L'opinion N°455
du 28 /06 au 04/07 2006

Actualité

Proche-Orient


Le cycle infernal continue

Dimanche dernier tôt dans la matinée, des affrontements violents ont opposé soldats israéliens et miliciens palestiniens avec des morts de part et d’autres et un soldat israélien enlevé. Des affrontements qui interviennent dans un climat politique intérieur «lourd» en Palestine, cependant que le processus de paix est depuis longtemps dans l’impasse.

Depuis l’avènement du Hamas au pouvoir en Palestine, l’impression d’une paix introuvable au Proche-Orient est de plus en plus forte. Le Hamas, on le sait, est opposé à toute reconnaissance de l’Etat hébreu et n’a pas hésité à le faire savoir au lendemain de l’investiture d’Ismaël HANIYEH comme Premier ministre. Alors qu’il était pressé par l’Etat hébreu et la communauté internationale de mettre un peu d’eau dans son vin, Haniyeh a indiqué clairement que cette occurrence «n’était pas à l’ordre du jour». «Il y a des questions préjudicielles à régler», avait-il prétendu, parmi lesquelles le retour des réfugiés de 1948, le retrait d’Israël des territoires occupés, l’arrêt de la construction du «mur de la honte» sans oublier la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens détenus en Israël. La création d’un Etat palestinien viable en somme, chose qu’Israël ne pouvait accepter surtout avec Jérusalem-Est comme capitale.
Une fracture «idéologique» profonde qui avait valu la mort de Cheick YASSINE et d’Abdel Aziz MANTISSI, tués dans des attentats ciblés du Mossad. C’est dire qu’on retournait à la case départ au plan des négociations, Yasser ARAFAT ayant été auparavant contraint et forcé d’accepter les «mesures» auxquelles on veut astreindre présentement le Hamas. En pur perte cependant, le vieux leader ayant été pour la suite tourné en bourrique avec cette humiliation subie au soir de sa vie à travers son emprisonnement dans ses bureaux à Ramallah. Plus que de la maladie, ARAFAT est mort du chagrin et du désespoir qui le minaient avec les assassinats ciblés donc et cette propension des Palestiniens à se déchirer autour de son héritage alors qu’il était toujours vivant. Le Hamas qui ne veut pas subir le même sort refuse d’avancer «droit dans le mur» ce qui a amené la communauté internationale alliée inconditionnelle d’Israël à suspendre son aide en direction des Palestiniens. Déjà fragilisés par la «ghettoïsation» que leur impose Israël et par la naissance de multiples fractions armées de plus en plus autonomes les dirigeants palestiniens ont de moins en moins prise sur un peuple affamé et qui ne se voit pas d’avenir.
Sans jurer de rien, on peut parier que les actes du dimanche dernier sont l’œuvre de ces «desperados» qui n’attendent plus rien de personne et voient dans la lutte armée, la seule alternative. En fermant le robinet, les Occidentaux ont davantage précarisé les Palestiniens au mépris de la morale libérale et bourgeoise qu’ils ont toujours défendue. Il y a fort à craindre que les actions kamikazes ne se multiplient dans la région avec cette violence aveugle qui tue des innocents alors que les responsables du drame sont calfeutrées dans leurs bureaux douillets à Tel-Aviv, Washington, Paris et Londres.
Là où le bât blesse cependant, c’est quand cette violence déborde du strict champ israélo-palestinien pour éclater à travers le monde. Sri Lanka, Irak, Somalie autant de foyers de tension qui illustrent l’échec de la politique étrangère de George BUSH. Une politique déclinée dans le «remodelage» du grand Moyen-Orient et qui n’est rien d’autre qu’une reconquête des territoires arabes perdus du fait du nationalisme qu’a vécu la région au cours des décennies 60-90. Enjeu de cette «guerre» nationaliste contre l’Occident le pétrole devenu une denrée stratégique à la fin de la seconde Guerre Mondiale, et qui était jusque-là exploité à peu de frais par les compagnies pétrolières anglo-américaines. Avec l’appui des Soviétiques, la donne allait changer en Irak (deuxième producteur mondial) et en Iran principalement ce que l’Oncle Sam ne pouvait plus tolérer avec la chute du mur de Berlin. Commencée avec BUSH-père, la reconquête se poursuit donc avec le fils sur fond de prétendue lutte contre les «dictatures moyenâgeuses».
Mais, comme les peuples de la sous-région ont compris le «deal», la facture humaine ne cesse de s’élever le 2500e soldat américain ayant été tué récemment en Irak. C’est dire que la résolution de la crise israélo-palestinienne n’est pas pour demain, pour des raisons idéologiques donc, mais aussi géostratégiques. De bavure en attentats, on en verra certainement un jour le bout même si pour l’heure les deux peuples continent à payer le prix du sang.
Par Alpha YAYA

Echos des provinces

Conseillers municipaux : Quelle cohabitation ?

Reprise partielle des élections municipales : Aux urnes le 9 juillet

Infrastructures scolaires : La touche de l'UNICEF dans les Hauts-Bassins

Isabelle VUILLET et Moussa SAWADOGO de l’Association Baobab : Pour des valeurs de partage

Décentralisation : Du matériel pour renforcer les capacités

Développement : La gouvernance endogène de l’Afrique en discussion

Colloque PADEG : La nécessité pour l’Etat d’assurer la relève

Examen du C.E.P 2006 : Le Ganzourgou a rendu son verdict

Mairie de Bobo : KOUSSOUBE passe la clé à Salia SANOU

Ganzourgou : Le maire de Zorgho installé

Proche-Orient : Le cycle infernal continue

Bertin Boro, président du parlement des enfants/Houet : “Le mandat du Parlement des enfants sera prolongé et l'institution va prendre une nouvelle forme”

Retour au sommaire




 

Liberté d'opinion....liberté d'informer

©Copyrigth : Opinion 2005 - 2006