L'opinion N°427
du 14 au 20 décembre 2005

SUR LE VIF

Le devoir de mémoire

 

Le 13 décembre dernier, cela a fait sept ans que notre confrère Norbert ZONGO a été assassiné, à quelques 7km de Sapouy, de la pire des manières qui puissent exister avec ses compagnons de ce 13 décembre 1998. Sept (7) années qu’on court derrière la vérité, une véritable course d’obstacles qui, pour compliquer davantage tout, a une ligne d’arrivée qui semble mobile et qui s’éloigne plus on s’en approche. Partagés entre les certitudes des uns, les doutes des autres, les questionnements d’autres encore… les Burkinabè attendent avec l’espoir qu’un jour ou l’autre la vérité se frayera un chemin dans ce dossier dont le poids socio-politique se ressent même sur le fonctionnement de la République.
Ainsi les anniversaires se suivent et se ressemblent même s’il est vrai qu’on ne peut jamais se laver deux fois dans les mêmes eaux d’une rivière. C’est vrai qu’on est loin des manifestations violentes des premières années, du manichéisme qui avait cours et de la démarcation physique mise en œuvre par certains, mais ce n’est pas pour autant que la quête de vérité et de justice s’est estompée. La preuve, cette année le Centre national de Presse-Norbert ZONGO a jugé bon de nous associer à ses commémorations de ce triste anniversaire en nous demandant comme il l’a fait pour tout journal de laisser une page blanche avec cette mention : «Devoir de mémoire pour Norbert ZONGO» signé CNP-NZ.
Vous le constaterez, nous ne nous engageons pas dans cette activité. Cela pour plusieurs raisons que nous ne voulons pas évoquer outre mesure tant il nous semble indécent de polémiquer sur des questions de formes dans si douloureuse affaire en jouant à qui serait le plus affecté ou en voulant montrer pattes blanches à d’éventuels inquisiteurs. Plutôt que de paraître, en nous pliant à une action dont nous n’avons pas été associés ni de près ni de loin à la détermination et tout en respectant le choix des uns et des autres nous avons décidé de revisiter le dossier avec les autorités judiciaires car Norbert ZONGO n’ayant jamais rendu une copie blanche, c’est vraiment cultiver les paradoxes que de vouloir commémorer sa mémoire par une page blanche.
(Lire pages 6 à 9)

Par
Issaka LINGANI

Par Faèz

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