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La gouvernance endogène
de l’Afrique en discussion
C’est aujourd’hui 28 juin 2006 que
prend fin, le forum inter générationnal sur
la gouvernance endogène en Afrique. Organisé
par le Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, le forum
a réuni depuis le 26 juin, plus de 150 participants
venus de 18 pays de la région avec une forte implication
des femmes et des jeunes.
L’idée d’un forum inter générations
sur la gouvernance endogène en Afrique de l’Ouest est
née lors d’un atelier sur la valorisation des capacités
endogènes de gouvernance en Afrique de l’Ouest tenu
à Conakry en mars 2005. A l’occasion de cet atelier,
les participants ont émis les vœux de pouvoir approfondir
la réflexion sur les capacités endogènes
en réunissant dans une même assemblée,
des jeunes, des moins jeunes, des femmes, des porteurs de
savoir et de sagesse afin d’établir un échange
entre ces différentes générations sur
les capacités des Africains en matière de gouvernance.
A Conakry, les travaux et les échanges réalisés
ont montré l’existence d’un héritage important
de mécanismes, valeurs, méthodes et approches
de gouvernances et de prévention des conflits. Mais
force est de reconnaître que ce capital socioculturel
et politique n’est pas toujours transmis comme il se doit.
Pire, s’il est transmis, il n’est pas toujours adapté
aux nouveaux contextes et suffisamment partagé par
toutes les générations d’acteurs impliqués
à divers titres dans la vie et la société.
Aujourd’hui encore, la problématique de la transmission
du savoir en Afrique concerne l’ensemble des sociétés.
Le forum de Ouagadougou va contribuer à la valorisation
du capital d’expériences, de connaissances, d’ethique,
de références culturelles et d’énergie
en Afrique de l’Ouest. Il va également favoriser l’émergence
de nouveaux modes de gouvernances davantage enracinées
dans les localités de la région et au service
des populations. Dans sa forme et son approche, le forum se
traduira par une mise en dialogue et en synergie de la diversité
des générations et des composantes de l’espace
public et de la société, toutes confrontées
aux mêmes défis nécessitant une prise
en charge commune à l’échelle régionale.
Le forum permettra d’identifier ces défis à
partir de l’expérience et de la perception des participants
reflétés à travers leurs interventions
introductives et leurs contributions. Il envisagera la manière
de s’appuyer sur ces acquis et ces capacités endogènes
pour prendre en charge non seulement les défis communs,
mais également ceux spécifiques à chaque
catégorie d’acteurs et à chaque génération
sachant que les problèmes des jeunes et ceux des femmes
concernent toute la société et toute la région.
Les objectifs du forum
Le forum qui connaît la participation
d’illustres personnalités du monde politique, économique,
social, et culturel poursuit plusieurs objectifs. Il s’agit
entre autres de décloisonner les expériences
et capacités, favoriser une approche régionale,
une transmission et une valorisation des acquis et du potentiel
en matière de gouvernance endogène et de prévention
des conflits, développer une synergie intergénérationnelle
contribuant à une bonne transmission, à une
actualisation et à une capitalisation des capacités
de la région, proposer des initiatives pouvant contribuer
à l’avènement et à la mise en œuvre d’une
gouvernance africaine nantie des capacités de la région
et des apports de l’extérieur, déterminer les
rôles et les responsabilités de chacune des catégories
d’acteurs dans la promotion et la concrétisation de
cette approche participative, etc.
La crise des valeurs qui interpelle toutes les générations,
la question du savoir et de son rôle, les problèmes
de gouvernances, la question de la citoyenneté, les
problèmes de paix et de sécurité, l’extrême
pauvreté, sont autant de défis auxquels les
participants au forum veulent y apporter des réponses.
La rencontre se situe à un niveau régional pour
contribuer à une prise en charge des questions de gouvernance
et de prévention des conflits à cette échelle.
C’est pourquoi il regroupe des participants venus de quinze
pays membres de la CEDEAO en plus du Cameroun, de la Mauritanie
et du Tchad.
Par Frédéric ILBOUDO
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