Les
Béninois ont, semble-t-il, opté pour le changement
; et quel changement ! Ils l’ont voulu radical en accordant
majoritairement dès le premier tour de l’élection
présidentielle, leurs suffrages au nouveau venu dans
l’arène politique l'ex-président de la BOAD,
Yayi BONI.
Prétextant avoir compris ce message et voulant aller
dans ce sens, tous les candidats de poids qui n’ont pas
pu se qualifier pour le second tour se sont alignés
derrière lui. Du coup, l’autre vieux de la vieille
du Landerneau politique qui a réussi à sauver
sa peau, l’ancien président de l’Assemblée
nationale, Adrien HOUNGBEDJI se retrouve tout seul comme
un orphelin.
Pourtant beaucoup d’observateurs avaient parié sur
une autre configuration des alliances pour le second tour.
Ainsi donc ce second tour serait devenu une simple formalité
que l’homme BONI aurait remplie sans coup férir.
Avant même que les résultats ne soient publiés,
tout le monde le voit Président.
Pour les analystes, pour parvenir à cette «unanimité»,
Yayi BONI a dû promettre des postes juteux aux autres.
Ainsi, il aurait cédé la moitié des
postes du gouvernement et autant des directions des grandes
sociétés et des hautes responsabilités
dans l’Armée et dans les institutions à ses
alliés. Cela a fait dire aux mauvaises langues que
la multitude des candidatures que certains expliquaient
par des calculs de positionnement se vérifie amplement.
Doit-on pour cela jeter la pierre aux politiciens béninois
? C’est selon !
Ce qu’il faut par contre craindre, c’est que le peuple ne
trouve pas son compte dans cette alchimie. En effet, en
cédant la moitié de son pouvoir à ses
alliés, Yayi BONI sera-t-il en mesure d’apporter
le changement radical voulu ? C’est à voir. Il est
à craindre que ses alliés ne se transforment
en des boulets à ses pieds et qu’il ne déçoive
alors les espoirs placés en lui. A moins qu’il ne
se ressaisisse entre temps en préférant honorer
ses engagements avec le peuple au détriment de ceux
pris avec ses nouveaux amis ou qu’il n’estime que les deux
peuvent aller de paire. On attend de voir !
Par Faez