| L’ambition
l’emporte sur le militantisme
Après les révélations
sur les 30 millions de Blaise COMPAORE pour soutenir l’OBU,
Laurent BADO est sorti le 10 août 2005 pour faire la
lumière sur la démission des 3 députés
de son parti, le PAREN. Comme à ses habitudes, le député
n’a pas du tout été avare en parole. Pendant
plus de deux heures d’horloge, il a entretenu les journalistes
des vraies fausses raisons des trois démissionnaires.
Une fois de plus, l’ambition personnelle,
les intérêts égoïstes et autres calculs
politiciens ont eu raison d’un parti politique de l’opposition.
Du reste, c’est ce que l’on peut retenir à la lumière
des révélations de Laurent BADO sur la question
de la démission des députés BADO Dema
Raphaël, SANOU Wenceslas, et dame DRABO K. Joséphine.
Le film de la trahison
C’est suite à des rumeurs d’une éventuelle démission
des trois députés que le secrétariat
exécutif du PAREN qui s’est réuni le mardi 24
juin 2003 a instruit le président du parti, Laurent
BADO, de s’informer auprès des intéressés
pour en savoir plus sur la question. C’est ainsi que les ayant
invité à son domicile Laurent BADO leur a demandé
si par écrit, par téléphone ou physiquement,
ils ont rencontré des responsables du CDP pour annoncer
leur départ du PAREN et leur désir de rejoindre
ce parti. Ce qu’ils ont catégoriquement nié.
Le lundi 14 juillet 2003 c’était au tour de Emile PARE
président de l’OBU auquel appartient le PAREN de s’étonner
auprès de Laurent BADO, après avoir appris que
dame DRABO a participé à une réunion
avec 15 autres personnes chez Cyrille GOUNGOUNGA. Le jeudi
4 septembre 2003, le PAREN a la confirmation que les députés
BADO Raphaël et SANOU Wenceslas sont allés plaider
leur départ dudit parti et, implicitement, leur retour
à leur parti originel qui n’est autre que le CDP, mais
les portes leur sont poliment restées fermées.
Le vendredi 28 novembre 2003, Laurent BADO est joint par téléphone
par un anonyme qui le prévient du complot qui se tramait
contre son parti, le PAREN. Mais il a juste répondu
: «Il y a Dieu au dessus des comploteurs» et est
resté chez lui à Zoula.
Le mardi 20 juillet 2004, Laurent BADO joint au téléphone
le député Wenceslas SANOU à Bobo pour
lui annoncer l’arrivée d’un grand mobilisateur du PAREN
originaire de l’Ouest comme ce dernier. Ledit mobilisateur
devait passer le week-end du 24 au 25 juillet chez le député
SANOU. Le député accepte, mais revient à
Ouagadougou dès le 22 juillet sans en informer le parti
encore moins le président et le mobilisateur qu’il
devait du reste accueillir.
Le 6 juillet 2004, depuis Bobo, un militant de l’UNDD informe
le mobilisateur du PAREN que c’était inutile de compter
sur SANOU car celui-ci chercherait à casser le parti
à Bobo pour rejoindre un autre. Ce même jour
Laurent BADO joint au téléphone le député
Wenceslas SANOU qui lui répond qu’il est en réunion
à Ouagadougou et qu’il le rappellerait, ce qui jusqu’aujourd’hui
n’a pas été effectif.
A la session extraordinaire de l’Assemblée nationale
de juin 2005, à un député qui plaisantait
sur les rumeurs de démission des trois députés
du PAREN, le député Wenceslas SANOU dira ceci
«il faut laisser les journalistes causer comme ils veulent».
Dans la même foulée, une concertation est initiée
par le député Laurent BADO, président
du PAREN, qui désirait s’entretenir avec ses trois
collègues. Il joint dame DRABO qui refuse tout entretien
avec lui en l’absence des deux autres députés.
Le 17 juin 2005 les trois députés démissionnent
en bloc et partent quelques jours plus tard rejoindre l’ADF/RDA
où ils comptent assouvir leur désir ultime.
L’objectif est simple, dira BADO, si le président Blaise
COMPAORE est réélu le 13 novembre, l’ADF/RDA
aura des postes ministériels Wenceslas SANOU comme
il l’a toujours souhaité sera peut-être ministre.
Une projection plausible puisque selon lui, au lendemain des
législatives de 2002, Wenceslas SANOU l’avait approché
pour lui demander d’intercéder auprès des autorités
du pays pour qu’il soit nommé dans une institution
internationale. Ce qui est resté lettre morte de sa
part car ne s’inscrivant pas dans ses objectifs et sa démarche
politique.
Quid de raisons des démissionnaires?
La démission des trois députés du PAREN,
à suivre la narration des évènements
par Laurent BADO, pourrait faire l’objet d’un film à
succès hollywoodien. Des «agents» transfuges
qui chercheraient un point de chute en somme ! Si les «affaires»
des trois députés ont commencé depuis
deux ans (2003), c’est dire que les raisons avancées
pour leurs démissions sont des faux-fuyant. Que ce
soit celles officielles (crise au sein de l’OBU ou à
répétition au sein du PAREN) ou celles officieuses
(direction unilatérale et personnelle du parti par
Laurent BADO, vente du parti à Blaise COMPAORE), toutes
ces raisons ont été battues en brèches
par les révélations de Laurent BADO.
L’homme s’est une fois de plus épanché dans
un langage confinant au dépit d’une personne naïve
abusée par des escrocs professionnels. Mais à
sa charge, il n’ignore pas que le monde politique est ainsi
fait avec ce jeu où les acteurs ont souvent comme un
malin plaisir à enfreindre aux règles. D’ailleurs,
il semble l’avoir lui-même compris lorsqu’il a confessé
à la conférence de presse de ce 10 août
: «Je ne suis pas fait pour la politique». Il
reconnaît que le milieu politique est une jungle où
aucune place n’est laissée au sentiment et où
les agneaux font les frais de la voracité des félins.
La réalité de ce monde, il faut le lui reconnaître
est, souvent difficile à cerner en ce que les intérêts
ne sont pas toujours conciliants même quand on prétend
poursuivre les mêmes objectifs. Chacun voulant se réaliser,
il va s’en dire que l’intérêt commun peut toujours
attendre pour certains qui pensent avoir bien assimilé
les règles du milieu ! Alors dans cette jungle, polluée,
il y a de fortes chances que le Pr. BADO ait recours à
un couvre-chef bien étanche pour le préserver
des radiations car, comment reconnaître le bon grain
de l’ivraie?
Par Frédéric Ilboudo
Retour au sommaire
|