| La
corruption gagne du terrain
Et de 5 pour le REN-LAC, le Réseau
national de lutte anti-corruption a publié son rapport
2004. Rapport dans lequel le réseau a dressé
l’état de la corruption dans plusieurs secteurs économiques
du pays. Le constat est amer, malgré la lutte, la sensibilisation
et autres sanctions, la gangrène est tenace. Pire,
elle gagne du terrain dans notre pays.
Moctar
Zonou, S exécutif
C’est dans la salle de conférences
de l’ABMAQ que Moctar ZONOU et ses camarades ont convoqué
les hommes de médias pour le lancement du rapport 2004.
C’était le mercredi 24 août 2005 lors d’un déjeuner
de presse. Cette année encore, les douanes, la police
et la gendarmerie occupent le premier rang du classement des
secteurs les plus corrompus de notre pays. Le rapport 2004
qui fait une analyse globale des résultats du sondage
2004 dans sa première partie, traite en deuxième
partie, du visage de la corruption dans certains secteurs.
La troisième et dernière partie du rapport sont
réservées aux actions de lutte contre la corruption
en 2004 au Burkina Faso. De la première partie du rapport,
l’on retient que le sondage s’est effectué dans 5 villes
du pays notamment Koudougou, Ouahigouya, Ouagadougou, Bobo-Dioulasso
et Banfora et intéressé plus d’un millier de
personnes.
Ces villes de l’avis du REN-LAC ont été retenues
sur la base de leur importance démographique. C’est
ainsi que les enquêteurs ont pu passer en revue tous
les secteurs concernés par l’enquête. De l’analyse
globale de la situation l’on retient que 83 % des sondés
estiment que la corruption est en progression au Burkina,
tandisque ceux qui pensent qu’elle est repandue et grave représentent
également 83 %. Pour l’année 2004. la petite
corruption a été encore « jaugée
» par Moctar ZONOU et son équipe. Il ressort
que la Police et la gendarmerie restent toujours les championnes
de la catégorie avec 37 % des avis accusateurs des
sondés contre 28 % en 2003. Elles sont suivies de près
par l’administration publique 15 %, l’enseignement 11 % de
la santé 10,7%, des mairies 7,3 % des douanes 6,3 %
des impôts 3% des marchés publics et des médias
respectivement de 2,2 % et de 1, 7 %. La grande corruption
quant à elle n’a pas dérogé non plus
à la tradition puisqu’on y trouve en pôle position
les Douanes et les Marchés publics avec des avis accusateurs
de 45 % et 27, 7 % des sondés. La deuxième partie
du rapport, consacrée à la revue des secteurs
pris individuellement, les enquêtes du REN-LAC ont révélé
que la gangrène de la corruption s’est installée
dans les mines d’or, dans l’enseignement privé, dans
les mairies à travers la gestion des parcelles surtout
à Bobo-Dioulasso etc.
Les projecteurs du REN-LAC se sont braqués en 2004
sur le fleuron de l’économie nationale : la SOFITEX
à travers la rubrique gros plan. Sur ce point, Moctar
ZONOU et son équipe ne sont pas allés du dos
de la cuillère pour dénoncer les pratiques corruptrices
que connaît la filière de l’or blanc. «
Tout est pourri dans cette maison » soutiennent les
sondés. Aucun circuit de la chaîne de production
encore moins les responsables des différentes structures
n’ont été épargnés.
Chacun en a eu pour son compte. Ce qui n’a pas manqué
de susciter des interrogations de la part des « gratte-papiers
» qui trouvaient quelque peu exagérées
certaines parties du rapport. En effet, pour ceux des journalistes
qui parcourent les contrées du pays avec la maison
de l’or blanc pour les couvertures médiatiques et autres
activités, les conclusions du rapport du REN-LAC sont
des plus étonnantes.
Etonnantes parce que lors des forums et autres consultations
avec les producteurs rien de tout ce qui ressemble aux faits
soulevés par le rapport n’a été signalé.
Mieux rien de ce qui est mis en exergue ne transparaît
dans les débats pour laisser planer un quelconque doute
chez les « journalistes cotonniers ».
En ce qui concerne la dernière partie du rapport, c’est
un « réquisitoire » fait à l’endroit
des décideurs à travers le constat des engagements
non tenus. En effet, le rapport note qu’entre le discours
politique et les actions concrètes contre la corruption
il y a un fossé. Et comme il est de coutume depuis
maintenant cinq ans le rapport a fait le classement des dix
secteurs intéressés par les enquêtes qui
est en fait l’état de la corruption au niveau national.
C’est sans surprise que les Douanes, la Police et la gendarmerie
occupent royalement la première place ex æquo.
Elles sont suivies de l’Administration publique, et les Marchés
publics occupent le 4e rang. Les mairies occupent la cinquième
place, la santé vient en 6e position suivie des impôts,
l’enseignement vient au 8e rang de la classe. C’est la justice
et les médias qui bouclent le classement avec respectivement
9e et 10e rang.
Par Frédéric ILBOUDO
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