| Campagne
de sensibilisation au Ganzourgou
Les 28 et 29 janvier 2006, l’Association
Sambissi a organisé à Yagma département
de Zam une formation à l’intention des femmes de la
localité. Cette formation qui avait pour thème
«les droits successoraux» entre dans le cadre
de la formation de 250 femmes sur leurs droits que l’association
a entreprise dans la province du Ganzourgou. Elle était
animée par Mme le préfet de Mogtédo.
Yargo
OUEDRAOGO, présient de l'Assciation Sambissi
D’entrée de jeu Mme Sidonie LANKOUANDE,
préfet de Mogtédo et conférencière
du jour a tenu à justifier la pertinence du thème
pour les femmes.
En effet, selon elle, beaucoup de ses consoeurs vivent le
calvaire après le décès de leur mari.
Dépossédées de tout l’héritage
de leur conjoint, elles sont à la merci des frères
et sœurs de ce dernier et n’ont pas le droit de piper mot
sur l’éducation des enfants. Certaines sont obligées
à subir le lévirat et d’autres purement et simplement
chassées. Pourtant le service de l’Action sociale et
de la Solidarité nationale est une structure qui intervient
dans ces cas pour rétablir la justice et faire prévaloir
le droit. Mais pour bénéficier de la couverture
de ce service il faut être légalement marié.
S’appuyant sur le code des personnes et de la famille, Madame
LANKOUANDE a expliqué le mode de partage de l’héritage
aux survivants.
D’abord les héritiers légaux d’un défunt
sont ses enfants puis son conjoint ou sa conjointe. Les frères,
les sœurs, les tantes et les oncles ne sont pas reconnus par
la loi comme héritiers. Tous les biens sans exception
doivent revenir aux enfants et au conjoint survivant. En cas
de décès de la femme dans un régime polygamique
les enfants de ses coépouses ne sont pas concernés
par le partage de l’héritage. Dans tous les cas les
enfants et le conjoint survivants peuvent s’entendre pour
une gestion commune du patrimoine qui leur est légué
au lieu de se les partager. Le mariage à l’état
civil garantit aussi la liberté de la gestion de la
vie privée du conjoint survivant. Ni l’homme ni la
femme ne peuvent être contraints à se remarier
à un conjoint sans son consentement. Le mariage établit
des liens conjugaux entre un homme et une femme et non entre
une femme et un groupe d’individus. Même si ces derniers
sont des frères. Contracter un mariage coutumier ou
religieux, c’est bien ; mais c’est celui contracté
devant l’officier d’état civil qui permet à
la loi de défendre les conjoints en cas de problème.
A l’issue de cette formation de deux jours les listes des
femmes volontaires pour l’établissement de jugements
supplétifs d’acte de naissance, de cartes d’identité
burkinabè, et pour faire le mariage civil furent arrêtées.
Des formations similaires de deux jours ont été
animées par la direction provinciale de l’Action sociale
et de la Solidarité nationale du Ganzourgou dans les
villages de Mogtédo V1, Toghin et de Manéssé
respectivement dans les départements de Mogtédo,
Zam et Boudry. De même, le préfet de Zam a animé
la même formation au profit des femmes de Wayen. Cette
vaste campagne de sensibilisation a porté beaucoup
de fruits car selon le président fondateur de Sambissi
les résultats dépassent les attentes et les
chiffres sont parlants à cet effet. En plus des 125
femmes prévues pour être prises en charge par
l’Association pour l’établissement de jugement supplétif
d’acte de naissance on enregistre 46 femmes à Yagma,
16 à Toghin, 65 à Wayen et 12 à Manéssé
qui ont décidé de se prendre en charge pour
l’établissement de cet acte. Compte tenu du faible
coût du mariage dans les départements par rapport
aux estimations du projet, l’association a étendu sa
prise en charge dans ce volet à toutes les femmes volontaires
soit au total 164 femmes au lieu de 125 prévues. Autres
résultats à mettre à l’actif du projet
est l’établissement de cartes d’identité burkinabè
(CIB). Au vu de la demande des femmes l’association Sambissi
fut obligée de prendre ce volet en compte. En tout
cas au moins 223 femmes bénéficieront de ce
service. A laisser entendre le président fondateur
de Sambissi. Selon Monsieur Yarga OUEDRAOGO, ce résultat
est très agréablement surprenant. Mais il reconnaît
que cela dépend en grande partie du travail préliminaire
que l’Initiative privée communautaire (IPC) a mené
sur le terrain juste avant l’intervention de son association.
En effet, l’IPC a sensibilisé la population sur l’importance
de l’acte de naissance. Elle a pris en charge l’établissement
de 240 jugements supplétifs d’acte de naissance au
profit de 120 orphelins et enfants vulnérables OEV.
Elle a aussi pris en charge sur le plan nutritionnel, sanitaire,
scolaire et psychosocial 500 orphelins et enfants vulnérables.
En rappel, l’association Sambissi relève du ministère
de la Justice et est financée, par le FAED (Fonds d’appui
à l’Etat de droit) qui est une des composantes du Programme
d’appui à la consolidation du processus démocratique,
de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance.o
Par Lavoisier
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