L'opinion N°427
du 14 au 20 décembre 2005

ACTUALITE

Fête nationale

Des lauriers aux plus méritants

Comme il est de coutume, chaque année, le 11 décembre, fête nationale du Burkina Faso, est une occasion pour la Nation d’être reconnaissante à ses fils les plus méritants en leur accordant des décorations. L’année 2005 n’a pas dérogé à la règle. Ainsi, près de 480 personnes ont été distinguées dans l’Ordre national et dans l’Ordre du mérite national. La cérémonie de remise de médailles aux récipiendaires a eu lieu dans l’enceinte de la présidence du Faso.

Cette année la commémoration de la fête nationale correspond au quarante septième anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté nationale. Voilà donc quarante sept ans que les Burkinabè président aux destinées de leur pays. C’est aussi une occasion pour la patrie de récompenser ses fils et ses filles qui se sont les plus distingués, chacun à son niveau par la qualité de service rendu et qui par ses efforts participe au développement et au rayonnement du pays.
480 personnes issues de tous les secteurs d’activités ont été décorées. Pour ce qui est de l’Ordre national ce sont au total 220 personnes dont 1 grand officier 08 commandeurs, 21 officiers et 196 chevaliers parmi lesquels notre directeur de publication. C’est là un grand honneur pour l’homme mais aussi pour le journal. M. Issaka LINGANI, il faut le reconnaître, des années durant à force de travail, d’abnégation et de rigueur a apporté sa modeste contribution à l’édification de l’Etat-nation et cette décoration est la juste reconnaissance d’un travail bien fait et de l’amour porté à sa Patrie. Pour ce qui est de l’Ordre du méritel il y a eu 4 commandeurs, 14 officiers et 242 chevaliers.
Pour mieux comprendre toutes ces décorations et leur histoire, nous avons approché monsieur Rigobert SEMDE, administrateur civil, secrétaire général de la grande chancellerie. A l’origine selon M. SEMDE, la décoration a été inventée par Napoléon BONAPARTE dans les années 1802 pour encourager ses soldats ; il reconnaîtra que le mérite ne doit pas se limiter uniquement aux militaires mais doit s’étendre aux autres activités. C’est ainsi que les décorations au départ attribuées aux militaires vont toucher progressivement tous les corps de métier. Le Burkina Faso bien sûr a hérité de cette tradition avec la colonisation. Les Ordres burkinabè sont une émanation de la légion d’honneur française, fruit du génie de Napoléon BONAPARTE. Il faut aussi savoir que l’Ordre national est la distinction honorifique la plus élevée du pays, il est destiné à récompenser le mérite personnel et les services d’éminents civils ou militaires rendus à la nation. Quant à l’Ordre du mérite national, il vise à récompenser toute personne qui se serait distinguée par son dévouement, sa valeur professionnelle, la durée et la qualité de son service. Les personnes décorées jouissent de certains avantages d’abord, il y a la satisfaction morale d’avoir été sélectionné et distingué ; ensuite pour les fonctionnaires et des agents de l’Etat, il y a une bonification des échelons. En effet, les médaillés bénéficient d’un avancement d’un échelon, les contractuels, eux, bénéficient d’une augmentation de 10% sur le traitement salarial. De plus, à mérite égal et ancienneté égale, lors d’un avancement au choix, le fonctionnaire civil ou militaire, titulaire d’une décoration, est prioritaire, en plus les personnes distinguées ont droit aux honneurs et enfin les dignitaires ont droit aux honneurs funèbres.
Il faut signaler cependant qu’une décoration est un mérite et le bénéficiaire doit travailler à garder ce mérite en étant exemplaire par son comportement et persévérer pour espérer avoir des grades dans cette décoration. Au niveau de l’Ordre national par exemple, on commence par être décoré d’abord chevalier, ensuite quelques années après si on continue à être méritant, on passe officier, puis commandeur, grand officier et enfin le top, des tops grande croix. Il y a donc des promotions ou graduations qui permettent aux bénéficiaires de ne pas dormir sur leurs lauriers et de travailler davantage pour être toujours plus méritants. Il faut signaler qu’au niveau de la grande croix au Burkina Faso, seuls le président du Faso et les anciens chefs d’Etat ainsi que le général Tiémoko Marc GARANGO ancien Médiateur du Faso et le grand chancelier ont bénéficié de cette décoration. Toutefois, c’est une décoration qui n’est pas fermée aux citoyens, il faut seulement mériter. A signaler aussi que dans la Fonction publique, pour être décoré, il faut au moins 15 ans de service et dans le privé, il faut tout simplement être majeur.
Par Claude ROMBA

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