L'opinion N°453
du 14 au 20 juin 2006

Actualité

Coopération décentralisée


Le président du Faso en France profonde

Parti de Ouagadougou le 29 mai, c'est à un véritable périple dans la France profonde que le président du Faso s'est livré une semaine durant. Belfort, Champagney, Roulans, Besançon en Franche Comté ; Rodez, Millau, Camp militaire du Larzac dans l'Aveyron ont été les principales étapes de cette tournée consacrée à la coopération décentralisée avec pour point focal les 4ème Assises éponymes. Un calendrier très chargé qui a néanmoins réussi à faire de l'espace pour la CENSAD qui a tenu ses 8e Assises le 1er juin à Tripoli en Libye, à un programme de visite d'Etat le lendemain 2 juin et à une rencontre avec la communauté burkinabè résidant en France le 4. Comme il est de coutume en pareille occasion, les entretiens privés et ceux avec la presse n'ont pas manqué, à telle enseigne qu'il n'y a pratiquement pas eu un seul instant de répit, jusqu'au retour le 5 juin.

Mr Raymond FORNI posant avec le président Bmaise COMPAORE après sa décoration

Placé sous le signe des 4e Assises de la coopération décentralisée, le voyage du Président Blaise COMPAORE en France a bien failli se transformer en un procès contre la nouvelle loi française sur l'immigration. D'un bout à l'autre il reviendra en effet comme un métronome aux détours des questions des journalistes et même dans les débats, de nombreux acteurs de la coopération décentralisée y voyant une difficulté de plus à surmonter dans leurs efforts pour atteindre leurs objectifs d'échanges et de co-développement. Ce qui devrait être une gêne a pourtant apporté du piquant à la tournée, le président du Faso n'ayant pas eu de cesse de répéter que cette loi ne devrait pas outre mesure inhiber les ardeurs des acteurs de la coopération décentralisée tout comme elle ne devrait pas faire oublier qu'elle reste une loi et que la question de l'immigration est intimement liée au développement du continent africain et à la responsabilité partagée des Africains et des pays développés dans cette quête. Le reste n'est que dissertation et politique politicienne tant il est constant que partout de par le monde, les Etats organisent les flux de populations en fonction de leurs intérêts du moment et que plus que les lois, même des murailles ne pourraient empêcher ceux qui sont confinés dans des "enfers économiques" à prendre tous les risques pour rejoindre les "paradis économiques" aussi protégés soient-ils.
Cela dit, ce sont des centaines d'acteurs de la coopération décentralisée qui sont allés à la rencontre du président du Faso au cours de la tournée, particulièrement à Belfort où se sont tenues les 4e Assises. Les autorités du Territoire de Belfort ont d'entrée marqué leur intérêt pour cette visite de travail qui répond à une invitation vieille de dix ans. Avec à leur tête Mme la Sous-préfette de Dole, Mme Josette MICHELLE, le président du Conseil général, M. Yves ACKERMANN, venus à l'aéroport de Dole Tavaux accueillir Blaise COMPAORE et l'importante délégation qui l'accompagnait et M. Jean-Pierre CHEVENEMENT, ancien ministre et maire de Belfort, elles ont mis les petits plats dans les grands pour que les 48 heures consacrées à la Franche Comté soient un succès. La conférence de presse que les deux derniers cités animeront avec le président du Faso le lendemain au Conseil général marquera le top départ des activités officielles.

Mieux se connaître pour mieux agir ensemble
Mr Jean-Pierre CHEVENMENT ancien ministre et amire de Belfort et Mme Chantal COMPAORE qui a activement pris part aux débats des 4è Assises.

Dans son mot de bienvenue, le maître des lieux, M. Yves ACKERMANN, fera après les salutations d'usage un bref historique de la coopération entre Belfort et Dassouri et saluera le courage et l'abnégation des populations, qui, de part et d'autre en ont fait un exemple de succès de par ses résultats concrets. En réponse, le président COMPAORE a dit sa joie d'avoir pu répondre favorablement à l'invitation de Belfort et a chaleureusement remercié les femmes et les hommes de cette ville pour leur solidarité avec les populations burkinabè. Sa visite vise, dira-t-il, à permettre une meilleure synergie des actions pour une coopération mutuellement avantageuse. Dans un monde où les divergences d'intérêts tendent à prendre le pas sur la communauté de destin des peuples, la coopération décentralisée apparaît comme une bouée de sauvetage en ce qu'elle met directement en rapport ces peuples leur permettant ainsi de renforcer leur amitié, de mieux se connaître et d'agir efficacement sur leurs réalités quotidiennes. En répondant aux sollicitations des populations de Dassouri et de Komki Ipala, les acteurs de la coopération décentralisée du Territoire de Belfort font preuve d'un esprit de solidarité qui n'a pas de prix ajoutera-t-il tout en les garantissant d'une bonne utilisation des ressources et moyens qui seront mis à leur disposition. Mr. Simon COMPAORE, Mr. Charles JOSSELIN, Mme GUINCHARD KESSLER et Mr Yves ACKERMANN

