L'opinion N°440
du 15 au 21 mars 2006

Editorial

La Caisse entre suspicion, rancœur et délation

La première évidence qui vous saute à la gorge c’est le problème de communication entre les premiers responsables, notamment le PCA et le DG. Il faut le dire tout est parti de là. En effet, si le coup de gueule des syndicats peut se comprendre, quoique, il est proprement incroyable que le PCA accuse ouvertement son DG des pratiques les plus répréhensibles et détestables sans même l’entendre par rapport aux faits sur lesquels il porte son jugement. Ce n’est pas seulement un manque de confiance mais bien plus, un acte inamical qui s’apparente à de la délation gratuite d’autant qu’il avait la possibilité d’exiger de lui des explications et qu’il en avait le devoir puisque toutes les décisions querellées avaient été légalement validées par le Conseil d’Administration.

Le moins que l’on puisse dire c’est que la Caisse Nationale de Sécurité Sociale est dans la tourmente. Il y fait un si sale temps qu’on se demande où tout cela va finir par mener ?
Entre les accusations sordides et invraisemblables de détournement et de pratiques maffieuses, des représentants de l’organe suprême de gestion de l’institution qui s’entredéchirent et se dédisent, les suspicions des uns, les rancœurs mal gérées des autres … notre nationale de sécurité sociale est en train de vivre un mauvais moment qui, si on n’y pend garde peut avoir de sérieuses répercussions négatives sur son avenir. On a l’impression que certains vont trop vite en besogne confondant allègrement leurs lubies et les réalités. Ces réalités, nous le voyons, n’ont pratiquement rien à voir avec ce qu’on s’évertue à vouloir nous inculquer de force comme si on nous refusait la faculté d’appréhender les faits par nous-mêmes.
La première évidence qui vous saute à la gorge c’est le problème de communication entre les premiers responsables, notamment le PCA et le DG. Il faut le dire tout est parti de là. En effet, si le coup de gueule des syndicats peut se comprendre, quoique, il est proprement incroyable que le PCA accuse ouvertement son DG des pratiques les plus répréhensibles et détestables sans même l’entendre par rapport aux faits sur lesquels il porte son jugement. Ce n’est pas seulement un manque de confiance mais bien plus, un acte inamical qui s’apparente à de la délation gratuite d’autant qu’il avait la possibilité d’exiger de lui des explications et qu’il en avait le devoir puisque toutes les décisions querellées avaient été légalement validées par le Conseil d’Administration.
La règle aurait voulu qu’à défaut de cela il convoque ledit Conseil d’Administration, expose ses griefs et lui demande de se prononcer une nouvelle fois avant de rendre compte à qui de droit. En choisissant d’ignorer son DG et de passer par-dessus le Conseil d’Administration pour s’en référer directement et d’emblée à la tutelle, il abuse en réalité des pouvoirs qu’il tient du Conseil. Cela est contraire à l’esprit d’une bonne administration de l’institution et l’on comprend aisément que d’autres membres de ce Conseil aient par la suite décidé de jouer eux aussi en solo en reniant leurs votes et leurs décisions antérieures qu’ils tentent d’imputer au seul Directeur Général. Dès lors le DG est fragilisé à tout point de vue alors même que c’est lui qui, dans cette affaire, a agit le mieux pour les intérêts de la Caisse.
Le deuxième point d’intérêt dans cette affaire c’est la parfaite régularité des décisions et leur pertinence. En effet, quelque soit l’action prise sur les trois décisions querellées, les formes ont été parfaitement respectées. Le Directeur Général s’est entouré du maximum de légalisme, ce qui prive ses adversaires de prises solides, les obligeant à bafouiller leurs arguments et à se réfugier dans des considérations subjectives très discutables. De même, quoiqu’on dise, on peut difficilement remettre en cause la pertinence des décisions prises. A notre sens, le choix du terrain pour le siège de la DRO est judicieux au regard du projet qui le sous-tend et des perspectives de développement de la ville de Ouagadougou. En effet c’est un investissement qui se bonifiera avec le temps
Pour ce qui est des deux placements, s’il n’y avait pas tant de raffut, rien n’indique que tous deux n’auraient abouti à plus de ressources pour la CNSS. Malgré toute la littérature servie, ils sont loin d’être totalement compromis et peuvent toujours apporter des satisfactions à la Caisse. Ils reposent tous sur des garanties solides et il faut féliciter la Direction de la Caisse d’avoir su garder toute sa sérénité malgré les tourments en ne prenant pas de décisions hâtives et radicales qui auraient certainement eu des effets médiatiques mais auraient été préjudiciables aux intérêts de la Caisse. L’attitude qu’elle a eu face aux problèmes survenus dans ces deux placements est hautement professionnelle et est à son honneur.
Enfin, au titre des enseignements à tirer de cette affaire, on ne peut pas ne pas noter le braconnage qu’il a permis dans l’honneur et les droits d’honnêtes citoyens dont le seul tort est d’avoir des relations étroites avec les tenants du pouvoir. Le cas le plus ahurissant est celui, réalisé sur le dos de Mme Alizéta OUEDRAOGO, belle-mère du frère cadet du Président du Faso accusé d’avoir fourgué des parcelles à la Caisse alors qu’elle n’a jamais fait de proposition dans ce sens à celle-ci. C’est la Caisse qui est venue à la SOCOGIB demander à acheter ses terrains et non la SOCOGIB qui, à la recherche d’éventuels clients, se serait adressée à la Caisse. Tout naturellement elle a œuvré au mieux de ses intérêts et on ne peut pas lui en vouloir pour cela. Pour ce qui est de Monsieur Apollinaire COMPAORE, il se voit prêter les pires intentions comme si dès le départ il avait voulu abuser la Caisse. Or tout indique le contraire car en décidant de se porter caution solidaire, il engage sa propre personne. Il n’est pas n’importe qui tout de même et on peut être certain que la Caisse recouvrira ses fonds tôt ou tard. Apollinaire COMPAORE, c’est néanmoins tout ou partie de Burkina Moto, l’UAB, Telecel, SAB, SONAR, etc. Autre victime collatérale dans cette affaire, le Président du Faso qu’on veut voir en filigrane derrière l’implication des deux opérateurs économiques dans ces problèmes. C’est vrai que c’est trop court mais qu’à cela ne tienne. Il y vont comme la cruche à la rivière… Le ridicule ne tue pas dit-on.o

NDLR : Lire notre Dossier de la semaine.
Cheick AHMED

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