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Une autre page s’ouvre…
Le président du Faso, Blaise
COMPOARE a effectué les 16 et 17 mars derniers, une
visite d’amitié et de travail en République
Islamique de Mauritanie sur invitation de son homologue, le
Colonel Ely Ould Mohamed VALL, président du Conseil
militaire pour la justice et la démocratie (CMJD).
Pour sa première visite officielle en terre mauritanienne,
le président du Faso était accompagné
de son épouse, des ministres de la Sécurité,
Djibrill BASSOLE, des Mines, des Carrières et de l’Energie,
Kader CISSE et une grande suite. Une visite qui, à
tout point de vue, augure des perspectives heureuses entre
les deux Etats et partant entre les peuples burkinabè
et mauritanien.
 Arrivé
à 16h 30mn, le président du Faso a été
accueilli à sa descente d’avion par son homologue mauritanien
et les membres du gouvernement avec à leur tête
le Premier ministre, M. Sidi Mohamed Ould BOUBACAR. Hymnes
nationaux, revue d’un détachement de l’armée
et c’est le salon d’honneur de l’aéroport pour un entretien
de quelques minutes. Avant de rejoindre le palais présidentiel,
le président du Faso, face à la presse a donné
la quintessence de sa visite : «… C’est avec plaisir
que j’ai accepté cette invitation, au regard de liens
historiques très denses, très forts qui unissent
nos deux peuples mais aussi, parce que, comme vous le savez,
nous pensons qu’en Afrique, nos Etats doivent coopérer…
Nous sommes là pour consolider ces liens et voir quelles
sont les perspectives qui peuvent s’offrir à nous dans
divers domaines de développement économique,
de transport, d’artisanat, d’élevage, de formation
technique et professionnelle…». Après avoir ainsi
planté le décor de cette visite, le cortège
quitte l’aéroport, direction le palais.
Mobilisation jamais égalée
 SEM
Salamata SAWDOGO, Ambassadeur du Burkina auprès de
la république Islamique de Muritanie avec résidence
à Dakar
De l’avis général, il y a bien
longtemps, même très longtemps que les Nouakchottois
(habitants de la capitale, Nouakchott) ne s’étaient
pas autant mobilisés pour accueillir un chef d’Etat.
En effet, toutes les voies qui mènent au palais présidentiel
ont été prises d’assaut par la population venue
acclamer le président du Faso et sa délégation.
Sur près d’une dizaine de km, les Nouakchottois en
liesse ont prouvé par leur mobilisation que entre les
deux Etats, entre les deux peuples, rien, absolument rien
ne sera plus comme avant. Sur les banderoles, on pouvait entre
autres lire : «Vive l’amitié et la coopération
entre la Mauritanie et le Burkina Faso».
Plus le cortège s’éloignait de l’aéroport,
plus la mobilisation de la population était grande.
Une mobilisation accompagnée de chants et de danses,
le tout dans les couleurs des deux pays et des posters des
deux chefs d’Etat.
Le chauffeur qui nous conduisait, dans un français
approximatif, dira : «Burkina Faso, c’est bon pays,
c’est bon président». En tout cas, ils sont très
nombreux les Nouakchottois qui n’oublieront pas de sitôt
la visite du président du Faso dans leur pays
Place au travail
 Le
communiqué conjoint de la visite a été
lu par le ministre burkinabè de la sécurité
Djibril BASSOLET
Après le bain de foule et tout ce
qui l’accompagne en pareille occasion, place au travail. En
effet, quelques minutes après son arrivée au
palais présidentiel, le président du Faso a
été reçu par son homologue mauritanien
pour un tête-à-tête. Une rencontre qui
sera élargie quelque temps après aux membres
des deux délégations. Après les deux
départs des deux chefs d’Etat, les délégations
burkinabè et mauritanienne pour leur séance
de travail ont principalement passé en revue la coopération
entre les deux pays et dégagé de nouvelles pistes.
Un peu plus tard dans la soirée, un «dîner
présidentiel» a été organisé
pour mettre fin à ce premier jour de la visite.
