| Le
mardi 14 mars dernier, la ville de Sya s’est réveillée
avec une nouvelle dramatique en provenance du secteur 11 (Colma).Un
gendarme, en poste à Dédougou, a ôté
la vie de sa concubine, élève sage-femme en
deuxième année à l’Ecole nationale de
la santé publique de Bobo (ENSP), avant de se donner
la mort à son tour.
Cette nouvelle a été largement commentée
dans la plupart des grins de la ville de Bobo où on
a vite fait de rappeler le cas similaire qui s’est produit
à Ouagadougou. Là-bas au lieu d’un gendarme,
c’était un militaire qui avait abattu sa copine. Contrairement
au gendarme de Bobo, le militaire de Ouagadougou s’était
enfui dans sa province natale à la Léraba où
il s’est fait épingler. Du coup les spéculations
sont allées bon train sur les liaisons amoureuses des
hommes de tenue. Pour certains, il faut se méfier d’eux
à plus d’un titre car «la femme reste toujours
la femme, et quoi qu’on dise, elle ne changera point»
allusion faite à l’histoire du vieux Digbeu chanté
par l’artiste Asalfo de Magic système.
Mais d’autres par contre s’accordent à donner raison
à ces hommes de tenue qui sont habitués à
suivre une ligne disciplinaire très stricte. Si une
fille sait qu’elle n’aime pas un homme de tenue pourquoi ne
pas le lui dire au départ ? Les jeunes filles doivent
éviter de jouer avec les sentiments des autres surtout
quand elles ont affaire à un homme de tenue.
Les histoires d’amour sont tellement difficiles à cerner
qu’il ne faut pas se hâter de faire des jugements, affirment
d’autres voix qui pensent que les hommes de tenue et les civils
sont tous à la même enseigne. La preuve, la même
histoire s’est produite il n’y a pas longtemps à Orodara.
Là, il s’agissait d’un civil qui après avoir
passé une belle soirée avec sa dulcinée
dans un maquis a mis fin aux jours de cette dernière
une fois rentré à la maison, puis a tenté
de se tuer, mais seule sa mâchoire a été
endommagée. Il s’est alors présenté de
lui-même à la police pour se faire arrêter.
Pour conclure ce débat, un vieux sage du grin pense
simplement que l’amour est en crise. A tous les niveaux, il
faut une remise en cause. Trop de calculs basés sur
le matériel au détriment des vrais sentiments
seraient à la base de cette crise. Pour le cas du gendarme
de Dédougou, le vieux sage déplore le fait que
les deux victimes soient des parents à plaisanterie
(Balibié BASSONO et Damata GUIEBRE). Un mangeur de
cochon (Gourounsi) et une friande d’arachides (Bissa) se trucider
est impensable ! C’est la preuve que les gens ne respectent
plus les coutumes, soutient-il…
Au grin on a aussi épilogué sur la préservation
de la paix avec la CAPD/HB tout comme sur la politique avec
cette autre histoire dramatique occasionnée par le
canal dans lequel s’écoulent les eaux usées
des unités industrielles de la ville de Sya. Pour terminer
nous allons évoquer la session de formation de l’APSB/Houet
à l’intention de ses membres.
La CAPD/HB pour une culture de la
paix à Bobo
Le lundi 13 février 2006, le gouverneur de la région
des Hauts-Bassins a tenu une rencontre avec les responsables
des structures associatives de la société civile
autour de la crise sociopolitique que traverse la ville de
Bobo-Dioulasso et, subséquemment, sa région.
A l’issue de cette rencontre, une vingtaine d’associations
et d’organisations de la société civile de la
ville de Sya ont mis en place la coordination des actions
de la société civile pour la paix et le développement
dans la région des Hauts-Bassins (CAPD/HB).
Le mardi 14 mars dernier, le CAPD/HB a organisé une
conférence de presse à la salle de réunion
du gouverneur de la région des Hauts-Bassins pour présenter
la coordination dont les objectifs s’articulent autour de
cinq points à savoir :
1) Sauvegarder la paix, l’harmonie et la cohésion sociale
à Bobo et dans sa région ;
2) Réhabiliter l’image de marque et la réputation
de Bobo et sa région ;
3) Développer une culture citoyenne au sein de toutes
les couches sociales ;
4) Promouvoir des projets et programmes de développement
de la région de Bobo ;
5) Créer une synergie d’action entre les structures
associatives de la ville de Bobo et de sa région.
