L'opinion N°410
du 17 au 23 Août 2005

Editorial

L’exception burkinabè

Les résultats sont là : un pays en paix et en progrès constant, où la bonne gouvernance, la solidarité et le respect des droits de l’Homme sont devenus des valeurs cardinales et des acquis imprescriptibles, comme l’a souligné le nouveau candidat. Les résultats aussi c’est la réconciliation nationale et le pardon sur les chemins desquels il a fait des progrès réels qui en font une démocratie apaisée dans laquelle les institutions républicaines fonctionnent régulièrement et permettent à chaque citoyen d’exercer pleinement tous ses droits.

C’est maintenant officiel ; Blaise COMPAORE est candidat à sa propre succession. Il en a fait l’annonce mercredi dernier en sa résidence de Ziniaré devant un peu plus de 1200 représentants de partis politiques, d’associations, des communautés coutumières et religieuses… qui avaient vivement souhaité cette candidature. C’était aussi sous une pluie battante que certains ont naturellement interprété comme un signe bienfaiteur, présage d’une victoire éclatante le 13 novembre 2005, tandis que d’autres y voyaient plutôt une erreur de casting, qui a été loin de ne faire que des heureux du côté de ceux qui ont été trempé jusqu’aux os. Toujours est-il que dorénavant les supputations sur cette candidature devraient prendre fin, ce qui forcément éclaircit davantage le débat qui peut maintenant s’orienter sur des sujets beaucoup plus proches des préoccupations des populations, à moins que certains ne veuillent prolonger celui sur sa légalité ou sur sa légitimité. Pour sa part, en optant pour un silence royal sur ces questions, Blaise COMPARE n’évite pas le débat qui en est né comme certains le laissent entendre, mais a voulu montrer qu’il était au-dessus du débat politicien. Le ton est donc donné et ceux qui veulent le chercher devrait aller à ce niveau, ce qui n’est pas évident avec ce qu’on a déjà vu et entendu.
Là où il faudra le chercher c’est d’abord au niveau de la stature de la candidature. Alors que ici et là on s’est battu pour être accepté comme tel, lui a été invité à le faire avec tant d’insistance à force de marches, de manifestations diverses et de communications de partis, d’associations et de personnalités de tous les horizons dans un élan de patriotisme et d’unité politique jamais égalé qui a poussé ses adversaires à parler de supplications. Ces appels comme il le dira s’inscrivent «dans le mouvement fédérateur de l’espoir de millions de Burkinabè des villes et des campagnes». L’objectif final tire sa raison d’être dans le passé et le présent du combat de ce peuple qui lui ont permis d’arriver malgré des conditions particulièrement difficiles et défavorables à «une croissance économique constante, des indicateurs sociaux en nette amélioration, une maîtrise de l’inflation et la mise en place d’infrastructures économiques plus diversifiées…». Des faits palpables reconnus par tous les observateurs qui ne manquent d’ailleurs pas de s’étonner des performances du pays. En effet, alors qu’alentours on s’interroge sur l’avenir, au «Pays des hommes intègres» on s’est fondé sur «l’imagination créatrice des filles et des fils de la Nation et sur leur (notre) farouche volonté de construire le progrès malgré les contraintes et l’adversité…». Les résultats sont là : un pays en paix et en progrès constant, où la bonne gouvernance, la solidarité et le respect des droits de l’Homme sont devenus des valeurs cardinales et des acquis imprescriptibles, comme l’a souligné le nouveau candidat. Les résultats aussi c’est la réconciliation nationale et le pardon sur les chemins desquels il a fait des progrès réels qui en font une démocratie apaisée dans laquelle les institutions républicaines fonctionnent régulièrement et permettent à chaque citoyen d’exercer pleinement tous ses droits. Au total, des raisons suffisantes pour justifier qu’une multitude de Burkinabè et d’amis du Burkina Faso souhaitent continuer l’aventure avec l’artisan en chef de ces performances d’autant que certains secteurs exigent encore beaucoup d’efforts alors que d’autres maux prennent de l’ampleur au contact d’un environnement international et d’une mondialisation qui se joue des frontières. Au nombre de ces secteurs dans lesquels il faudra décupler les efforts, il y a celui de l’emploi et des activités de production particulièrement en milieu rural et en faveur des femmes. De même la recrudescence du grand banditisme et avec elle la montée de l’insécurité sont devenues des préoccupations lancinantes auxquelles il faudra s’attaquer en toute urgence. Des solutions sont déjà en cours et il faudra accélérer le pas. En faisant ressortir ces éléments en face de ceux qui l’ont fait leur champion, Blaise COMPAORE montre qu’il ne veut rien éluder et se contenter de semi-vérités. C’est de la gestion du Burkina Faso dans toutes ses facettes qu’il a fait un sacerdoce et pour laquelle il est prêt à d’autres sacrifices.
Mais il entend associer toutes et tous à cette œuvre à travers «un nouveau contrat fondé sur une vision dynamique pour relever les défis du quinquennat 2005-2010». Six grandes directions seront privilégiées : une politique hardie et volontariste dans les domaines de l’éducation, de la formation et de la santé ; la promotion des activités productives et de l’emploi en assainissant les bases de l’économie nationale ; la construction de nouvelles infrastructures économiques et de soutien à la production ; l’accélération de la modernisation de l’Etat et de la société ; la promotion du rayonnement de la culture, des arts et la poursuite de l’excellence dans le domaine du sport et enfin la consolidation du leadership du pays dans l’intégration régionale et la mondialisation. Un vaste chantier donc et qui ferait plier nombre d’ambitions mais avec la «foi inébranlable au génie et à l’aptitude de notre peuple à se hisser à la hauteur des Nations modernes démocratiques…, avec une détermination plus forte…» le succès sera encore au rendez-vous. Cependant pour que cela soit, il faudra se mobiliser avec responsabilité et enthousiasme pour que le 13 novembre 2005, lorsque le soleil se couchera sur cette journée qui marquera un grand moment de la vie de la Nation, le message ait conquis l’immense majorité des Burkinabè. C’est à se prix que l’exception burkinabè va se perpétuer.

Cheick AHMED

Retour au sommaire

 
©zénith édition communication
E-mail :
zedcom@fasonet.bf


 

Liberté d'opinion....liberté d'informer

©Copyrigth : Opinion 2005 - 2006