L'opinion N°441
du 22 au 28 mars 2006

Les nouvelles du grin

La mort du petit Mohamed , un accident odieux

Le mardi 14 mars dernier, la ville de Sya s’est réveillée avec une nouvelle dramatique en provenance du secteur 11 (Colma).Un gendarme, en poste à Dédougou, a ôté la vie de sa concubine, élève sage-femme en deuxième année à l’Ecole nationale de la santé publique de Bobo (ENSP), avant de se donner la mort à son tour.
Cette nouvelle a été largement commentée dans la plupart des grins de la ville de Bobo où on a vite fait de rappeler le cas similaire qui s’est produit à Ouagadougou. Là-bas au lieu d’un gendarme, c’était un militaire qui avait abattu sa copine. Contrairement au gendarme de Bobo, le militaire de Ouagadougou s’était enfui dans sa province natale à la Léraba où il s’est fait épingler. Du coup les spéculations sont allées bon train sur les liaisons amoureuses des hommes de tenue. Pour certains, il faut se méfier d’eux à plus d’un titre car «la femme reste toujours la femme, et quoi qu’on dise, elle ne changera point» allusion faite à l’histoire du vieux Digbeu chanté par l’artiste Asalfo de Magic système.
Mais d’autres par contre s’accordent à donner raison à ces hommes de tenue qui sont habitués à suivre une ligne disciplinaire très stricte. Si une fille sait qu’elle n’aime pas un homme de tenue pourquoi ne pas le lui dire au départ ? Les jeunes filles doivent éviter de jouer avec les sentiments des autres surtout quand elles ont affaire à un homme de tenue.
Les histoires d’amour sont tellement difficiles à cerner qu’il ne faut pas se hâter de faire des jugements, affirment d’autres voix qui pensent que les hommes de tenue et les civils sont tous à la même enseigne. La preuve, la même histoire s’est produite il n’y a pas longtemps à Orodara. Là, il s’agissait d’un civil qui après avoir passé une belle soirée avec sa dulcinée dans un maquis a mis fin aux jours de cette dernière une fois rentré à la maison, puis a tenté de se tuer, mais seule sa mâchoire a été endommagée. Il s’est alors présenté de lui-même à la police pour se faire arrêter.
Pour conclure ce débat, un vieux sage du grin pense simplement que l’amour est en crise. A tous les niveaux, il faut une remise en cause. Trop de calculs basés sur le matériel au détriment des vrais sentiments seraient à la base de cette crise. Pour le cas du gendarme de Dédougou, le vieux sage déplore le fait que les deux victimes soient des parents à plaisanterie (Balibié BASSONO et Damata GUIEBRE). Un mangeur de cochon (Gourounsi) et une friande d’arachides (Bissa) se trucider est impensable ! C’est la preuve que les gens ne respectent plus les coutumes, soutient-il…
Au grin on a aussi épilogué sur la préservation de la paix avec la CAPD/HB tout comme sur la politique avec cette autre histoire dramatique occasionnée par le canal dans lequel s’écoulent les eaux usées des unités industrielles de la ville de Sya. Pour terminer nous allons évoquer la session de formation de l’APSB/Houet à l’intention de ses membres.

