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Quelle cohabitation
?e
Pour les cinq ans à venir,
le Congrès pour la démocratie et le progrès
(CDP) ne sera pas seul dans la gestion des conseils municipaux.
En effet, les dernières élections municipales
ont permis l’entrée dans les conseils de conseillers
de divers partis politiques. Ainsi, à Ouagadougou par
exemple, aux côtés des 129 du CDP, 34 conseillers
issus de 9 partis politiques sont dans le conseil. C'est dire
que d'une manière ou d'une autre le CDP pour la bonne
gouvernance locale est obligé de composer avec ces
derniers.
Le
maire Simon COMPAORE
Si les mandats écoulés le CDP
a géré les communes pratiquement en «roue
libre» comme on dit en cyclisme, le présent mandat
commande que les habitudes changent et ce n’est pas le maire
de Ouagadougou qui dira le contraire. A son installation officielle,
Simon COMPAORE a effectivement bien donné le ton aux
autres en appelant à ce que les différences
soient une richesse au profit de la commune. A l'endroit de
tous les conseillers, l’ancien et nouveau bourgmestre dira
: "Il nous revient alors chers collègues conseillers
de respecter scrupuleusement la volonté exprimée
par nos mandants. C'est dire considérer nos différences
comme une richesse et non comme un facteur butant. Par conséquent,
je nourris le vœu que notre pluralisme politique soit un terreau
d'échanges féconds, générateur
d'initiatives et de projets pertinents au bénéfice
des populations de notre ville. Qu'au delà de nos options
… tout conseiller n'ait à l'esprit que l'intérêt
supérieur de notre chère commune, Ouagadougou
!" Voilà qui est bien dit. Venant du «mogho
puissant» de Ouagadougou, imbu des questions de la gestion
communale, il faut dire que ces propos ne devraient pas tomber
dans oreille de sourd. Ils devraient guider l’action de chaque
conseiller qui est appelé à transcender les
clivages politiques et intérêts partisans pour
n’œuvrer que pour le bien-être des citoyens qui ont
placé en lui leur confiance. Certes les conseillers
de l'opposition, sont dans la plupart des cas, minoritaires
mais cela ne doit pas les empêcher de jouer leur partition
à chaque session. D’ailleurs, la question du nombre
impose à ceux-ci d’être «dégourdis»,
plus incisifs dans les débats et de faire des propositions
concrètes qui ne peuvent souffrir de contestation ou
de rejet de la part de la majorité communale. Quand
on sait que la vérité ou le salut peut souvent
venir de la minorité, les conseillers de l’opposition
communale feraient bien de ne pas se murer derrière
leurs options politiques et évoluer comme un cheveu
dans la soupe communale ; leur participation et non compromission
est attendue. Minoritaires, ils doivent donc faire la différence
en s'engageant pleinement pour les causes de leurs communes.
Quant aux conseillers du CDP, ce n'est pas parce qu'on a une
"majorité confortable", comme l'a dit Simon
COMPAORE, qu'on doit faire fi des points de vue des conseillers
de l'opposition en installant une "démocratie
dictatoriale locale" par des décisions unilatérales.
Une fois dans le même conseil municipal, chaque conseiller
devra œuvrer pour le même objectif qui est le développement
et le bien-être des populations de la commune. Avec
donc une "majorité confortable", le CDP gagnerait
à écouter et prendre en compte les suggestions,
critiques et autres propositions des conseillers de l'opposition.
Si la démocratie participative qui sous-tend les sessions
des conseils municipaux est vidée de son essence par
la majorité confortable, les conseillers de l'opposition
devront le faire savoir à l'opinion publique.
Il est admis que c'est dans les débats contradictoires
que jaillit la vérité, la lumière. Les
conseillers CDP doivent donc être perméables
aux critiques et accepter la contradiction. C'est la seule
voie pour des sessions constructives au profit des communes.
La cohabitation entre la "majorité confortable"
et la "minorité inconfortable" doit donc
être empreinte d'engagement, de respect mutuel pour
l'intérêt supérieur des communes urbaines
et rurales de notre pays. A l'image de la langue et des dents,
à la cohabitation souvent difficile, les différents
conseillers sont obligés d'être ensemble. Ce
qui est valable pour Ouagadougou l’est aussi pour toutes les
autres communes dans certaines desquelles le CDP se trouve
plutôt dans l’autre camp, c’est-à-dire celui
de la minorité. Ainsi donc, au plan local, plus que
toute autre considération, c’est la transformation
qualitative du cadre et du vécu quotidien des populations
qui importe. Alors conseillers, comme on le dirait en d’autres
temps, même combat même détermination.o
Par Ben Alex Béogo
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