| Bandeau
blanc contre la pauvreté
En prélude au sommet de l’Organisation
mondiale du commerce (OMC) qui se tient à Hong Kong
les 13 et 14 décembre, la coalition nationale pour
le suivi des actions de lutte contre la pauvreté a
organisé le samedi 10 décembre une journée
«bandeau blanc» au jardin du Ciné Burkina.
Troisième
du genre, cette journée tenue sous l’égide du
cadre de concertation des ONG et associations actives en éducation
de base au Burkina Faso (CCEB-BF) se voulait une tribune de
vive interpellation des grandes puissances sur la paupérisation
à la veille des négociations de l’OMC.Entre
sketchs et prestations d’artistes en musiques traditionnelle
et moderne, les voix se sont élevées contre
l’injustice du commerce, le sida, l’analphabétisme,
les maladies hydriques etc. vecteurs de la paupérisation
des populations du sud. Ces voix d’artistes ont été
soutenues par des messages des représentants de la
coalition nationale qui regroupe toutes les organisations
de la société civile des secteurs couverts par
les objectifs au millénaire (OMD). Devant un parterre
de représentants d’associations de développement
et de défense de la liberté enturbannés
ou bandeaux blancs aux bras, de commerçants, en tout,
un public bigarré qui a pris d’assaut le lieu de la
cérémonie, six messages ont été
livrés. Le message des organisations du secteur de
la santé a fait cas de nombreux problèmes qui
assaillent et menacent les populations dont le sida, la mortalité
maternelle et infantile et le paludisme. Le porte-parole du
volet eau, assainissement et hygiène, a déclaré
dans son message la nécessité de renforcer les
questions liées à la durabilité et à
la gestion intégrée des ressources et investissement
en matière d’eau et d’environnement, de lier eau, environnement
et pauvreté et de se pencher sur la question de l’assainissement
en tout milieu. M. Tahirou TRAORE. Secrétaire général
du SYNATEB, dans le domaine de l’éducation a relevé
la question du droit à l’éducation pour tous,
l’insuffisance de l’offre éducative et la nécessité
de la gratuité de l’école.
En genre et développement, une question transversale,
le message livré a salué l’existence du ministère
de la Promotion de la Femme, le FAARF, le fonctionnement de
nombreuses associations féminines. Toutefois pour le
message, il faut déplorer le fait que la pauvreté
a davantage un visage féminin. Les agriculteurs dont
le sort est beaucoup lié aux négociations de
Hong Kong ont souligné trois axes d’interpellation
et de discussion avec le gouvernement. Conscients que plus
de 90% des pauvres vivent en milieu rural, ils se sont réconfortés
du succès de la révolution «Blanche»
en Inde avec le lait, tout en montrant la nécessité
d’utiliser l’aide pour éliminer l’aide. Mme Bernadette
OUEDRAOGO de l’ONG ATTAC Burkina a, elle, plaidé pour
le commerce équitable question en débat actuellement
à Hong Kong.
Plein feu sur l’injustice du commerce
La coalition nationale pour le suivi des actions de lutte
contre la pauvreté est adhérente à l’Action
mondiale contre la pauvreté (AMP) qui tient à
jouer un rôle mobilisateur et, médiatique décisif
dans la période précédant la réunion
de l’OMC et pendant toute la durée de cette rencontre.
A travers la coalition nationale, l’AMP entend faire monter
la pression pour faire de la justice commerciale une réalité.
Car selon elle, le commerce pourrait permettre à des
millions de gens d’échapper à la pauvreté
mais les règles qui gouvernent à l’heure actuelle
le commerce international sont devenues un vecteur de libéralisation
économique débridée pour les pays en
développement et le véhicule des conditions
pénalisantes qui leur sont imposées. Au lieu
de faciliter le développement durable, l’élimination
de la pauvreté et l’égalité de genre,
les règles du commerce mondial dérobent à
l’heure actuelle plus de 2 milliards de dollars par jour aux
pays pauvres soit 14 fois plus que ce qu’ils reçoivent
en aide au développement. L’AMP est donc convaincue
que la refonte du commerce international pourrait améliorer
considérablement la vie des millions de femmes et d’hommes
parmi les plus pauvres.
Les messages livrés par la coalition nationale répondant
donc aux attentes de l’Action mondiale contre la pauvreté
pour la rencontre de l’OMC demande aux pays riches et aux
institutions internationales de changer les règles
commerciales en vue de mettre fin à l’injustice du
commerce. Le slogan pour la mobilisation est «Plein
feu sur l’injustice du commerce». A travers celui-ci,
l’AMP entend jeter un éclairage sur les questions commerciales
et réclamer la justice commerciale à Hong Kong.
La troisième journée «Bandeau Blanc»
du 10 décembre célébrée au plan
international a été donc une journée
cruciale pour rappeler aux décisionnaires les engagements
qu’ils ont pris, évoquer la timidité des mesures
qu’ils ont adoptées jusqu’à ce jour, et insister
sur l’importance vitale de leur rôle à la rencontre
ministérielle de Hong Kong. Elle a été,
dira-t-on, l’occasion de célébrer la force de
la coalition de l’Action mondiale contre la pauvreté,
la multiplicité des actions entreprises et les mesures
positives adoptées cette année par les décisionnaires.
Par Claude ROMBA
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