La CAPD/HB pour une culture de la paix à Bobo
Le lundi 13 février 2006, le gouverneur de la région des Hauts-Bassins a tenu une rencontre avec les responsables des structures associatives de la société civile autour de la crise sociopolitique que traverse la ville de Bobo-Dioulasso et, subséquemment, sa région. A l’issue de cette rencontre, une vingtaine d’associations et d’organisations de la société civile de la ville de Sya ont mis en place la coordination des actions de la société civile pour la paix et le développement dans la région des Hauts-Bassins (CAPD/HB).
Le mardi 14 mars dernier, le CAPD/HB a organisé une conférence de presse à la salle de réunion du gouverneur de la région des Hauts-Bassins pour présenter la coordination dont les objectifs s’articulent autour de cinq points à savoir :
1) Sauvegarder la paix, l’harmonie et la cohésion sociale à Bobo et dans sa région ;
2) Réhabiliter l’image de marque et la réputation de Bobo et sa région ;
3) Développer une culture citoyenne au sein de toutes les couches sociales ;
4) Promouvoir des projets et programmes de développement de la région de Bobo ;
5) Créer une synergie d’action entre les structures associatives de la ville de Bobo et de sa région.
La CAPD/HB est présidée par l’Abbé André OUATTARA qui a pour association d’origine le GRADI.
Comme vision prospective, la CAPD/HB se propose d’être une structure faîtière des associations et organisations de la société civile en vue de leur meilleure contribution à la paix et au développement des Hauts-Bassins.
La stratégie d’actions consiste à mener une campagne médiatique sur la paix et la culture de la paix à travers des émissions radiophoniques, télévisées et des insertions de messages dans la presse écrite. Théâtres forum dans les quartiers, conférences sur la paix et la culture de la paix au profit des élèves et étudiants, journées de réflexion et d’échanges et une médiation entre les acteurs de la scène politique en vue d’une campagne électorale apaisée, telles sont les activités d’information et de sensibilisation prévues par la coordination.
Au cours de la conférence de presse du 14 mars dernier, il a été abondamment question de PAIX.
Les hommes de presse ont par exemple soulevé le problème de la montée du discours traitant d’ethnicisme et de régionalisme à Bobo à l’approche du scrutin municipal du 23 avril prochain. Sur ce point, un des membres de la CAPD/HB, en occurrence Jacques THIAMOBIGA a tenté de dédramatiser la situation. Pour lui, il ne s’agit pas d’une lutte entre les autochtones d’une part et les autres ethnies de l’autre.
Concernant par exemple les démissions du CDP au profit de l’ADF/RDA, Monsieur THIAMOBIGA pense qu’on les retrouve de chaque côté. Il y a des démissionnaires qui sont des autochtones comme il y a d’autres qui sont des autres ethnies. Le problème est plutôt lié aux intérêts en présence.
Le commandant de la brigade ville de Bobo (CBV), Yrwaya OUEDRAOGO, présent à cette conférence de presse a profité de l’occasion pour faire un véritable plaidoyer sur la situation qu’il juge préoccupante à Bobo. Pour lui, les positions sont figées à cause des intérêts économiques en présence. Le CBV de Bobo interpelle les membres de la CDPD/HB afin qu’ils jouent franc jeu et que ceux qui ont des informations sur des actions déstabilisatrices souterraines les dévoilent aux forces de l’ordre à temps afin qu’ils les étouffent pour de bon. Sinon il trouve qu’il y a trop de calculs politiques. Un chef des Bobo est décédé ; un homme politique d’envergure a été emprisonné à Bobo en 2001… tout cela prépare instinctivement à des actions de vengeance. Sans oublier que la pauvreté grandissante fait que les jeunes sont prêts à tout pour servir des opérateurs économiques qui les utilisent dans des actions de violence pour des miettes. Tout cela, selon le commandant OUEDRAOGO est un terreau fertile qui menace la paix à Bobo.
Dans les grins, la CAPD/HB a été accueillie avec beaucoup d’espoir même si comme l’a dit l’Abbé André OUATTARA, nombre de ses membres ont une couleur politique.