Les Burkinabè joueront donc leur partition et assumeront les responsabilités qui leur incomberont. Ils le font déjà suffisamment bien même si dans certains cas il y a eu des ratés.
La conférence de presse qui s'en suivra sera très animée avec pour préoccupations principales les relations entre la chefferie traditionnelle et la décentralisation, la loi SARKOZY (évidemment), le rôle que peut jouer la coopération décentralisée dans le développement de l'agriculture base de l'économie burkinabè, l'OMC et les subventions des pays développés à leur agriculture, la situation en Côte d'Ivoire et l'esclavage en rapport avec la visite prévue de la "Maison de la Négritude" à Champagney. Sur la première question, le président COMPAORE dira que le Burkina Faso est un Etat laïc et républicain ; par conséquent la chefferie traditionnelle n'est pas intégrée aux structures de la décentralisation. Il en est de même par ailleurs des autorités religieuses. Toutesfois du fait de l'histoire et des réalités sociales qui sont nôtres, elle intervient dans le processus comme catalyseur pour la mobilisation, la sensibilisation et la conscientisation, etc. Pour ce qui est de l'agriculture il fera observer que la coopération décentralisée joue déjà un rôle très important qu'il serait intéressant d'étendre à l'appui aux organisations de producteurs pour valoriser le capital humain et à la résolution des problèmes de semences adaptées qui se posent avec acuité. En ce qui concerne l'OMC, pour Blaise COMPAORE, il y a une vérité de base qui est qu'il n'y a pas de développement sans commerce. Or malheureusement, le commerce international fonctionne comme une jungle car en même temps qu'on dit aux pays en voie de développement que le marché est libre, on les empêche par les subventions et autres, d'être sur le marché. Pour étayer son propos il citera le cas du coton dont le marché est dérégulé par les subventions que les pays riches accordent à leurs cotonculteurs. Ainsi, le coton africain, particulièrement burkinabè, bien que de bonne qualité avec des coûts de production bas et donc très compétitifs, a toutes les difficultés sur le marché international.
Le président Blaise COMPAORE décorant le député-maire de Millau et ancien ministre Mr. Jacques Godfrain

Pour l'intérêt qu'il accorde à la question de l'abolition de l'esclavage à travers la visite qu'il s'apprêtait à faire à la "Maison de la Négritude" à Champagney en Haute-Saône, Blaise COMPAORE dira que cela s'inscrivait dans le nécessaire devoir de mémoire qui devrait s’imposer à tous (lire : A la maison de la Négritude).
Pour lui, l'humanité doit cultiver ce devoir de mémoire, afin de savoir ce qui s'est passé et de rechercher permanement les voies et moyens pour éviter que cela ne se reproduise afin de bâtir un monde plus humain. Il ne s'agit pas seulement d'éviter les répétitions de l'histoire mais de prévenir d'autres formes de crimes du genre. En la matière, la France a posé des actes qu'il convient de saluer.
Sur les lieux-mêmes, Blaise COMPAORE laissera ces mots dans le livre d'or "La route de l'abolition de l'esclavage de Toussaint LOUVERTURE à Fort de Joux, à Victor SCHOELCHER en Alsace, passe par ce village franc-comtois. Je rends hommage aux descendants de la population qui a commis un écrit historique en réclamant la fin de l'esclavage. Puisse cette "Maison de la Négritude" nous rassembler sur la pérénité de l'humanité". Un hommage qui répond fort à propos aux sentiments exprimés par le maire de Champagney, M. Claude VOIDEY et le Sous-préfet de Lure, M. Yves Le MERRER, qui ont accueilli la délégation, et salue l'histoire de ce petit village qui en 1789 dans le froid et malgré ses propres problèmes existentiels, sans jamais avoir vu un homme noir, prenait fait et cause pour les Noirs en demandant au Roi d'abolir l'esclavage. Une histoire émouvante que la conservatrice de la «Maison de la Négritude» a su rendre. Quelque part, elle est la preuve de la communauté de destin de l'humanité. Comme pour en témoigner davantage, le maire M. VOIDEY a félicité le Burkina Faso pour son unité nationale malgré la multiplicité de ses peuples et a rendu un hommage appuyé à Mme COMPAORE pour ses actions en faveur des enfants, ces autres êtres humains victimes de violences parfois inhumaines. Après cette incursion dans le passé, la délégation présidentielle a repris contact avec la coopération décentralisée à la Mairie de Belfort où l'attendait l'ancien ministre et maire de la ville, M. Jean-Pierre CHEVENEMENT.

