| La
plupart des grins de Bobo sont restés à la couleur
du 08-Mars, la journée internationale de la femme.
Les débats ont largement porté sur
cette fête qui honore la femme. Ce fût même
l’occasion pour le petit fakir de se reposer un peu, une femme
ayant décidé de faire le thé du grin
le 08 mars.-Au niveau du ministère des Infrastructures
et du Désenclavement, on s’apprête à organiser
une enquête de transport des personnes et des marchandises.
Dans les grins, on s’est penché sur la nécessité
d’une telle opération.
Et pour finir, on va évoquer les nouvelles sur un nouveau
film qui fait présentement parler de lui dans le milieu
des cinéphiles.
Journées du 08-Mars, Bobo
n’a pas chômé
Les femmes étaient à l’honneur, le mercredi
08 mars dernier dans tout le monde entier. Cela fait maintenant
29 ans que l’ONU a retenu cette date comme journée
internationale de la Femme. Au Burkina Faso, c’est en 1992
que l’Assemblée nationale a voté une loi qui
reconnaît le 08-Mars comme une fête légale,
fériée et chômée. En France, pays
dont le Burkina emboîte le pas, le 08-Mars a été
reconnue pour la première fois en 1982 au temps de
François MITTERRAND…
A l’instar des femmes du monde entier, les femmes de Bobo
ont elles-aussi célébré le 08-Mars 2006
dans l’ambiance.
Dans la région des Hauts-Bassins, c’est N’Dorola qui
a été officiellement choisi pour célébrer
cette fête. Au niveau de la province du Houet, la fête
se déroulait à Faramana. La ville de Bobo n’était
pas en reste pour autant car l’Association des femmes pour
le développement de l’Ouest a réuni ses membres
à la place de la mairie centrale pour un Djandjoba.
Les femmes de Bobo qui n’ont pas pu faire le déplacement
de Faramana, se sont amusées au son de l’orchestre
de «Lasso-Bâ». A la tête de celles-ci,
l’épouse du maire KOUSSOUBE, initiatrice de ce Djandjoba.
Son mari était à Faramana, mais, elle a préféré
rester à Bobo avec ses sœurs. Pour madame KOUSSOUBE,
tout le monde ne pouvait pas se rendre à Faramana,
d’où l’idée de ce spectacle qui a tenu en haleine
l’Association des femmes pour le développement de l’Ouest.
Une association qui regroupe des femmes de l’Ouest, de Boromo
jusqu’à Niangoloko en passant par le Sourou.
Même en plein 08 mars, la politique politicienne était
au rendez-vous à Bobo. C’est ainsi que certains ont
présenté le Djandjoba de la place de la mairie
comme une activité des partisans de KOUSSOUBE. On soupçonne
la femme du maire de lutter aux côtés de son
mari pour consolider leur position. Ne dit-on pas que derrière
un grand homme se cache une grande dame ?
En tout cas madame KOUSSOUBE et ses sœurs se sont bien amusées.
De l’autre côté, devant la direction régionale
de la LONAB Bobo, les vendeurs du PMUB ont elles-aussi organisé
une fête pour se réjouir. Elles ont fait appel
aux frères KONE du secteur 10 qui font la musique traditionnelle
(le balafon). Soutenues par le DR Nicolas MILLOGO, ces femmes
conduites par Madame KOUSSOUBE née Geneviève
YAMEOGO, ont «cassés la baraque». Là-bas,
on a vite fait de baptiser leur spectacle de spectacle du
CDP par opposition à celle de la place de la mairie.
Pourtant, les femmes ne demandaient qu’à fêter
le 08-Mars, sans arrière pensée. Toutes les
femmes ne sont pas allées à Faramana, encore
moins à N’Dorola. Du côté de la presse,
ce fût de même. Tous les organes n’ont pas été
invités à prendre part à la cérémonie
officielle, mais comme les femmes n’ont pas chômé
à Bobo, la matière n’a pas manqué…
Hormis la cacophonie des politiciens qui voulaient s’accaparer
du 08-Mars à Bobo, les choses se sont bien passées.
Les femmes n’ont pas suivi le brouhaha des hommes politiques
qui cherchaient à les opposer en taxant le Djandjoba
de Madame KOUSSOUBE de ADF/RDA et le balafon des vendeuses
de PMUB de CDP.
Dans les grins, les débats sur la fête du 08-Mars
ont été houleux. Il y a des membres du grin
qui pensent que cette fête n’a pas sa raison d’être
en Afrique parce que les femmes africaines confondent cette
journée. Elles croient que le 08-Mars est une occasion
pour elles de déverser toutes leurs biles sur les hommes,
leurs partenaires de tout temps. D’autres par contre soutiennent
cette journée de la femme. Ceux-là pensent que
le 08-Mars permet de fêter les victoires et les acquis
des femmes, faire entendre leurs revendications, pour améliorer
leur situation. Pour eux, si le 08-Mars n’existait pas il
fallait le créer. Sur le chemin de l’émancipation
des femmes, beaucoup de choses ont été faites
de nos jours : aller à l’école, avoir le droit
de vote, être éligible… mais beaucoup reste encore
à faire. Alors les femmes, ne dormez surtout pas sur
vos lauriers. La lutte doit être maintenue pour faire
avancer lentement mais sûrement des idées des
femmes pour la construction nationale.