Le port de Nouakchott ouvre ses portes
au Burkina Faso
A
la tête d’un pays enclavé comme le Burkina Faso,
le président du Faso reste certainement convaincu qu’il
faut toujours prospecter, chercher les voies et moyens pour
faciliter les échanges entre notre pays et le reste
du monde. C’est pourquoi, la visite du port autonome de Nouakchott
dit «Port de l’amitié» (PANPA) a occupé
une place de choix dans le programme du voyage du président
du Faso et sa suite.
Le vendredi 17 mars donc, les portes du port ont été
grandement ouvertes pour accueillir la délégation
présidentielle. Arrivé au port en compagnie
du Premier ministre mauritanien, le président du Faso
a d’abord assisté à une projection de film sur
le port, son fonctionnement, ses capacités, les perspectives…
puis, ce fut la visite avec les responsables du port avec
à leur tête, le directeur général
M. Ahmed Ould GUENAYA. Après la visite, le président
du Faso a accepté répondre aux questions des
journalistes sur les perspectives : «… Cette visite
est une opportunité pour le Burkina Faso… Et je crois
que si les couloirs sont bien organisés, ce sera facile
pour les opérateurs économiques du Burkina Faso,
d’utiliser le port de Nouakchott comme ils le font déjà
avec les autres ports. Nous allons en discuter avec les autorités
et cela va s’inscrire dans les perspectives de coopération
entre les deux pays»
Les conclusions de la visite
Après
la visite du port, une autre séance de travail a regroupé
les deux délégations à l’issue de laquelle
un communiqué sanctionnant la visite du président
du Faso a été lu par le ministre burkinabè
de la sécurité, M. Djibrill BASSOLE. De ce communiqué,
il ressort entre autres, qu’au plan bilatéral, les
deux chefs d’Etat ont réaffirmé leur détermination
à renforcer et à développer les coopérations
dans tous les domaines. Ils ont de ce fait donné des
instructions aux ministres des Affaires étrangères
pour que la 2e session de la grande commission mixte Mauritanie-Burkina
Faso puisse se tenir au cours du second semestre 2006. Les
deux pays ont aussi décidé d’harmoniser leurs
politiques dans le domaine de la lutte contre la criminalité
transfrontalière et le terrorisme. Des échanges
d’expériences dans les domaines de l’agriculture, de
l’élevage, de l’environnement, des mines, de l’énergie
sont prévus après cette visite. Les opérateurs
économiques privés du Burkina et de la Mauritanie
ont été invités à instaurer des
contacts suivis pour un partenariat en vue de dégager
des voies d’investissement par l’exploitation des potentialités
qu’offrent les secteurs routiers et portuaires.
Sur le plan sous-régional, les présidents COMPAORE
et OULD VALL ont entre autres, salué la mise en place
du gouvernement en Côte d’Ivoire, la mise en place d’un
fonds de solidarité internationale pour l’indemnisation
des producteurs de volaille touchés par la grippe aviaire.
La crise au Darfour, la situation en Palestine, la réforme
de l’ONU, ont été des sujets d’entretien entre
les deux hommes d’Etat.
Le président du Faso a félicité son homologue
pour les résultats déjà réalisés
dans le cadre de la mise en œuvre de la transition vers la
démocratie. Blaise COMPAORE a d’ailleurs lancé
un appel à un soutien à ce pays. Quant au président
mauritanien, il a «apprécié» à
sa juste valeur «les efforts que le président
du Faso ne cesse de déployer en faveur de la paix,
de la démocratie, de l’Etat de droit et de l’Union
africaine».
Blaise COMPAORE a par ailleurs invité son homologue
mauritanien à effectuer une visite officielle au Burkina
Faso. Une invitation acceptée.
Dans notre prochaine édition, nous reviendrons sur
la rencontre que le président du Faso a eue avec les
Burkinabè résidant en Mauritanie et la visite
de la société TIVISKI, une société
de fabrique de produits à base de lait, par la première
Dame Chantal COMPAORE.o
Envoyé spécial à
Nouakchott (Mauritanie), Idrissa BIRBA
Vu
et entendu
*S’il fallait décerner un prix
aux Nouakchottois pour leur mobilisation populaire, il reviendrait
certainement aux femmes qui n’ont pas hésité
à prendre toutes les artères qui mènent
au palais présidentiel à travers des chants
et danses dont elles seules ont le secret des rythmes.
