L'opinion N°397
du 11 au 17 mai 2005

SUR LE VIF

 

Haut les cœurs journalistes du Burkna Faso !

Le 3 mai dernier, à l’instar de toute la Communauté internationale, le Burkina Faso a commémoré la Journée mondiale de la liberté de la presse. Comme à l’accoutumée ce fut l’occasion pour les associations de journalistes et des éditeurs de presse de jeter un regard critique sur l’exercice de cette liberté au cours de l’année. Tout naturellement, c’est un bilan sans complaisance qui a été dressé et au total on peut affirmer qu’il y a plus de motifs de satisfactions que de plainte au «Pays des hommes intègres» sur la question. C’est vrai qu’il y a des couacs ici et là et que des journalistes ont été gênés dans leur profession mais on est loin de ce qui se vit ailleurs, même de ces pays réputés d’une démocratie plus avancée que la nôtre. Il ne faut pas faire la fine bouche et le reconnaître en tout humilité. Certainement, qu’il ne faut pas se contenter des résultats déjà acquis et qu’il faudra batailler ferme pour que le prochain bilan soit encore moins chargé et davantage en faveur de la liberté de la presse mais aussi des journalistes.
Peut-être qu’il faudra de plus s’occuper du sort du journaliste lui-même, car derrière les grands principes il faut voir le quotidien de femmes et d’hommes de chair et de sang. Ce combat-ci responsabilise davantage les acteurs du métier eux-mêmes même si là aussi l’apport de l’Etat peut être déterminant. Les partenaires au développement devront jouer eux aussi jouer leur partition, au lieu de se limiter à nous aider à dénoncer les dérives de nos gouvernants et de nos concitoyens.
Quand on connaît les conditions difficiles dans lesquelles officient les journalistes on ne peut que leur jeter des fleurs. Malheureusement on se plait à les critiquer et à les accuser d’être corrompus par l’adversaire lorsqu’on est critiqué. A cet effet comment ne pas lorgner du côté des politiques d’autant que nous sommes dans une année électorale et que le quotidien se fera à côté d’eux !
S’il est un corps dans la société qui sollicite le plus la presse c’est bien celui-ci. C’est aussi lui qui lui joue les coups les plus tordus. Une parfaite illustration de cette réalité en cette journée commémorative, est la sortie pour le moins ubuesque de Me SANKARA de l’UNIR-MS qui se pique de «manger son piment dans notre bouche» en s’adressant sur elle pour attaquer le pouvoir. C’est de bonne guerre serait-on tenté de dire, mais il faut craindre qu’une telle attitude ne galvaude le symbole de cette journée en en faisant un simple sujet de politique politicienne. Le risque est d’autant grand que le monsieur se réclame d’un régime des plus anti-démoncratiques que notre pays ait connu et qui a été loin de ne faire que des heureux dans le monde de la presse. Quand en plus il vient donner des leçons aux journalistes on tombe des nues.
C’est le lieu de lui dire que de leçons nous n’avons pas à recevoir de lui. Pour le reste il est libre de ses opinions et s’il croit réellement aux valeurs du 3 mai qu’il l’ôte de son agenda politique ! Il ferait ainsi preuve de grandeur d’esprit et de sa capacité à s’élever au-dessus de ses petits calculs d’intérêts personnels.

Par Faèz

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