«Comme la terre, la femme est inertie et passivité.
Comme l’eau qui épouse la forme de n’importe quel récipient,
la femme n’a pas qu’une seule «forme» ; elle défie
l’obstacle, elle est changeante et ne se laisse pas maîtriser.
A l’instar de la nuit et des ténèbres, la femme
est difficile, sinon impossible à sonder ; à
l’instar enfin de la cavité et du creux, la femme ne
se laisse pas saisir. Elle est le «vide» qu’on
ne peut s’approprier qu’en le remplissant». Gardez en
mémoire de cette image de la femme énoncée
par le magistrat ivoirien George Apélété
John GREPPY.
Bonne fête à toutes les femmes du Burkina et
du monde entier.
Forces de l’ordre et transporteurs,
des parents à plaisanterie ?
Dans le cadre de l’exécution de la composante «Transport»
du Projet de Développement du Système Statistique
National (DPSSN), la Direction des Etudes et de la Planification
du ministère des Infrastructures et Désenclavement,
organise du 29 mars au 04 avril 2006 une enquête de
transport routier urbain et interurbain des personnes et des
marchandises. Cette enquête dont l’objectif principal
est la recherche du renforcement des capacités institutionnelles
de l’Administration en matière de désenclavement
routier, vise aussi à disposer de données fiables
l’initiative privée dans le développement et
la modernisation du secteur des transports routiers. Tout
ceci permettra d’appréhender le volume des flux de
marchandises et de prévoir l’approvisionnement du pays
en produits de grandes consommations tels que les céréales
et les hydrocarbures.
En vue d’assurer un meilleur impact de cette enquête
à Bobo-Dioulasso, une réunion de travail et
d’information s’est tenue le mardi 07 mars dernier dans la
salle de réunions de la Direction Régionale
des Infrastructures, des Transports et de l’Habitat des Hauts-Bassins.
A cette occasion, une mission de la direction des Etudes et
de la Planification du ministère des Infrastructures
et du Désenclavement, conduite par Yabré Abel
OUEDRAOGO était là pour appuyer le Directeur
régional des Hauts-Bassins, M. Konfé KAMBOU.
Plusieurs transporteurs à travers les différents
syndicats, la sécurité et d’autres acteurs y
étaient.
Pour réaliser cette enquête, on devra recruter
des agents. Il faut six personnes pour former une équipe
d’enquêteurs.
Chaque équipe sera postée au niveau des différentes
sorties de la vile de Sya. 6 axes ont été retenus.
On aura au total 36 enquêteurs à recruter. Déjà
dans les grins, le problème est bien débattu.
Ceux qui seront retenus auront 25 000 FCFA par personne au
bout d’une semaine que durera l’opération. On s’active
comme on peut pour se «faire recommander» par
les «gourous». En tout cas les quelques uns qui
passent souvent au grin sont assaillis de partout. Avoir un
travail à plein temps (24 heures sur 24) pendant une
semaine, avec 25 000F à la fin, ce n’est pas négligeable.
A ces 6 enquêteurs, on ajoutera un septième qui
sera issu des forces de l’ordre pour garantir et rassurer
les usagers. Yabré Abel OUEDRAOGO n’a pas manqué
de préciser néanmoins qu’il ne s’agit pas d’un
contrôle de police. Il s’agit d’une enquête qui
concerne tous les usagers de la route sauf les piétons.
On ne demande pas de noms de personnes ni de pièces.
On demande seulement de bien vouloir répondre aux questionnaires,
c’est tout.
Par les questions, les usagers doivent donner leur provenance,
leur destination, le volume et le tonnage du véhicule,
le carburant utilisé…
Cette opération est prévue du 29 mars au 04
avril et concerne les 6 axes retenus sur les différentes
sorties de la ville de Bobo.
Quant à l’autre campagne de comptage du trafique urbain
de la ville de Bobo, elle aura lieu le 06 avril prochain sur
les différentes artères de la ville.
Une campagne de pesage aura lieu probablement en mai prochain.
Pour les enquêteurs, c’est le niveau BEPC qui a été
retenu.
Les transporteurs présents ce jour-là ont trouvé
que cette opération n’avait pas sa raison d’être
d’autant plus que le ministère n’est pas à sa
première enquête dans ce domaine. Pour eux il
s’agira simplement de retarder leur activité.
Ils ne comprennent pas pourquoi les forces de l’ordre sont
parties prenantes dans cette enquête alors qu’on prétend
que ce n’est pas un contrôle de police. Les transporteurs
ont aussi protesté quand ils ont appris que le poste
de l’agent de sécurité vaut également
25 000F. Ils disent qu’on les paye déjà pour
ça. Tout cela était dit en direction du commissaire
de Police qui feignait de les ignorer dans leurs requêtes
contre l’intérêt de ses éléments.
