L'opinion N°427
du 14 au 20 décembre 2005

ACTUALITE

La GIPD

La conquête du périmètre rizicole de Mogtédo

Le 17 novembre dernier le projet GIPD (Gestion Intégrée de la Production et des Déprédateurs de cultures) spécialité dans la culture du riz a organisé une visite commentée d’un champ école au périmètre rizicole de Mogtédo. Cette visite a marqué aussi la fin de la formation de cinquante (50) producteurs de la localité en technique GIPD.

«Avec la GIPD, nous nous fatiguons moins, dépensons peu et gagnons plus». Tels sont les propos de Monsieur Bernard TAPSOBA, producteur formé expliquant aux visiteurs la technique GIPD. Cette explication a consisté à comparer l’ancienne technique de culture de riz et celle de la GIPD. En effet, selon Monsieur TAPSOBA, la différence entre ces deux techniques réside tout d’abord dans la préparation du sol. La Technique GIPD exige une surface plane et bien nivelée. Cela permet de garder constamment une lame d’eau uniforme sur toute l’étendue du champ. Ainsi aucune herbe n’y pousse, donc on n’a point besoin d’herbicide, ni de sarclage, ni de désherbage. Tous les sept (7) jours, on fait une détection des ennemis de la culture. Si on se rend compte que l’équilibre biologique naturel est tel que les ennemis de la culture tels que les criquets, les chenilles, les papillons sont inférieurs à ceux des amis de la culture tels que les araignées, les guêpes… Alors on n’a point besoin d’insecticide. On minimise aussi l’usage de l’engrais chimique au profit de l’engrais organique.
Le repiquage se fait de 2 ou 3 plants par pied à une distance de 20 cm entre les lignes et 10 entre les pieds contre 5 à 10 plants par pied à une distance 20 cm entre les pieds habituellement pratiqué par les producteurs ; cela permet d’économiser en pépinière. En somme, selon M. Félix ZOUNGRANA chef de la zone d’agriculture à Mogtédo qui a piloté l’expérience et formé les producteurs ; la GIPD est une technique qui protège l’environnement, la santé humaine et animale et évite la pollution des eaux. Elle permet aussi un meilleur rendement.
Quant au résultat, la différence était nette sur le terrain. Le champ cultivé selon la technique GIPD présente une bonne levée et une meilleure productivité. C’est pourquoi Monsieur Pierre Barthélemy ILBOUDO a remercié et félicité les producteurs de Mogtédo. Il les a aussi exhortés à appliquer et faire promouvoir cette technique. Il a enfin loué la participation féminine massive à cette expérimentation. Les producteurs par la voix de leur représentant ont souhaité avoir un appui financier et une alphabétisation. Monsieur Lucien SAWADOGO, coordonnateur adjoint du projet GIPD a promis de transmettre ces doléances à qui de droit.
Une simulation de la technique d’identification des ennemis de la culture, une explication de la technique de compostage en tas et un entretien entre producteurs et visiteurs ont mis fin à cette visite commentée.
En rappel, la GIPD est un projet spécialisé dans la culture du riz qui intervient dans trois (3) pays africains à savoir le Mali, le Sénégal et le Burkina Faso. Son intervention au Burkina date de quatre (4) ans, et celle de Mogtédo a débuté en juillet 2005.
Par Job LAVOISIER

Retour au sommaire






 

 

.


Liberté d'opinion....liberté d'informer

©Copyrigth : Opinion 2005 - 2006