L'opinion N°412
du 31 Août au 06 septembre 2005

Société

Code des personnes et de la famille

Les femmes vont en guerre contre la polygamie

Le 28 juillet dernier la ministre de la Promotion de la femme, Gisèle GUIGMA, énumérait sur les ondes de Savane FM des propositions faites par les femmes pour améliorer leurs conditions de vie. Parmi celles-ci figure la suppression de la polygamie.

Gisèle GUIGMA et ses consœurs souhaitent l’abolition de la polygamie. C’est un souhait légitime et bien noble au regard des conséquences fâcheuses de cette pratique pour nos mères et sœurs. Mauvaise éducation des enfants, mésentente, haine, souffrance, irresponsabilité sont des maux qui minent beaucoup de foyers polygames. Supprimer la polygamie constitue alors une délivrance, un grand soulagement pour beaucoup de femmes. Les hommes aussi trouveront leur compte car la paix et la concorde règneront dans beaucoup de familles. Mais le combat contre la polygamie sera dur, très dur. Car dans la pratique il est quasiment impossible de supprimer cette pratique séculaire profondément et solidement ancrée dans les meurs de beaucoup de Burkinabè.

Plusieurs raisons soutendent cela
D’abord notre pays compte 52% de femmes. Si chaque homme n’épouse qu’une seule femme, mathématiquement il restera 4% de femmes sans mari. Pourtant dans nos sociétés le célibat féminin est très mal vu et les femmes qui le vivent sont traitées de peu sérieuses ou de rebelles. Alors que deviendraient ces 4% de femmes ? des prostituées ? La prostitution est un vice condamné et banni dans toutes les sociétés. Ces 4% de femmes sans mari deviendront-elles des sœurs ou des laïques consacrées. En tout, la communauté catholique serait contente de les accueillir. Seulement parmi ces femmes beaucoup ne voudront pas opter pour ce mode de vie. Parmi celles qui voudront beaucoup ne rempliront pas les conditions exigées. D’ailleurs cet état de vie est un appel de Dieu. Alors parmi celles qui remplissent les conditions combien sont réellement appelées par Dieu. Le chômage et la pauvreté aidant, beaucoup de ces femmes, surtout musulmanes ne souscriront à cette idée de suppression de la polygamie.
En outre le Burkina compte 52,4% de musulmans et 25,9% d’animistes. Ce qui donne 78,3% de la population burkinabè. Cette majorité est favorable à la pratique de la polygamie. Dans un Etat dit démocratique, est-ce que les 21,7% de la population pourront imposer leur dictat à la majorité ? Dans cette majorité, il y a des poids lourds. Il y a les chefs coutumiers qui sont par principe des polygames. Ensuite il y a les chefs musulmans défenseurs des prescriptions de l’Islam. Les femmes auront fort à faire pour convaincre ces deux couches sociaux de la justesse de leur combat. Ce qui est possible, c’est une suppression de la polygamie sur papier. C’est-à-dire que par une pression politique les femmes pourront obtenir la suppression de la polygamie dans le code des personnes et de la famille. Il n’aura alors qu’un seul régime légal de mariage : la monogamie. Même si cette suppression est théorique, elle constitue une victoire certaine et un soulagement moral pour les femmes. Les femmes doivent donc s’atteler à créer ce cadre juridique légal qui leur permettra d’imposer progressivement leur opinion tout en sauvegardant leurs intérêts.
Le moyen le plus sûr, le pus efficace, c’est de commencer par une auto sensibilisation. C’est dire que les femmes doivent mener une sensibilisation interne afin que toute les femmes acceptent l’idée et la défendent. Ainsi aucune femme n’acceptera épouser un homme vivant avec une femme même en concubinage. Mais ce qui est urgent c’est de combattre le principe de concubinage, pour que le droit des femmes soit reconnu partout et par tous. Pour illustrer la haine que les femmes ont pour la polygamie, il faut lire le fait divers qui suit.

Faits divers
Une femme empoisonne ses cinq enfants

Habibou est une femme hyper-jalouse et foncièrement sorcière. Elle empoisonna ses trois (3) garçons et ses deux (2) deux filles parce que son mari désire prendre une deuxième épouse

