L'opinion N°440
du 15 au 21 mars 2006

Les nouvelles du grin

8 Mars à Bobo : ADF/RDA et CDP en communion

La plupart des grins de Bobo sont restés à la couleur du 08-Mars, la journée internationale de la femme. Les débats ont largement porté sur cette fête qui honore la femme. Ce fût même l’occasion pour le petit fakir de se reposer un peu, une femme ayant décidé de faire le thé du grin le 08 mars.-Au niveau du ministère des Infrastructures et du Désenclavement, on s’apprête à organiser une enquête de transport des personnes et des marchandises. Dans les grins, on s’est penché sur la nécessité d’une telle opération.
Et pour finir, on va évoquer les nouvelles sur un nouveau film qui fait présentement parler de lui dans le milieu des cinéphiles.

Journées du 08-Mars, Bobo n’a pas chômé
Les femmes étaient à l’honneur, le mercredi 08 mars dernier dans tout le monde entier. Cela fait maintenant 29 ans que l’ONU a retenu cette date comme journée internationale de la Femme. Au Burkina Faso, c’est en 1992 que l’Assemblée nationale a voté une loi qui reconnaît le 08-Mars comme une fête légale, fériée et chômée. En France, pays dont le Burkina emboîte le pas, le 08-Mars a été reconnue pour la première fois en 1982 au temps de François MITTERRAND…
A l’instar des femmes du monde entier, les femmes de Bobo ont elles-aussi célébré le 08-Mars 2006 dans l’ambiance.
Dans la région des Hauts-Bassins, c’est N’Dorola qui a été officiellement choisi pour célébrer cette fête. Au niveau de la province du Houet, la fête se déroulait à Faramana. La ville de Bobo n’était pas en reste pour autant car l’Association des femmes pour le développement de l’Ouest a réuni ses membres à la place de la mairie centrale pour un Djandjoba. Les femmes de Bobo qui n’ont pas pu faire le déplacement de Faramana, se sont amusées au son de l’orchestre de «Lasso-Bâ». A la tête de celles-ci, l’épouse du maire KOUSSOUBE, initiatrice de ce Djandjoba. Son mari était à Faramana, mais, elle a préféré rester à Bobo avec ses sœurs. Pour madame KOUSSOUBE, tout le monde ne pouvait pas se rendre à Faramana, d’où l’idée de ce spectacle qui a tenu en haleine l’Association des femmes pour le développement de l’Ouest. Une association qui regroupe des femmes de l’Ouest, de Boromo jusqu’à Niangoloko en passant par le Sourou.
Même en plein 08 mars, la politique politicienne était au rendez-vous à Bobo. C’est ainsi que certains ont présenté le Djandjoba de la place de la mairie comme une activité des partisans de KOUSSOUBE. On soupçonne la femme du maire de lutter aux côtés de son mari pour consolider leur position. Ne dit-on pas que derrière un grand homme se cache une grande dame ?
En tout cas madame KOUSSOUBE et ses sœurs se sont bien amusées. De l’autre côté, devant la direction régionale de la LONAB Bobo, les vendeurs du PMUB ont elles-aussi organisé une fête pour se réjouir. Elles ont fait appel aux frères KONE du secteur 10 qui font la musique traditionnelle (le balafon). Soutenues par le DR Nicolas MILLOGO, ces femmes conduites par Madame KOUSSOUBE née Geneviève YAMEOGO, ont «cassés la baraque». Là-bas, on a vite fait de baptiser leur spectacle de spectacle du CDP par opposition à celle de la place de la mairie. Pourtant, les femmes ne demandaient qu’à fêter le 08-Mars, sans arrière pensée. Toutes les femmes ne sont pas allées à Faramana, encore moins à N’Dorola. Du côté de la presse, ce fût de même. Tous les organes n’ont pas été invités à prendre part à la cérémonie officielle, mais comme les femmes n’ont pas chômé à Bobo, la matière n’a pas manqué…
Hormis la cacophonie des politiciens qui voulaient s’accaparer du 08-Mars à Bobo, les choses se sont bien passées. Les femmes n’ont pas suivi le brouhaha des hommes politiques qui cherchaient à les opposer en taxant le Djandjoba de Madame KOUSSOUBE de ADF/RDA et le balafon des vendeuses de PMUB de CDP.
Dans les grins, les débats sur la fête du 08-Mars ont été houleux. Il y a des membres du grin qui pensent que cette fête n’a pas sa raison d’être en Afrique parce que les femmes africaines confondent cette journée. Elles croient que le 08-Mars est une occasion pour elles de déverser toutes leurs biles sur les hommes, leurs partenaires de tout temps. D’autres par contre soutiennent cette journée de la femme. Ceux-là pensent que le 08-Mars permet de fêter les victoires et les acquis des femmes, faire entendre leurs revendications, pour améliorer leur situation. Pour eux, si le 08-Mars n’existait pas il fallait le créer. Sur le chemin de l’émancipation des femmes, beaucoup de choses ont été faites de nos jours : aller à l’école, avoir le droit de vote, être éligible… mais beaucoup reste encore à faire. Alors les femmes, ne dormez surtout pas sur vos lauriers. La lutte doit être maintenue pour faire avancer lentement mais sûrement des idées des femmes pour la construction nationale.
«Comme la terre, la femme est inertie et passivité. Comme l’eau qui épouse la forme de n’importe quel récipient, la femme n’a pas qu’une seule «forme» ; elle défie l’obstacle, elle est changeante et ne se laisse pas maîtriser.
A l’instar de la nuit et des ténèbres, la femme est difficile, sinon impossible à sonder ; à l’instar enfin de la cavité et du creux, la femme ne se laisse pas saisir. Elle est le «vide» qu’on ne peut s’approprier qu’en le remplissant». Gardez en mémoire de cette image de la femme énoncée par le magistrat ivoirien George Apélété John GREPPY.
Bonne fête à toutes les femmes du Burkina et du monde entier.

