|
Le cycle infernal
continue
Dimanche dernier tôt dans la
matinée, des affrontements violents ont opposé
soldats israéliens et miliciens palestiniens avec des
morts de part et d’autres et un soldat israélien enlevé.
Des affrontements qui interviennent dans un climat politique
intérieur «lourd» en Palestine, cependant
que le processus de paix est depuis longtemps dans l’impasse.
Depuis l’avènement du Hamas au pouvoir
en Palestine, l’impression d’une paix introuvable au Proche-Orient
est de plus en plus forte. Le Hamas, on le sait, est opposé
à toute reconnaissance de l’Etat hébreu et n’a
pas hésité à le faire savoir au lendemain
de l’investiture d’Ismaël HANIYEH comme Premier ministre.
Alors qu’il était pressé par l’Etat hébreu
et la communauté internationale de mettre un peu d’eau
dans son vin, Haniyeh a indiqué clairement que cette
occurrence «n’était pas à l’ordre du jour».
«Il y a des questions préjudicielles à
régler», avait-il prétendu, parmi lesquelles
le retour des réfugiés de 1948, le retrait d’Israël
des territoires occupés, l’arrêt de la construction
du «mur de la honte» sans oublier la libération
de tous les prisonniers politiques palestiniens détenus
en Israël. La création d’un Etat palestinien viable
en somme, chose qu’Israël ne pouvait accepter surtout
avec Jérusalem-Est comme capitale.
Une fracture «idéologique» profonde qui
avait valu la mort de Cheick YASSINE et d’Abdel Aziz MANTISSI,
tués dans des attentats ciblés du Mossad. C’est
dire qu’on retournait à la case départ au plan
des négociations, Yasser ARAFAT ayant été
auparavant contraint et forcé d’accepter les «mesures»
auxquelles on veut astreindre présentement le Hamas.
En pur perte cependant, le vieux leader ayant été
pour la suite tourné en bourrique avec cette humiliation
subie au soir de sa vie à travers son emprisonnement
dans ses bureaux à Ramallah. Plus que de la maladie,
ARAFAT est mort du chagrin et du désespoir qui le minaient
avec les assassinats ciblés donc et cette propension
des Palestiniens à se déchirer autour de son
héritage alors qu’il était toujours vivant.
Le Hamas qui ne veut pas subir le même sort refuse d’avancer
«droit dans le mur» ce qui a amené la communauté
internationale alliée inconditionnelle d’Israël
à suspendre son aide en direction des Palestiniens.
Déjà fragilisés par la «ghettoïsation»
que leur impose Israël et par la naissance de multiples
fractions armées de plus en plus autonomes les dirigeants
palestiniens ont de moins en moins prise sur un peuple affamé
et qui ne se voit pas d’avenir.
Sans jurer de rien, on peut parier que les actes du dimanche
dernier sont l’œuvre de ces «desperados» qui n’attendent
plus rien de personne et voient dans la lutte armée,
la seule alternative. En fermant le robinet, les Occidentaux
ont davantage précarisé les Palestiniens au
mépris de la morale libérale et bourgeoise qu’ils
ont toujours défendue. Il y a fort à craindre
que les actions kamikazes ne se multiplient dans la région
avec cette violence aveugle qui tue des innocents alors que
les responsables du drame sont calfeutrées dans leurs
bureaux douillets à Tel-Aviv, Washington, Paris et
Londres.
Là où le bât blesse cependant, c’est quand
cette violence déborde du strict champ israélo-palestinien
pour éclater à travers le monde. Sri Lanka,
Irak, Somalie autant de foyers de tension qui illustrent l’échec
de la politique étrangère de George BUSH. Une
politique déclinée dans le «remodelage»
du grand Moyen-Orient et qui n’est rien d’autre qu’une reconquête
des territoires arabes perdus du fait du nationalisme qu’a
vécu la région au cours des décennies
60-90. Enjeu de cette «guerre» nationaliste contre
l’Occident le pétrole devenu une denrée stratégique
à la fin de la seconde Guerre Mondiale, et qui était
jusque-là exploité à peu de frais par
les compagnies pétrolières anglo-américaines.
Avec l’appui des Soviétiques, la donne allait changer
en Irak (deuxième producteur mondial) et en Iran principalement
ce que l’Oncle Sam ne pouvait plus tolérer avec la
chute du mur de Berlin. Commencée avec BUSH-père,
la reconquête se poursuit donc avec le fils sur fond
de prétendue lutte contre les «dictatures moyenâgeuses».
Mais, comme les peuples de la sous-région ont compris
le «deal», la facture humaine ne cesse de s’élever
le 2500e soldat américain ayant été tué
récemment en Irak. C’est dire que la résolution
de la crise israélo-palestinienne n’est pas pour demain,
pour des raisons idéologiques donc, mais aussi géostratégiques.
De bavure en attentats, on en verra certainement un jour le
bout même si pour l’heure les deux peuples continent
à payer le prix du sang.
Par Alpha YAYA
Retour au sommaire
|