Belfort : une amitié… belle et forte
Ce fut un moment de communion et de célébration de l'amitié entre les populations de Belfort à travers leur Conseil municipal et celles de Tanghin-Dassouri, représentées par le président du Faso pour tout le Burkina Faso en présence du Gouverneur de la Région du Centre M. Boureima GOUGMA et du maire de Ouagadougou, M. Simon COMPAORE dont relève Tanghin-Dassouri et du président du Comité national burkianbè de Jumelage. Incontestablement on rentrait de plein pied dans le sujet. Comme le feront ressortir l'intervention de Monsieur le maire de Belfort et la réponse du président COMPAORE, il s'agissait d'approfondir une relation vieille de 25 ans, de tracer de nouvelles pistes d'intervention et de recentrer les actions. Blaise COMPAORE se dira très sensible à la sollicitude des populations de Belfort qui, malgré leurs problèmes à elles, pensent à celles de Tanghin-Dassouri qui sont plus démunies. "Depuis 25 ans, dira-t-il, nous sentons votre présence". Et de souhaiter que cet exemple de coopération fasse école d'autant que la France a besoin de s'ouvrir pour rester la France. Ces échanges cordiaux se sont poursuivis par des apartés très animés au cours de la visite du Château de Belfort et du déjeuner que le Conseil général et la mairie y ont offert au président du Faso et à sa délégation.
Avant la tenue des Assises sur la coopération décentralisée qui devaient s'ouvrir à 18 H,le président du Faso a été invité à aller visiter l'Université de Technologie Belfort-Montbéliart (UTBM-Sévenans). Pour un joyau, cette université de renommée internationale qui fait la fierté du Territoire de Belfort, particulièrement de M. CHEVENEMENT qui l'a portée sur les fonds baptismaux, l'est à plus d'un titre. En quelques chiffres, c'est 2 086 étudiants, 198 enseignants et un budget de 28 millions d'Euros. Le taux d'insertion des étudiants est de 86% dans toutes les régions de France et le reste ailleurs, dans le monde. L'UTBM-Sévenans est une des 3 universités de technologie de France. Elle comporte des filières pointues telles que : informatique, mécanique et conception ingénieurie, management de procès etc.
Comme le préfiguraient les premières rencontres, les Assises de la décentralisation promettaient et les espoirs n'ont pas été déçus. Ils étaient, en effet, une centaine d'acteurs de la coopération décentralisée venus de tous les coins de la France pour rencontrer le président du Faso et leurs différents interfaces du "Pays des hommes intègres". Le ton sera donné par Prosper KOMPAORE et sa troupe, l'Atelier théâtre Burkinabè (ATB), avec sa pièce de théâtre-forum "Un espoir pour Falamatia". Pendant 45 mn, ils tiendront le public en haleine sur un thème qui le concerne au premier chef, celui de la décentralisation. C'est un "standing ovation" nourri qui marquera la fin de la représentation tant les acteurs ont été convaincants et le thème pertinent, même si pour des impératifs de temps, la seconde partie, le forum, n'a pas eu lieu. Les participants aux Assises ainsi mis en train, les travaux pouvaient commencer avec pour orientations les principaux axes donnés par le président du Conseil général du Territoire de Belfort, M. Yves ACKERMANN qui a souhaité des échanges ouverts et directs qui aboutiraient à des échanges d'expériences avec pour objectif l'approfondissement de la coopération décentralisée en tenant compte des réalités du terrain. Pour aider à cela, la parole sera tour à tour donnée au président de la "Maison de la coopération décentralisée" M. Mamadou BAILE pour présenter sa structure, au maire de la Commune de Ouagadougou président de l'Association des municipalités du Burkina, qui a fait un bilan succinct du jumelage, puis au ministre délégué auprès du ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation chargé des collectivités locales, M. Soungalo OUATTARA, qui a fait l'état des lieux de la communalisation et de la décentralisation. Le président du Faso bouclera la boucle en magnifiant les efforts des acteurs de la coopération décentralisée, en mettant en exergue l'importance de leurs actions quotidiennes qui viennent combler des espaces laissés vides par la coopération institutionnelle. Il souhaitera que tout en continuant leurs efforts dans les domaines traditionnels de coopération, les acteurs de la coopération décentralisée accordent plus de place à la valorisation du capital humain. Cela entre en droite ligne dans leurs orientations puisque leur philosophie du développement par de l'homme et revient à l'homme. Par ailleurs, il fera remarquer la nécessité de rationaliser davantage les programmes et les interventions pour éviter de se marcher sur les pieds.