Situation politique à Bobo ; tous les moyens sont-ils bons ?
A l’instar de la plupart des grandes villes du monde, Bobo-Dioulasso est traversé par un canal. Il traverse une grande partie de la ville notamment les secteurs 8, 9,19, 21 et 22. Ce canal qui prend sa source dans la zone industrielle, constitue la principale voie d’évacuation des eaux usées des différentes unités industrielles.
Tout naturellement les populations des secteurs traversés souffrent le martyre à cause des odeurs nauséabondes qui s’y dégagent. Leur souffrance s’est encore accrue le dimanche 05 mars dernier avec le décès d’un garçonnet qui y est entré pour récupérer son ballon. L’affaire a fait grand bruit dans la ville de Sya. Le décès du petit Mohamed a été considéré comme le décès de trop ; ce qui a contribué à révolter les populations riveraines dont certaines n’ont pas hésité à pointer un doigt accusateur sur le Conseil municipal avec à sa tête le maire Célestin KOUSSOUBE.
Du côté du CDP, on a vite fait de s’engouffrer dans la brèche ouverte par le décès du petit. KOUSSOUBE est ainsi présenté comme le responsable de cette tragédie. Pour ses détracteurs, il n’a rien fait pour aménager ce canal qui n’est pourtant pas à son premier drame. Trop c’est trop, affirment-ils.
Le lundi 13 mars dernier, le maire de la Commune a convoqué une rencontre avec la presse pour faire le point sur le problème.
Célestin KOUSSOUBE a rejeté en bloc les accusations portées contre lui. Il a affirmé que le Conseil municipal n’est pas responsable de ce canal qui existe depuis 1959, avant même l’indépendance de ce pays.
En plus des mauvaises odeurs que les eaux des unités industrielles dégagent, le maire déplore également le mauvais comportement de certains riverains qui y déversent des ordures de tout genre. Cela ne fait qu’empirer la situation. Il faut donc qu’on entretienne ce canal malgré ses odeurs et ses problèmes. Il ne faut pas dire que comme c’est déjà gâté, il faut tout y déverser. Le maire KOUSSOUBE dit qu’il déplore franchement le décès du petit et que face au problème de ce canal, il n’est pas resté les bras croisés d’autant qu’il est lui aussi concerné par les odeurs désagréables qui mettent mal à l’aise les populations.
En cherchant des solutions, la municipalité et l’ONEA sont arrivés à mettre sur pied un projet pour construire un canal souterrain qui va déboucher à Dogona. Ce vaste projet a séduit la KFW (la coopération allemande) qui a donné son accord pour le financer à hauteur de 5 millions. Le financement est déjà bouclé et l’ONEA est même en train de lancer les appels d’offres. D’ici juin 2007, le problème du canal de Bobo ne sera plus donc qu’un vieux souvenir. Il est même prévu à la sortie du canal souterrain à Dogona, une station d’épuration d’une valeur de plus de 2 milliards et demi qui va épurer l’eau recueillie et permettre ainsi d’avoir de l’eau saine qui pourra être utilisée pour irriguer les jardins.
«Depuis que je suis à la mairie, avoue KOUSSOUBE, il y a eu 6 décès dus à ce canal ». C’est pourquoi il affirme que si Dieu nous donne la chance et la santé d’ici juin-juillet 2007, l’ensemble des problèmes liés au canal sera résolu.
Cette vision des choses par le maire actuel n’est pas du tout partagée par ses adversaires. Le mardi 14 mars, la sous-section CDP du secteur 9 s’est réunie en assemblée générale au centre culturel d’Accart-ville. Dans ce secteur où réside KOUSSOUBE, les différents intervenants l’ont accusé de tous les maux.
La mort du petit Mohamed a été rappelée comme en accident odieux à mettre sur la conscience du maire CDP qui se trouve aujourd’hui à l’ADF/RDA. Mais la principale information de cette assemblée tournait autour de l’invalidation de la liste de l’ADF/ADF dans tout l’arrondissement de Konsa.
De Bakaye SANOU, le secrétaire général de la sous-section CDP, en passant par Tiéfon DIARRA le délégué du secteur 9 et de Marcel COULIBALY le représentant du CDP/Houet ; tous ont affirmé sans réserve que Célestin KOUSSOUBE ne sera point candidat et par conséquent ceux qui le suivent ont été présentés comme des perdants. «Nous le disons clairement à nos militants et nous souhaitons que chacun fasse passer le message : «KOUSSOUBE n’est rien et ne serra rien pour les élections à venir» a déclaré Marcel COULIBALY qui dit être celui qui a construit la mairie de Konsa et remis les clés à KOUSSOUBE. Mais selon lui, il n’a rien fait pour aménager le canal en dix ans de règne. «Ce n’est pas au soir de sa carrière qu’il va nous parler d’un projet de 7 milliards».
Au cours de cette AG, les trois candidats CDP du secteur 9 ont été présentés aux militants pour qu’ils les portent au-devant de leur destinée au soir du 23 avril prochain.
Il s’agit de Madame BARRO née Maïmouna SANOU, de Karim BARRO et de Youssouf SYLLA.
L’autre point fort de l’AG a été marqué par l’intervention du responsable des jeunes du CDP qui n’est personne d’autre que l’ancien N°2 de la liste de l’ADF/RDA au secteur 9. Issouf OUATTARA, puisqu’il s’agit de lui, a fustigé ses compagnons d’hier qu’il a traités d’opportunistes prêts à tout pour s’accrocher à un poste. Issouf OUATTRA dit «DG» est fier d’être à la base de l’annulation de la liste de l’ADF/RDA au Konsa. En ce moment, la lutte devient facile pour les trois candidats CDP au secteur 9 qui sont bien partis pour enlever les trois postes de conseillers.
Le sous-secteur N°2 (le campement de la RAN) était également représenté lors de cette AG. Marcel COULIBALY a profité pour les mettre en garde contre le geste de KOUSSOUBE qui a construit une borne-fontaine pour eux. «Pourquoi avoir attendu 10 ans avant de construire cette borne-fontaine ?» s’est-il interrogé, avant d’affirmer qu’après tout ils ne sont pas des enfants.
Qu’à cela ne tienne, le jeudi 16 mars dernier, KOUSSOUBE est allé inaugurer la borne-fontaine en question devant les habitants sortis nombreux pour l’acclamer et louer son geste ô combien salutaire pour eux. Le maire a précisé qu’en fait, ce n’est pas lui qui a payé les frais d’installation de la borne-fontaine au campement mais qu’il a simplement demandé à l’ONEA de l’installer pour des raisons humanitaires et de confier sa gestion aux résidants eux-mêmes.
Aujourd’hui le campement a sa borne-fontaine et certains bénéficiaires n’hésitent pas à mettre cela à l’avantage de la mésentente entre les amis d’hier devenus subitement ennemis.
Sans cette opposition entre le CDP et l’ADF/RDA, le campement n’allait jamais avoir cette borne-fontaine précieuse. A quelque chose, malheur est bon dit-on.
Maintenant on attend la campagne pour savoir qui est vraiment candidat et qui ne l’est pas. En attendant, les différents états-majors s’activent à peaufiner les derniers réglages avant le 1er avril prochain pour le début de la campagne, à moins qu’il ne s’agisse d’un gros poisson d’avril.
Dans la plupart des grins, les débats vont bon train sur le sujet politique du moment. Pour couper court, certains membres ont tout simplement souhaité que tout cela se déroule dans une atmosphère apaisée. Là encore, on rejoint le CAPD/HB dans son souci de cultiver la paix. La paix préalable à une belle compétition entre les acteurs politiques qui au-delà de leurs divergences doivent savoir raison garder. La politique ce n’est pas la guerre, même s’il faut néanmoins reconnaître que tous les coups sont permis.
L’inquiétude c’est quand on arrive à instrumentaliser les différents militants pour les mettre face à face comme de vrais ennemis prêts à se détruire pour réaliser les ambitions personnelles de certains hommes politiques sans scrupules.

