Le
13 décembre dernier, cela a fait sept ans que notre
confrère Norbert ZONGO a été assassiné,
à quelques 7km de Sapouy, de la pire des manières
qui puissent exister avec ses compagnons de ce 13 décembre
1998. Sept (7) années qu’on court derrière la
vérité, une véritable course d’obstacles
qui, pour compliquer davantage tout, a une ligne d’arrivée
qui semble mobile et qui s’éloigne plus on s’en approche.
Partagés entre les certitudes des uns, les doutes des
autres, les questionnements d’autres encore… les Burkinabè
attendent avec l’espoir qu’un jour ou l’autre la vérité
se frayera un chemin dans ce dossier dont le poids socio-politique
se ressent même sur le fonctionnement de la République.
Ainsi les anniversaires se suivent et se ressemblent même
s’il est vrai qu’on ne peut jamais se laver deux fois dans
les mêmes eaux d’une rivière. C’est vrai qu’on
est loin des manifestations violentes des premières
années, du manichéisme qui avait cours et de
la démarcation physique mise en œuvre par certains,
mais ce n’est pas pour autant que la quête de vérité
et de justice s’est estompée. La preuve, cette année
le Centre national de Presse-Norbert ZONGO a jugé bon
de nous associer à ses commémorations de ce
triste anniversaire en nous demandant comme il l’a fait pour
tout journal de laisser une page blanche avec cette mention
: «Devoir de mémoire pour Norbert ZONGO»
signé CNP-NZ.
Vous le constaterez, nous ne nous engageons pas dans cette
activité. Cela pour plusieurs raisons que nous ne voulons
pas évoquer outre mesure tant il nous semble indécent
de polémiquer sur des questions de formes dans si douloureuse
affaire en jouant à qui serait le plus affecté
ou en voulant montrer pattes blanches à d’éventuels
inquisiteurs. Plutôt que de paraître, en nous
pliant à une action dont nous n’avons pas été
associés ni de près ni de loin à la détermination
et tout en respectant le choix des uns et des autres nous
avons décidé de revisiter le dossier avec les
autorités judiciaires car Norbert ZONGO n’ayant jamais
rendu une copie blanche, c’est vraiment cultiver les paradoxes
que de vouloir commémorer sa mémoire par une
page blanche.
(Lire pages 6 à 9)
Par
Issaka LINGANI