Valoriser le capital humain
Au vu des débats, on peut dire que les uns et les autres ont été entendus. En effet, ceux-ci ont été très nourris et se sont collés au vécu quotidien des acteurs et des populations. Des préoccupations pour alimenter les budgets des collectivités décentralisées avec la tendance à la création de nouveaux impôts, la hiérarchisation des priorités dans un pays où tout semble priorité du fait de la pauvreté et de l’obsolescence des infrastructures, les pesanteurs sociales sur les femmes comme l’excision, les questions de maîtrise de l’eau, de formation professionnelle… ont largement dominé les échanges. Mme COMPAORE y a activement pris part en éclairant l’assemblée sur des questions liées à l’excision et aux pratiques traditionnelles néfastes à la santé de la femme. La valorisation du capital humain a aussi beaucoup retenu l’attention. Humanimenent les participants ont salué les efforts fait de part et d’autre, reconnu qu’il y a encore des insuffisances et noté que l’avenir s’annonce sous de meilleurs hospices du fait de la plus grande responsabilisation des populations et de la prise en compte de la coopération décentralisée dans les schémas de développement. (lire : l’interview de Mr Yves Ackermann page 11).
La soirée s’est poursuivie avec la présentation au Président du Faso d’un projet innovant de récupération des sachets plastiques (ADEME) et une nouvelle prestation de l’ATB. Installé à Ouagadougou, ce projet animé par de jeunes Burkinabè fabrique des «djembé» et autres objets d’arts avec des sachets plastiques qui polluent nos grandes villes. Quant à l’ATB, il a présenté une pièce, «L’étranger» qui a ému jusqu’aux larmes de nombreux participants aux Assises. Assurément, l’ATB aura fait très bonne impression.
Les travaux des Assises ont repris le lendemain 31 mai, au matin, et ont pris fin en milieu de matinée. Pendant ce temps, la délégation présidentielle était au Centre d’insémination artificielle de la vache (COOPEX) - race monbéliarde, à Roulans dans le Doubs. Tous les responsables locaux étaient présents à l’accueil : le Président du Conseil général du Doubs, M. JEANNEROT, le maire de Roulans, M. Alain JACQUOT et le président de la COOPEX, M. Denis CLEMENT.
L’étape suivante du périple présidentiel sera la mairie de Besançon où le maire Jean-Louis FOUSSERET et son Conseil souhaiteront la bienvenue au Président du Faso et le remercieront chaleureusement pour avoir répondu à leur invitation. Une présence remarquée dans l’assistance, celle de Mme Guinchard KASSLER, ancienne ministre de l’Action sociale, Vice-présidente de l’Assemblée nationale à laquelle le président du Faso remettra d’ailleurs symboliquement les insignes de Chevalier de l’Ordre du Mérite national qui lui avait déjà été décernée en 2004. A l’issue de la cérémonie, tout le monde s’est déporté au Conseil régional de Franche Comté où aura lieu un déjeuner de travail offert par le Président Raymond FORNI.
Au cours de ce déjeuner auquel ont pris part des membres de l’Association des Régions de France, le thème de la coopération décentralisée sera de nouveau au menu après des toasts qui salueront les efforts du Burkina Faso en matière de décentralisation et de développement humain durable. L’Association des Régions de France marquera sa disposition à partager son expérience et à travailler avec les régions du Burkina. Le Gouverneur de la Région du Centre, M. Boureima BOUGOUMA, saisira ce message au vol pour dire l’entière disposition de sa région à créer les conditions pour une telle coopération d’autant que certaines de ses localités ne bénéficient d’aucun jumelage alors que d’autres en ont plusieurs. Quant au Maire Simon COMPAORE, il a loué les actions en cours dans sa vile et a sollicité un appui plus conséquent dans certains domaines tels que le traitement des déchets et la voirie.
Pour sa part, le Président du Faso a insisté sur les efforts à fournir dans la valorisation du capital humain car sans formation, il serait illusoire de s’attendre à une participation optimum des populations et une plus grande prise de responsabilité de leur part dans la réalisation des projets en leur faveur. C’est par un échange de cadeaux et la décoration de M. FORNI que la séance prendra fin aux environ de 15H.