La CAPD/HB est présidée par l’Abbé André
OUATTARA qui a pour association d’origine le GRADI.
Comme vision prospective, la CAPD/HB se propose d’être
une structure faîtière des associations et organisations
de la société civile en vue de leur meilleure
contribution à la paix et au développement des
Hauts-Bassins.
La stratégie d’actions consiste à mener une
campagne médiatique sur la paix et la culture de la
paix à travers des émissions radiophoniques,
télévisées et des insertions de messages
dans la presse écrite. Théâtres forum
dans les quartiers, conférences sur la paix et la culture
de la paix au profit des élèves et étudiants,
journées de réflexion et d’échanges et
une médiation entre les acteurs de la scène
politique en vue d’une campagne électorale apaisée,
telles sont les activités d’information et de sensibilisation
prévues par la coordination.
Au cours de la conférence de presse du 14 mars dernier,
il a été abondamment question de PAIX.
Les hommes de presse ont par exemple soulevé le problème
de la montée du discours traitant d’ethnicisme et de
régionalisme à Bobo à l’approche du scrutin
municipal du 23 avril prochain. Sur ce point, un des membres
de la CAPD/HB, en occurrence Jacques THIAMOBIGA a tenté
de dédramatiser la situation. Pour lui, il ne s’agit
pas d’une lutte entre les autochtones d’une part et les autres
ethnies de l’autre.
Concernant par exemple les démissions du CDP au profit
de l’ADF/RDA, Monsieur THIAMOBIGA pense qu’on les retrouve
de chaque côté. Il y a des démissionnaires
qui sont des autochtones comme il y a d’autres qui sont des
autres ethnies. Le problème est plutôt lié
aux intérêts en présence.
Le commandant de la brigade ville de Bobo (CBV), Yrwaya OUEDRAOGO,
présent à cette conférence de presse
a profité de l’occasion pour faire un véritable
plaidoyer sur la situation qu’il juge préoccupante
à Bobo. Pour lui, les positions sont figées
à cause des intérêts économiques
en présence. Le CBV de Bobo interpelle les membres
de la CDPD/HB afin qu’ils jouent franc jeu et que ceux qui
ont des informations sur des actions déstabilisatrices
souterraines les dévoilent aux forces de l’ordre à
temps afin qu’ils les étouffent pour de bon. Sinon
il trouve qu’il y a trop de calculs politiques. Un chef des
Bobo est décédé ; un homme politique
d’envergure a été emprisonné à
Bobo en 2001… tout cela prépare instinctivement à
des actions de vengeance. Sans oublier que la pauvreté
grandissante fait que les jeunes sont prêts à
tout pour servir des opérateurs économiques
qui les utilisent dans des actions de violence pour des miettes.
Tout cela, selon le commandant OUEDRAOGO est un terreau fertile
qui menace la paix à Bobo.
Dans les grins, la CAPD/HB a été accueillie
avec beaucoup d’espoir même si comme l’a dit l’Abbé
André OUATTARA, nombre de ses membres ont une couleur
politique.
Situation politique à Bobo
; tous les moyens sont-ils bons ?
A l’instar de la plupart des grandes villes du monde, Bobo-Dioulasso
est traversé par un canal. Il traverse une grande partie
de la ville notamment les secteurs 8, 9,19, 21 et 22. Ce canal
qui prend sa source dans la zone industrielle, constitue la
principale voie d’évacuation des eaux usées
des différentes unités industrielles.
Tout naturellement les populations des secteurs traversés
souffrent le martyre à cause des odeurs nauséabondes
qui s’y dégagent. Leur souffrance s’est encore accrue
le dimanche 05 mars dernier avec le décès d’un
garçonnet qui y est entré pour récupérer
son ballon. L’affaire a fait grand bruit dans la ville de
Sya. Le décès du petit Mohamed a été
considéré comme le décès de trop
; ce qui a contribué à révolter les populations
riveraines dont certaines n’ont pas hésité à
pointer un doigt accusateur sur le Conseil municipal avec
à sa tête le maire Célestin KOUSSOUBE.
Du côté du CDP, on a vite fait de s’engouffrer
dans la brèche ouverte par le décès du
petit. KOUSSOUBE est ainsi présenté comme le
responsable de cette tragédie. Pour ses détracteurs,
il n’a rien fait pour aménager ce canal qui n’est pourtant
pas à son premier drame. Trop c’est trop, affirment-ils.
