| Fruit
d’un dialogue politique
Le dialogue, qu’il soit politique
ou social a l’avantage de mettre face à face les protagonistes
pour une solution pacifique et consensuelle. Bon nombre de
crises et violences sous nos cieux auraient pu être
évitées si certains avaient compris que loin
d’être une faiblesse, le dialogue est et demeure une
vertu cardinale. La preuve vient d’être donnée
par la dernière rencontre entre le ministre de l’administration
territoriale et de la décentralisation (MATD) et les
responsables des partis politiques autour de la question des
élections municipales qui étaient prévues
pour le 12 février prochain.
Si la violence même verbale est reconnue
arme des âmes faibles, dit-on, le dialogue, est celle
des âmes fortes. Le gouvernement par le biais du MATD,
Moumouni FABRE, en décidant de rencontrer les responsables
des partis politiques pour discuter de l’organisation du scrutin
a posé un acte très louable. Un acte qui marque
une fois de plus son ouverture et sa volonté de résoudre
les problèmes qui se posent par le dialogue et la concertation
permanente. En effet, la rencontre entre les deux parties
a été franche et empreinte de respect naturel.
Ce qui d’abord a permis au ministre FABRE d’exposer la situation
et aux responsables des partis de donner leurs lectures des
problèmes qu’ils rencontrent sur le terrain. Comment
ces problèmes d’ordre pratique pouvaient se savoir
si ce cadre de dialogue n’avait pas été trouvé
par le gouvernement ?
Au cours de la rencontre, les responsables des partis politiques,
soucieux du bon déroulement du scrutin à venir,
ont évoqué des problèmes objectifs.
Le gouvernement qui ne souhaite autre chose qu’un bon scrutin
ne pouvait rester insensible aux «cris de cœur»
de ces responsables politiques.
Si sur le champ le MATD n’a pas donné de réponse
définitive du report ou non des élections, il
ne pouvait d’ailleurs pas le faire, il a certainement pris
bonne note du souhait des partis politiques présents.
Conséquence, le conseil des ministres du 8 décembre,
certainement après des débats «houleux»
où les pour se sont «affrontés»
aux contre, a examiné et adopté un rapport relatif
à deux projets du décret portant respectivement
ouverture de la campagne électorale en vue du scrutin
municipal et convocation du corps des communes du Burkina
Faso.
Aussi pour le gouvernement : «Après l’élection
présidentielle du 13 novembre 2005 et à l’issue
des concertations entre le gouvernement et les partis politiques,
il est apparu nécessaire de reculer la date du scrutin
des municipales dans le but d’apporter des réponses
aux préoccupations soulevées par la classe politique
dans son ensemble. De même ce report permettra à
la CENI de lever les difficultés constatées
lors du scrutin présidentiel…».
La campagne pour les élections municipales débute
donc le samedi 18 février et la clôture le 10
mars 2006. Le scrutin lui, aura lieu le dimanche 12 mars 2006.
Le dialogue politique a donc payé pour le bonheur des
partis politiques. Quant au gouvernement, il se positionne
définitivement comme celui du dialogue et de la concertation.
Toute chose qui devrait faire réfléchir les
syndicats portés qu’ils pour les grèves et les
marches intempestives souvent bien nuisibles aux dialogues
et aux concertations.
Rien de grand, rien de positif et rien de durable ne peut
s’obtenir ou se construire sans le dialogue surtout quand
les intérêts sont parfois divergents et les forces
disproportionnées. En tous cas, le gouvernement et
les partis politiques ont donné une belle leçon
de dialogue aux organisations syndicales qui comptent descendre
dans la rue les 15, 16 et 17 décembre prochain.o
Par Ben Alex Béogo
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