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Le Burkina comme
l’albatros
Sur initiative du ministère
de l’Economie et du Développement, le groupe opérationnel
d’experts de l’étude prospective (GOEP) a mené
une étude nationale prospective «Burkina 2025».
La cérémonie de remise officielle du rapport
du GOEP s’est tenue le vendredi 09 décembre 2005 à
la primature en présence du Premier ministre et du
ministre Seydou BOUDA de l’Economie et du Développement.
Vingt
sept (27) mois durant, les membres du Groupe opérationnel
d’experts de l’étude prospective (GOEP) ont travaillé
d’arrache-pied pour produire ce qui tient aujourd’hui en ce
rapport remis au gouvernement. Il faut dire que le GOEP est
composé d’une soixantaine de personnalités,
choisie chacune pour ses compétences techniques particulières
et son aptitude à contribuer à une réflexion
en profondeur sur notre futur consensuel et voulu à
l’horizon 2025. Un groupe à l’image du pays, «œcuménique»
aussi bien par la diversité socioculturelle et sociologique
que par la très grande diversité des spécialités
représentées.
Le GOEP a été dirigé par l’Abbé
Joseph Mukassa SOME, Docteur ès sciences sociales,
expert en sociologie du développement, et actuellement,
secrétaire exécutif national de l’Organisation
catholique pour le développement et la solidarité
au sein de l’Eglise famille du Burkina (OCADES).
A la cérémonie de remise du rapport du groupe,
le ministre Seydou BOUDA de l’Economie et du Développement
a, dans son exposé, expliqué les objectifs ayant
guidé une telle étude qui sont de renforcer
les capacités d’anticipation et de gestion concertée
du développement, de dégager les tendances d’évolution
de la société burkinabè, d’identifier
les opportunités et germes de changement, de définir
les profils possibles de cette société à
l’horizon d’une génération, d’élaborer
des orientations stratégiques pour la formulation des
politiques et stratégies de développement.
L’étude a comporté trois grandes phases qui
sont allées de la constitution de la base d’informations,
à la construction de scénarios thématiques
et globaux et enfin la détermination de la vision et
formulation de stratégies.
Pour la constitution de la base d’information, les actions
du GOEP ont consisté en une analyse diagnostique de
la situation sociale économique et politique passée
et présente puis une enquête auprès des
burkinabè a été menée sur leurs
perceptions de la situation passée et présente
de la société nationale et leurs aspirations
à long terme et une analyse de la structure du Burkina
Faso en tant que système pour identifier les facteurs
déterminants de son évolution. De cette analyse,
structurelle il ressort que le «système Burkina»
est relativement stable mais reste prédéterminé
par des variables externes (aide publique au développement,
mondialisation et influence des organisations internationales.
Malgré cette domination externe, il repose sur un socle
«d’endo-culture» constitué par les valeurs
traditionnelles et religieuses qui lui donnent sa singularité
et ses richesses profondes. Le rapport souligne que le système
burkinabè s’oriente vers une percée, vers des
progrès avec un appui particulier sur l’informel et
le tourisme et cette percée devrait prendre racine
sur les exigences de la bonne gouvernance, le socle de l’inculturation,
de l’intégrité et de l’ouverture et aussi elle
devrait s’appuyer sur la plate-forme des acteurs et des facteurs.
Cependant, prévient le rapport, une mauvaise gestion
de ces éléments directeurs peut entraîner
un effondrement du système.
Quant aux différents scénarios construits par
le GOEP, ils vont des plus pessimistes aux plus optimistes
avec un scénario semi-optimiste ou de référence
qui semble, aux dires du rapport, convenir à notre
situation actuelle. Ce scénario donc nommé «le
Ressaisissement et le dégagement» est symbolisé
par l’envol de l’albatros. Ce gros oiseau en effet prend lourdement
et difficilement son envol. Dans ce scénario, le Burkina
Faso refuse la fatalité ; victorieux des pesanteurs
sociales, économiques et culturelles, consentrant ses
forces et s’appuyant sur les «Points leviers»,
il prend l’envol : c’est le ressaisissement et le dégagement
latéral. Selon le groupe d’expert, tous les scénarios
des plus redoutés au plus souhaités doivent
être pris en compte dans les décisions de politique
car l’histoire récente de la sous-régions nous
enseigne que tout peut arriver, même l’improbable et
le rôle de la gouvernance est de travailler à
mobiliser l’ensemble des composantes de la société
pour construire un Burkina autre et meilleur en évitant
tout comportement et toute action conduisant aux situations
ou scénarios pessimistes ou redoutés ; en favorisant
par une attitude éminemment proactive l’avènement
des situations ou scénarios favorables pour qu’à
partir du scénario de référence, nous
puissions cheminer vers le meilleur avenir de la société
burkinabè, un positionnement volontariste et stratégique
du Burkina Faso en Afrique et dans le concert des nations.
Dans ce document mis à la disposition du gouvernement,
le GOEP suggère la tenu périodique des sessions
du conseil national de prospective et de planification stratégique,
la traduction des résultats de l’étude prospective
sous la forme d’un document d’orientations stratégiques,
la mise en place d’une communication sociale sur la prospective,
la mise en place et l’animation d’une cellule de veille prospective.
Le Premier ministre dans sa prise de parole à d’abord
remercié le GOEP pour l’immensité du travail
abattu et a qualifié ce travail d’historique. Aussi
a-t-il ajouté que le gouvernement va travailler à
s’approprier les résultats de ces travaux pour réunir
au mieux ce présent et naturellement le futur du Burkina
Faso.
L’honneur est revenu à l’Abbé Joseph Mukassa
SOME en sa qualité de président du GOEP de remettre
officiellement les conclusions de leurs travaux au Premier
ministre mais avant, il a remercié le gouvernement
pour la confiance placée en eux pour effectuer cette
étude nationale prospective «Burkina 2025»
et de préciser que le GOEP en plus de l’appui du gouvernement,
a également bénéficié de l’appui
technique d’un conseiller hors site en la personne de M. Jacques
ARCADE, expert international en prospective et stratégie.
Il a aussi fait cinq (5) recommandations au gouvernement à
savoir la mise en place d’une stratégie de communication
sociale autour des résultats de l’étude afin
que tous les Burkinabè soient informés et sensibilisés
sur les futurs possibles que leur comportement contribuerait
à déterminer, l’opératrionnalisation
des résultats de l’étude qui doivent constituer
une base pour l’évaluation des options stratégiques
à mettre en œuvre au quotidien pour cheminer vers le
futur désiré. Quant à la 3e recommandation,
elle porte sur le développement d’une culture prospective
aussi bien au niveau des secteurs ministérielles qu’au
niveau de l’ensemble de la société. Une telle
culture, aujourd’hui plus qu’hier, est indispensable pour
comprendre l’évolution rapide et complexe de la société
et du monde environnant et de tracer des pistes vers un avenir
consensuel toujours amélioré et enfin la mise
en place d’une cellule de veille prospective.
Par Claude ROMBA
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