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y a longtemps qu’on n’avait pas vu cela. D’une part des ténors
de l’opposition assis autour d’une même table pour faire
entendre un même son de cloche sur une question nationale
et d’autre part les travées de l’hémicycle gronder
d’opinions aussi divergentes. Alors qu’elle avait jusque-là
brillé par un silence assourdissant au point de susciter
des critiques acerbes au sein des milieux qui lui sont acquis
dont certains membres n’ont pas hésité à
parler de coma profond, l’opposition toutes tendances confondues
a par la gueulante qu’elle vient de pousser relativement au
dernier report des élections municipales secoué
le cocotier faisant revenir en surface des souvenirs pas si
vieux que cela dans lesquels elle avait pion sur rue. C’est
vrai que le résultat des courses a été
ce qu’on sait, une bérézina politico-judiciaire
et que la tendance du mouvement actuel ne promet guère
rien de mieux, mais on ne peut raisonnablement lui demander
plus, tant il est évident que même la plus belle
fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a. D’autant que
chez elle, tout lui passe dessus comme de l’eau sur le plumage
d’un canard. En effet, on a l’impression de revivre le débat
surréaliste sur la rétroactivité ou non
de l’article 37 alors que non seulement les priorités
étaient ailleurs et s’imposeraient immanquablement,
mais qu’en plus elle n’avait aucun moyen (ni légal,
ni illégal) de changer l’ordre des choses.
Comme en novembre dernier et les mois qui l’ont précédé,
l’opposition tourne le dos au seul combat qui vaille et qui
paie, celui de la mobilisation pour une préparation
consciencieuse du scrutin.
Comme le soir du 13 novembre 2005, celui du 23 avril 2006
accouchera d’un score que certains qualifieront de stalinien
pour ensuite soutenir que ce n’est pas le parti au pouvoir
qui est fort mais plutôt les autres qui sont faibles.
Et de prôner par après le nivellement des valeurs
par le bas pour que la démocratie ait un sens !! Si
ce n’est pas malheureux !
Au lieu de s’époumoner à l’Assemblée
nationale ou dans les prétoires comme promis par l’opposition
légaliste ou d’user ses semelles sur le macadam de
«Simon Ville», promesse de l’opposition radicale,
les opposants feraient mieux de s’occuper des élections
à venir en mettant en œuvre des actions qui leur assureront
des résultats autres que ceux auxquels ils nous ont
jusque-là habitués. C’est le seul combat qui
vaille et c’est la direction qu’elle ne prendra pas parce
qu’il est beaucoup plus facile de céder aux fatalismes
que d’inventer l’avenir.
La rage de mort de faim avec laquelle elle s’est saisie de
la question de la durée du report des élections
municipales en est une preuve éclatante. Elle s’est
tellement concentrée sur le sujet qu’elle a oublié
le principe de base du droit qui dit que nul ne peut se prévaloir
de ses propres turpitudes. Parce que dans la cause de l’inéluctabilité
du report, qu’il soit technique pour régulariser ce
qui est ou politique c’est-à-dire de longue durée
pour permettre de «résoudre tous les problèmes
de la terre», elle est tout aussi responsable que la
majorité tout comme la société civile.
Le choix de l’une ou l’autre solution est une question de
rapports de forces. Or en la matière tout est connu
de tout le monde et personne n’est dupe. A tout le moins,
il lui serait plus aisé de travailler à avoir
des conseillers que d’obliger le pouvoir à aller dans
le sens de ses options stratégiques. Il faut donc cesser
d’amuser la galerie.
Par Cheick AHMED
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