Forces de l’ordre et transporteurs, des parents à plaisanterie ?
Dans le cadre de l’exécution de la composante «Transport» du Projet de Développement du Système Statistique National (DPSSN), la Direction des Etudes et de la Planification du ministère des Infrastructures et Désenclavement, organise du 29 mars au 04 avril 2006 une enquête de transport routier urbain et interurbain des personnes et des marchandises. Cette enquête dont l’objectif principal est la recherche du renforcement des capacités institutionnelles de l’Administration en matière de désenclavement routier, vise aussi à disposer de données fiables l’initiative privée dans le développement et la modernisation du secteur des transports routiers. Tout ceci permettra d’appréhender le volume des flux de marchandises et de prévoir l’approvisionnement du pays en produits de grandes consommations tels que les céréales et les hydrocarbures.
En vue d’assurer un meilleur impact de cette enquête à Bobo-Dioulasso, une réunion de travail et d’information s’est tenue le mardi 07 mars dernier dans la salle de réunions de la Direction Régionale des Infrastructures, des Transports et de l’Habitat des Hauts-Bassins. A cette occasion, une mission de la direction des Etudes et de la Planification du ministère des Infrastructures et du Désenclavement, conduite par Yabré Abel OUEDRAOGO était là pour appuyer le Directeur régional des Hauts-Bassins, M. Konfé KAMBOU.
Plusieurs transporteurs à travers les différents syndicats, la sécurité et d’autres acteurs y étaient.
Pour réaliser cette enquête, on devra recruter des agents. Il faut six personnes pour former une équipe d’enquêteurs.
Chaque équipe sera postée au niveau des différentes sorties de la vile de Sya. 6 axes ont été retenus. On aura au total 36 enquêteurs à recruter. Déjà dans les grins, le problème est bien débattu. Ceux qui seront retenus auront 25 000 FCFA par personne au bout d’une semaine que durera l’opération. On s’active comme on peut pour se «faire recommander» par les «gourous». En tout cas les quelques uns qui passent souvent au grin sont assaillis de partout. Avoir un travail à plein temps (24 heures sur 24) pendant une semaine, avec 25 000F à la fin, ce n’est pas négligeable.
A ces 6 enquêteurs, on ajoutera un septième qui sera issu des forces de l’ordre pour garantir et rassurer les usagers. Yabré Abel OUEDRAOGO n’a pas manqué de préciser néanmoins qu’il ne s’agit pas d’un contrôle de police. Il s’agit d’une enquête qui concerne tous les usagers de la route sauf les piétons.
On ne demande pas de noms de personnes ni de pièces. On demande seulement de bien vouloir répondre aux questionnaires, c’est tout.
Par les questions, les usagers doivent donner leur provenance, leur destination, le volume et le tonnage du véhicule, le carburant utilisé…
Cette opération est prévue du 29 mars au 04 avril et concerne les 6 axes retenus sur les différentes sorties de la ville de Bobo.
Quant à l’autre campagne de comptage du trafique urbain de la ville de Bobo, elle aura lieu le 06 avril prochain sur les différentes artères de la ville.
Une campagne de pesage aura lieu probablement en mai prochain. Pour les enquêteurs, c’est le niveau BEPC qui a été retenu.
Les transporteurs présents ce jour-là ont trouvé que cette opération n’avait pas sa raison d’être d’autant plus que le ministère n’est pas à sa première enquête dans ce domaine. Pour eux il s’agira simplement de retarder leur activité.
Ils ne comprennent pas pourquoi les forces de l’ordre sont parties prenantes dans cette enquête alors qu’on prétend que ce n’est pas un contrôle de police. Les transporteurs ont aussi protesté quand ils ont appris que le poste de l’agent de sécurité vaut également 25 000F. Ils disent qu’on les paye déjà pour ça. Tout cela était dit en direction du commissaire de Police qui feignait de les ignorer dans leurs requêtes contre l’intérêt de ses éléments.
L’un des membres de la mission venue de Ouaga s’est par la suite penché sur les conditions difficiles dans lesquelles évoluent nos transporteurs sur nos routes ; S’étonnant de la passivité des forces de l’ordre qui tardent à réprimer ces «cercueils ambulants». La réaction des transporteurs ne s’est pas faite attendre puisqu’ils ont réagi rapidement en mettant en garde les uns et les autres de ne pas se mêler entre eux et les forces de l’ordre.
«C’est entre nous», déclarent-ils, en cherchant sur le champ à gagner la sympathie du commissaire présent à la réunion qui est resté de marbre…
Finalement les participants à la rencontre se sont engagés tous à accompagner cette opération qui aux dires des initiateurs permettra de sauvegarder le patrimoine routier, de mieux redimensionner nos routes et d’avoir une idée sur la mobilité des personnes et des biens. Au grin les tractations vont bon train. Comment faire pour décrocher une place d’enquêteur ?
La question reste posée surtout du côté des transporteurs qui ne croient pas à une quelconque transparence dans le recrutement de ceux qui seront appelés à cette tâche. Ce qui est sûr, ce n’est pas un transporteur qui va aller taper une semaine sur une voie en train de poser des questions aux usagers pour 25 000f. Ce qu’ils demandent au ministère chargé de piloter cette opération, c’est de dire à leurs enquêteurs de savoir parler aux gens. «Nous ne voulons pas des enquêteurs mal-causeurs», affirment les transporteurs. Autant les enquêteurs devraient tourner la langue sept fois avant de parler aux usagers, autant les usagers (les transporteurs surtout) doivent pouvoir se patienter pour répondre poliment aux questions des enquêteurs.
Chacun à son niveau doit jouer sa partition pour la réussite de l’opération, même ceux qui auront tout tenté en vain pour avoir un poste d’enquêteur. Bonne chance à tous !

