L'opinion N°427
du 14 au 20 décembre 2005

Editorial

L’esprit républicain

Venant juste après une campagne électorale fort enlevée et une brillante réélection, la célébration du 47e anniversaire de la proclamation de notre République ne pouvait pas mieux tomber pour le Président du Faso pour fixer le cap de son action future mais aussi marquer un arrêt sur les faits majeurs qui ont ponctué l’année écoulée et qui détermineront en partie cet avenir.

Venant juste après une campagne électorale fort enlevée et une brillante réélection, la célébration du 47e anniversaire de la proclamation de notre République ne pouvait pas mieux tomber pour le Président du Faso pour fixer le cap de son action future mais aussi marquer un arrêt sur les faits majeurs qui ont ponctué l’année écoulée et qui détermineront en partie cet avenir.
47 années de vie républicaine au cours desquelles c’est la toute première fois que le pays arrive à organiser trois élections présidentielles consécutivement et en est à sa quatrième république. C’est dire la charge symbolique du moment et l’intérêt manifeste de lui accorder une attention particulière à la hauteur des défis relevés. Il faut le dire, si ce contexte n’a pas effacé les vicissitudes et les tumultes d’une histoire qui n’a pas toujours rimé avec esprit républicain, il est néanmoins la somme de toute cette histoire et permet aujourd’hui d’affirmer l’amour de notre patrie pour les vertus de la République. On l’a très bien senti à travers le pluralisme des opinions dont l’expression a été manifeste tout au long de la campagne électorale tout comme on a pu mesurer sa maturité politique et son sens élevé des responsabilités, lesquelles se sont traduites d’une part par un scrutin propre tenu dans la paix et la tranquillité et d’autre part par un vote massif pour le seul candidat crédible à même d’assurer la continuité dans les progrès observés dans les différents segments de la vie socioéconomique et politique.
Parlant de progrès, on ne peut pas ne pas citer ceux observés dans la mise en œuvre de la politique nationale de décentralisation avec l’installation des gouverneurs et les premiers pas des régions en leur qualité d’entités autonomes. Même s’il y a eu des difficultés notamment sur le plan matériel, celles-ci n’ont pas empêché l’expérience de se poursuivre harmonieusement à telle enseigne que régions et gouverneurs font dorénavant partie du paysage national. Ce succès incite à aller davantage de l’avant et cela sera le cas avec l’élection des conseils municipaux courant mars 2006 des 302 communes rurales et le renouvellement à l’occasion de ceux des 49 communes urbaines qui existent déjà.
Dans un tout autre domaine, celui de la production agricole, le Burkina Faso a accompli des progrès inestimables notamment dans le secteur de la production céréalière avec des «résultats exceptionnels». Venant à la suite d’une crise alimentaire, qui sans avoir été dramatique grâce aux actions conjuguées des autorités, des partenaires au développement, d’ONG et de généreux donateurs nationaux a néanmoins marqué l’année, cette production relève presque du miracle. Dans le même temps la production du coton a connu un bond qui a fait passer le pays au 1er rang des producteurs africains, renforçant la place de premier fournisseur de devises du pays que le coton occupe depuis une décennie. Contrairement donc à ce qu’on aurait pu craindre, la production du coton n’a pas empiété sur les cultures vivrières. Bien au contraire, elle a aidé à l’amélioration de leurs conditions de production aussi bien techniquement qu’organisationnellement. Elle a donc fortement boosté la production céréalière et tous deux ont participé à élever le niveau des revenus dans le milieu rural, contribuant ainsi à la lutte contre la pauvreté. Le mérite de ces succès revient en premier aux producteurs et à leurs structures d’encadrement que sont la SOFITEX, la SOCOMA et FASO-COTON, mais aussi à l’Etat qui a parfaitement joué son rôle. Le coton a aussi participé au rayonnement du Burkina Faso dans l’arène internationale par le leadership qu’il a occupé dans la lutte pour «une juste rétribution des acteurs du secteur». En attendant des résultats tangibles, des efforts particuliers seront faits au plan national pour transformer nous-mêmes notre coton par la création «d’unités de transformation, de filature et de manufacture», qui viendront s’ajouter à l’usine Fasotex en chantier. Dans le même sens, des efforts seront faits pour «l’aboutissement des grands projets d’infrastructures hydro-agricoles et routières» pour soutenir davantage la production nationale source de création de richesses et d’emplois. Cela devra se traduire dans le domaine agricole par le développement de la petite irrigation villageoise qui a fait ses preuves. Tous ces efforts devront accompagner une véritable valorisation du capital humain afin de mettre l’homme au centre du processus de développement. Quand on connaît l’ardeur des Burkinabè au travail, on peut présager que l’investissement sera rentable. Il reste à consolider les conditions pour optimiser les résultats et en la matière, Blaise COMPAORE a largement fait la preuve de ses capacités pour qu’on doute un seul instant des résultats à venir.
On peut donc dire que le programme que les Burkinabè ont plébiscité le 13 novembre 2005 est sur de bonnes voies.


Cheick AHMED

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