L'opinion N°438
du 1er au 07 mars 2006

ACTUALITE

Code des personnes et de la famille

Campagne de sensibilisation au Ganzourgou

Les 28 et 29 janvier 2006, l’Association Sambissi a organisé à Yagma département de Zam une formation à l’intention des femmes de la localité. Cette formation qui avait pour thème «les droits successoraux» entre dans le cadre de la formation de 250 femmes sur leurs droits que l’association a entreprise dans la province du Ganzourgou. Elle était animée par Mme le préfet de Mogtédo.

Yargo OUEDRAOGO, présient de l'Assciation Sambissi

D’entrée de jeu Mme Sidonie LANKOUANDE, préfet de Mogtédo et conférencière du jour a tenu à justifier la pertinence du thème pour les femmes.
En effet, selon elle, beaucoup de ses consoeurs vivent le calvaire après le décès de leur mari. Dépossédées de tout l’héritage de leur conjoint, elles sont à la merci des frères et sœurs de ce dernier et n’ont pas le droit de piper mot sur l’éducation des enfants. Certaines sont obligées à subir le lévirat et d’autres purement et simplement chassées. Pourtant le service de l’Action sociale et de la Solidarité nationale est une structure qui intervient dans ces cas pour rétablir la justice et faire prévaloir le droit. Mais pour bénéficier de la couverture de ce service il faut être légalement marié. S’appuyant sur le code des personnes et de la famille, Madame LANKOUANDE a expliqué le mode de partage de l’héritage aux survivants.
D’abord les héritiers légaux d’un défunt sont ses enfants puis son conjoint ou sa conjointe. Les frères, les sœurs, les tantes et les oncles ne sont pas reconnus par la loi comme héritiers. Tous les biens sans exception doivent revenir aux enfants et au conjoint survivant. En cas de décès de la femme dans un régime polygamique les enfants de ses coépouses ne sont pas concernés par le partage de l’héritage. Dans tous les cas les enfants et le conjoint survivants peuvent s’entendre pour une gestion commune du patrimoine qui leur est légué au lieu de se les partager. Le mariage à l’état civil garantit aussi la liberté de la gestion de la vie privée du conjoint survivant. Ni l’homme ni la femme ne peuvent être contraints à se remarier à un conjoint sans son consentement. Le mariage établit des liens conjugaux entre un homme et une femme et non entre une femme et un groupe d’individus. Même si ces derniers sont des frères. Contracter un mariage coutumier ou religieux, c’est bien ; mais c’est celui contracté devant l’officier d’état civil qui permet à la loi de défendre les conjoints en cas de problème.
A l’issue de cette formation de deux jours les listes des femmes volontaires pour l’établissement de jugements supplétifs d’acte de naissance, de cartes d’identité burkinabè, et pour faire le mariage civil furent arrêtées.
Des formations similaires de deux jours ont été animées par la direction provinciale de l’Action sociale et de la Solidarité nationale du Ganzourgou dans les villages de Mogtédo V1, Toghin et de Manéssé respectivement dans les départements de Mogtédo, Zam et Boudry. De même, le préfet de Zam a animé la même formation au profit des femmes de Wayen. Cette vaste campagne de sensibilisation a porté beaucoup de fruits car selon le président fondateur de Sambissi les résultats dépassent les attentes et les chiffres sont parlants à cet effet. En plus des 125 femmes prévues pour être prises en charge par l’Association pour l’établissement de jugement supplétif d’acte de naissance on enregistre 46 femmes à Yagma, 16 à Toghin, 65 à Wayen et 12 à Manéssé qui ont décidé de se prendre en charge pour l’établissement de cet acte. Compte tenu du faible coût du mariage dans les départements par rapport aux estimations du projet, l’association a étendu sa prise en charge dans ce volet à toutes les femmes volontaires soit au total 164 femmes au lieu de 125 prévues. Autres résultats à mettre à l’actif du projet est l’établissement de cartes d’identité burkinabè (CIB). Au vu de la demande des femmes l’association Sambissi fut obligée de prendre ce volet en compte. En tout cas au moins 223 femmes bénéficieront de ce service. A laisser entendre le président fondateur de Sambissi. Selon Monsieur Yarga OUEDRAOGO, ce résultat est très agréablement surprenant. Mais il reconnaît que cela dépend en grande partie du travail préliminaire que l’Initiative privée communautaire (IPC) a mené sur le terrain juste avant l’intervention de son association. En effet, l’IPC a sensibilisé la population sur l’importance de l’acte de naissance. Elle a pris en charge l’établissement de 240 jugements supplétifs d’acte de naissance au profit de 120 orphelins et enfants vulnérables OEV. Elle a aussi pris en charge sur le plan nutritionnel, sanitaire, scolaire et psychosocial 500 orphelins et enfants vulnérables.
En rappel, l’association Sambissi relève du ministère de la Justice et est financée, par le FAED (Fonds d’appui à l’Etat de droit) qui est une des composantes du Programme d’appui à la consolidation du processus démocratique, de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance.o

Par Lavoisier

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