| La
conquête du périmètre rizicole de Mogtédo
Le 17 novembre dernier le projet
GIPD (Gestion Intégrée de la Production et des
Déprédateurs de cultures) spécialité
dans la culture du riz a organisé une visite commentée
d’un champ école au périmètre rizicole
de Mogtédo. Cette visite a marqué aussi la fin
de la formation de cinquante (50) producteurs de la localité
en technique GIPD.
«Avec la GIPD, nous nous fatiguons
moins, dépensons peu et gagnons plus». Tels sont
les propos de Monsieur Bernard TAPSOBA, producteur formé
expliquant aux visiteurs la technique GIPD. Cette explication
a consisté à comparer l’ancienne technique de
culture de riz et celle de la GIPD. En effet, selon Monsieur
TAPSOBA, la différence entre ces deux techniques réside
tout d’abord dans la préparation du sol. La Technique
GIPD exige une surface plane et bien nivelée. Cela
permet de garder constamment une lame d’eau uniforme sur toute
l’étendue du champ. Ainsi aucune herbe n’y pousse,
donc on n’a point besoin d’herbicide, ni de sarclage, ni de
désherbage. Tous les sept (7) jours, on fait une détection
des ennemis de la culture. Si on se rend compte que l’équilibre
biologique naturel est tel que les ennemis de la culture tels
que les criquets, les chenilles, les papillons sont inférieurs
à ceux des amis de la culture tels que les araignées,
les guêpes… Alors on n’a point besoin d’insecticide.
On minimise aussi l’usage de l’engrais chimique au profit
de l’engrais organique.
Le repiquage se fait de 2 ou 3 plants par pied à une
distance de 20 cm entre les lignes et 10 entre les pieds contre
5 à 10 plants par pied à une distance 20 cm
entre les pieds habituellement pratiqué par les producteurs
; cela permet d’économiser en pépinière.
En somme, selon M. Félix ZOUNGRANA chef de la zone
d’agriculture à Mogtédo qui a piloté
l’expérience et formé les producteurs ; la GIPD
est une technique qui protège l’environnement, la santé
humaine et animale et évite la pollution des eaux.
Elle permet aussi un meilleur rendement.
Quant au résultat, la différence était
nette sur le terrain. Le champ cultivé selon la technique
GIPD présente une bonne levée et une meilleure
productivité. C’est pourquoi Monsieur Pierre Barthélemy
ILBOUDO a remercié et félicité les producteurs
de Mogtédo. Il les a aussi exhortés à
appliquer et faire promouvoir cette technique. Il a enfin
loué la participation féminine massive à
cette expérimentation. Les producteurs par la voix
de leur représentant ont souhaité avoir un appui
financier et une alphabétisation. Monsieur Lucien SAWADOGO,
coordonnateur adjoint du projet GIPD a promis de transmettre
ces doléances à qui de droit.
Une simulation de la technique d’identification des ennemis
de la culture, une explication de la technique de compostage
en tas et un entretien entre producteurs et visiteurs ont
mis fin à cette visite commentée.
En rappel, la GIPD est un projet spécialisé
dans la culture du riz qui intervient dans trois (3) pays
africains à savoir le Mali, le Sénégal
et le Burkina Faso. Son intervention au Burkina date de quatre
(4) ans, et celle de Mogtédo a débuté
en juillet 2005.
Par Job LAVOISIER
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