*Selon «notre»
chauffeur toutes les composantes de l’armée mauritanienne
(Police, Militaire, Gendarme…) ont été mobilisées
pour l’événement. On pouvait les voir postés
à chaque «coin et recoin» des artères
où devait passer le cortège présidentiel.
Régime militaire oblige !? En tous cas la mobilisation
des forces de l’ordre était visible.
*Qu’aurait été
le trajet pour nous autres journalistes si la première
Dame n’était pas dans l’avion pour nous «distiller»
de bonnes doses d’humour et de causeries «sans protocole».
En effet, pendant que le président du Faso, les ministres
et autres «gourous» de la délégation
étaient de «l’autre côté»,
à l’aller comme au retour, Mme Chantal COMPAORE était
avec les journalistes pour des causeries sur des sujets d’intérêt
certain touchant le vécu quotidien des Burkinabé
: la lutte contre la pauvreté, la solidarité
nationale, le développement. En tous cas avec cette
«ambiance facile» on n’a vraiment pas «senti»
le voyage. Le rédacteur en chef de la Radio nationale
ne dira certainement pas le contraire.
*Il faut pour la Mauritanie
du temps pour effacer les traces et les stigmates du régime
déchu. La ségrégation est encore perceptible
et on «sent» toujours qu’ils sont un peu renfermés
sur eux-mêmes. Cependant tout porte à croire
que l’avenir s’annonce meilleur pour ce peuple qui a souffert
plusieurs années durant, par la faute d’un ségrégationniste.
*Pas d’alcool ici !
En tous cas les adeptes de Bacchus ont dû prendre leur
«mal» en patience pendant les 48 heures de voyage.
En Mauritanie, pays islamique, les boissons alcoolisées
sont rares. Celles qui font la loi, ce sont les sucreries
fabriquées sur place ou importées principalement
de l’Egypte. Si vous demandez la bière, on vous répond
sèchement : pas d’alcool ici. Ce qui a fait dire à
quelqu’un que «mon Faso est meilleur».
*La présidence
et le palais de Nouakchott retiennent l’attention du visiteur
par le style architectural et la propreté. C’est tellement
propre que même pour se débarrasser d’un mégot
de cigarette vous êtes obligés de vous torturer
les méninges.
*Le Burkinabè
inspire partout «respect et considération».
C’est ce que nous avons remarqué à Nouakchott.
Il suffit de dire que vous êtes Burkinabè pour
que votre interlocuteur «se mette plus au sérieux
pour vous écouter» et manifester sa volonté
de vous aider ou de donner les informations nécessaires.
*Journalistes solidaires.
La solidarité de corps n’a pas de frontière.
Les journalistes et autres photographes mauritaniens ont prouvé
qu’entre confrères, la solidarité ne devrait
pas avoir de frontière. En effet, ils étaient
à nos côtés pour nous donner le maximum
d’informations sur la visite et sur leur pays.
*Si la capitale mauritanienne
n’est pas encore un «terreau» pour l’immigration
clandestine vers l’Europe, Nouadhibou en est un. Chaque jour,
cette ville portuaire voit le nombre de candidats à
l’immigration se multiplier. Ce qui oblige l’Etat mauritanien
à prendre des mesures idoines. Le jour de l’arrivée
du président du Faso à Nouakchott, le président
mauritanien a reçu d’ailleurs le secrétaire
d’Etat espagnol aux Affaires étrangères pour
parler de l’immigration clandestine via la Mauritanie.
*Certains membres de
la délégation burkinabè ont vu leurs
nom et prénoms déformés par les «éléments»
mauritaniens chargés de confectionner les badges et
la liste des membres de la délégation. Notre
confrère de «Sidwaya», Boubacar SY répondait
donc au nom de Boubacary SY tandis que celui du Journal «L’Opinion»
Idrissa BIRBA s’appelait Idrissa SIRBA. Il fallait en tous
cas évoluer sous cette «nouvelle identité»
pour ne pas être refoulé aux postes de contrôle
de la sécurité au palais présidentiel
où a eu lieu l’essentiel des travaux.
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