Une secrétaire mal formée est un capital mal géré
Avant de nous séparer, faisons un tour dans l’univers des secrétaires pour vous parler de la session de formation que l’Association professionnelle des secrétaires du Burkina section du Houet, a organisée le samedi 18 mars dernier à la direction régionale de la Caisse nationale de sécurité sociale de Bobo.
Dans son discours d’ouverture, la présidente de l’APSB/Houet, Madame Fanta OUATTARA a relevé que le rôle de la secrétaire est plus orienté aujourd’hui vers des activités de communication, d’organisation et de gestion de l’information avec une forte implication dans le processus de production. D’où le thème «impact des nouvelles techniques de l’information et de la communication sur l’organisation du travail de la secrétaire».
Compte tenu des changements introduits par l’arrivée de l’ordinateur dans les tâches de secrétariat, il convient que chaque assistante soit désormais en mesure, non seulement d’utiliser l’outil bureautique, mais surtout de l’optimiser.
Ainsi libérés des tâches fastidieuses grâce aux NTIC, les secrétaires peuvent alors se consacrer à des activités de coordination.
C’est Madame Hélène TRAORE, la secrétaire générale adjointe nationale de l’APSB qui a présidé la cérémonie d’ouverture de cette session de formation. Elle a profité de l’occasion pour prodiguer des conseils à ses sœurs secrétaires afin qu’elles s’améliorent chaque jour un peu plus pour que les patrons comprennent davantage la nécessité de ces différentes sessions de formations qui leur sont dispensées.
Notons que c’est Madame Hélène TRAORE qui a passé le témoin à Madame Fanta OUATTARA après 12 ans passés à la tête de l’APSB/Houet (de 1991 à 2003).


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