L’étape parisienne
Une heure et demie plus tard, le Président du Faso s’envolait de l’aéroport de Dole Tavaux (Territoire de Belfort) pour Tripoli où il présidera l'ouverture de la 8e session de la CENSAD le 1er juin (Nous reviendrons sur cet événement dans nos prochaines éditions). De retour de Tripoli le 1er juin, Blaise COMPAORE s'installera à Paris où il bilatérale entre la France et le Burkina Faso le lendemain une série de rencontres dans le cadre de la coopération institutionnelle.
L'étape parisienne débutera dès 8H du matin avec un petit-déjeuner de travail au MEDEF avec des chefs d'entreprises françaises sous la conduite du président du Comité Afrique du MEDEF et en présence d'une vingtaine de chefs d'entreprises dont M. Michel ROUSSIN, Vice président du MEDEF International et Vice-président du groupe Bolloré, M. Alain VIRY, Vice-président du Comité Afrique et Directeur général de la société CFAO et M. Gérard PELIRSON, président du Conseil français des Investisseurs en Afrique (CIAN) et co-président du Conseil de surveillance du groupe ACCOR. De retour à son pied-à-terre (Hôtel Bristol), le président du Faso accordera des audiences privées à de hautes personnalités politiques et de la société civile d'Afrique et d'ailleurs. C'est avec Mme la ministre déléguée à la Coopération, au Développement et à la Francophonie, Mme Brigitte GIRARDIN, qu'il déjeunera au ministère des Affaires étrangères (37, Quai d'Orsay – 750057 Paris), après la signature du "Document cadre de Partenariat» (CDP) entre Mme la ministre et M. Jean-Baptiste COMPAORE, ministre des Finances et du Budget. Le DCP porte sur un financement de 302,4 millions d'Euros et fixe les orientations de la coopération entre les deux pays pour les 5 prochaines années. En saluant les efforts de rationalisation de ses efforts et la qualité de la bonne gouvernance du pays, Mme GIRADIN dira que le DCP est la preuve "d'une confiance renouvelée…(et la) volonté commune de renforcer la cohérence de nos actions, et d'en assurer une meilleure visibilité". Il s'appuie sur deux exigences nouvelles : concentration et prévisibilité. Concentration dans le choix des secteurs prioritaires : l'éducation de base, les infrastructures et enfin l'eau et l'assainissement. Prévisibilité en s'appuyant sur des projets concrets avec des objectifs bien identifiés pour la période 2006-2010.
Mme GIRARDIN n'a pas manqué de saluer la vitalité de la coopération décentralisée entre le Burkina Faso et la France et l'engagement personnel du président COMPAORE auprès des acteurs de cette coopération qui est "un complément indispensable aux efforts conduits par les Etats et les organisations internationales…» (lire : la France avocate de l’Afrique p. 12). En réponse, Blaise COMPAORE a lui aussi salué la qualité des relations entre les deux pays tant au niveau bilatéral que sur celui des rapports «profondément humains» entre les deux peuples. Pour ce qui est du DCP, il dira qu'il «va permettre d'améliorer les retombées de la coopération bilatérale en contribuant directement à la réalisation des objectifs du CSLP». Il a eu des mots aimables à l'endroit de Mme la ministre dont il s'est dit témoin des efforts qu'elle ne cesse «de déployer personnellement pour la cause de l'Afrique et pour (son) pays le Burkina Faso auquel (elle est) particulièrement attachée».
Dans l'après-midi, Blaise COMPAORE aura des entretiens tour à tour avec le Premier ministre Dominique De VILLEPIN et le président de la République Jacques CHIRAC (voir notre édition dernière). Le programme de la journée s'achèvera par une rencontre avec le groupe des ambassadeurs Africains à l'Ambassade du Burkina Faso et un dîner donné à l’hôtel Bristol par l’Association d’Amitié France Burkina Faso en l’honneur du président du Faso.
Au total une trentaine d'Ambassadeurs (quasiment tous ceux du continent résidant à Paris) ont fait le déplacement pour l’entretien qui a été très riche. Introduit par le célèbre M. Henry LOPEZ, Ambassadeur du Congo, doyen des Ambassadeurs africains, qui a salué les performances du Burkina Faso en matière de développement et de rayonnement dans le monde, le débat a été ouvert (autant que cela est possible entre diplomates) et convivial.

Difficile de défendre l’Afrique
Dans son mot introductif, le président COMPAORE a félicité les ambassadeurs pour le travail qu'ils font en France pour le continent car dira-t-il en substance, pour défendre l'Afrique dans le contexte actuel, il faut beaucoup d'arguments, de moyens et de capacité à appréhender certaines situations pour ne pas dire d'avaler des couleuvres. Il affirmera que si la France est une terre d'accueil et s'il est indéniable que les Français aiment l'Afrique, il y a quelques fois des comportements et des appréciations qui déçoivent et qu'on devrait savoir relativiser. Abordant la principale question d'actualité, celle de l'immigration «choisie», Blaise COMPAORE soutiendra que la France a toujours choisi ses immigrés, notamment par le jeu des visas. L'utilisation de la sémantique «immigration choisie» cherche simplement à nous brutaliser, à nous choquer et nous devrons savoir et pouvoir nous élever au-dessus pour analyser, comprendre et trouver les solutions à l'iniquité des relations internationales actuelles qui tendent à créer deux mondes : un monde de prospérité, une sorte de paradis, et un monde de pauvreté, un enfer qui ne dit pas son nom. L'Afrique peut briser les chaînes de cette fatalité si elle s'engage à promouvoir la paix et à relever le niveau culturel des populations par une valorisation du capital humain. Cela pourrait se faire à travers des écoles régionales. Le cas de l'université de Ouagadougou qui compte 25 nationalités est la preuve de la possibilité d'agir dans ce sens au lieu de continuer à nous éparpiller. Il dira qu'il est question d'intégration à longueur de réunions mais que pour que cette intégration soit utile, il faudrait que les chefs d'Etat se réunissent sur des problèmes concrets des Africains. C'est dans ce sens qu'il a proposé au sommet de Syrte que les rencontres des chefs d'Etat accouchent chaque fois de propositions de solutions concrètes sur des préoccupations quotidiennes des populations… Terminant son propos, le président du Faso a proposé aux Ambassadeurs africains de travailler davantage dans le sens de la coopération décentralisée en oeuvrant à jumeler des villes africaines à celles de France et d'autres pays développés.
L'Afrique a pris beaucoup de retard mais nous sommes une génération de responsabilité et de devoir et nous devons nous assumer conclura-t-il en substance en souhaitant plein succès aux uns et aux autres dans leurs missions. A la fin des échanges qui ont suivi ces propos qui ont semblés intéresser fortement l'assistance, Henry LOPEZ remerciera «sincèrement» le président du Faso et le félicitera "d'avoir fait de ce pays, le Burkina Faso, qui n'a pas de pétrole et qui n'a aucune richesse naturelle, un pays dont le destin dépasse les limites de ce pays…" ; sans commentaire !