L’un des membres de la mission venue de Ouaga s’est par la
suite penché sur les conditions difficiles dans lesquelles
évoluent nos transporteurs sur nos routes ; S’étonnant
de la passivité des forces de l’ordre qui tardent à
réprimer ces «cercueils ambulants». La
réaction des transporteurs ne s’est pas faite attendre
puisqu’ils ont réagi rapidement en mettant en garde
les uns et les autres de ne pas se mêler entre eux et
les forces de l’ordre.
«C’est entre nous», déclarent-ils, en cherchant
sur le champ à gagner la sympathie du commissaire présent
à la réunion qui est resté de marbre…
Finalement les participants à la rencontre se sont
engagés tous à accompagner cette opération
qui aux dires des initiateurs permettra de sauvegarder le
patrimoine routier, de mieux redimensionner nos routes et
d’avoir une idée sur la mobilité des personnes
et des biens. Au grin les tractations vont bon train. Comment
faire pour décrocher une place d’enquêteur ?
La question reste posée surtout du côté
des transporteurs qui ne croient pas à une quelconque
transparence dans le recrutement de ceux qui seront appelés
à cette tâche. Ce qui est sûr, ce n’est
pas un transporteur qui va aller taper une semaine sur une
voie en train de poser des questions aux usagers pour 25 000f.
Ce qu’ils demandent au ministère chargé de piloter
cette opération, c’est de dire à leurs enquêteurs
de savoir parler aux gens. «Nous ne voulons pas des
enquêteurs mal-causeurs», affirment les transporteurs.
Autant les enquêteurs devraient tourner la langue sept
fois avant de parler aux usagers, autant les usagers (les
transporteurs surtout) doivent pouvoir se patienter pour répondre
poliment aux questions des enquêteurs.
Chacun à son niveau doit jouer sa partition pour la
réussite de l’opération, même ceux qui
auront tout tenté en vain pour avoir un poste d’enquêteur.
Bonne chance à tous !
18 ans et déjà deux
scénarios à son actif
Avant de se quitter faisons un tour du côté du
cinéma pour vous parler du film «Mokili»
de Berni Goldblat dont la projection de presse a eu lieu le
lundi 06 mars dernier au ciné Sagnon de Bobo-Dioulasso.
Berni Goldblat est bien connu du côté de l’Association
cinomade (cinéma Nomade) dont le but est la création
et la diffusion d’outils de sensibilisation pour la réalisation
et la diffusion de films vidéo grâce aux différentes
sensibilisations menées à grande échelle
à travers le monde. Berni est également l’auteur
d’une trilogie baptisée «Micro à ta portée»
qui donne la parole aux gens pour qu’ils se prononcent sur
le mal du siècle qu’est le SIDA.
Mais le film qui était proposé lundi dernier
est une véritable chronique qui concerne la jeunesse
africaine à 100%. C’est un film qui a été
totalement réalisé à Bobo. C’est Berni
Goldblat qui a réalisé «Mokili»
mais le scénario est du jeune Moumouni SANOU qui est
en même temps l’acteur principal du film.
A 18 ans, le jeune Moumouni SANOU se retrouve déjà
avec deux scénarios à son actif. Le premier
c’était un court-métrage intitulé «Fiston
du ghetto». Après ce film, Berni qui est considéré
comme son père spirituel demande qu’il écrive
un long-métrage pour qu’il le réalise. Après
6 mois d’intenses réflexions, «Mokili»
est aujourd’hui une réalité. Le film présente
deux destins qui se croisent à travers deux jeunes
Bobolais. Papou dont le père est jardinier, est pauvre
; Goumdé lui par contre est issu d’une famille aisée.
«Mokili» vient un peu conforter la pensée
qui dit que la richesse et la pauvreté sont comme le
flux et le reflux de l’océan. Le film met en exergue
les réalités de la vie où se côtoient
l’amitié et la violence, l’amour et la mort, la tristesse
et l’espoir de toute une génération à
la recherche de ses repères.
Depuis le jeudi 09 mars, «Mokili» est disponible
sur les écrans du ciné Burkina et du ciné
Neerwaya à Ouagadougou et au ciné Sagnon pour
les Bobolais.
Au grin, ceux qui ont regardé le film s’accordent à
reconnaître que le message véhiculé sera
très bénéfique pour les jeunes gens de
la nouvelle génération, habitués aux
facilités et préférant la courte échelle
pour arriver à leur fin.
Comme l’a si bien dit l’artiste Tiken Jah Fakoly «…Même
si c’est ton père qui commande le monde entier, il
faut chercher pour toi».
«Mokili» Doit aider les jeunes scolaires, surtout
ceux qui ont des examens, à comprendre que seul le
travail paye
Mais comme vous le savez, un film ne peut pas faire l’unanimité.
Il se trouve des cinéphiles d’une autre époque
pour dire que «Mokili» n’est pas intéressant
tout simplement parce qu’on ne tue pas beaucoup dans le film.
Ces cinéphiles du grin disent ne pas prendre 83 minutes
pour regarder un film et ne voir qu’un seul mort qui de plus
est un suicide.
Que voulez-vous ? A chacun ses préférences.
« Le petit fakir toujours
dispo »
Retour au sommaire
|