L'opinion N°410
du 17 au 23 Août 2005

ACTUALITE

Présidentielle 2005

Le P.A.I investit Soumane TOURE

Après Boukary KABORE dit le «Lion» du Parti pour l’unité nationale et le développement (PUND) le 4 août 2005, la ville de SYA a enregistré le lundi 15 août dernier sa deuxième déclaration de candidature à la présidentielle du 13 novembre prochain. Une déclaration qui est venue couronner la conférence des cadres et du comité central du Parti africain de l’indépendance (P.A.I) tenue les 13, 14 et 15 août 2005.

Soumane TOURE, SG du PAI

Après trois jours d’intenses travaux à l’Institut Maranatha de Bobo-Dioulasso, les militants du P.A.I se sont retrouvés à la Chambre de commerce pour la synthèse de cette rencontre ponctuée par une résolution lue par le camarade Alphonse BONOU. A travers cette résolution, le P.A.I a fait l’historique de la démocratie burkinabé qui reste un processus. La phase actuelle de ce processus, selon le P.A.I, est déterminée par son caractère libéral. Cette phase correspond aux tentatives du capitalisme de juguler les aspirations des travailleurs et des peuples pour construire un monde plus juste et plus solidaire. Mais avec l’effondrement des expériences de construction du socialisme et la débâcle dans les rangs de ceux qui se réclamaient de la lutte des peuples et de la révolution, tout cela a renforcé la domination du monde par le capitalisme financier et accru son arrogance. C’est pourquoi le P.A.I a refusé de participer aux assises nationales sur le Programme d’ajustement structurel (PAS) organisé par le Front populaire en 1989.

Le P.A.I a soutenu Blaise en 1991
Le PAI est un parti démocratique qui lutte pour instaurer une vraie démocratie au Burkina Faso. C’est donc avec un esprit critique qu’il a abordé la démocratie libérale. Mais la préférant au régime d’exception du Front populaire, il s’est résolu à l’accepter et à l’accompagner. La P.A.I s’est même fermement opposé à tous ceux qui cherchaient à entraver ce processus. C’est ainsi qu’il a exigé en 1991 la tenue de la première élection prescrite par la Constitution, qui était l’élection présidentielle en soutenant la candidature de Blaise COMPAORE contre «l’infantilisme politique et le putschisme» des partisans de la Conférence nationale souveraine.
En 1998, le P.A.I a encore privilégié la lutte contre les boycotteurs de l’élection présidentielle auxquels s’étaient alliés ses membres d’honneur. En 2004 et 2005 certains se sont étonnés de l’opposition du P.A.I à la relecture non consensuelle des textes organisant les élections et à l’inversion de l’ordre des scrutins, prenant prétexte de l’appartenance du parti à la majorité parlementaire. La réalité, c’est que le P.A.I est toujours opposé aux tentatives d’instaurer le Bonapartisme au Burkina Faso. Face à la domination impérialiste, le P.A.I compte se dresser pour reprendre l’initiative idéologique afin d’éviter que tous «les marchands d’illusions n’égarent la lutte des peuples dans les impasses de l’aventure terroriste, de l’économisme alter- mondialiste et des marais de l’alternance formelle qui remplace des hommes usés par des hommes fatigués pour continuer la même chose». La P.A.I est convaincu qu’il détient un projet pour une société démocratique de progrès et de justice différent de celui du CDP et de la Mouvance présidentielle. Ce projet non plus, n’a rien à voir avec les «élucubrations et les fanfaronnades de l’opposition auto-proclamée radicale». L’élection présidentielle est une occasion et une tribune pour le P.A.I d’expliquer au peuple ces différences et aussi de clarifier une fois pour toute, aux yeux de l’opinion nationale et internationale la question de la direction du parti. Conscient donc que le P.A.I a toujours été un état-major politique serein et lucide qui a toujours su inspirer, orienter et organiser les luttes des travailleurs et du peuple burkinabé pour les libertés, la démocratie, le progrès et la justice, le Comité central a décidé de la participation du parti à l’élection présidentielle du 13 novembre 2005 en investissant le camarade Soumane TOURE comme candidat à la présidence du Faso.
A l’annonce de cette candidature, les militants ont longuement ovationné Soumane TOURE. Ce dernier, «en militant du PAI qui a déjà été envoyé sur le front scolaire, sur le front estudiantin et sur le front syndical en tant que chef de guerre et porte-drapeau du parti», a accepté d’être au devant de cet autre combat pour la conquête du pouvoir suprême.

Le seul candidat qui compte, c’est Blaise
Le candidat du P.A.I a rassuré ses militants de sa disponibilité à se battre convenablement avec les armes qu’ils auront mis à sa disposition. Comme dans les batailles antérieures, Soumane TOURE a déclaré que ses militants peuvent être certains que le chef de guerre qu’il est, n’a peur de personne en face de lui. Il dit qu’il n’a peur de personne parce qu’il est adossé à une armée de militants très solide. Pour lui, les autres candidats ne comptent pas. «c’est Blaise COMPAORE et nous, poitrine contre poitrine» a t-il ajouté. Il pense que ses chances sont réelles pour remporter la victoire au soir du 13 novembre. «notre adversaire direct nous connaît, nous le connaissons également ; le peuple nous connaît tous les deux, son choix ne sera donc pas difficile», a t-il affirmé.
Abordant la question du récépissé du P.A.I, Soumane TOURE a expliqué que le parti n’était pas fondé pour l’ambition d’un homme ou d’un groupe d’hommes. Il n’est pas créé non plus pour une région. C’est le parti de tous les Burkinabè conscients et dignes. Pour le candidat du P.A.I, la justice n’a jamais annulé le récépissé d’existence du P.A.I mais c’est un juge «indélicat» qui a annulé le récépissé qui reconnaît lui, Soumane TOURE, comme secrétaire général du parti. Le parti en tant que tel n’a donc pas de problèmes et comme ce sont les militants qui désignent leur responsable démocratiquement, ils ont investi Soumane TOURE le 15 août dernier pour que justement cette question soit définitivement réglée.
«Maintenant, ceux qui pensent que c’est un juge qui doit faire d’eux le responsable d’un parti, libre à eux», a-t-il conclu. La liste des candidats à la présidentielle du 13 novembre s’élargit de jour en jour. A moins de trois mois du scrutin, on dénombre déjà 17 candidats ; cela dénote de la vivacité de notre démocratie qui est constamment citée en exemple en Afrique.

Par Drissa KONE à Bobo-Dioulasso

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