L’histoire se passe dans un quartier de Ouagadougou. Habibou et son mari Boukaré vivaient paisiblement excepté les petits soubresauts inhérents à tous les foyers. Tous sont des musulmans pratiquants. Habibou était même la responsable des femmes musulmanes du quartier. A toutes les rencontres elle avait le crachoir pour défendre la cause des hommes et dicter à ses consœurs la conduite à tenir dans les foyers. Elle condamnait énergiquement les coépouses qui ne s’entendaient pas. Elle les traitait de femmes qui ne respectent pas le saint Coran. «Si l’homme a les moyens, disait-elle, le Coran l’autorise de prendre jusqu’à quatre (4) femmes».
Un soir après le dîner, Boukaré qui est un haut fonctionnaire de son état dit à sa femme : «Nous avons une villa, et une voiture ; je vais acheter une mobylette Rembo pour toi et des vélos VTT pour nos cinq (5) enfants. Même Faïssal qui a trois (3) ans aura un vélo». «Merci chéri, tu as raison Allah t’a donné les moyens de le faire, que son nom soit loué», s’écria-t-elle. Le mari continua : «Ensuite héé… ! J’épouserai une deuxième femme». A ces mots le souffle de Habibou se coupa et un silence de mort pesa sur toute la famille. Une douleur terrible la parcourut de la tête à l’anus et remonta au cœur. Elle ne savait quoi dire, elle était tout simplement dépassée. Elle ne dit rien mais le mari comprit qu’elle digéra très mal son idée. Elle ne parl plus tout le reste de la nuit. Mais elle ne dormit pas non plus. Elle passa le temps à imaginer ce qui pourrait arrêter ce projet de mariage. Puisque les moyens, Boukaré en a, et le Coran le lui autorise. Elle trouva une idée diaboliquement géniale. Empoisonner les enfants. Comme cela, Boukaré prendra tout son argent pour les soigner et n’aura plus rien pour épouser la deuxième. Le matin elle sortit très tôt avant son mari. Vers 6h 30 mn Boukaré partit pour son travail il prit soin de dire aux enfants de dire à leur maman de l’appeler dès qu’elle reviendra à la maison. La maman revint vers huit heures avec un liquide noir. Les enfants lui firent la commission du père. Elle répondit : «Nous-nous sommes vus ; il a remis ceci pour vous, prenez et buvez en tous c’est un médicament contre les sorcières». Les enfants en burent et au bout de trente (30) minutes tous commencèrent à vomir. Le benjamin s’évanouissait déjà. Habibou téléphona alors à son mari et lui dit : «Comme tu as trop d’argent et tu veux prendre des femmes ajouter ; viens traiter tes enfants, ils sont tous malades». Le mari crut que c’était une blague. Mais un voisin le téléphona et confirma la maladie des enfants. Le mari revint en catastrophe à la maison. Une foule de voisins et de passants se sont réunis pour compatir cette situation. Le spectacle des enfants qui mouraient était affligeant Madame affirma à haute et intelligible voix que c’est elle qui les a empoisonnées. Ainsi monsieur utilisera son argent qui lui gratte le derrière pour les soigner au lieu de prendre une deuxième femme. Alors il restera tranquille. Les enfants furent transportés d’urgence à l’hôpital Yalgado OUEDRAOGO et tous eurent la vie sauve. Que feriez-vous d’une telle femme dont la jalousie et la méchanceté surpassent tout entendement.
Job Lvoisier

Lettre 2 RAP
Sur les traces du Hip hop

Défini comme un style musical accompagnant un rythme martelé de paroles improvisées ou écrites, le rap est avant tout une composante de ce que l’on désigne sous le vocable «Hip hop», un mode de vie dont la musique est la partie émergée de l’iceberg. En plus des Dj (Disc jokers) qui fournissent l’instrumental des airs musicaux, des MC (Maître de cérémonie) qui écrivent des textes, le Hip hop regroupe d’autres activités comme la danse (break, smurf), la peinture (graffiti, tag) mais, surtout se caractérise par un mode vestimentaire atypique.
Conçu par et pour le ghetto noir américain, le Rap est avant tout une musique basée sur une constante innovation, un refus de toute institutionnalisation.

Les racines du RAP
Pour ce qui est des influences lyriques, nombreux sont les musicologues qui l’ont remarqué, le rapper perpétue en un sens la tradition des griots africains, ces poètes et musiciens qui décrivaient leurs sociétés. Cependant les racines les plus directes du rap remontent à la fin des années 1960 et à l’apparition des «Last Poets», un collectif de jeunes militants noirs ayant mis leur rage en rimes et en percussions afin de transmettre leurs messages révolutionnaires.
Les influences musicales sont quant à elles bien évidentes. La Soul et le Funk rythmaient les discothèques de chaque quartier. Le Rap a pour origine également les Sounds systems jamaïcains où des discothèques mobiles aux hauts parleurs énormes traversent les différentes villes au cours des années 1960. les micros étaient ouverts à tous les toasters qui désiraient se faire connaître. Le père fondateur de la culture Hip hop s’appelle Clive CAMPBELL, et plus connu sous le nom de Kool HERC. En 1973, ce jeune immigré Jamaïcain, fasciné par les Sounds systems et par les chansons de James BROWN l’icône de la soul music américaine, anime une soirée à l’occasion de l’anniversaire de sa sœur dans la cave de son immeuble du Bronx (New-York). La géniale idée d’utiliser deux platines lui vient, ce qui lui permet d’enchaîner sans pause les morceaux et de faire durer les breaks (les passages rythmiques où tout disparaît au bénéfice du beat).
Dès lors, les soirées se multiplient pour lui et HERC décide de faire monter sur scène des célébrités de chaque quartier, ayant un rôle d’ambianceur. Peu à peu ces «ambianceurs» vont rimer leurs messages de la manière la plus originale et la plus rythmée possible. Des rivalités vont naître au fil du temps entre les ambianceurs donnant lieu à des joutes verbales qui déchaînent les foules. C’est la naissance des premiers MC (Maître de cérémonies), des premiers rappers et même de la culture Hip hop qui va se répandre peu à peu dans tout l’Etat de New-York. (A suivre)
Par D. VY

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