L'opinion N°427
du 14 au 20 décembre 2005

ACTUALITE

Report des municipales

Fruit d’un dialogue politique

Le dialogue, qu’il soit politique ou social a l’avantage de mettre face à face les protagonistes pour une solution pacifique et consensuelle. Bon nombre de crises et violences sous nos cieux auraient pu être évitées si certains avaient compris que loin d’être une faiblesse, le dialogue est et demeure une vertu cardinale. La preuve vient d’être donnée par la dernière rencontre entre le ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation (MATD) et les responsables des partis politiques autour de la question des élections municipales qui étaient prévues pour le 12 février prochain.

Si la violence même verbale est reconnue arme des âmes faibles, dit-on, le dialogue, est celle des âmes fortes. Le gouvernement par le biais du MATD, Moumouni FABRE, en décidant de rencontrer les responsables des partis politiques pour discuter de l’organisation du scrutin a posé un acte très louable. Un acte qui marque une fois de plus son ouverture et sa volonté de résoudre les problèmes qui se posent par le dialogue et la concertation permanente. En effet, la rencontre entre les deux parties a été franche et empreinte de respect naturel.
Ce qui d’abord a permis au ministre FABRE d’exposer la situation et aux responsables des partis de donner leurs lectures des problèmes qu’ils rencontrent sur le terrain. Comment ces problèmes d’ordre pratique pouvaient se savoir si ce cadre de dialogue n’avait pas été trouvé par le gouvernement ?
Au cours de la rencontre, les responsables des partis politiques, soucieux du bon déroulement du scrutin à venir, ont évoqué des problèmes objectifs.
Le gouvernement qui ne souhaite autre chose qu’un bon scrutin ne pouvait rester insensible aux «cris de cœur» de ces responsables politiques.
Si sur le champ le MATD n’a pas donné de réponse définitive du report ou non des élections, il ne pouvait d’ailleurs pas le faire, il a certainement pris bonne note du souhait des partis politiques présents. Conséquence, le conseil des ministres du 8 décembre, certainement après des débats «houleux» où les pour se sont «affrontés» aux contre, a examiné et adopté un rapport relatif à deux projets du décret portant respectivement ouverture de la campagne électorale en vue du scrutin municipal et convocation du corps des communes du Burkina Faso.
Aussi pour le gouvernement : «Après l’élection présidentielle du 13 novembre 2005 et à l’issue des concertations entre le gouvernement et les partis politiques, il est apparu nécessaire de reculer la date du scrutin des municipales dans le but d’apporter des réponses aux préoccupations soulevées par la classe politique dans son ensemble. De même ce report permettra à la CENI de lever les difficultés constatées lors du scrutin présidentiel…».
La campagne pour les élections municipales débute donc le samedi 18 février et la clôture le 10 mars 2006. Le scrutin lui, aura lieu le dimanche 12 mars 2006.
Le dialogue politique a donc payé pour le bonheur des partis politiques. Quant au gouvernement, il se positionne définitivement comme celui du dialogue et de la concertation. Toute chose qui devrait faire réfléchir les syndicats portés qu’ils pour les grèves et les marches intempestives souvent bien nuisibles aux dialogues et aux concertations.
Rien de grand, rien de positif et rien de durable ne peut s’obtenir ou se construire sans le dialogue surtout quand les intérêts sont parfois divergents et les forces disproportionnées. En tous cas, le gouvernement et les partis politiques ont donné une belle leçon de dialogue aux organisations syndicales qui comptent descendre dans la rue les 15, 16 et 17 décembre prochain.o
Par Ben Alex Béogo

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