L’Aveyron enthousiaste
La troisième phase du voyage présidentiel s’est déroulée dans l’Aveyron. Accueilli à l’aéroport de Rodez-Marcillac par Mme Chantal JOURDAN, préfète de l’Aveyron et M. Jacques GODFRAIN, ancien ministre et député-maire de Millau aux environs de 10H, la délégation, se retrouvera quelques instants plus tard à l’hôtel de ville de Millau pour une rencontre-buffet. Aux personnalités présentes à l’aéroport s’adjoindront le président du Conseil général de l’Aveyron M. Jean PUECH et des représentants d’associations locales oeuvrant dans la coopération décentralisée. Un fait notable des Burkinabè résidant dans la région ont effectué le déplacement pour saluer le président du Faso. Dans son mot de bienvenue, M. Jacques GODFRAIN a remercié le président COMPAORE qui, en effectuant cette visite, concrétisait une promesse à lui faite. Il lui dira qu’il est un espoir pour l’Afrique pour sa vision des relations internationales, son engagement pour la démocratie et ses efforts pour assurer le bien-être de son peuple. La présence de Mme COMPAORE lui inspirera quelques mots sur le thème de la famille chère aux Africains et dont l’Europe devrait s’inspirer. En réponse Blaise COMPAORE rendra hommage au peuple de Millau, lui exprimant toute sa reconnaissance pour ce qu’il fait pour l’Afrique. (lire : «Il y a 30 ans…).
En effet, de nombreuses associations y travaillent effectivement pour le continent, ce que les multiples témoignages de ces acteurs confirmeront au cours des échanges qui suivront. Le président COMPAORE dira être venu encourager tous ces acteurs et saluer un ami, Jacques GODFRAIN. Il s’est dit convaincu que les échanges vont permettre de savoir comment mieux agir, dans quel domaine accélérer et mieux appréhender les aspirations de chacune des parties. Jacques GODFRAIN sera fait Chevalier de l’Ordre national, une décoration qui vient s’ajouter à une autre, celle de chef d’un village de Manga qu’il a obtenu il y a des années déjà. En retour, Blaise COMPAORE a été fait citoyen d’honneur de la ville de Millau.
Comme il fallait s’y attendre le maire de Millau a amené son hôte visiter le joyau architectural qu’est le via duc de Millau le pont le plus haut du monde. Pour impressionnant, l’ouvrage l’est et témoigne de l’avis du président COMPAORE du génie du peuple français. Dans le même sens il a fait un tour au Camp militaire du Larzac (CEITO) où il y a quelques années il a suivi un stage dont il garde des souvenirs. Il laissera dans le livre d’or du CEITO ces mots qui disent tout : «Avec mes souvenirs impérissables sur cette terre généreuse qui a été déterminante sur mon choix de la carrière militaire. Hommage appuyé aux Armées de France». Il faut dire que les militaires n’ont rien laissé au hasard : haie d’honneur, hymnes nationaux des deux pays, présentation du Centre et de ses activités. Le lieutenant-colonel MONTBELLI-VALLOIRE chefs de corps et le marie de la cavalerie, M. Robert MURET peuvent être fiers de leur organisation. Après le théâtre militaire, c’est le théâtre «Maison du peuple» en construction qui a reçu la délégation présidentielle. Ce théâtre qui portera le nom de l’ancien président sénégalais Léopold Sédar SENGHOR est situé en plein cœur de Millau. Un dîner privé offert au président par Jacques GODFRAIN mettra fin a la visite «millaunaise».
De retour à Paris le dimanche 4 juin le président COMPAORE a accordé de nombreuses audiences avant de rencontrer dans l’après-midi la communauté burkinabè en France à l’Ambassade du Burkina Faso. C’est avec quelque curiosité que nous y avons aperçu un personnage connu de tous, son Excellence Frédéric GUIRMA, pour ne pas le nommer, qui est venu serrer la main du président et échanger quelques mots avec lui.
Fin de rideau pour les Assises sur la décentralisation de cette année, vivement la prochaine édition. Sur ces assises, on peut conclure avec l’ancien Ministre français Charles JOSSELIN en disant que la décentralisation peut être un contre-poids heureux à la globalisation et pourrait permettre de pallier les injustices dont celle-ci est porteuse.
Par CA
Envoyé spécial

