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P.A.I investit Soumane TOURE
Après Boukary KABORE dit le
«Lion» du Parti pour l’unité nationale
et le développement (PUND) le 4 août 2005, la
ville de SYA a enregistré le lundi 15 août dernier
sa deuxième déclaration de candidature à
la présidentielle du 13 novembre prochain. Une déclaration
qui est venue couronner la conférence des cadres et
du comité central du Parti africain de l’indépendance
(P.A.I) tenue les 13, 14 et 15 août 2005.
Soumane
TOURE, SG du PAI
Après trois jours d’intenses travaux
à l’Institut Maranatha de Bobo-Dioulasso, les militants
du P.A.I se sont retrouvés à la Chambre de commerce
pour la synthèse de cette rencontre ponctuée
par une résolution lue par le camarade Alphonse BONOU.
A travers cette résolution, le P.A.I a fait l’historique
de la démocratie burkinabé qui reste un processus.
La phase actuelle de ce processus, selon le P.A.I, est déterminée
par son caractère libéral. Cette phase correspond
aux tentatives du capitalisme de juguler les aspirations des
travailleurs et des peuples pour construire un monde plus
juste et plus solidaire. Mais avec l’effondrement des expériences
de construction du socialisme et la débâcle dans
les rangs de ceux qui se réclamaient de la lutte des
peuples et de la révolution, tout cela a renforcé
la domination du monde par le capitalisme financier et accru
son arrogance. C’est pourquoi le P.A.I a refusé de
participer aux assises nationales sur le Programme d’ajustement
structurel (PAS) organisé par le Front populaire en
1989.
Le P.A.I a soutenu Blaise en 1991
Le PAI est un parti démocratique qui lutte pour instaurer
une vraie démocratie au Burkina Faso. C’est donc avec
un esprit critique qu’il a abordé la démocratie
libérale. Mais la préférant au régime
d’exception du Front populaire, il s’est résolu à
l’accepter et à l’accompagner. La P.A.I s’est même
fermement opposé à tous ceux qui cherchaient
à entraver ce processus. C’est ainsi qu’il a exigé
en 1991 la tenue de la première élection prescrite
par la Constitution, qui était l’élection présidentielle
en soutenant la candidature de Blaise COMPAORE contre «l’infantilisme
politique et le putschisme» des partisans de la Conférence
nationale souveraine.
En 1998, le P.A.I a encore privilégié la lutte
contre les boycotteurs de l’élection présidentielle
auxquels s’étaient alliés ses membres d’honneur.
En 2004 et 2005 certains se sont étonnés de
l’opposition du P.A.I à la relecture non consensuelle
des textes organisant les élections et à l’inversion
de l’ordre des scrutins, prenant prétexte de l’appartenance
du parti à la majorité parlementaire. La réalité,
c’est que le P.A.I est toujours opposé aux tentatives
d’instaurer le Bonapartisme au Burkina Faso. Face à
la domination impérialiste, le P.A.I compte se dresser
pour reprendre l’initiative idéologique afin d’éviter
que tous «les marchands d’illusions n’égarent
la lutte des peuples dans les impasses de l’aventure terroriste,
de l’économisme alter- mondialiste et des marais de
l’alternance formelle qui remplace des hommes usés
par des hommes fatigués pour continuer la même
chose». La P.A.I est convaincu qu’il détient
un projet pour une société démocratique
de progrès et de justice différent de celui
du CDP et de la Mouvance présidentielle. Ce projet
non plus, n’a rien à voir avec les «élucubrations
et les fanfaronnades de l’opposition auto-proclamée
radicale». L’élection présidentielle est
une occasion et une tribune pour le P.A.I d’expliquer au peuple
ces différences et aussi de clarifier une fois pour
toute, aux yeux de l’opinion nationale et internationale la
question de la direction du parti. Conscient donc que le P.A.I
a toujours été un état-major politique
serein et lucide qui a toujours su inspirer, orienter et organiser
les luttes des travailleurs et du peuple burkinabé
pour les libertés, la démocratie, le progrès
et la justice, le Comité central a décidé
de la participation du parti à l’élection présidentielle
du 13 novembre 2005 en investissant le camarade Soumane TOURE
comme candidat à la présidence du Faso.
A l’annonce de cette candidature, les militants ont longuement
ovationné Soumane TOURE. Ce dernier, «en militant
du PAI qui a déjà été envoyé
sur le front scolaire, sur le front estudiantin et sur le
front syndical en tant que chef de guerre et porte-drapeau
du parti», a accepté d’être au devant de
cet autre combat pour la conquête du pouvoir suprême.
Le seul candidat qui compte, c’est
Blaise
Le candidat du P.A.I a rassuré ses militants de sa
disponibilité à se battre convenablement avec
les armes qu’ils auront mis à sa disposition. Comme
dans les batailles antérieures, Soumane TOURE a déclaré
que ses militants peuvent être certains que le chef
de guerre qu’il est, n’a peur de personne en face de lui.
Il dit qu’il n’a peur de personne parce qu’il est adossé
à une armée de militants très solide.
Pour lui, les autres candidats ne comptent pas. «c’est
Blaise COMPAORE et nous, poitrine contre poitrine» a
t-il ajouté. Il pense que ses chances sont réelles
pour remporter la victoire au soir du 13 novembre. «notre
adversaire direct nous connaît, nous le connaissons
également ; le peuple nous connaît tous les deux,
son choix ne sera donc pas difficile», a t-il affirmé.
Abordant la question du récépissé du
P.A.I, Soumane TOURE a expliqué que le parti n’était
pas fondé pour l’ambition d’un homme ou d’un groupe
d’hommes. Il n’est pas créé non plus pour une
région. C’est le parti de tous les Burkinabè
conscients et dignes. Pour le candidat du P.A.I, la justice
n’a jamais annulé le récépissé
d’existence du P.A.I mais c’est un juge «indélicat»
qui a annulé le récépissé qui
reconnaît lui, Soumane TOURE, comme secrétaire
général du parti. Le parti en tant que tel n’a
donc pas de problèmes et comme ce sont les militants
qui désignent leur responsable démocratiquement,
ils ont investi Soumane TOURE le 15 août dernier pour
que justement cette question soit définitivement réglée.
«Maintenant, ceux qui pensent que c’est un juge qui
doit faire d’eux le responsable d’un parti, libre à
eux», a-t-il conclu. La liste des candidats à
la présidentielle du 13 novembre s’élargit de
jour en jour. A moins de trois mois du scrutin, on dénombre
déjà 17 candidats ; cela dénote de la
vivacité de notre démocratie qui est constamment
citée en exemple en Afrique.
Par Drissa KONE à Bobo-Dioulasso
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