18 ans et déjà deux scénarios à son actif
Avant de se quitter faisons un tour du côté du cinéma pour vous parler du film «Mokili» de Berni Goldblat dont la projection de presse a eu lieu le lundi 06 mars dernier au ciné Sagnon de Bobo-Dioulasso.
Berni Goldblat est bien connu du côté de l’Association cinomade (cinéma Nomade) dont le but est la création et la diffusion d’outils de sensibilisation pour la réalisation et la diffusion de films vidéo grâce aux différentes sensibilisations menées à grande échelle à travers le monde. Berni est également l’auteur d’une trilogie baptisée «Micro à ta portée» qui donne la parole aux gens pour qu’ils se prononcent sur le mal du siècle qu’est le SIDA.
Mais le film qui était proposé lundi dernier est une véritable chronique qui concerne la jeunesse africaine à 100%. C’est un film qui a été totalement réalisé à Bobo. C’est Berni Goldblat qui a réalisé «Mokili» mais le scénario est du jeune Moumouni SANOU qui est en même temps l’acteur principal du film.
A 18 ans, le jeune Moumouni SANOU se retrouve déjà avec deux scénarios à son actif. Le premier c’était un court-métrage intitulé «Fiston du ghetto». Après ce film, Berni qui est considéré comme son père spirituel demande qu’il écrive un long-métrage pour qu’il le réalise. Après 6 mois d’intenses réflexions, «Mokili» est aujourd’hui une réalité. Le film présente deux destins qui se croisent à travers deux jeunes Bobolais. Papou dont le père est jardinier, est pauvre ; Goumdé lui par contre est issu d’une famille aisée.
«Mokili» vient un peu conforter la pensée qui dit que la richesse et la pauvreté sont comme le flux et le reflux de l’océan. Le film met en exergue les réalités de la vie où se côtoient l’amitié et la violence, l’amour et la mort, la tristesse et l’espoir de toute une génération à la recherche de ses repères.
Depuis le jeudi 09 mars, «Mokili» est disponible sur les écrans du ciné Burkina et du ciné Neerwaya à Ouagadougou et au ciné Sagnon pour les Bobolais.
Au grin, ceux qui ont regardé le film s’accordent à reconnaître que le message véhiculé sera très bénéfique pour les jeunes gens de la nouvelle génération, habitués aux facilités et préférant la courte échelle pour arriver à leur fin.
Comme l’a si bien dit l’artiste Tiken Jah Fakoly «…Même si c’est ton père qui commande le monde entier, il faut chercher pour toi».
«Mokili» Doit aider les jeunes scolaires, surtout ceux qui ont des examens, à comprendre que seul le travail paye
Mais comme vous le savez, un film ne peut pas faire l’unanimité. Il se trouve des cinéphiles d’une autre époque pour dire que «Mokili» n’est pas intéressant tout simplement parce qu’on ne tue pas beaucoup dans le film. Ces cinéphiles du grin disent ne pas prendre 83 minutes pour regarder un film et ne voir qu’un seul mort qui de plus est un suicide.
Que voulez-vous ? A chacun ses préférences.

« Le petit fakir toujours dispo »

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