A la maison de la Négritude

Blaise COMPAORE signant le livre d'or de la Maison de la Négritude

La France parle aujourd'hui de colonisation positive et a seulement attendu cette année pour célébrer l'abolition de l'esclavage. Qu'elle a été votre réaction par rapport à cette situation? Blaise COMPAORE (BC) : Je pense que l'abolition déjà est un grand événement. Pour nous, marquer cela par une commémoration comme celle du 10 mai, c'est encore repositionner la France comme l'un des pays qui œuvrent à l'édification d'un monde toujours meilleur. Et comme j'ai déjà eu à le dire, il n'y a aucun intérêt à traiter ces questions, si on ne les situe pas sous l'angle d'un devoir de mémoire. Parce que pour nous, ce n'est pas le débat sur ce qu'a été l'esclavage ou ce que cela a apporté à tel ou tel peuple qui est intéressant, mais d'abord ce devoir de mémoire pour voir, par rapport à ses méfaits historiques comment nous devons nous comporter aujourd'hui pour ne pas retomber dans des animalités du même ordre. C'est dire donc qu'il n'y a pas de culpabilisation à faire à tel ou tel peuple car chaque peuple de ce monde, à un moment donné de son histoire, a fait du tort à d'autres peuples. Ça c'est important à souligner. Aujourd'hui, nous devons, sur la base de ce passé, voir quel comportement avoir, pour rester fidèle à l'humanisme, à cette option de paix qui doit être partagée par l'ensemble des continents, que ce soit l'Afrique, l'Europe, l'Amérique, etc… qui doivent unir leurs énergies pour assurer plus de solidarité pour comprendre que nous avons une communauté de destin incontournable.

Vous parlez de solidarité, et on sait que la France et le Burkina ont toujours été très liés. Récemment les lois SARKOZY d'immigration choisie ont provoqué une certaine réaction dans des pays, cette loi est-elle bien perçue au Burkina?
BC:
Nous ne connaissons même pas le contenu de cette loi; ce n'est que la polémique française sur la question qui nous parvient ! Ce que je veux dire, c'est que tous les pays organisent des lois qui régissent la circulation des personnes et de biens dans leurs territoires. Nous ne pouvons donc pas débattre de cela c'est un principe intangible. Je pense que, que ce soit en France, aux Etats-Unis, etc… toutes les lois sur des questions sensibles comme celles de l'immigration sont discutables. Le problème, c'est que l'Afrique a besoin d'hommes et de femmes pour se construire. Et pour moi, ce qui importe aujourd'hui c'est de me dire : qu'est ce que je dois faire pour que les Africains restent chez eux ! Parce que même s'ils ne vont pas en France, ils vont en Amérique ou ailleurs. Et depuis que la France a durci les conditions d'études sur son sol, je peux vous dire qu'aujourd'hui nous avons plus d'étudiants au Canada et aux Etats-Unis qu'en France.
Mais pour moi, l'essentiel est que nous puissions créer des conditions qui favorisent leur retour sur le continent. Pour créer ces conditions, nous avons besoin de coopération car nos efforts internes ne suffisent pas et dans cette coopération je constate que la France prend une responsabilité très grande sur le plan bilatéral, mais en étant aussi un avocat des pays du Sud pour un commerce plus équitable, pour un renforcement des ressources au développement, etc. Les lois, c'est bien, mais je pense plutôt qu'il faut chercher des réponses face aux préoccupations qui sont posées. Car, tant que le Nord va continuer à se développer et que le Sud continuera de s'appauvrir, vous ne pourrez jamais, quelles que soient les lois, empêcher les gens du Sud de venir au Nord. Vous avez beau édicter des lois, construire des murailles… si le Sud est un "enfer économique" ses populations iront par tous les moyens au Nord qui serait pour elles "un paradis économique". Je crois que si on prend la mesure de cette réalité on prendra davantage conscience de nos responsabilités partagées dans les efforts à fournir pour promouvoir le développement du continent africain. Et sur ce point, comme j'ai déjà eu à le dire il n'y a pas de développement sans commerce or les règles du commerce sont en faveur des pays du Nord au détriment de ceux du Sud.

