| C’est
dire que le sondage du CGD vient combler un grand vide et
apparaît par ce seul fait comme un véritable
pied de nez à la classe politique toutes tendances
confondues qui se voit ainsi privée de certaines de
ses armes favorites : le paraître plutôt que l’être
et le boycott pour masquer sa triste réalité.
C’est tout naturellement donc que ce sondage sera pris à
parti et croqué à belles dents par tous ceux
qui s’y sentiront dévalorisés, parce que réduits
à ce qu’ils n’ont jamais cessé d’être
: de minables petits acteurs qui ont honteusement profité
de l’ignorance générale et généralisée.
Pour un pavé, ce que le Centre pour
la gouvernance démocratique (CGD) vient de jeter dans
la mare du landerneau politique national en est véritablement
un ! A la fois une première et un coup d’essai, son
«Enquête par sondage sur l’image, la notoriété
et les intentions de vote en faveur des candidats aux élections
présidentielles de 2005 au Burkina Faso avec l’appui
du Centre culturel américain» vient couper le
traintrain de la guerre des communiqués et apporter
un peu de piquant à la vie socio-politique. Du pain
béni pour certains, une pilule amère pour d’autres,
il ne laissera personne indifférent et fera sans nul
doute et pendant longtemps des gorges chaudes. Plus d’un tombera
des nues en découvrant ce que ses compatriotes pensent
de lui et il est à craindre qu’à l’image du
malade qui, totalement envahi par son mal s’en prendrait à
son thermomètre, ils ne cherchent à faire payer
au CGD, ce qui à leurs yeux serait un crime de lèse-majesté.
Il faut dire que depuis que dure la IVe République,
cela fait tout de même trois (03) quinquennats et deux
élections présidentielles, les ténors
de la scène politique ont réussi à s’arranger
à travers boycotts et boycotts partiel pour ne pas
soumettre leurs «immenses» auras supposés
à la sanction des urnes. Il en a résulté
par la force des choses que sur ce point nous n’avions d’autres
choix que de nous en remettre d’une part à la capacité
de leurs partis à organiser des conférences
de presse et à pondre des articles dans la presse locale
et d’autre part à ce qu’ils affirmaient être
eux-mêmes avec interdiction formelle de douter de quoi
que ce soit. Un jugement par défaut donc qui a fait
la part belle à tous les charlatans et autres escrocs
politiques qui en ont usé et abusé à
telle enseigne qu’on avait du mal à savoir qui est
qui, chacun se targuant d’être le premier de tous. Ainsi
a-t-on eu l’embarras du choix pour décerner les titres
de «candidat naturel» de l’opposition, de principal
opposant, de personnalité la plus en vue de l’opposition
etc. au point que même celui tout à fait officiel
de «chef de file de l’opposition» n’a jamais été
pleinement vécu comme tel malgré la loi. Chacun
s’était investi élu du peuple si ce n’est celui
des dieux !
C’est dire que le sondage du CGD vient combler un grand vide
et apparaît par ce seul fait comme un véritable
pied de nez à la classe politique toutes tendances
confondues qui se voit ainsi privée de certaines de
ses armes favorites : le paraître plutôt que l’être
et le boycott pour masquer sa triste réalité.
C’est tout naturellement donc que ce sondage sera pris à
parti et croqué à belles dents par tous ceux
qui s’y sentiront dévalorisés, parce que réduits
à ce qu’ils n’ont jamais cessé d’être
: de minables petits acteurs qui ont honteusement profité
de l’ignorance générale et généralisée.
Déjà que notre landerneau socio-politique est
suspicieux à souhait et que la mauvaise foi y est la
chose la mieux partagée, on peut présumer du
sort qui sera fait au CGD derrière lequel on verra
tel où tel intérêt si on ne l’accuse pas
tout simplement d’avoir lui aussi succombé aux sirènes
qu’on dit avoir envoûté le célèbre
Professeur Laurent BADO. Toutes ces médisances réussiront-elles
à ternir le travail effectué et à inhiber
son ardeur ?
Il est encore trop tôt pour répondre. Néanmoins
il est à souhaiter, et nous y avons tous intérêt,
à commencer par ceux qui la voueront aux géhennes,
qu’il n’en soit pas ainsi. Il faut même souhaiter que
d’autres structures s’y essaient, l’essentiel étant
que tout se passe dans les règles de l’art. Ainsi nous
aurons la possibilité de comparer et de croiser leurs
résultats, lesquels s’appuieront les uns sur les autres
pour assurer leur crédibilité. En la matière,
rien ne peut être de trop surtout que le pays n’a pas
une tradition dans le domaine des sondages d’opinion et que
partout ailleurs ceux-ci ne sont que des indications, tout
au plus des tendances à un moment «T» que
les réalités peuvent venir infirmer. En effet,
quels que soient les sondages, leurs résultats sont
contestables et leurs analyses peuvent diverger en fonction
des centres d’intérêts. Ainsi on pourra toujours
épiloguer sur l’intérêt des questions
posées, la manière dont le questionnaire a été
administré, l’échantillonnage, l’interprétation
des résultats, etc. A chacun d’en tirer les profits
et de rejeter ce qu’il veut. A ce jeu, personne n’a de comptes
à rendre à qui que ce soit et choisir de jeter
l’anathème sur les auteurs ou leur travail ne serait
que faire montre d’un nanisme intellectuel et éthique.
Nous devrions au contraire et tous à l’unisson féliciter
le CGD et appeler son ou ses partenaires à l’appuyer
davantage pour des sondages qui intéresseraient tout
le pays.
En attendant, puisque chacun sait maintenant ce qu’il vaut
réellement, nos hommes politiques feraient mieux de
se mettre au travail. Il y a loin de la coupe aux lèvres
dit-on. Donc il ne leur reste qu’à retrousser les manches.
Avec eux les hommes de médias qui ouvrent aux politiques
leurs colonnes à longueur de journées et d’éditions
sont en partie fixés sur leur poids réel dans
la construction de leurs images. Apparemment on s’était
accordé plus d’importance que les réalités
ne l’autorisaient. Une remise en cause s’impose donc et à
défaut de travailler les déclarations qui tombent
chaque jour dans les rédactions, il pourrait les «sucrer»
tout simplement que la démocratie ne s’en porterait
pas plus mal. Merci au CGD !
Cheick AHMED
.
Cheick AHMED
Retour au sommaire
|