Le lundi 13 mars dernier, le maire de la Commune a convoqué
une rencontre avec la presse pour faire le point sur le problème.
Célestin KOUSSOUBE a rejeté en bloc les accusations
portées contre lui. Il a affirmé que le Conseil
municipal n’est pas responsable de ce canal qui existe depuis
1959, avant même l’indépendance de ce pays.
En plus des mauvaises odeurs que les eaux des unités
industrielles dégagent, le maire déplore également
le mauvais comportement de certains riverains qui y déversent
des ordures de tout genre. Cela ne fait qu’empirer la situation.
Il faut donc qu’on entretienne ce canal malgré ses
odeurs et ses problèmes. Il ne faut pas dire que comme
c’est déjà gâté, il faut tout y
déverser. Le maire KOUSSOUBE dit qu’il déplore
franchement le décès du petit et que face au
problème de ce canal, il n’est pas resté les
bras croisés d’autant qu’il est lui aussi concerné
par les odeurs désagréables qui mettent mal
à l’aise les populations.
En cherchant des solutions, la municipalité et l’ONEA
sont arrivés à mettre sur pied un projet pour
construire un canal souterrain qui va déboucher à
Dogona. Ce vaste projet a séduit la KFW (la coopération
allemande) qui a donné son accord pour le financer
à hauteur de 5 millions. Le financement est déjà
bouclé et l’ONEA est même en train de lancer
les appels d’offres. D’ici juin 2007, le problème du
canal de Bobo ne sera plus donc qu’un vieux souvenir. Il est
même prévu à la sortie du canal souterrain
à Dogona, une station d’épuration d’une valeur
de plus de 2 milliards et demi qui va épurer l’eau
recueillie et permettre ainsi d’avoir de l’eau saine qui pourra
être utilisée pour irriguer les jardins.
«Depuis que je suis à la mairie, avoue KOUSSOUBE,
il y a eu 6 décès dus à ce canal ».
C’est pourquoi il affirme que si Dieu nous donne la chance
et la santé d’ici juin-juillet 2007, l’ensemble des
problèmes liés au canal sera résolu.
Cette vision des choses par le maire actuel n’est pas du tout
partagée par ses adversaires. Le mardi 14 mars, la
sous-section CDP du secteur 9 s’est réunie en assemblée
générale au centre culturel d’Accart-ville.
Dans ce secteur où réside KOUSSOUBE, les différents
intervenants l’ont accusé de tous les maux.
La mort du petit Mohamed a été rappelée
comme en accident odieux à mettre sur la conscience
du maire CDP qui se trouve aujourd’hui à l’ADF/RDA.
Mais la principale information de cette assemblée tournait
autour de l’invalidation de la liste de l’ADF/ADF dans tout
l’arrondissement de Konsa.
De Bakaye SANOU, le secrétaire général
de la sous-section CDP, en passant par Tiéfon DIARRA
le délégué du secteur 9 et de Marcel
COULIBALY le représentant du CDP/Houet ; tous ont affirmé
sans réserve que Célestin KOUSSOUBE ne sera
point candidat et par conséquent ceux qui le suivent
ont été présentés comme des perdants.
«Nous le disons clairement à nos militants et
nous souhaitons que chacun fasse passer le message : «KOUSSOUBE
n’est rien et ne serra rien pour les élections à
venir» a déclaré Marcel COULIBALY qui
dit être celui qui a construit la mairie de Konsa et
remis les clés à KOUSSOUBE. Mais selon lui,
il n’a rien fait pour aménager le canal en dix ans
de règne. «Ce n’est pas au soir de sa carrière
qu’il va nous parler d’un projet de 7 milliards».
Au cours de cette AG, les trois candidats CDP du secteur 9
ont été présentés aux militants
pour qu’ils les portent au-devant de leur destinée
au soir du 23 avril prochain.
Il s’agit de Madame BARRO née Maïmouna SANOU,
de Karim BARRO et de Youssouf SYLLA.
L’autre point fort de l’AG a été marqué
par l’intervention du responsable des jeunes du CDP qui n’est
personne d’autre que l’ancien N°2 de la liste de l’ADF/RDA
au secteur 9. Issouf OUATTARA, puisqu’il s’agit de lui, a
fustigé ses compagnons d’hier qu’il a traités
d’opportunistes prêts à tout pour s’accrocher
à un poste. Issouf OUATTRA dit «DG» est
fier d’être à la base de l’annulation de la liste
de l’ADF/RDA au Konsa. En ce moment, la lutte devient facile
pour les trois candidats CDP au secteur 9 qui sont bien partis
pour enlever les trois postes de conseillers.