“La France avocate de l’Afrique”
Mme Brigitte GIRARDIN, ministre déléguée à la Coopération , au Développement et à la Francophonie

Qu'est-ce qu'il faut pour l'Afrique aujourd'hui ? Est-ce qu'il faut d'abord des enveloppes financières comme celles que vous venez de signer ou est-ce qu'il faut que la France soit l'avocat de l'Afrique sur les marchés des matières premières comme le coton ?
Mme Brigitte GIRARDIN:
Disons-le, la France est toujours un des avocats de l'Afrique dans toutes les instances internationales, mais au niveau de notre coopération, tout ce que nous mettons en œuvre depuis cette année, est un nouvel instrument qui s'appelle, le document cadre de partenariat signé avec le Burkina Faso, qui permet d'avoir une stratégie commune des cinq ans à venir. Ce que nous recherchons, c'est plus d'efficacité. Une évaluation permanente de notre aide pour avoir des résultats. Je crois qu'on arrive à un moment où il faut que l'Afrique sorte de cet état de pauvreté. Nous sommes impliqué et nous souhaitons être impliqué avec les autres bailleurs de fonds. Il y a donc un effort de coordination à faire avec l'ensemble des partenaires financiers de l'Afrique. Nous voulons créer cette synergie pour multiplier nos efforts avec l'Union européenne, avec la Banque mondiale et avec d'autres partenaires qui interviennent en Afrique. Cela avec le souci de correspondre avec les priorités définies par les autorités locales. Par exemple nous allons concentrer 80% de notre aide aux trois grands secteurs qui correspondent aux priorités du Burkina Faso : l'éducation, les infrastructures, l'eau et l'assainissement. Et nous avons pour chacun de ces secteurs des projets que nous allons financer sur les cinq ans qui viennent, soit seul, soit avec d'autres dans le souci permanent de l'efficacité. Ce qui suppose que chaque année nous fassions une évaluation et nous regarderons si nous avons obtenu de bons résultats.

Mais tant que le Burkina ne peut pas vendre son coton à un juste prix, est-ce que ce n'est pas déverser de l'eau dans le désert ?
B.G: Alors, non seulement dans la filière coton nous menons des projets, mais également nous menons des actions au niveau international dans le cadre de l'OMC, comme l'a dit le président. C'est vrai qu'il est inadmissible qu'il y ait des subventions à l'exportation et des subventions dans certains produits qui font que l'Afrique est pénalisée. Nous luttons au niveau de la France et au niveau de l'Europe pour que les subventions cessent et que les Africains puissent avoir des débouchés pour leur coton et surtout pour une juste rénumération pour leur production.

La CFDT va-t-elle continuer à travailler comme elle le fait dans le Sahel ?
B.G:
Nous essayons de moderniser les infrastructures de la filière coton et nous le faisons évidemment de façon très forte au Burkina Faso. Evidemment c'est un secteur qui entre dans notre coopération au vu de l'importance qu'il a pour le Burkina Faso.

“Il y a 30 ans…”

M. le président, qu’est-ce qui vous a conduit à Millau ?
Blaise COMPAORE (BC) :
Il s’agit d’abord d’une visite de travail avec deux volets : volet coopération institutionnelle avec le gouvernement français et le volet coopération décentralisée. Dans le cadre du premier volet nous avons eu hier la signature d’un document cadre de partenariat entre la France et le Burkina Faso, qui donne une forme beaucoup plus intéressante a la manière dont nous allons conduire ensemble notre coopération. Il s’agit de dégager une vision commune pour nos actions futures. Ce cadre détermine aussi le rôle des acteurs en incluant la coopération décentralisée, celle aussi des ONG et autres. J’ai tenu comme depuis 2 ou 3 ans je le fais, à aller en province pour prendre contact avec les amis, les associations, les municipalités qui s’investissent au Burkina Faso pour permettre qu’entre les deux peuples, au-delà de la coopération institutionnelle, il y ait une rencontre directe, un partenariat qui s’organise qui se construit sur la base des préoccupations de nos populations. C’est une façon aussi pour nous de renforcer la connaissance entre nos deux pays, car cette connaissance peut aider davantage la coopération bilatérale.

Il y a un certain nombre d’associations de Millau qui interviennent au Burkina Faso, comment avez-vous perçu leurs témoignages ?
BC :
En écoutant déjà les uns et les autres, on se rend compte que des actions se mènent au Burkina directement de population à population sans passer par l’institutionnel. Donc je crois que le monde a besoin de cela et nous ne pouvons que saluer ce genre de contact. Je pense que c’est aussi une école pour la coopération internationale. C’est intéressant de voir à ce niveau comment les contacts se font et les échanges s’organisent sur la base de préoccupations concrètes. Les gens s’investissent, ce ne sont pas des schémas, des programmes élaborés dans des bureaux, mais c’est directement au contact des réalités qu’on s’organise, qu’on agit et notre plaisir aujourd’hui c’est d’avoir pu noter l’éventail des actions qui se mènent sur le terrain. Il y a encore d’autres espaces où cette solidarité peut agir car l’essentiel c’est qu’au-delà du bureau on puisse aller vers des domaines concrets pour s’investir.

Est-ce que vous connaissiez déjà Millau?
BC :
Oui.

Vous y êtes venu quand ?
BC :
Il y a 30 ans, parce que j’étais en service militaire à Montpellier et c’est donc de Montpellier que nous faisions des manœuvres militaires dans la région. C’est donc à cette occasion que j’ai connu Millau.

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