| Magnez-vous,
DOUE arrive !
Le processus de retour à la
paix et à la réunification en Côte d’Ivoire
piétine alors qu’on approche inexorablement de l’échéance
du 30 octobre, date à laquelle devrait avoir lieu la
prochaine élection présidentielle. Le médiateur
Sud Africain Thabo M’BEKI qui ne file pas le parfait amour
avec toutes les deux parties en conflit (loyalistes et rebelles)
se démène comme il peut et présentera
bientôt un rapport au Conseil de sécurité
de l’ONU sur cette situation ivoirienne. C’est dans une atmosphère
d’attente au goût mi-figue mi-raisin, pourrait-on dire,
que les Ivoiriens seront plongés dans une torpeur par
un ultimatum lancé par le Général Mathias
DOUE, ancien Chef d’Etat-major des FANCI entré en clandestiné
et qui promet revenir débarrasser le pays de GBAGBO
et son clan. La tension est don remontée au bord de
la lagune Ebrié.
Depuis sa sortie médiatique fracassante
mais intrigante pour l’observateur averti, le Général
DOUE fait frémir à Abidjan et toute l’Eburnie
atteinte d’une forte fièvre, bruit de toutes les supputations
possibles. Le Général MANGOU, celui-là
même qui a remplacé DOUE à la tête
des FANCI est monté à la charge pour menacer
des journaux de fermeture au seul prétexte qu’ils font
leur travail alors qu’en sous-main, ses hommes et lui alimentent
les organes à eux acquis d’informations fallacieuses
pour conditionner une opinion que les roueries itératives
semblent avoir affranchi de tout contrôle des tenants
du pouvoir. Il faut dire que pour les journaux qui ne chantent
pas les louanges de GBAGBO et ne s’inscrivent pas dans sa
logique guerrière, la vie est dure en Abidjan, vus
qu’ils sont comme la 5e colonne, voix de ceux qui veulent
décagnotter le «Christ» de Mama. Pour simpliste
qu’est l’analyse des Ouailles de GBAGBO, tous les Ivoiriens
doivent participer à leur effort de guerre. Remarquez
que quand le pouvoir FPI n’est pas sûr de ses arrières,
le clan «nationalise» tout le monde et présente
son combat pour sa survie comme celui de la Nation !
Le «Boulanger» manquerait-il aujourd’hui de farine
pour enfariner ses concitoyens et tous ceux qui l’écoutent
? En tout cas, ce qui lui en reste ne prend plus car à
force d’en abuser, il a fini par préparer ses vis-à-vis
et même ses proches à parer ses turpitudes. Ce
qui vaut aujourd’hui la vie sauve aux deux officiers généraux
de son armée qui ont su à temps opportun mettre,
entre eux et lui, le « maquis». Quand on sait
que le Général Mathias DOUE et le Colonel Jules
YAO YAO sont pour une grande part dans le maintien à
ce jour de son régime et que l’on voit comment ils
ont été récompensés, on ne peut
que se demander ce qui habite le Président GBAGBO.
L’homme est-il véritablement maître de lui-même
? Sait-il ce qu’il veut réellement pour son pays la
Côte d’Ivoire ? Toujours est-il que ses nuits ne peuvent
qu’être cauchemardesques puisque son armée, devenue
un conglomérat de soldats qui se cherchent car ne sachant
pas à quelle sauce ils seront mangés par leur
chef suprême, ne peut plus être le socle sur lequel
il peut pleinement compter. D’ailleurs, le Colonel YAO YAO
n’a-il pas mis en garde le présent Chef d’Etat-major
des FANCI, le Général Philippe MANGOU qu’il
voit sur la liste des prochaines victimes de la disgrâce
présidentielle ? Et que dire de ce groupe d’officiers
qui, dans un échange épistolaire paru dans la
presse, se désolidarise des «revanchards»
du FPI et de ce «chef injuste, sans parole, cynique,
incapable de gouverner, destructeur patenté au plus
mauvais qui soit dans l’histoire politique de leur (notre)
pays» et qui plus est, appelle les «frères
d’armes» à se mobiliser «dans l’action
pour que les choses changent» ?
C’est dire que la sérénité ne peut pas
être dans le «clan» et la fièvre
ne fera que monter au bord de la lagune Ebrié. Ne dit-on
pas que le serpent blessé mord à tout va ? Les
jours prochains s’annoncent donc incertains pour tous ceux
qui vivent sur le sol ivoirien sous contrôle du «clan».
Les milices et les escadrons de la mort ne feront pas dans
la dentelle avec les étrangers dont les pays sont déjà
indexés pour leur supposée connivence avec les
nouveaux ennemis (DOUE et YAO YAO) qui, semble-t-il, auraient
rejoint les éternels ennemis que sont les Forces nouvelles
dans le nord du pays, de même qu’ils mangeront du soldat
loyaliste jugé trop proche de ces deux officiers «en
rupture de bon avec les FANCI» et qui menacent de revenir
«prendre les choses en main». Ce qui n’est ni
plus ni moins que «faire partir par tous les moyens
le président GBAGBO».
Et voilà que GBAGBO et son clan voient
partout des ennemis et la famille de cette «race»
croît de jour en jour. Les Burkinabés ne s’étonnent
plus de l’appréciation qu’ils font d’eux, Gabonais,
Tchadiens, Centrafricains, Libériens les rejoignent
et la liste n’est pas close. C’est dire que tous les Africains
sont contre le «clan», le vilain petit canard
en somme dans la grande famille ! Même les forces françaises
de la Licorne, qui ont sauvé le régime, sont
accusées d’être de mêche avec la nouvelle
coalition anti-GBAGBO.
Si toutes ces accusations qui fusent du côté
de la lagune Ebrié sont avérées, nul
doute que les jours du régime GBAGBO sont comptés
et ce sera tant mieux pour la Côte d’Ivoire et la sous-région
qui n’ont que trop souffert d’une situation qu’il a créée
par une politique basée sur la xénophobie et
la vengeance sur quarante années de frustrations de
ses mentors sous les pouvoirs passés. Toutes les tentatives
pour ramener les choses à la normale butent sur une
fin de non recevoir de leur part. Ainsi, le DDR (le processus
de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion
des troupes combattantes) est loin de se faire, l’élection
présidentielle du 30 octobre n’est qu’une vue de l’esprit
car les conditions de sa tenue ne sont pas réunies,
GBAGBO demeurera président de la République
jusqu’à nouvelle ordre puisque selon ses ouailles c’est
lui qui doit céder le bâton de commandement à
son successeur qui ne peut qu’être lui-même. Et
pourtant il est le nœud gordien du problème ivoirien.
Autrement dit, on est dans un cercle vicieux. Alors tant qu’à
faire, si pour le salut de la Côte d’Ivoire, Fanfan
la Tulipe, pardon, la «Tulipe rouge» de DOUE peut
être source d’espoir, pourquoi ne pas lui souhaiter
bon vent ?
Par Fatogoma DOUSSE
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