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Les “Montbéliardes”
bientôt ?
Au
cours de son séjour en France du 29 mai au 5 juin dernier
consacré à la coopération décentralisée,
et dont nous nous sommes largement fait l’écho dans
nos éditions précédentes, le Président
du Faso a visité le mercredi 31 mai un centre d’insémination
artificielle de vaches ; le centre d’insémination de
la vache « montbéliarde » (COOPEX) de Roulans
dans le Doubs. Centre de renommée internationale, la
COOPEX est une coopérative très active qui mène
des actions de partenariat dans l’insémination artificielle
de vaches et l’élevage de vaches laitières avec
de nombreux pays sur tous les continents. Elle a contribué,
à travers des décennies de sélection,
à faire de la « montbéliarde » une
race très appréciée de par ses qualités
laitières, fromagères, morphologiques et fonctionnelles.
Des atouts qui ont conquis Blaise COMPAORE.
S’il y a au Burkina un secteur porteur d’espoir, c’est bien
celui de l’élevage. Avec les potentialités du
pays dans ce domaine, tout porte à croire que l’élevage
et ses produits dérivés peuvent contribuer efficacement
à résorber le problème de la pauvreté
en milieu rural. C’est dans le souci d’apporter un coup de
pouce significatif à ce secteur que le président
du Faso, lors de son récent séjour en France
profonde, s’est rendu dans un centre d’insémination
artificielle qui passe pour être un des plus modernes
en Europe : le centre d'insémination de la vache Montbéliarde.
« La Montbéliarde » est une race de bœuf
issue de plusieurs croisements. Introduit en Europe il y a
de cela quelques années en provenance des Etats-Unis
d’Amérique, elle est reconnu pour ses immenses potentialités.
Des recherches scientifiques avancées ont permis d’améliorer
ses capacités et d’atteindre des résultats très
intéressants notamment au niveau de la production laitière
qui est de 15 l/jour dans des conditions normales. Une performance
qui n’a rien à voir avec le litre et demi de nos vaches
locales. Répondant à une question de la presse
locale qui lui demandait l’intérêt qu’il avait
à visiter un tel centre, Blaise COMPAORE dira que «
pour un pays d’élevage comme le nôtre, qui a
besoin d’améliorer les races bovines et surtout d’accroître
la production laitière, ce centre d’insémination
artificielle constitue une opportunité de coopération
multidimensionnelle surtout en matière d’insémination
artificielle ». Tout un programme partagé par
l’ensemble de la délégation, au regard de la
batterie de questions posées par les uns et les autres
avec dans la voix comme un espoir de voir une telle merveille
dans nos pâturages. Les retombées sont évidentes
et le président du Faso effectivement envisagé
la possibilité d’un partenariat entre le Burkina et
la France dans ce domaine. Cela est tout à fait dans
les cordes du COOPEX car il entretient déjà
des rapports fructueux avec des pays tels que le Sénégal
et le Mali qui ont les mêmes conditions climatiques
que le nôtre. Ce faisant, le président du Faso
envisage « de préparer des dossiers de partenariat
et de coopérations similaires… ». En la matière,
du reste, le Burkina Faso a déjà une expérience
notamment avec le Brésil. Expérience capitalisée
dans le souci permanent qui anime les autorités et
les acteurs œuvrant dans le domaine de l’élevage d’améliorer
les races de bovins et la productivité en lait. Car,
il faut le dire, les races bovines que l’on retrouve au Burkina
ne peuvent produire que de petites quantités de lait.
Ce qui limite considérablement le développement
d’une part des revenus des propriétaires et d’autre
part des produits dérivés du lait. Par rapport
aux qualités laitières de la Montbéliarde,
Monsieur Denis Clément, président de UMOTEST,
une union internationale de coopératives laitières
à laquelle la COOPY fait partie, dira que « les
qualités laitières ont été beaucoup
travaillées et la Montbéliarde a le potentiel
reconnu pour répondre aux besoins des producteurs laitiers
les plus exigeants ».
Selon les indications techniques, la Montbéliarde a
aussi une « valeur bouchère » importante,
un aspect de la question qui la rend particulièrement
attractive. Elle a de même une grande capacité
d’adaptation. Autant d’atouts qui font qu’elle est présente
actuellement dans plus de 40 pays sous toutes les latitudes
à la grande satisfaction des professionnels de ceux-ci
. En effet, en Amérique comme en Europe ses performances
sont reconnues. La COOPEX qui est au centre de ces relations
de partenariat assure le suivi technique et est satisfaite
des retombées financières de ces investissements.
Elle a marqué sa disponibilité à entreprendre
des actions similaires avec le Burkina Faso parce que convaincue
que la Montbéliarde pourrait parfaitement s’y adapter.
A ce propos, le président du Faso, Blaise COMPAORE
a indiqué que cette coopération qui s’annonce
fructueuse se fera par pallier afin d’assurer chaque pas.
Ainsi on pourrait commencer par « échanger d’abord
des vétérinaires pour que ces derniers observent
chez nous ce que nous faisons déjà et les conditions
d’adaptation des Montbéliardes.. » A l’issue
de cette première étape, les échanges
devraient véritablement s’approfondir car même
si au départ les investissements nécessaires
sont lourds, ils devraient rapidement être rentables.
En effet, faire passer la production de 2 à 3 litres
par animal de nos vaches traditionnelles à 15-17 litres
avec des croisements avec d’autres espèces entraînera
des plus values réelles et une augmentation conséquente
des revenus des exploitants. Le président COMPAORE
a donc parfaitement raison d’assurer que « vu les revenus
que peuvent générer les Montbéliardes
le partenariat envisagé sera profitable dès
le court terme d’autant qu’en matière d’investissement
les coûts pourraient être minimisés du
fait des pâturages que nous avons. Nous allons donc
nous concerter pour voir comment mettre en route toutes ces
idées et les traduire en réalités. Nos
populations en tireront le meilleur profit ». Il y a
donc des espoirs pour une coopération et un partenariat
gagnant-gagant. L’expérience mérite d’être
tentée et nul doute que les premiers responsables de
l’élevage vont se mettre à l’ouvrage pour donner
suite à cette visite.
Par C.A
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