| Une
opération « coup de poing » à Sya
Ces temps-ci, le banditisme a pris
une envolée spectaculaire dans notre pays. Au niveau
de la ville de Sya, les Forces de l’ordre se sentant interpellées
au plus profond d’elles-mêmes, ont entrepris une opération
d’envergure pour donner une réplique à cette
situation d’insécurité.
L’opération en question a été
savamment menée par les hommes du chef d’escadron Alain
Serge OUEDRAOGO, commandant du groupement départemental
de la gendarmerie de Bobo-Dioulasso, dans la nuit du jeudi
11 au vendredi 12 août dernier. Elle a été
envisagée dans le souci de rassurer les populations
quant à la volonté des Forces de sécurité
de les accompagner toujours dans leur désir de quiétude.
Cette opération visait la satisfaction de trois objectifs
à savoir la recherche de ceux qui sont considérés
comme des criminels potentiels (évadés de prison,
repris de justice, recherchés pour crime et meurtre…),
le ratissage au niveau des zones dites criminogènes
et un contrôle de routine d’identité.
Au niveau du dernier objectif, l’opération a permis
de mettre la main sur 86 personnes qui n’avaient pas de pièces
d’identité sur elles dont 39 femmes parmi lesquelles
se trouvaient des racoleuses. Il y avait aussi 18 mineurs
dans ce genre. 80 engins de toutes natures ont également
été pris sans documents.
Au niveau des zones dites criminogènes (l’abattoir,
la gare routière du secteur n° 21, le canal du
marigot Houet, les alentours du siège de la Semaine
nationale de la culture, le Lycée Ouézzin COULIBALY,
les vergers de Sakabi, les zones sombres des secteurs n°
10, 11 et 12, etc.), l’opération a permis d’interpeller
45 délinquants. Ces zones ont ainsi été
fortement déconseillées aux honnêtes citoyens
à partir d’une certaine heure.
L’accent a été surtout mis au niveau du premier
axe d’effort où 12 personnes considérées
comme partie prenante d’un gang ont été interpellées.
Les membres de ce gang qui opéraient sur l’axe routier
Bobo-Banfora étaient recherchés au niveau de
la police et de la gendarmerie où ils étaient
fichés. Le présumé chef de ce gang est
un ancien militaire dont l’identité exacte est à
déterminer. Barry, Sambo et Ali seraient des noms qui
désignent le même personnage.
Au moment de leur interpellation, ces 12
bandits de grands chemins portaient sur eux deux pistolets
automatiques calibre 12, deux pistolets artisanaux, deux couteaux
et 5 cartouches.
Ce sont les mêmes bandits qui
tournent
Au total, ce sont 143 personnes et 80 engins
de toutes natures qui ont été arrêtés
au cours de cette vaste opération.
Cela peut être interprété un tant soit
peu comme une source de quiétude pour la population
de Bobo. Mais du côté de la gendarmerie, on estime
qu’il ne faut pas se voiler la face, puisqu’il n’y a pas longtemps,
des opérations similaires avaient permis de mettre
la main sur des bandes comme celle de « Serpent »
et de « Bad-Jo » qui écumaient la ville
sur les routes de Banfora et de Banankédaga, mais très
vite, l’insécurité a repris de plus belle sur
ces voies. Ce qui fait dire au chef d’escadron commandant
du groupement d’épartemental de Bobo-Dioulasso que
les réseaux se reconstituent aussi rapidement que le
temps. « Chaque fois que certains tombent d’autres se
réveillent », a-t-il ajouté.
Il faudra pour cela un travail de longue haleine, impliquant
tout le monde. Il faut surtout songer à augmenter les
peines des bandits parce qu’on se rend compte que ce sont
presque les mêmes qui tournent.
La police de proximité que le gouvernement présente
comme la solution face à cette situation d’insécurité,
n’a pas encore pris corps. Elle est présentement à
une phase d’expérimentation dans les zones jugées
les plus touchées par l’insécurité. C’est
le cas des zones comme Koupéla et Fada. C’est donc
en fonction de l’évolution de l’approche des résultats
qu’on va progressivement étendre cette police de proximité
aux autres zones du pays. A Bobo-Dioulasso, les Forces de
sécurité se préparent en attendant que
« les choses se dégagent » pour un démarrage
effectif de la police de proximité.
Aux grands maux, les grands remèdes
Face à cette situation, on doit se
rendre à l’évidence que le seuil de tolérance
est largement dépassé en ce qui concerne l’insécurité
dans notre pays. Aujourd’hui, c’est elle qui constitue la
première des priorités d’où la nécessité
de dégager de grands moyens pour son éradication.
La solution la plus appropriée dans une telle situation,
c’est de mettre les moyens qu’il faut avec le soutien d’une
volonté politique sans faille.
Et l’espoir est permis d’autant que l’orsqu’il y a péril
en la demeure face à des situations pénibles
comme le Sida, les criquets pèlerins, le faible taux
de scolarisation … le gouvernement ne lésine pas sur
les moyens. Aujourd’hui les résultats sont là
: le taux de prévalence du Sida qui tournait autour
de 7,17% est vite redescendu à peine 1%, un véritable
plan de bataille a été mis au point pour contrer
désormais les criquets ravageurs, le taux de scolarisation
du Burkina Faso qui était parmi les plus faibles de
l’Afrique atteindra les 70 % à l’orée de l’année
2010
L’insécurité a atteint un stade tel qu’elle
ne peut plus être seulement l’affaire des seules Forces
de sécurité. Pour ramener le Burkina Faso à
un niveau normal en matière de sécurité
des personnes et des biens, il faut une loi de programmation
impliquant non seulement plusieurs départements ministériels
(Finances, Justice, Défense, Affaires étrangères…)
mais aussi une réelle volonté au plus haut niveau.
Le 10 août dernier lors de son discours de candidature
à Ziniaré, le Président Blaise COMPAORE
a affirmé que cette insécurité restait
sans contexte un défi important à relever dans
les mois à venir. C’est donc dire que le problème
est pris au sérieux au plus haut niveau et on espère
que comme les autres défis importants qui ont été
surmontés, le défi de l'éradication du
grand banditisme sera une réalité dans «
les mois à venir ».
En attendant, les bandits font la loi et s’attaquent à
tout va aux forces de l’ordre même et aux hommes de
Dieu.
Dans la région des Hauts-Bassins qui est une région
relativement riche du fait d’une meilleure production agricole,
le gouvernement doit veiller à mettre les moyens nécessaires
pour protéger cette richesse agricole.
Faisons confiance à nos Forces de sécurité,
mettons à leur disposition les grands moyens d’intervention
et une motivation exemplaire et attendons les résultats.
Par Drissa KONE de BOBO
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