»
en s’adressant sur elle pour attaquer le pouvoir. C’est de
bonne guerre serait-on tenté de dire, mais il faut
craindre qu’une telle attitude ne galvaude le symbole de cette
journée en en faisant un simple sujet de politique
politicienne. Le risque est d’autant grand que le monsieur
se réclame d’un régime des plus anti-démoncratiques
que notre pays ait connu et qui a été loin de
ne faire que des heureux dans le monde de la presse. Quand
en plus il vient donner des leçons aux journalistes
on tombe des nues.
C’est le lieu de lui dire que de leçons nous n’avons
pas à recevoir de lui. Pour le reste il est libre de
ses opinions et s’il croit réellement aux valeurs du
3 mai qu’il l’ôte de son agenda politique ! Il ferait
ainsi preuve de grandeur d’esprit et de sa capacité
à s’élever au-dessus de ses petits calculs d’intérêts
personnels.
Par Faèz
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