Le sous-secteur N°2 (le campement de la RAN) était
également représenté lors de cette AG.
Marcel COULIBALY a profité pour les mettre en garde
contre le geste de KOUSSOUBE qui a construit une borne-fontaine
pour eux. «Pourquoi avoir attendu 10 ans avant de construire
cette borne-fontaine ?» s’est-il interrogé, avant
d’affirmer qu’après tout ils ne sont pas des enfants.
Qu’à cela ne tienne, le jeudi 16 mars dernier, KOUSSOUBE
est allé inaugurer la borne-fontaine en question devant
les habitants sortis nombreux pour l’acclamer et louer son
geste ô combien salutaire pour eux. Le maire a précisé
qu’en fait, ce n’est pas lui qui a payé les frais d’installation
de la borne-fontaine au campement mais qu’il a simplement
demandé à l’ONEA de l’installer pour des raisons
humanitaires et de confier sa gestion aux résidants
eux-mêmes.
Aujourd’hui le campement a sa borne-fontaine et certains bénéficiaires
n’hésitent pas à mettre cela à l’avantage
de la mésentente entre les amis d’hier devenus subitement
ennemis.
Sans cette opposition entre le CDP et l’ADF/RDA, le campement
n’allait jamais avoir cette borne-fontaine précieuse.
A quelque chose, malheur est bon dit-on.
Maintenant on attend la campagne pour savoir qui est vraiment
candidat et qui ne l’est pas. En attendant, les différents
états-majors s’activent à peaufiner les derniers
réglages avant le 1er avril prochain pour le début
de la campagne, à moins qu’il ne s’agisse d’un gros
poisson d’avril.
Dans la plupart des grins, les débats vont bon train
sur le sujet politique du moment. Pour couper court, certains
membres ont tout simplement souhaité que tout cela
se déroule dans une atmosphère apaisée.
Là encore, on rejoint le CAPD/HB dans son souci de
cultiver la paix. La paix préalable à une belle
compétition entre les acteurs politiques qui au-delà
de leurs divergences doivent savoir raison garder. La politique
ce n’est pas la guerre, même s’il faut néanmoins
reconnaître que tous les coups sont permis.
L’inquiétude c’est quand on arrive à instrumentaliser
les différents militants pour les mettre face à
face comme de vrais ennemis prêts à se détruire
pour réaliser les ambitions personnelles de certains
hommes politiques sans scrupules.
Une secrétaire mal formée
est un capital mal géré
Avant de nous séparer, faisons un tour dans l’univers
des secrétaires pour vous parler de la session de formation
que l’Association professionnelle des secrétaires du
Burkina section du Houet, a organisée le samedi 18
mars dernier à la direction régionale de la
Caisse nationale de sécurité sociale de Bobo.
Dans son discours d’ouverture, la présidente de l’APSB/Houet,
Madame Fanta OUATTARA a relevé que le rôle de
la secrétaire est plus orienté aujourd’hui vers
des activités de communication, d’organisation et de
gestion de l’information avec une forte implication dans le
processus de production. D’où le thème «impact
des nouvelles techniques de l’information et de la communication
sur l’organisation du travail de la secrétaire».
Compte tenu des changements introduits par l’arrivée
de l’ordinateur dans les tâches de secrétariat,
il convient que chaque assistante soit désormais en
mesure, non seulement d’utiliser l’outil bureautique, mais
surtout de l’optimiser.
Ainsi libérés des tâches fastidieuses
grâce aux NTIC, les secrétaires peuvent alors
se consacrer à des activités de coordination.
C’est Madame Hélène TRAORE, la secrétaire
générale adjointe nationale de l’APSB qui a
présidé la cérémonie d’ouverture
de cette session de formation. Elle a profité de l’occasion
pour prodiguer des conseils à ses sœurs secrétaires
afin qu’elles s’améliorent chaque jour un peu plus
pour que les patrons comprennent davantage la nécessité
de ces différentes sessions de formations qui leur
sont dispensées.
Notons que c’est Madame Hélène TRAORE qui a
passé le témoin à Madame Fanta OUATTARA
après 12 ans passés à la tête de
l’APSB/Houet (de 1991 à 2003).
« Le petit fakir toujours
dispo »
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